L’UNIVERS A-T-IL DES LIMITES?


L’UNIVERS A-T-IL DES LIMITES ? 

C’est suite à une conversation que j’ai eue sur facebook avec Cymdie Daudon et Claude Roudil que j’ai mis par écrit mes réflexions sur ce sujet, car une réponse sur facebook aurait été limitée et incomplète. 

L’INFINI DES COSMOLOGISTES : RÉALITÉ OU IMPOSTURE ? De façon unanime les cosmologistes affirment que notre Univers est infini. On montre ici que l’utilisation de ce concept d’infini pour mesurer l’Univers n’est pas cohérente du point de vue physique et qu’elle présente le danger d’ouvrir la porte à des spéculations irrationnelles.

Christian Magnan
Collège de France, Paris
Université de Montpellier II

Avec Aurélien Barrau, astrophysicien au laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, et Patrick Peter, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris.

CANAL-U.TV

J’ai repris l’interwiew sur you tube:

Même question vue par Jean-Pierre Luminet : l’Univers, fini ou infini?: L’Univers chiffonné


Ma conversation sur facebook avec Cymdie Daudon et Claude Roudil. 

Cymdie Daudon Alors oui ou non ?

 

Claude Roudil La question n’a pas de sens!

Cymdie Daudon  C’est le limité qui la pose…

Certes, c’est le limité (le mental de deux astrophysiciens) qui la pose. Certes aussi, la question n’a peut-être pas de sens. Je viens de terminer mon écoute du dialogue. Je vais, dès que j’aurai mis en forme mes réflexions concernant l’infini et la vision qu’en ont les deux astrophysiciens, partager ces réflexions. Avant de continuer, pour mémoire, je rappelle une conversation que j’ai eue avec Cymdie Daudon fin mai 2018.:

 

Cymdie Daudon Jean-michel Thomasson Maintenant on peut se poser la question suivante (c’était à propos de l’apprentissage et de la précédence)…, est-ce que chez l’homme une sorte de barrage n’interfèrerait pas, voire s’opposerait à cet apprentissage naturel qui pourtant serait millénaire, sans doute depuis le début de la création ? Je crois que oui et ceci, ce « barrage », cet accident si on veut ce serait produit lorsque l’homme se sera un jour séparé de la nature et de SA nature profonde en privilégiant la matière, le processus matériel, le mental, la pensée, la pensée étant un processus matériel … Ainsi cette interférence, laquelle demande un intérêt plus poussé pour en percevoir son rouage ou ses rouages, retarderait ce que nous nommons notre évolution mais en tout cas le saut quantique dont tu as déjà parlé..

 

Jean-michel Thomasson Question intéressante! C’est certainement vrai du mental et de l’impasse morale et spirituelle dans laquelle notre monde matérialiste se trouve où la conscience n’est plus que raison utilitaire. Le suppression de la transcendance est certainement problématique.

Cymdie Daudon Le cerveau humain serait donc en train de se scléroser… Regarde le processus du moi, il se promène du passé vers le futur en passant par le présent qui du fait lui, le présent est complètement occulté… Ce mouvement qui va du passé vers le futur représente un certain circuit cérébral. Le moi ne connaît rien d’autre que ce circuit, le potentiel vacant du cerveau est inutilisé, seul ce circuit passé, présent et futur est utilisé. C’est une prison alors que la totalité du cerveau représente la liberté, une respiration, la vacuité de laquelle la véritable intelligence pourrait agir, la créativité. Le savoir aussi fait parti de ce champ passé, présent et futur, de ce même circuit cérébral horizontal. On confond souvent invention et creatiin, seule est nouvelle, inédite la création, non l’invention qui n’est qu’un savoir ancien réajusté au présent.
Donc pour en revenir à ton propos, être incapables de transcender ce mouvement horizontal du temps, ce circuit cérébral, finalement ce moi, c’est se priver de la créativité et c’est interdire l’oxygénation de tout le cerveau réduit à ce simple circuit. Donc détérioration des autres circuits, dégénérescence et le monde entier est en train de dégénérer… D’où la nécessité du saut quantique, non pas de changer de circuit cérébral mais de ne pas faire de celui-ci le seul circuit qui est aussi le circuit scientifique et donc permet les inventions mais ne va pas au-delà, échappant de à la transcendance comme tu dis oui. .., à la transcendance de ce circuit cérébral…
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Jean-michel Thomasson Absolument. Cependant, je crois que le cerveau-ego n’est qu’une partie calculatoire, celle de ce qu’on qu’on peut appeler le cerveau gauche. On occulte le cerveau droit car la science a décrété que c’était celui de l’irrationnel/ Je dirais plutôt que ce celui de l’intuition, l’aspect féminin, l’anima (cf Jung) de l’homme et de la femme. Les hommes comme les femmes sont poussés à devenir seulement des animus (ce qui donne le féminisme , le féminité devenue homme). Il faut donc voir le cerveau comme un tout (anima/animus). N’oublions pas que la Bible dit: homme et femme il les créa.

