Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 5: la fin de l’infini… ?


Carlo Rovelli par-delà le visible  Mon article 5: la fin de l’infini… ?

J’écris mon blog pour partager ma soif de connaissances, mes réflexions et mes passions et mes lectures. Dans ces articles, je voudrais partager « ma lecture » du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible ». Ecrire ce que je retiens de mes lectures me permet de réfléchir à la compréhension que j’en ai. je mets entre guillemets les passages qui me semblent importants ou qui me frappent. Et par dessus tout je fais des recherches sur internet pour compléter ma lecture avec le maximum de liens que souhaite responsables, qui permettent aux lecteurs d’approfondir la connaissance du sujet.   

 

https://libreinfotv.com/2017/03/03/lenergie-libre-pourquoi-en-sommes-nous-rendu-la/

Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

 

 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-hawking-multivers-buzz-fake-news-70583/?utm_content=futura&utm_medium=push&utm_source=wonderpush&utm_campaign=wonderpush: (Il se produit actuellement, et d’abord dans les médias anglo-saxons, un véritable buzz autour du dernier article scientifique de Stephen Hawking, présenté comme révolutionnaire et fournissant un moyen de tester l’existence d’univers parallèles. La communauté scientifique doit s’étrangler et estimer se retrouver parfois quasiment devant une fake news. Bien que brillant et fort intéressant, l’article en question est en effet à des années-lumière de ces affirmations)

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)

http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n’existait pas par carlo rovelli)

http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n’existait pas?)

http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des cordes préface d’alain connes…Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière…)

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l’espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d’Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l’espace-temps quantique. L’espace et le temps émergeraient de l’intrication quantique de minuscules bribes d’information : telle est l’audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)

http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)

http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Gerardin.pdf  (Étude des contraintes de simplicité dans les modèles de mousses de spins)

Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)


https://arxiv.org/abs/1801.01479 (les trous noirs comme condensats de gravité quantique)



1) Préambule.

Comme je l’ai dit dans Dans mon article 1, j’ai interrompu mes articles à propos du  livre de Lee Smolin « La renaissance du temps » au chapitre 14 Je vais d’abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique« . Dans l’article 1), j’ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son « rien ne va plus en physique« , nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l’ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l’unification. Dans l’article 2, nous avons vu que l’espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L’espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de Mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d’un réseau de spins, c’est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l’origine de l’espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d’espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

 

Mes articles sur « ma lecture du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible:

Carlo Rovelli par-delà le visible mon article 1: Espace quantique et temps relationnel

 

Maintenant, dans cet article 5), poursuivons notre découverte des recherches de Carlo Rovelli  avec le chapitre 11 de son livre « par-delà le visible: la fin de l’infini.


2) La fin de l’infini.

https://www.post-sapiens.com/index.php/la-singularite-technologique/


En exergue: futura-sciences.com: Singularités et temps zéro : comment décrire l’univers ? – par Jean-pierre Luminet – 
« C’est nous — la divinité indivise qui opère en nous — qui avons rêvé l’univers. Nous l’avons rêvé solide, mystérieux, visible, omniprésent dans l’espace et fixe dans le temps ; mais nous avons permis qu’il y eût à jamais dans son architecture de minces interstices de déraison, pour attester sa fausseté. » Jorge Luis Borges, Les Avatars de la tortue 

futura science.com: qu’est-ce que l’infini?« Ce qui est directement connaissable est fini. L’idée d’infini surgit pourtant dès que nous pensons. Mais l’infini peut-il se rencontrer dans la nature, et dans la physique qui cherche à la représenter ? Est-il présent dans l’univers? »                                                           

L’infini constitue-t-il une dimension effective et multiple de la réalité ? Ou bien réside-t-il seulement dans notre esprit, fiction nécessaire à la pensée à quoi nulle réalité physique ne saurait correspondre ? Quelle importance a-t-il en mathématiques ? et en physique ?– Jean-Pierre Luminet –

Au cours du précédent article (4), nous avons vu que concentration de la matière en un point infiniment dense tel que le prévoit la relativité générale au moment du big bang disparaît quand quand on tient compte de la gravité quantique. Celle-ci correspond à la découverte et la prise de conscience qu’il n’existe pas de points infiniment petits. « Dans le langage courant, un objet infiniment petit est un objet qui est plus petit que toute mesure possible, donc non pas d’une taille zéro, mais si petit qu’il ne peut être distingué de zéro par aucun moyen disponible. Par conséquent, lorsqu’il est utilisé en tant qu’adjectif, «infinitésimal» dans le langage vernaculaire signifie «extrêmement faible»

Ainsi, en gravité quantique et en particulier dans la gravitation quantique à boucles, il existe une limite inférieure à la divisibilité de l’espace: c’est l’échelle de Planck.

Si, comme en relativité générale on ignore la mécanique quantique, alors on ignore l’existence de cette limite inférieure. Dans ce cas, on arrive aux situations pathologiques que cette théorie prévoit, des quantités infinies appelées singularité. C’est ce qui se produit, comme nous l’avons vu au chapitre précédent au centre d’un trou noir. La singularité prévue par la relativité générale classique disparaît dès qu’on tien compte de la gravité quantique: « et si les trous noirs finissaient par exploser? Dans cet article de « lefigaro.fr« , on peut lire: «Nos calculs montrent que l’effondrement de la matière dans le trou noir finit par s’arrêter, explique le physicien au Figaro. Lorsqu’on atteint une certaine densité, environ la masse du Soleil concentrée dans un seul atome, les effets quantiques de la gravité génèrent une force répulsive qui s’oppose à la contraction». Il en résulte un noyau extrêmement dense que le chercheur a baptisé «étoile de planck». Vue depuis l’extérieur du trou noir, cette phase dure plusieurs milliards d’années. Mais, au sein du trou noir, le temps (temps propre) s’écoule différemment en raison de la forte gravité qui y règne. Pour l’étoile, cette phase ne dure en réalité qu’une fraction de seconde. Très vite, la matière rebondit violemment dans une gigantesque explosion, transformant le trou noir en trou blanc, un grand flash lumineux. «La grande beauté de cette théorie est de concilier un scénario très dynamique (l’étoile originelle se contracte et explose presque instantanément dans son référentiel de temps) avec la perception que nous avons d’un phénomène extrêmement lent», s’enthousiasme Carlo Rovelli.« 