Cymdie Daudon Jean-michel Thomasson Bien vu 😃 Je crois que le cerveau est Un, il n’y a pas mon cerveau et ton cerveau il y a le cerveau Un. Je préfère parler d’intelligence que le mot cerveau. L’intelligence est une. Il n’y a pas mon intelligence et ton intelligence…
Alors je crois que la frontière de nos crânes respectifs n’existe pas. L’intelligence est partout, donc aussi au-delà du cerveau et au-delà aussi du cerveau humain. Le cerveau gauche ne serait qu-une faculté, une sorte de circuit permettant l’expression symbolique comme par exemple le langage, le fait de nommer. Mais bien sûr sans identification car des que l’identification surgit…,à mon cerveau et à ton cerveau la division apparaît et bientôt le conflit, la dualité… Donc ce cerveau gauche serait une fonction cérébrale utilisant le souvenir et la projection en avant, le futur. Sans passé ni futur ce cerveau gauche devient silencieux, il est même inutile et ce qui prend la relève ne relève plus du circuit cérébral mais du cerveau cosmique, universel que tu nommes le cerveau droit dans ton exemple… Le cerveau serait holistique comme L’intelligence… Enfin, c’est ma perception. Nous ne serions que des sortes d’instrument pour une intelligence plus grande que la nôtre propre et personnelle, l’instrument d’une intelligence impersonnelle et dont tout le monde peut user ou pas…

Jean-michel Thomasson OUI! Le cerveau est Un. ça ne contredit pas ce que je pense. On en reparlera. Je suis en plein dans l’objet qu’on appelle Univers et dans l’examen de son infinitude ou de sa finitude. D’ailleurs tu apportes des éléments de réponse et de réflexion.

Jean-michel Thomasson Tu parles d’intelligence, je dirai peut-être aussi esprit. Ce qu’on voit du cerveau est un outil qui ne doit pas être scindé en deux. Pour moi, ce n’est qu’une image dans lequel le cerveau gauche (le logos calculatoire) serait l’aspect corpusculaire manifesté et le cerveau droit l’aspect ondulatoire (intuition, fulgurance). Mais ça reste une image pour appréhender comme on peut ce tout. Le scléroser en ne regardant que l’aspect animus (ce que je vois en partie dans l’ego, c’est ce que fait la plupart des êtres humains en oubliant la profondeur du sacré est celle de la transcendance, qui elle ouvre sur l’infini dont devraient parler Barrau et peter dans L’univers a-t-il des limites ? Ils restent sur l’aspect objet extérieur et occultent le sujet qui pense et qui observe. C’est un peu cet aspect de dualité et de la complémentarité connexe onde-particule que ce sens présente. Et Shrödinger, un des pères de la mécanique quantique ne s’y est pas trompé quand il a évoqué l’élision du sujet dans son livre L’esprit et la matière.: « L’objectivation est l’acte fondateur de la science qui consiste à exclure le sujet connaissant du champ naturel, ou encore à reculer dans le rôle d’un spectateur n’appartenant pas au monde, ce dernier étant ainsi constitué en monde objectif. Parmi les conséquences d’un tel acte, on relèvera particulièrement l’incapacité constitutive dans laquelle se trouvent les sciences objectivantes de rendre intégralement compte de leur propre arrière-plan d’expérience. Schrödinger esquisse à partir de cette remarque une critique précoce du réductionnisme physicaliste dans les sciences de l’esprit ».
Tentant de remonter en deçà de la prescription d’objectivité, Schrödinger invoque l’expérience fondamentale à laquelle chaque homme serait confronté, et que la pratique et le discours mystiques n’auraient fait que stabiliser et évoquer dans un langage fait de circonlocutions. Cette expérience, c’est celle de l’unicité de «mon monde», du co-sugissement de moi et du monde dans un «ici et maintenant» préalable à la coordination spatio-temporelle. Au regard de cette immédiateté, la théorie dualiste de la connaissance apparaît comme une simple métaphore: celle d’une polarité conçue sur le mode de la relation d’extériorité spatiale qui lui est pourtant logiquement subordonnée.
A partir de là, on comprend que selon Schrödinger, ce qui se joue en physique quantique, ce n’est pas la mise en difficulté d’un dualisme épistémologique et d’une objectivité donnés d’avance (car ils ne sont justement pas donnés d’avance), mais plutôt la possibilité de ré-accomplir à nouveaux frais une oeuvre d’objectivation relevant d’une décision d’ordre éthique: celle de «suivre ce qui est commun à tous» (Héraclite) ». 
La scission sujet-objet ici


L’UNIVERS A-T-IL DES LIMITES ? VOILÀ MAINTENANT LES RÉFLEXIONS QUE CELA M’INSPIRE.

https://www.canal-u.tv/video/universcience_tv_la_webtv_scientifique_hebdo/l_univers_a_t_il_des_limites.11215:

Avec Aurélien Barrau, astrophysicien au laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, et Patrick Peter, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris.


Je commence par quelques notes que j’ai prises en écoutant le dialogue.

Le big bang est l’effondrement de la théorie (de la relativité).

La question de l’avant-big bang a t-elle un sens (ex qu’y a t-il au-delà du pôle nord?)

Y a t-il plusieurs univers et … une infinité du’univers? Dans ce cas, la probabilité les lois actuelles et de la vie a un sens différent que s’il existe un seul univers (ex gain au loto).

La relativité générale dit que l’espace-temps ne peut avoir que 3 formes et pour deux d’entre-elles il est strictement infini (sphère-parabolique, plat, hyperbolique). Mais ce sont des formes locales et globalement, on peut peut-être le refermer sur lui-même (univers chiffonné de J. P. Luminet).

Cela change le sens de la pensée scientifique. Univers fini: on peut faire des mesures et voir (prouver) qu’il est fini. S’il est infini, on ne peut pas le prouver. Cela questionne sur ce qui est accessible à la physique (selon Barrau, cela réenchanterait la physique?). Mais Peter a peur qu’on ne puisse jamais le tester, c’est un changement radical de l’idée du rôle de la science, est-on encore dans son domaine?). barrau pense que même si c’est de la science pauvre on peut continuer à faire des prédictions. Il donne tort à Popper. Pour Barrau, sur un unique tirage (notre univers), on ne peut rien dire d’affirmatif, mais il contient de l’information qui peut corroborer ou infirmer l’ensemble du modèle, et c’est ce qui est remarquable selon Barrau. C’est comme une migration de la métaphysique vers de la physique.

Les deux participants se posent alors la question: et l’éternité dans tout ça?

La gravité quantique à boucles prévoit un grand rebond (big bounce) au lieu d’un big bang. L’univers se trouve maintenant « emprisonné » dans un temps qui est infini dans le passé et aussi infini dans le futur Barrau). Mais (peter), le temps lui-même n’est pas vraiment défini (granularité du temps , voir Rovelli). On peut seulement dire que quelque chose évolue.

Il faut remarquer que le problème des conditions initiales (quelles sont-elles?) se pose dans le big bang comme dans le big bounce où elles sont reportées dans un passé beaucoup lointain.

La gravité quantique a abouti au big bounce, ça n’était pas prévisible, mais ça n’est pas pour ça qu’elle a été construite.

Ce qui est passionnant (Barrau), c’est qu’on entre à nouveau dans le domaine du testable, même parmi une infinité d’univers.

Mais, on ne peut observer qu’une infime partie de l’univers. On peut appliquer les lois de la mécanique quantique sur cet objet qui est tout petit. On peut faire des calcul et voir les conditions qui vont le faire apparaître (Peter). Dans un modèle de rebond, c’est plus compliqué. Certes, mais si l’univers est plat et infini il n’est pas tout petit (Barrau). Oui, mais ce qu’on peut observer c’est notre univers, qui est alors tout petit (zone du big bang) (Peter).

On en revient donc à la question de la finitude  de l’univers. Mais on progresse, car on peut envisager de pouvoir voir ce qui se passe au-delà de l’horizon (spatial et temporel) et on pourra dans l’avenir parler de ce qu’il y a peut-être eu en amont du big bang.

Assiste-t-on à une sorte de transition de phase en matière de penser?

-1) Voyons d’abord le début de l’entretien.

Certes oui Cymdie Daudon, c’est le limité (le mental de deux astrophysiciens) qui pose la question. Ils le présentent tous deux comme un objet compréhensible, mais comme un objet, c’est à dire « ce qui est jeté devant nos yeux ou plus généralement notre conscience. Il s’agit donc de tout ce que nous pouvons percevoir, penser ou vouloir. En ce sens, tout ce qui existe peut être dit objet, du moment qu’on y pense, y compris une personne qui est « objet d’amour ». Un objet est ainsi ce qui est pensé par opposition au sujet qui est ce qui pense »Être sujet et objet: « Tout ce qui existe pour moi, à l’extérieur de moi, est objet […]Tout ce que je peux objectiver, c’est-à-dire percevoir, je le vois comme quelque chose qui m’est accessoire et que je peux utiliser à mon propre profit […] je peux considérer les personnes que je rencontre comme des objets […] Moi-même, je suis mon propre objet. Je peux utiliser mon corps comme bon me semble […]. 

Nous examinerons cet aspect holistique après les réflexions que m’inspirent le débat entre les deux scientifiques. Ce débat-dialogue, lui, porte sur « l’objet univers » vu sous l’angle scientifique et sur la question « l’univers a t-il des limites? », c’est-à dire: est-il fini ou infini? 

Faisons connaissance d’abord avec Patrick Peter et ses recherches (L’UNIVERS A-T-IL TOUJOURS ÉTÉ EN EXPANSION ?   DÉFAUTS SPATIO-TEMPORELS, THÉORIE DES CORDES ET STRUCTURE DE L’UNIVERS)

Pour Patrick Peter la question est un peu bizarre au niveau scientifique, car l’univers a forcément des limites, les limites de ce qu’on peut voir ou pas. Ce serait plutôt une question philosophique, presque en-dehors du champ de la science. Par contre la question de ce qui se passe dans l’univers et de savoir ce qu’on peut tester au-delà de ce qu’on peut voir peut avoir un sens et on peut en discuter. 