Examinons un autre cas de limitation de l’infini; il concerne aussi les forces comme l’électromagnétisme, l’une des quatre forces fondamentales de l’univers. C’est la théorie quantique des champs qui décrit cette ‘force ». Cette théorie, élaborée par Paul Dirac et complétée dans las années 1950 par le génial Professeur Richard Feyman et beaucoup d’autres, a changé notre vie en expliquant le monde et donnant les technologies qui bouleversent sans cesse notre vie. Mais cette théorie qui a abouti au modèle standard (physique des particules), est pleine d’absurdités mathématiques, ce que sont les infinis (L’infini est une notion mathématique qui n’a pas d’équivalent dans le monde physique. Soutenir que notre Univers serait « infini » est absurde car cela ne signifie rien en réalité (Christian Magnan). C’est ainsi que « quand ils mettent au point l’électrodynamique quantique (QED), Max BornWerner HeisenbergPascual Jordan, et Paul Dirac découvrent que beaucoup d’intégrales du calcul perturbatif divergent. » Donc, quand on se sert de la mécanique quantique pour calculer des processus physiques, on obtient en général des résultats infinis, qui n’ont pas de signification. On les appelle des « divergences » qui sont éliminées par le résultat des calculs effectués à l’aide d’une procédure qui conduit à des résultats finis, la renormalisation. Et les chiffres , à la fin, sont justes. Wikipedia explique: « La renormalisation détermine la façon de relier les paramètres de la théorie quand ces paramètres à grande échelle diffèrent de leur valeur à petite échelle. La renormalisation a été initialement développée en électrodynamique quantique (QED), en vue d’interpréter des intégrales divergentes de la théorie des perturbations. Au début, elle est considérée comme une procédure suspecte et provisoire par certains de ses auteurs. Finalement la renormalisation a été incorporée comme un outil important et logiquement cohérent dans plusieurs domaines de physique et de mathématiquesL’idée majeure de la renormalisation est de corriger le lagrangien original d’une théorie quantique des champs par une série infinie de contre-termes, correspondant aux graphes de Feynman qui codent le développement perturbatif de la théorie. »  Dirac, vers la fin de sa vie, se sentait insatisfait à cause de ces infinis qui jalonnaient la théorie contrariaient son souci de clarté dans son objectif de comprendre comment fonctionnent vraiment les choses:  Il a dit « ce qui suit à propos de la renormalisation dans la théorie des champs quantique dans La recherche d’une théorie quantique des champs« : « La renormalisation est] une simple procédure à suivre. Il doit y avoir un changement fondamental dans nos idées, probablement tout autant que le passage de la théorie de l’orbite de Bohr à la mécanique quantique. Lorsque vous obtenez un nombre qui s’avère infini, devrait être fini, vous devriez admettre qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans vos équations et ne pas espérer que vous pourrez obtenir une bonne théorie simplement en corrigeant ce nombre ». 

Mais d’où sortent ces infinis. Si on se réfère a nouveau à Wikipedia, y lit que « [..] quand on décrit l’espace et le temps comme un continuum, certaines constructions statistiques et quantiques deviennent indéfinies. Pour les définir, il faut prendre des précautions pour passer à la limite ». C »est ce qui fait dire à Carlo Rovelli que « les infinis de la théorie quantique des champs découlent tous d’une hypothèse à la base de cette théorie: l’infinie divisibilité de l’espace. 

Mais quand on tient compte de la gravité quantique, les infinis disparaissent car l’espace n’est pas infiniment divisible. Il n’a pas de points qui aient une dimension égale à zéro, avec donc une infinité de points et en conséquence une infinité de choses à additionner. L’espace a une structure granulaire et discrète, ce qui permet d’éliminer les infinis qui affligent la théorie quantique des champs. C’est un résultat magnifique. D’un côté, en tenant compte de de la mécanique quantique, on résout les problèmes créés par les infinis de la relativité générale d’Einstein, c’est à dire les singularités comme les trous noirs, et de l’autre, en tenant compte de la gravité, on résout les problèmes de la théorie quantique des champs, c’est à dire les divergences. La gravitation quantique à boucles est donc une théorie dont la crédibilité se trouve renforcée, puisqu’elle semble être une solution à l’apparente contradiction entre la mécanique quantique et le relativité générale. Chacune des théories y devient la solution aux problèmes de l’autre. 

La physique moderne cherche fréquemment de façon récurrente à poser une limite à l’infini. C’est ce que rappelle l’exergue à ce chapitre: « Ce qui est directement connaissable est fini. L’idée d’infini surgit pourtant dès que nous pensons. Mais l’infini peut-il se rencontrer dans la nature, et dans la physique qui cherche à la représenter ? En relativité restreintela limite est la vitesse de la lumière, la vitesse maximale pour tous les systèmes physiques, et qui est un invariant relativiste. En mécanique quantique, on découvre que qu’il existe une limite, l’information maximale dans tout système physique. Les dimensions de Planck sont les grandeurs les plus petites concevables de l’Univers.Voir le tableau suivant en résumé de tout ceci; issu de wikipedia 

Les unités de Planck sont alors ainsi définies :

Nom

Dimension

Formule

Valeur approchée (en unités du SI)

Longueur de Planck

longueur (L)

{\displaystyle l_{\mathrm {P} }={\sqrt {\frac {G\hbar }{c^{3}}}}}

1,616 × 10−35 m

Masse de Planck

masse (M)