Ce n’est pas ce que pensent d’autres astrophysiciens tels Romaric Gravet, Alors non l’Univers n’a pas de limite. En effet d’après la relativité générale, et plus particulièrement la métrique de Friedmann-Lemaître-Robertson-Walker, l’Univers peut-être soit plat, soit sphérique, soit hyperbolique. D’après les données obtenues par le satellite Planck (disponible ici : https://www.aanda.org/articles/a…), notre Univers est plat.

Dans ce début d’entretien je trouve Patrick Peter bien centré sur la théorie standard et un peu sur la défensive comme s’il redoutait de dire par mégarde des choses non scientifiques.

Pour Aurélien Barrau (voir son blog ici), parc contre, c’est une assez bonne question.parce que comme toutes les questions signifiantes, elle est un peu paradoxale, un peu ambiguë, on ne sait pas exactement ce qu’elle convoque…des concepts très lourds, l’Univers, l’univers source, le Tout)… est-ce qu’on peut penser le tout?… La limite, c’est à la fois ce qu’on ne peut jamais atteindre, on a toujours envie de déchirer ou de dépasser (référence à Deleuze). Aurélien Barrau pense qu’on ne pourra pas répondre à la question. Mais c’est une question signifiante, car elle convoque non seulement une connaissance (les 3 genres de connaissance selon Spinoza) de l’Univers, mais elle nous oblige également à nous interroger sur la connaissance de cette connaissance. Il y a toujours dit-il une petite méta-question en embuscade ce qui n’est pas fait pour lui déplaire. Rappelons que pour Edgar Morin, « La connaissance doit nous amener devant le mystère des choses ». Je reconnais ici la fougue d’Aurélien Barrau qui est très ouvert  aux récentes découvertes ouvrant la voie à de nouvelles hypothèses  sur l’existence d’univers multiples et aux théories cosmologiques les plus audacieuses. 


Le débat débute par: « qu’est-ce qui a changé? »