{\displaystyle m_{\mathrm {P} }={\sqrt {\frac {c\hbar }{G}}}}

2,177 × 10−8 kg

Temps de Planck

temps (T)

{\displaystyle t_{\mathrm {P} }={\frac {l_{\mathrm {P} }}{c}}={\sqrt {\frac {\hbar G}{c^{5}}}}}

5,391 × 10−44 s

Température de Planck

température (Θ)

{\displaystyle T_{\mathrm {P} }={\frac {m_{\mathrm {P} }c^{2}}{k_{B}}}={\frac {\sqrt {c^{5}{\frac {\hbar }{G}}}}{k_{B}}}}

1,416 833 139 × 1032 K

Charge de Planck

charge électrique (Q)

{\displaystyle q_{\mathrm {P} }={\sqrt {c\hbar 4\pi \varepsilon _{0}}}}

1,875 × 10−18 C

Les limites sont donc selon la théorie:

     Relativité, la Vitesse: il existe une vitesse maximale c

     Mécanique quantique l’ Information: il existe une information minimale (action) h

     Gravité, la Longueur: Il existe une longueur quantique minimale L(théories de la gravité quantique). 

L’existence de ces valeurs limite détermine (cf wikipedia) « un système d’unités de mesures naturelles basé uniquement sur ces constantes physiques universelles, ce qui implique que la valeur numérique des constantes physiques sélectionnées, exprimées dans ces unités, vaut exactement 1. Ces constantes sont par conséquent omises des expressions mathématiques des lois physiques. mais si cela semble simplifier les choses, cela entraîne une perte de clarté due à la perte d’information nécessaire à l’analyse dimensionnelle. Il y a apparition de grandeurs sans dimension« . Par exemple, v=1/2 signifie que le corps se déplace à une vitesse de moitié inférieure à celle de de la lumière. Lp =1 signifie que les longueurs sont mesurées en multiples de la longueur de Planck. h=1 signifie que les actions sont mesurées en multiples de la constante de Planck. Dans ce système, l’unité de temps sera le temps que met la lumière pour « parcourir » ou couvrir la longueur de Planck. 

Retour sur la signification des infinis.

     1) Il découle de ces découvertes que la détermination des trois constantes fondamentales pose une limite à ce que semblaient être jusque là les infinis possibles dans la nature. Ce qui apparaît comme infini n’est souvent rien d’autre que ce que nous n’avons pas encore compris ou mesuré et la nature semble dire qu’il n’y a rien de vraiment infini. 

     2) Un autre infini hante les pensées des hommes depuis toujours, l’infini de l’étendu du cosmos. L’univers est-il fini ou infini? La question est loin d’être résolue. Einstein a imaginé un cosmos dans bords, mais fini: dans wikipedia,« L’Univers d’Einstein est fondé sur le principe cosmologique proposé par Einstein pour l’occasion, à savoir l’idée que l’univers est homogène et isotrope. Pour des raisons qui semblent d’ordre philosophique, Einstein lui a adjoint l’hypothèse que celui-ci était statique, immuable. Sous l’effet de la gravité, les différents objets de l’univers s’attirent les uns les autres et ont donc tendance à se rapprocher. Pour contrebalancer cette attraction, Einstein a été amené à introduire l’équivalent d’une force répulsive dans l’univers, qu’il a appelé constante cosmologique. Cette hypothèse, qui rétrospectivement apparaît extrêmement ad hoc au vu du contexte, permet d’établir un équilibre entre phénomènes attractifs et répulsifs. Pour que cet équilibre puisse exister, il est nécessaire que la courbure spatiale de l’univers soit positive, autrement dit que l’univers soit d’extension finie, mais sans bord, un peu comme la surface bidimensionnelle d’une sphère. La staticité de l’univers est alors assurée si une certaine relation entre constante cosmologique, densité de matière et courbure spatiale est satisfaite »Mais La découverte de l’expansion de l’Univers par Edwin Hubble à la fin des années 1920 a invalidé ce modèle.
Les mesures actuelles donnent une échelle d’environ 13,8 milliards d’années-lumière pour l’Univers observable
Par définition, l’Univers visible est une boule dont la limite est située à l’horizon cosmologique, et dont la Terre constitue le centre. C’est donc une notion relative, et d’autres observateurs situés ailleurs dans l’Univers n’auront pas la même boule observable (mais son rayon restera le même). Voir villemin.gerard.free.fr pour plus de précisions. Cette taille est plus grande que la longueur de Planck dans un rapport de 1 à in chiffre d’environ 1 suivi de 120 zéros. Entre l’échelle de Planck et l’échelle cosmologique, il y a donc cette énorme distance de 120 ordres de grandeur. C’est énorme, mais fini.

     3) De nos jours, une nouvelle vision de l’infini de l’univers émerge. En effet, que dire de la taille de l’Univers?: « Les cosmologistes n’en n’ont, en fait, pas la moindre idée. […] Les chercheurs ont donc une idée plus ou moins claire de la taille de cet univers observable, mais ces calculs ne renseignent en rien sur les proportions de l’ensemble ni sur l’existence d’une éventuelle frontière. La taille de l’Univers dans son ensemble va donc bien au-delà, mais il n’existe à ce jour aucun moyen de le savoir ». Ainsi les chercheurs parmi lesquels stephen Hawking envisagent des univers multiples.L’idée des univers multiples émerge d’une théorie suggérant qu’à sa création, lors du Big Bang, le cosmos a subi une expansion fulgurante. Pendant cette période, toutes les régions de l’espace n’auraient pas évolué à la même vitesse, certaines s’arrêtant de s’étendre avant les autres, créant différents univers-bulles. Notre univers étant une de ces bulles. L’idée d’univers multiples ou « multivers » n’est pas nouvelle. Elle a traversé toute l’histoire de la philosophie mais « elle fait depuis peu effraction dans le champ de la physique théorique », explique à l’AFP Aurélien Barrau« . Ce dernier apporte des précisions dans son ouvrage Des univers multiples. Cela a fait l’objet de deux de mes articles actuellement rédigés, Univers multiples Chap 1) et Univers multiples. La gravitation quantique (chp. 9).


3) Retour sur Archimède, la fin de l’infini et sur la connaissance.

http://www.ebaf.edu/project-best/: L’École biblique et archéologique de Jérusalem

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/archimede/arenaire.htm: l’Arénaire, OEUVRES D’ARCHIMÈDΕ

« Le sable de la mer, les gouttes de pluie, les jours de l’éternité, qui peut les dénombrer? La hauteur du ciel; l’étendue de la terre, les profondeurs de l’abîme, qui peut les explorer? […] Il n’y a qu’un être sage… c’est le seigneur. »                     Le livre de l’Ecclésiaste«  (traduction de l’école biblique de Jérusalem)

Peu après la composition de ce texte, l’ecclésiaste, un autre immense texte paraissait: »l’Arénaire » d’Archimède: « IL est des personnes, ô roi Gélon, qui pensent que le nombre des grains de sable est infini« . Ici Archimède… compte les grains de sable pour montrer que leur nombre étant fini, on peut le déterminer. Dans l’antiquité, les systèmes de numérotation (comme la numérotation grecque) ne permettaient pas de traiter les grands nombres. Dans l’arénaire, il développe un système de numérotation semblable à nos exponentielles qui permet de traiter des nombres très grands: « Son système pouvait aller jusqu’à 10^512, avec huit périodes et 64 octades. Il aurait même pu aller jusqu’à 10^(8*10^8) « . « ll en démontre la puissance en comptant« , nous dit C. Rovelli, en  comptant; le sourire aux lèvres, combien de grains de sable il y a non seulement sur les rivages des mers mais dans tout l’Univers. » Archimède dit dans l’Arénaire: « Quant à moi, je vais faire voir par des démonstrations géométriques auxquelles tu ne pourras refuser ton assentiment, que parmi les nombres dénommés par nous dans les livres adressés à Zeuxippe, il en est qui excèdent le nombre des grains d’un volume de sable égal non seulement à la grandeur de la terre, mais encore à celui de l’univers entier« .

C’est ce qui permet à C. Rovelli d’affirmer que « Le jeu de l’Arénaire est léger mais profond.. En un coup d’ailes des Lumières avant la lettre, Archimède se libère de la forme de savoir qui veut qu’il y ait des mystères intrinsèquement  inaccessibles à la pensée humaine. »  Archimède se révolte contre le renoncement à la connaissance et affirme la connaissabilité du monde. C’est une réplique à ceux qui se contentent de leur ignorance et qui appellent infini ce que nous ne comprenons pas et qui délèguent la sagesse à d’autres. 

Les siècles se sont écoulés et le texte d’Archimède n’est lu que par quelques uns alors que le texte de l’Ecclésiaste reste encore présent aujourd’hui dans d’innombrables foyers de la planète. Archimède a été massacré dans des circonstances troubles par les romains lors du sac de Syracuse: « un soldat romain croisa Archimède alors que celui-ci traçait des figures géométriques sur le sol, non conscient de la prise de la ville par l’ennemi. Troublé dans sa concentration par le soldat, Archimède lui aurait lancé « Ne dérange pas mes cercles ! […] Le soldat, vexé de ne pas voir obtempérer le vieillard de 75 ans, l’aurait alors tué d’un coup d’épée. »  

Là où je partage moins l’avis de C. Rovelli, c’est quand il continue: « Syracuse, dernier pré carré de la Grande Grèce à tomber sous le joug romain, durant l’expansion de ce futur empire qui bientôt parmi l’Ecclésiaste parmi les textes fondateurs de sa religion d’état. Une position qu’il conserverait plus d’un millénaire. Durant ce millénaire, les calculs d’Archimède resteront obscurs à tous ».

N’est-ce pas aller un peu vite en besogne. Il est vrai que les calculs d’Archimède sont restés obscurs, mais est-on sûrs que sans l’empire et le Christianisme, la Grèce aurait accouché de la science moderne? La civilisation grecque est « tombée ». Aurait-elle été capable de survivre à ses guerres avec sparte et d’aboutir à la structure économique qui a permis, suite aux grandes découvertes du 16ème siècle d’aboutir à Galilée et à la science moderne. Les sociétés humaines étaient-elles prêtes à passer de la non-connaissance présumée qu’évoque Archimède à la connaissance présumée de notre époque. En fait la philosophie antique « comprend la naissance de la philosophie au 6ème siècle avant J-C. sur les côtes ioniennes avec l’école ionienne, puis l’élaboration de la pensée des grands philosophes classiques, PlatonAristote, les Stoïciens, les Epicuriens, les Sceptiques, les Cyniques et les philosophes néoplatoniciens à partir de Plotin aux débuts de l’ère chrétienne.  « L’école néo-platonicienne a duré trois siècles, de la fin du IIe siècle au VIe siècle ap. J.-C. ; elle marque le dernier effort de la philosophie grecque, son entrée en contact et sa lutte avec le Christianisme ».l’histoire de la Grèce antique s’arrête pour certains à la fermeture de l’Ecole d’Athènes en 529, ou à l’œuvre de Saint Augustin au 5ème siècle. »  

La civilisation grecque contenait bien les germes de la science moderne. Mais est-ce l’empire romain et sa religion d »état qui ont bloqué et empêché son évolution? La Grèce et ses écoles renommées ont eu plusieurs centaines d’années pour produire la science et cela ne s’est pas produit. Il faudra attendre Galilée et le XVIème siècle pour que la science comme on l’entend aujourd’hui se déclenche en un bond fulgurant. Il faut noter toutefois que « contrairement à ce qui est promulgué par le média, Galilée était un scientifique qui avait pour but de réconcilier la foi, la Bible et la science. Dans les dernières phrases de  » Lettres concernant les taches solaires  » et dans une lettre écrite en 1624, bien avant le procès, Galilée s’est prononcé sur son amour pour le Créateur et a indiqué que le but de son travail était de présenter la science comme une manière de percevoir la vérité de Dieu« . Mais actuellement, la science moderne, « cette façon de connaître le monde, a pris son essor au XVIIe siècle. À partir de ce moment inaugural, en moins d’un siècle, on est passé d’une nature mystérieuse, où intervient Dieu ou des forces occultes et que l’on tente de comprendre de manière spéculative, à un univers mécanique explicable par la raison appuyée sur l’expérimentation ». 