Après le  le rappel des dernières données du satellite Planck qui vont sinon révolutionner mais du moins infléchir notre représentation cosmologique Il est signifiant (dit Barrau), de rappeler quelques éléments de base du modèle du Big bang utilisé par les scientifiques pour décrire l’origine et l’évolution de l’univers…Que certains essayent de remettre en cause dit Patrick Peter pour rappeler sa fidélité au modèle standard. Cette remise ne cause est légitime (Aurélien Barrau), mais aujourd’hui c’est notre meilleur modèle et on a de bons arguments pour ça, tels le paradoxe d’Olbers: le ciel est noir alors que si on suppose un univers statique et infini il serait extrêmement brillant. En fait, la nuit noire est une des preuves de la théorie du Big Bang qui implique que l’Univers est dynamique et d’âge fini. Ces deux caractéristiques donnent une solution à ce paradoxe en montrant que l’hypothèse est fausse. Ce modèle,élaboré  en 2000, expliquant les grandes étapes de l’univers observable, présente de nombreuses caractéristiques qui sont de mieux en mieux vérifiées: l’expansion de l’univers, la Récession des galaxies (chaque point semble s’éloigner de chaque autre) , ce  qu’on sait depuis les années 1930 avec les mesures de Hubble (nouvelle mesure ici) et qui rend le modèle falsifiable (si une seule galaxie très éloignée de nous se rapprochait par exemple, le modèle s’effondrerait), la nucléosynthèse primordiale (on sait évaluer ce que devrait être l’abondance des différents atomes et cela correspond bien à ce qui est observé) et le fond diffus cosmologique observé par le satellite PlanckLe fond diffus cosmologique, avec ses inhomogénéités, trace l’état de l’univers quelques centaines de milliers d’années après le big bang, ce qui est très jeune par rapport à nous (on a plus de 13 milliards d’années) et très vieux par rapport à la physique de l’univers primordial, celle des tous premiers instants. Cette photographie intermédiaire est extrêmement riche d’informations. Pour Aurélien Barrau, on peut maintenant croire qu’on dit vraiment quelque chose des premiers instants du cosmos avec la richesse et le précision que les nouvelles observations nous apportent. Alors que jusqu’à maintenant on avait de informations plus disparates, tout  cela commence à prendre un peu corps. Ce modèle dominant est même prédictif avec le paradigme de l’inflation où on peut sonder la physique de ces instants primordiaux. Julien Grain a écrit « Vers une construction microphysique du paradigme cosmologique : prédictions et observations dans un univers quantique ».  A. Barrau pense qu’on va être capable de « voir » les effets ou les traces de la gravitation quantique (à boucles en particulier), théorie qui rend compatible la relativité générale et la mécanique quantique et Peter pense de façon similaire pour la théorie de cordes. Mais il ne faut pas passer sous silence un certain nombre de difficultés majeures: le fait que l’essentiel de la masse de l’univers soit de nature inconnue, le fait que son expansion soit en train de s’accélérer, alors qu’on peut penser que la gravitation est une force de freinage. Mais surtout, aurélien Barrau pense qu’il n’est pas raisonnable de fonder notre cosmologie sur une description qui commence par une incohérence. Le big bang, c’est quelque chose que la théorie prédit, mais qu’elle ne permet pas de comprendre. C’est en quelque sorte le lieu d’effondrement de la théorie. Il faut donc questionner ce quelque chose. Et effectivement pour Patrick Peter, cela veut dire que typiquement il faut un autre théorie, une théorie quantique de la gravitation, et même avant ça, Il faut changer la physique. On la connaît jusqu’aux énergies du LHC, mais on est à de nombreux ordres de grandeurs de ceux de la physique de l’inflation et les observations cosmologiques (par Planck (un regard vers l’origine de l’Univers) en particulier) nous apporteront peut-être plus que celles du LHC. La possibilité d’un changement de paradigme n’est pas exclue. C’est ce qui s’est passé dans les années 1960, où le paradigme était celui d’un Univers stationnaire  (un univers qui bougeait, mais qui se répétait sans cesse) comme celui d’Einstein ou celui de la théorie de l’état stationnaire proposée à la fin des années 1940 par Fred Hoyle. Un modèle du comme celui de Friedman, le théoricien du Big-bang, ne pouvait être correct puisqu’il prédisait le fond diffus cosmologique. Quand on l’a observé en 1965, il est devenu impossible de refuser ce modèle et on assisté au changement de paradigme pour adopter le modèle qui prévaut aujourd’hui (Note: l’équation de Friedmann manière simple ici). C’est pourquoi il apparaît difficile pense Patrick Peter qu’il y en ait un nouveau aujourd’hui? Aurélien Barrau en profite pour rappeler que si certains se sont imaginés que le big bang serait un façon de théoriser la Création divine, « ce n’est pas le cas du tout« , car les scientifiques ne croyaient pas à cet Univers en expansion. Il s’est finalement imposé parce que c’était le meilleur choix. En revanche, le cadre global dans lequel on pense ce big bang, lui, peut évoluer. C’est le cas de la question de l’origine, le big bang ne s’intéresse qu’à ce qui se passe après l’événement. La question de l’avant a t-elle un sens? Jusqu’à maintenant, on on a enseigné qu’elle n’avait pas de sens, parce que la théorie de la relativité générale nous montre que l’espace est dynamique, ce ne sont pas des points qui se déplacent au cours de l’expansion, c’est l’espace lui-même qui se dilate? Demander ce qu’il y a avant, c’est un peu comme poser la question « qu’est-ce qui y  a au nord du pôle nord ». Il n’y a rien, il n’y pas de nord du pôle nord.De la même manière, il n’y a pas d’avant le big bang. Aurélien Barrau pense qu’une évolution majeure peut prendre naissance en recadrant notre Univers dans un cadre plus large et le big bang dans une histoire temporelle plus large. Mais on n’a pas encore répondu à la question: alors fini ou infini? 

Je vais faire maintenant une pause après ce rappel du paradigme actuel et de la présentation du modèle dominant pour tenter d’examiner ce que fut la vision du monde et de l’Univers sous cet aspect « fini ou infini? » depuis l’antiquité jusqu’à l’époque classique avant que le paradigme actuel ne devienne le paradigme dominant

Deux oppositions au modèle standard:

et

Le mensonge du big banghttp://mensonges.fr/bigbang/BB.html



2) Fini et infini de l’antiquité à nos jours

     1-1) A l’origine, il y a les cosmogonies. Exemples: liste des 37 livres par slowpress  et les mythes de la création du monde.

Les hommes en apprenant à connaitre le monde qui les entourait, nous ont laissé les traces de leurs savoirs sous la forme de mythes et cosmogonies, caractéristiques de leurs cultures et civilisations. La cosmogonie (du grec cosmo- « monde » et gon- « engendrer ») est définie comme un système de la formation de l’Univers. Elle se distingue de la cosmologie, qui est la « science des lois générales par lesquelles le monde physique est gouverné ».

     * »La cosmogonie, théorie mythique ou scientifique expliquant la formation de l’univers, intéresse les hommes de toutes les cultures depuis la nuit des temps. En essayant de trouver des explications tangibles, l’humanité a construit sa propre interprétation des choses grâce à des images mythologiques. Par le biais des sciences actuelles, elle essaie d’expliquer la création du monde de manière pragmatique et, de cette façon, de récolter des informations sur l’apparition des êtres sur terre. Beaucoup d’éléments ont été découverts, cependant, malgré tout notre savoir, la question initiale reste inexpliquée. Au travers des mythes, les peuples racontent, ce qui prévaut dans leur vie spirituelle et quotidienne. Les mythes sont des moyens archaïques d’interpréter le monde en images et en symboles. Ils ne sont pas ancrés dans un contexte historique ni ne répondent aux questions existentielles. En parallèle à la vie matérielle, chaque culture est à la recherche d’un monde plus significatif et plus solide. C’est par l’intuition et l’inspiration, le rêve et l’imagination que l’homme se construit sa propre connaissance du monde« .