Mais c‘est balayer d’un revers de main « la bonne nouvelle » qu’a annoncé Jésus-Christ et qui était encore prégnante pour Galilée. René Girard en parle en ces termes: « La révélation évangélique est l’avènement définitif d’une vérité déjà partiellement accessible dans l’Ancien Testament mais qui exige pour s’achever la bonne nouvelle de Dieu lui-même acceptant d’assumer le rôle de la victime collective pour sauver toute l’humanité”  dans « Je vois Satan tomber comme l’éclair  » La Bible hébraïque « dé-divinise la victime (des lynchages) et dé-victimise Dieu ». Elle rejette les dieux fondés sur la violence sacralisée en séparant pour la première fois dans l’histoire humaine, le divin et la violence collective. Elle est devenue, de ce fait, « une critique de la machine à fabriquer les dieux ». Dans l’évangile, au contraire le victime est divinisée et la résurrection suit de près la Crucifixion en lui donnant tout son sens. Et le sacrifice du Christ transcende le sens des sacrifices humains des sociétés traditionnelles, qui est un sacrifice rituel sur fond de haine, celui qui rassemble contre le bouc-émissaire. C’est un sacrifice de soi, consenti par amour. 

Rappelons que pour René Girard, « Toute l’histoire – et le malheur ! – de l’humanité commence en effet par la rivalité mimétique. A savoir : je veux ce que l’autre désire ; l’autre souhaite sûrement ce que je possède. Tout désir n’est que le désir d’un autre pris pour modèle. Lorsque cette rivalité mimétique entre deux personnes se met en place, elle a tendance à gagner rapidement tout le groupe, par contagion, et la violence se déchaîne. Cette violence, il faut bien la réguler. Elle se focalise alors sur un individu, sur une victime désignée, un bouc émissaire (…), forcément coupable. Son lynchage collectif a pour fonction de rétablir la paix dans la communauté, jusqu’aux prochaines tensions. Le désir mimétique est donc à la fois un mal absolu – puisqu’il déchaîne la violence – et un remède – puisqu’il régule les sociétés et réconcilie les hommes entre eux, autour de la figure du bouc émissaire. » La révolution chrétienne est de rompre cette fatalité de la violence sacrificielle. La foi au Christ offrant librement sa vie brise le mécanisme victimaire et permet de dépasser le mimétisme à l’origine de toutes les violences que les croyances archaïques régulaient en sacrifiant le bouc émissaire, le ou les coupables désignés. Mais le Christ, lui, se proclame totalement innocent, ce qui change radicalement la donne. « Pour René Girard , explique le philosophe Thibaud Collin sur le blog Le Parvis de la chouette (Aleteia) : « … la dénonciation chrétienne du religieux sacrificiel enraye sa fonction régulatrice. C’est ce que la modernité a reçu de l’Evangile mais en croyant qu’elle pouvait aussi se passer de la solution chrétienne, à savoir de la bonne nouvelle : la paix assurée par l’imitation de Jésus. Dès lors, la pensée de Girard provoque la modernité à une alternative radicale: soit la conversion au Christ soit l’escalade de la violence que plus aucun mécanisme ne peut endiguer, donc l’autodestruction du monde humain. » En somme, un christianisme sécularisé s’avère plus dangereux que l’antique paganisme dit Thibaud Collin avec René Girard. 


C’est là qu’on en est aujourd’hui. Nous avons vu au début de ce chapitre que Carlo Rovelli nous dit que « Le jeu de l’Arénaire est léger mais profond… En un coup d’ailes des Lumières avant la lettre, Archimède se libère de la forme de savoir qui veut qu’il y ait des mystères intrinsèquement  inaccessibles à la pensée humaine. »  Il se révolte contre le renoncement à la connaissance et affirme la connaissabilité du monde. C. Rovelli évoque aussi « Syracuse, dernier pré carré de la Grande Grèce à tomber sous le joug romain, durant l’expansion de ce futur empire qui bientôt parmi l’Ecclésiaste parmi les textes fondateurs de sa religion d’état. Une position qu’il conserverait plus d’un millénaire. Durant ce millénaire, les calculs d’Archimède resteront obscurs à tous ». De nos jours, l’Ecclésiaste et la Révélation sont occultés sinon oubliés après tous ces siècles qualifiés par l’opinion dominante d’obscurantistes

 la science moderne, « cette façon de connaître le monde, a pris son essor au XVIIe siècle. À partir de ce moment inaugural, en moins d’un siècle, on est passé d’une nature mystérieuse, où intervient Dieu ou des forces occultes et que l’on tente de comprendre de manière spéculative, à un univers mécanique explicable par la raison appuyée sur l’expérimentation »: « La nature est autonome, le déterminisme est certain, le monde est intelligible, le temps et l’espace sont neutres, on assiste à la dichotomisation du monde où l‘homme est posé comme sujet (sujet transcendantal dira Kant) face à une nature déterminée. Cette première coupure se redouble à l’intérieur de l’homme qui est, en même temps, sujet transcendantal et animal-machine ».

Cette science victorieuse et dominatrice qui occulte la révélation dont parle René Girard a certes permis ce que l’on nomme dorénavant le progrès d’abord scientifique, mais de plus en plus technologique. Il semble irrésistible, mais on en aperçoit maintenant les limites et les dangers. C’est ce qu’a bien vu Bertrand Vergely dans obscures lumières et que j’ai voulu partager dans un article de mon blog: Obscures lumières par Bertrand Vergely -le prologue – « On voudrait nous faire croire que les Lumières ont été totalement lumineuses. Mais la Révolution française a débouché sur la Terreur, avant d’accoucher de l’Empire. Est-ce un accident ? Il n’en est rien. Il y a dans la Révolution française une double contradiction. Alors qu’elle se veut antireligieuse, elle donne naissance avec Robespierre au culte de l’Être Suprême. Alors qu’elle se veut morale, elle fait le lit du libertinage poussé au paroxysme par Sade. Il y a une raison à cela. La Révolution française a voulu être révolutionnaire. Elle a cru qu’elle pouvait l’être. Mais elle a été dévorée inconsciemment par l’Ancien Régime dont elle ne s’est jamais vraiment débarrassée. Cette ombre a pesé sur elle. Elle pèse encore sur nous. » Dans un autre passage, on peut lire: « En reje­tant la contem­pla­tion au pro­fit de l’action per­pé­tuelle, Dide­rot place la force au centre de l’histoire. « Toute la vio­lence de la moder­nité et des Lumières, écrit avec rai­son Ver­gely, se trouve là. » Et on n’insistera pas sur l’âme d’exterminateur de Vol­taire qui trai­tait les Juifs d’ennemi du genre humain…Bref, les Lumières créent un monde qui « domine tout, qui maî­trise tout, par la poli­tique et par la science », ce que furent exac­te­ment les uto­pies tota­li­taires… ».

Par cette science, notre culture semble avoir dépassé le stade du mythe parce que l’opinion dominante  pense que la représentation objective de la science moderne nous en débarrassés. Mais est-ce si sûr? Les mythes technologiques qui posent problématique et questionnement ne sont-ils pas la suite des mythes de l’antiquité, grecque en particulier? Auguste Comte n’a-t’il pas créé la religion positivisteNoam Chomsky se demande si L’intelligibilité du monde est à portée de la science et répond par la négative et la réponse à la question « la science est-elle vraie » ne va pas de soi « Au XXe siècle, le chaos et le hasard ont fait irruption dans la science. La philosophie des sciences a dû s’affirmer pour accompagner cette évolution sans se trouver elle-même rejetée dans ce chaos. On ne sait pas si la science est vraie, mais on peut affirmer tout de même qu’elle s’appuie sur des faits et sur des idées, sur des expériences et sur des paradigmes. On doit également renoncer à démontrer la primauté du fait sur l’idée ou de l’idée sur le fait. L’époque n’est plus aux philosophies fermées mais aux idées complexes, ouvertes, comme aurait dit Gaston Bachelard. Les faits et les idées s’influencent réciproquement, avancent ensemble, cahin-caha. Ainsi marche la connaissance d’un pas d’écrevisse vers un but indéfini ».


Mais alors, est-ce bien , comme le prétendent des chercheurs comme Carlo Rovelli, la fin de l’infini?  Depuis Archimède et le jeu de l’Arénaire il y a eu une évolution fantastique de la connaissance humaine. L’objectivité scientifique en a quasiment absorbé tout le champ et prétend de plus en plus couvrir les deux aspects, la connaissance objective (ce qui existe en dehors de notre pensée) et la connaissance de soi. Et là surgit le paradoxe et sans doute celui de l’infini. La physique quantique et « ses 7 merveilles » nous parle de la fonction d’onde et de son actualisation. Il me semble que la réalité de la fonction d’onde et son lien avec l’univers mental reste une question non résolue et toujours insaisissable. Historiquement, la notion de fonction d’onde fut introduite de façon implicite par Louis de Broglie dans sa thèse en 1924. Son nom s’explique par le fait qu’elle revenait à donner à toute particule les propriétés d’interférence typiques d’une onde, généralisant la dualité onde-corpuscule. Pour Max Tegmark, « l‘univers devrait être un grand système quantique décrit par l’équivalent de l’équation de Schrödinger pour les électrons dans un atome. Elle gouverne l’évolution de la fonction d’onde de l’univers, lΨ>, du Big Bang jusqu’à nos jours […]. Et si au fond, la fonction d’onde représentait non seulement toutes les propriétés et possibilités du Grand Tout, où la mécanique quantique serait aussi reliée à la biologie. Tout cela peut relancer le débat sur la fin de l’infini. Le site mediapart.fr a parlé du big bang en ces termes:  » […] avant le big-bang, ou plus exactement dans une première infime fraction de seconde mais qui est en même temps hors du temps, il y a quelque chose, et quelque chose qui est plein de possibilités, et on peut considérer que notre univers est la manifestation d’une de ces possibilités. Un peu comme lors de l’effondrement de la fonction d’onde une particule quantique se concrétise sous la forme d’un seul des innombrables potentiels dont elle était porteuse, ainsi du commencement de notre univers ».

Trinh Xuan Thuan évoque lui-aussi l’infini et écrit: « en tant que bouddhiste, je crois en une succession de vies. Mais le but ultime est d’atteindre l’«éveil» – la connaissance suprême, accompagnée d’une compassion infinie -, c’est-à-dire d’échapper à ces cycles de renaissance. Les cycles de vie ne sauraient donc être éternels (c’est-à-dire infinis), car ils s’interrompent. Ce qui me convient tout à fait… »

Pour Carl Gustav Jung, dans sa notion d’inconscient collectif, « Dieu lui-même est vécu comme une expérience psychique permettant la réalisation de l’unité psychique du sujet ». L’inconscient collectif s’appuie sur un immense héritage de représentations antérieur à l’humanité. Il est donc fondamentalement d’ordre symbolique : il fonctionne grâce à ce que Jung nomme des « archétypes », c’est-à-dire des contenus que partagent tous les individus sans exception, des images archaïques et universelles. Ce me conduit à évoquer ce séminaire de philosophie et de Mathématiques, infini et inconscient chez Cantor, où Nathalie Charraud s’intéresse au rôle de l’inconscient en mathématiques (voir son livre INFINI ET INCONSCIENT. Essai sur Georg Cantor).