     * »Le mythe  est une construction imaginaire (récit, représentation, idées) qui se veut explicative de phénomènes cosmiques ou sociaux et surtout fondatrice d’une pratique sociale en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion. Il est porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes :

  • la création du monde (cosmogonie) ;
  • les phénomènes naturels ;
  • le statut de l’être humain, et notamment ses rapports avec le divin, avec la nature, avec les autres individus (d’un autre sexe, d’un autre groupe) ;
  • la genèse d’une société humaine et ses relations avec les autres sociétés. »

On peut donc parler indifféremment de cosmogonie ou de mythe de la Création avec comme exemple la cosmogonie grecque

Selon la plupart des cosmogonies mythiques (comme des cosmologies contemporaines), l’Univers a commencé par le chaos, un état préexistant où tous les éléments étaient amalgamés. Un dieu, la nature ou le hasard les a séparés et organisés. 

( voir D’un monde fini à un Univers infinisciences expérimentales et technologie / cycle 3 – 6)


Ma culture chrétienne me pousse à m’arrêter un instant sur la Genèse : La création du monde:

La création d’Adam par Michel Ange

https://www.info-bible.org/lsg/01.Genese.html:

1.1
 Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
1.2
 La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
1.3
 Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
1.4
 Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.
1.5
 Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour.
1.6
 Dieu dit: Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux.
1.7
 Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi.
1.8
 Dieu appela l’étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour.
1.9
 Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.
1.10
 Dieu appela le sec terre, et il appela l’amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.
1.11
 Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.
1.12
 La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.13
 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour.
1.14
 Dieu dit: Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années;
1.15
 et qu’ils servent de luminaires dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi.
1.16
 Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles.
1.17
 Dieu les plaça dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre,
1.18
 pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon.
1.19
 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour.
1.20
 Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.
1.21
 Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.22
 Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre.
1.23
 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour.
1.24
 Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi.
1.25
 Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
1.26
 Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
1.27
 Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.
1.28
 Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.
1.29
 Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.
1.30
 Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi.
1.31
 Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour.

Genèse 2

2.1
 Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.
2.2
 Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu’il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu’il avait faite.
2.3
 Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu’il avait créée en la faisant.
2.4
 Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.
2.5
 Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore: car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol.
2.6
 Mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol.
2.7
 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.
2.8
 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.
2.9
 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
2.10
 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
2.11
 Le nom du premier est Pischon; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.
2.12
 L’or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.
2.13
 Le nom du second fleuve est Guihon; c’est celui qui entoure tout le pays de Cusch.
2.14
 Le nom du troisième est Hiddékel; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
2.15
 L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.
2.16
 L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin;
2.17
 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
2.18
 L’Éternel Dieu dit: Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui.
2.19
 L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme.
2.20
 Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
2.21
 Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.
2.22
 L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme.
2.23
 Et l’homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme.
2.24
 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.
2.25
 L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

Comme avec tous les Mythes de la création, l’homme cherche à donner un sens aux origines: http://dma1.over-blog.com/article-mythes-de-la-creation-donner-un-sens-aux-origines-88062008.html


     1-2) L’infini chez les grecs.

Voir: D’un monde fini à un Univers infinisciences expérimentales et technologie / cycle 3 – 6e


Pour l’antiquité grecque, l’infini est un objet de répulsion

« Les mathématiques, science de l’infini ? Pour l’Antiquité grecque, l’infini est objet d’horreur et de répulsion, alors qu’il est déjà parfois présent de manière cachée dans certains raisonnements mathématiques. De fait, le développement de la discipline fera de plus en plus apparaître la nécessité d’y recourir. Mais les mathématiciens sont confrontés à des difficultés et des paradoxes qui leur barrent la route pour le maîtriser ». Le processus d’apprivoisement commence seulement au XVIIIè siècle  avec Bernard Bolzano amorce une évolution décisive en reconnaissant qu’il doit exister plusieurs infinis différents. La notion est petit à petit légitimée, notamment par l’intermédiaire du concept d’ensemble. Elle sera définitivement formalisée au XIXè siècle, avec les travaux de Richard Dedekind, et surtout de Georg Cantor, qui permettront de manipuler les infinis presque comme les nombres ordinaires. Mais ce dernier fut lui-même surpris par les résultats étonnants qu’il découvrit à son propos, tandis que d’autres, tels certains « intuitionnistes », ont préféré rejeter ces infinis, et délimité une portion limitée des mathématiques où l’on peut s’en passer. Aujourd’hui, petits et grands infinis imprègnent toutes les disciplines mathématiques, y compris en des endroits inattendus, à tel point que le mathématicien Hermann Weyl a pu les qualifier de « science de l’infini ». 