4) Conclusion de cet article.


Ainsi, depuis Archimède et l’arénaire, le problème de l’infini hante l’esprit humain.
Comme l’a vu au chapitre 2), C. Rovelli a bien essayé de l’occulter avec la gravitation quantique à boucles , mais l’infini
 revient en force avec les univers multiples. Max Tegmark propose une théorie de la conscience en mécanique quantique. Tout comme Schrödinger avec ‘l’esprit et la matière », qui avait d’emblée éliminé toute interprétation vitaliste (comme celle de l’élan vital de Bergson) et postulé une identité absolue des lois de la nature qui président à la mise en forme de la matière, qu’elle soit inerte ou vivante. Max Tegmark fait de même pour la théorie de la conscience qu’il expose dans son livre Notre univers mathématique où il dit que « l’Univers n’est pas simplement décrit par les mathématiques, il  EST un objet mathématique« . Un pont est peut-être enclenché vers les transfinis de Cantor, mais il me semble que le mystère de l’infini s’épaissit plutôt. 


Nous avons appris que notre univers est l’ensemble de tout ce qui existe, et des lois qui le régisse. Son étude est nommée la cosmologie. Il s’origine dans le big bang mais pour les chercheurs comme Aurélien Barrauon doit lui substituer un « grand rebond ».  Notre conscient fini en donne une représentation objective finie. Mais en fait les scientifiques ne savent toujours pas réellement comment l’Univers est né. Certains disent que l’Univers n’aurait pas eu de début et qu’il aurait toujours existé avec des grands rebonds comme on vient de le voir, d’autres disent qu’il a eu un début, et qu’il y aura une fin.

Mais au-delà de notre représentation de cet univers et du monde, et de la réduction qu’en fait notre esprit, qu’est-ce que le réel? Le réel est un concept ontologique qui désigne ce qui existe en dehors et indépendamment de nous. Il se définit par rapport à celui de réalité empirique, qui, lui, désigne ce qui existe pour nous grâce à notre expérience. Selon la thèse constructiviste, la réalité naît d’une interaction entre nous et le monde, interaction constitutive de l’expérience (Rappel de wikipedia: La réalité est l’ensemble des phénomènes considérés comme existant effectivement. Ce concept désigne donc ce qui est physiqueconcret, par opposition à ce qui est imaginérêvé ou fictif. Si son usage est initialement philosophique, particulièrement dans sa branche ontologique, il a intégré le langage courant et donné lieu à des usages spécifiques, notamment en science).


La science explique-t-elle ou décrit-elle la réalité? Et qu’est-ce que la science?: « La science manifeste une volonté de savoir authentique qui s’est dotée des moyens appropriés pour se réaliser en associant une théorisation rationnelle à une expérience méthodique. Elle produit un savoir ayant un caractère d’adéquation optimisé par rapport à la réalité. Ce savoir évolutif est sans cesse vérifié et critiqué. Paradoxalement, la volonté de savoir vraiment aboutit à une vérité relative, car le savoir qui en résulte évolue sans cesse. Mais, ce paradoxe n’en est pas un, puisque la volonté de vrai implique une attitude critique qui, inévitablement, se porte sur la science elle-même et la pousse à s’améliorer sans cesse ».

Pour Bernard D’espagnat le réel « est paradoxal et non séparable. Paradoxal : il existe de façon indépendante de nous, mais il n’est pas pour autant un objet « en soi », distinct, car certaines de ses propriétés dépendent de nous qui l’observons. Non séparable : « Deux particules restent reliées par un lien étrange qui ne dépend pas de l’espace ni du temps ». […] Pour d’Espagnat, la « profondeur du Réel » est l’Être. Celui-ci n’est ni un sujet ni un objet, car il est avant la division sujet-objet. Il existe bien, il n’est pas une illusion, mais il n’est pas de l’ordre du biologique ou du psychologique. Il est au-delà de l’espace et aussi sans doute du temps. Il appartient à une dimension qui est, littéralement indicible. C’est cette façon de considérer le réel que je partage le plus jusqu’à présent. cela me semble compatible avec les théories quantiques et relativistes qui donnent des descriptions que les faits et les observations confirment avec une précision remarquable


Pour terminer ce panorama, n’oublierai pas ce citer mettre aussi en exergue David Deutsch qui tente de définir la révolution scientifique née au XVIIe siècle, comme nous l’avons vu dans cet article avec C. Rovelli. Il « défend l’actualité de ce projet, à l’heure où le pouvoir des machines ou la croyance au surnaturel mettent à l’épreuve la confiance dans l’intelligence humaine […] Il pense que nos capacités intellectuelles sont déterminées par notre aptitude à survivre. Désormais, notre environnement est façonné par les technologies humaines, et notre survie ne dépend plus de l’évolution de nos gènes, mais de l’évolution des « connaissances explicatives ». Selon lui, « […] notre capacité à connaître et à contrôler le monde est désormais le seul ressort pertinent du point de vue de l’évolution pour améliorer notre aptitude à survivre. Celle-ci n’a donc plus pour cadre un lieu naturel particulier, mais le champ infini de la connaissance des lois universelles. Selon lui, […] « il ne peut exister une intelligence – même artificielle – qualitativement supérieure à celle des hommes. Aucun manque dans nos capacités intellectuelles ne pourra être comblé par une automatisation. Ainsi, nous augmentons quantitativement nos facultés de mémorisation grâce aux ordinateurs mais aucune machine ne créera à notre place des conjectures explicatives. Dans l’évolution du savoir théorique surgiront sans cesse des incohérences et autres bizarreries. Cependant, rien n’est, en droit, inexplicable. Enfin, croire qu’il pourrait exister dans l’Univers une intelligence capable de comprendre des phénomènes insaisissables pour l’homme reviendrait, pour le scientifique, à« recourir au surnaturel ».