Cependant les Atomistes Grecs glorifiaient l’infini alors que le monde d’Aristote est clos, limité par la Sphère des fixes (Aristote associe « infini » à l’expression de l’imperfection). Ce débat millénaire sur l’extension de notre espace a vu s’affronter à peu près tous les penseurs: philosophes, physiciens, cosmologues, mathématiciens… ont avancé des arguments d’ordres logique, mathématique, géométrique, observationnel, mais aussi parfois  esthétique ou théologique… La question jalonne la progression de l’astronomie et de la cosmologie. On verra un Képler prudent s’opposer à un Giordano Bruno enthousiaste (ce dernier montre, de manière philosophique, la pertinence d’un univers infini, qui n’a pas de centre), alors que les deux options — fini ou infini — posent chacune des problèmes. Elle prend un tour nouveau au XXè siècle avec la théorie de la relativité générale d’Einstein qui (grâce à la géométrie riemannienne découverte au siècle précédent) rend pour la première fois possible de penser sans paradoxe aussi bien un univers fini qu’un univers infini. La « cosmologie relativiste » actuelle ne nous donne pas encore de réponse définitive, mais les observations des galaxies et du fond diffus cosmologique nous en rapprochent ». 

Selon Marc Lachièze reyAristote pose le problème de l’infini « en termes modernes. (mouvement, longueur , durée…) Trois façons d’être infini : Par composition: les nombres (addition ou multiplication), sans limitation. Par division : matière divisible à l’infini (contrairement aux Atomistes). Par composition et division : le temps, le mouvement des sphères célestes (ni fin ni commencement). Distinction fondamentale entre infinis actuel (effectivement réalisé dans la nature) et potentiel (simple fiction nécessaire à la pensée pour résoudre certains problèmes). Il associe « infini » à l’expression de l’imperfection à résistance à l’idée d’infini (actuel) des scientifiques, philosophes, théologiens …, au-delà de toute position rationnelle. 

Avicenne (980-1037) défend la finitude des grandeurs géométriques ; Mais soutient l’existence d’un infini actuel, celui du nombre des âmes humaines. •

Hasdai Crescas (1340-1412, juif en Aragon), contredit Aristote : infinitude de l’Univers, pluralité des mondes possibles, existence d’un vide spatial, grandeurs et nombres infinis en acte.

Complément à ce bref panorama: Univers de la Grèce antiqueles différentes hypothèses

Thalès (-624 -548) définit la terre comme plate et finie flottant sur un océan surmonté d’un ciel de vapeur.

Anaximandre, élève de Thalès (-610 -547) est le premier à rompre avec un univers de dieux et de déesses. Aristote voit en lui le père de la pensée scientifique et certains (carlo Rovelli et d’autres), considèrent aujourd’hui sa pensée comme l’une des plus audacieuses de toute l’histoire de la pensée humaine.

Pythagore (-580 -495) introduit la rigueur mathématique dans l’étude de l’univers, qu’il est le premier à nommer le cosmos  le considérant comme ordonné et harmonieux. Il lui associe la musique et l’astronomie […] Les orbites ont les mêmes rapports numériques que la gamme musicale et chaque planète produit un son.

Archytas de Tarente (vers -435 -347). Il fut un philosophe pythagoricien ami de Platonmathématicienastronomehomme politiquestratège et général grecArchytas souleva le premier, d’une manière logique , simple, mais remarquable, le paradoxe de l’univers fini; il pensait que le lieu et le corps sont illimités : « Si je me trouvai à la limite du ciel, autrement dit sur la sphères des fixes, pourrais-je tendre au-dehors la main ou un bâton, oui ou non ? Certes, il est absurde que je ne puisse pas le faire ; mais si j’y parviens, cela implique l’existence d’un dehors, corps ou lieu. » 

Epicure (-341 -270) défend l’atomisme.prédisant un nombre infini de mondes (les multivers) correspondant à toutes les combinaisons possibles de ces particules invisibles, les atomes. Mais trop révolutionnaire pour la raison humaine, et sans observation possible, l’atomisme ne peut s’imposer, d’autant plus qu’Aristote et Platon ne soutiennent pas ce concept de matière infiniment petite, mais proposent le finitisme, évitant le recours à l’infini qui leur fait peur.

Platon (vers – 427 -347) propose un Univers où la Terre, de forme sphérique occupe le centre d’une immense sphère extérieure sur laquelle sont incrustées les étoiles et les planètes. Mais ce modèle à 2 sphères ne peut expliquer le mouvement des planètes qui semble erratique, d’où le nom d’errantes. Pour Platon, l’Univers dans son ensemble est vu comme un être vivant, de ce fait doté d’une âme. Il en conclut que si la matière n’apparaît pas sous sa forme réelle, mais ordonnée, et que l’Univers comporte une âme ; cela signifie qu’un Démiurge, un auteur, un père de l’Univers intervient.

Eudoxe de Cnide (-406 -355) le problème des planètes vagabondes en passant des 2 sphères de Platon à 33 sphères.concentriques, la terre étant toujours au centre.