Comme le réel, est selon d’Espagnat,, voilé, il n’est pas impossible qu’au bout du compte Max Tegmark  ait vu juste: 
l’Univers n’est pas simplement décrit par les mathématiques, il EST un objet mathématique« . Dans ce cas, Le dernier chapitre du livre de Carlo Rovelli va nous apporter des éléments essentiels pour la connaissance de ce qui est: l’information.


Pour anticiper cet article, voici des articles que j’ai écris sur l’information au cours de ma lecture du livre des frères Bogdanov « au commencement du temps« :

 
 

liens pour ce chapitre: 

https://fr.aleteia.org/2015/11/05/rene-girard-levangile-et-le-politique/: René Girard, l’Évangile et le politique

https://fr.aleteia.org/2015/11/06/rene-girard-et-le-genie-du-christianisme/: René Girard et le génie du christianisme

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Eccl%C3%A9siaste_:_un_temps_pour_tout/Texte_entier: Traduction par Ernest Renan.Arlea, 1881

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Commencement_de_l%27infini: Le Commencement de l’infini – Les explications transforment le monde est un livre du physicien et philosophe David Deutsch

http://michel.bitbol.pagesperso-orange.fr/esprit.matiere.html: « Schrödinger développe quelques conséquences de ce qu’il avait appelé le «principe d’objectivation» dans La nature et les grecs. L’objectivation est l’acte fondateur de la science qui consiste à exclure le sujet connaissant du champ naturel, ou encore à reculer dans le rôle d’un spectateur n’appartenant pas au monde, ce dernier étant ainsi constitué en monde objectif. Parmi les conséquences d’un tel acte, on relèvera particulièrement l’incapacité constitutive dans laquelle se trouvent les sciences objectivantes de rendre intégralement compte de leur propre arrière-plan d’expérience. Schrödinger esquisse à partir de cette remarque une critique précoce du réductionnisme « physicaliste » dans les sciences de l’esprit.

Authentiquement philosophe, et scientifique brillant, Schrödinger était bien placé pour mesurer tout à la fois la nécessité et le coût exorbitant de l’acte fondateur des savoirs objectifs : le retrait ou, plus précisément, l' » élision  » du sujet connaissant. Que cette tension nous paraisse, aujourd’hui, essentielle – comme en témoigne l’essai de Michel Bitbol – montre que la rencontre avec la conception du monde de Schrödinger est désormais possible.

https://www.amazon.fr/Lesprit-Mati%C3%A8re-Pr%C3%A9c%C3%A9d%C3%A9-LElision-Schrodinger/dp/2757857835

http://www.bibnum.education.fr/sites/default/files/Cantor98-analyse-V2.pdf: Cantor et les nombres transfinis

https://fr.wikipedia.org/wiki/Infini 

Le modèle standard 

https://www.liberation.fr/sciences/2001/01/09/archimede-se-cachait-sous-la  bible_ 350408 :  Archiméde se cachait sous la Bible

http://villemin.gerard.free.fr/Wwwgvmm/Nombre/InfiniP1.htm:  L’infini par   villemin.gerard.free.frhttp://store.cassini.fr/documents-essais-culture-scientifique/1-le-commencement-de-l-infini.htmlLe commencement de l’infini – Les explications transforment le monde par David Deutsch –L’émergence des Lumières a marqué la fin des systèmes de pensée figés et de portée limitée. Une ère nouvelle s’est ouverte dans l’histoire humaine, où la capacité à produire à un rythme soutenu des connaissances nouvelles, ayant une portée de plus en plus grande, sest développée comme jamais auparavant. Beaucoup se demandent combien de temps cela peut durer. Existe-t-il une limite intrinsèque à la production de connaissances ? Ou s’agit-il d’un commencement de l’infini ? En d’autres termes, disposons-nous des méthodes propres à assurer une croissance illimitée de connaissances nouvelles ? ­­­ Le physicien et philosophe David Deutsch renouvelle dans Le commencement de l’infini l’approche de Karl Popper et l’étend à pratiquement tous les champs de la connaissance, des sciences de la nature aux sciences humaines et même à l’esthétique. Plutôt que de rechercher dans les théories scientifiques, les systèmes de pensée, les systèmes politiques une infaillibilité hors d’atteinte, il propose d’adopter les deux maximes suivantes : Les problèmes sont inévitables, et Tout problème a une solution. Toute catastrophe, tout échec est dû au manque de la connaissance qui aurait permis de l’éviter. Cet optimisme ontologique, indispensable à la découverte des bonnes explications par le moyen de la créativité et de la critique, est mené tambour battant par l’auteur tout au long de l’ouvrage, et apparaît comme l’une des conditions de la survie de notre espèce à long terme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Commencement_de_l%27infiniLe Commencement de l’infini – Les explications transforment le monde est un livre du physicien et philosophe David Deutsch.
http://villemin.gerard.free.fr/Wwwgvmm/Nombre/Zerinfin.htm::
 NOMBRES – Curiosités, théorie et usages
https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/: la gravité quantique à boucles
https://www.pourlascience.fr/sd/cosmologie/lunivers-avant-le-big-bang-2971.php: L’univers avant le big bang

Deutsch.http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/09/03/vers-une-physique-de-linformation/;; vers une physique de l’information. 
http://rustyjames.canalblog.com/archives/2011/02/25/20486982.html: La densité zéro est la condition de propagation de l’information à une vitesse infinie. Cela révèle un mécanisme qui expliquerait la non localité et la télépathie. 


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