Aristote (-384 -322) porte le nombre de sphère à 55 pour tenir compte des observations plus précises des planètes. La cosmologie d’Aristote a dominé jusqu’aux temps modernes, où l’univers que nous observons (et celui que nous n’observons pas encore, le Tout, par essence inobservable) est considéré comme immuable, quelle que soit l’idée que l’on puisse avoir de son origine. Le monde sublunaire, certes, est soumis aux jaillissements comme aux catastrophes, aux destructions, ou aux corruptions, c’est le monde de la vie et c’est le monde de la mort. Mais le monde astral, la Lune et au-delà, est, pour Aristote, immuable.
Presque tous les grands astronomes grecs futurs, dont le dernier, Ptolémée, confirmeront cette représentation géocentrique en ne modifiant que quelques détails tels que le nombre et le rayon des sphères. Son oeuvre, l’Almageste (arabisation du grec ancien Μεγίστη / mégistè signifiant la plus grande ou la très grande) est une œuvre datant du iie siècle. Elle constitue la somme des connaissances les plus avancées de l’Antiquité en mathématiques et en astronomie.

Aristarque de Samos (-310 -230) positionne le soleil au centre de l’Univers et conclut que c’est la Terre qui tourne autour du soleil. C’est le seul dans l’antiquité à proposer un système qui ressemble à celui de Copernic, mais sa théorie héliocentrique ne s’impose pas, car elle n’est pas conforme aux observations.

Eratosthène (-276 -194) démontre que la Terre est ronde en observant que le jour du solstice d’été, le soleil était à la verticale de Syène (Assouan), alors qu’à Alexandrie elle fait un angle., ce ui lui a permis de calculer sa circonférence avec une remarquable précision.

Ptolémée (-170 -100) que nous avons évoqué à propos d’Aristote est le dernier mathématicien astronome célèbre de la Grèce antique. Il consolide l’univers géocentrique de ses prédécesseurs et d’Aristote, car les apparences vont dans ce sens. Il fait évoluer la représentation en plaçant les planètes sur des cercles appelés épicycles. Pour lui, la Terre est au centre de Tout, les mouvements des planètes sont circulaires et uniformes,L La sphère extérieure des étoiles délimite l’Univers qui reste fini, donc avec un bord, même si certains philosophes grecs soutiennent la vision d’un Univers infini en soulevant le paradoxe de l’absurdité du bord énoncé, comme on l’a vu précédemmen, par Archytas de Tarente

la création du monde par Giusto de’Menabuoi

1-3) Le moyen-âge

D’un monde fini à un Univers infinisciences expérimentales et technologie / cycle 3 – 6La représentation du monde au Moyen Âge:

« Giusto de’Menabuoi, peintre florentin formé à l’école de Padoue (vers 1320-1391), s’inscrit dans le courant des primitifs, précurseurs de la Renaissance. Au xiiie et au xive siècle, peintres et sculpteurs italiens, parmi lesquels Giotto di Bondone (1267-1337) et Lorenzetti (1290-1348), initient une rupture avec l’art byzantin qui prédomine depuis la chute de l’Empire romain d’Occident au ve siècle. Ces artistes produisent toujours des œuvres dont les thèmes relèvent de l’iconographie chrétienne. Toutefois, soutenus par des mécènes et en partie libérés des commandes de l’Église, ils en modifient peu à peu le traitement en humanisant la figuration de Dieu et des personnages saints, en détaillant le rendu des habits, en introduisant le paysage dans le cadre pictural.
Sous la protection de la cour des Carrara, Giusto de’Menabuoi, aidé de ses élèves, peint de nombreuses fresques qui feront de Padoue un haut lieu de la création artistique du xive siècle. L’œuvre présentée ici, Création du monde par le Christ, fait partie d’un ensemble de fresques réalisées au baptistère de Padoue, illustrant des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament. D’une grande sobriété, elle donne à voir une représentation de la création et du système du monde inspirée du Traité du ciel d’Aristote (philosophe grec, 384-322 av. J.-C.) et de l’Almageste de Ptolémée (90-168). La Terre est au centre. L’Univers est fini. Le monde est partagé en deux : le supralunaire, parfait, qui comprend les cieux et les astres éternels ; le sublunaire, qui englobe la région terrestre au centre, entourée de couches successives représentant la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Le Fils de Dieu règne dans la sphère d’or supralunaire. Il est accompagné d’angelots, au nombre de sept comme les sept corps célestes qui entourent la Terre, ou encore les sept jours de la Création. Il repose sur le cercle des constellations, les astres éternels. Au centre, la Terre, formée d’un continent entouré d’eau, est représentée selon la cartographie de l’époque. Giusto de’Menabuoi a peint cette fresque un siècle avant Copernic (1473-1543), astronome polonais qui proposera une autre représentation du monde, le système héliocentrique où le Soleil prend la place centrale qu’occupait précédemment la Terre. 

Pour ce qui concerne l’infini au moyen-âge au Moyen Âge, la position aristotélicienne s’impose comme norme. Des scolastiques élaborent toutefois des idées originales concernant l’infini. On y fait la distinction entre deux types d’infinis, l’infini catégorématique et infini syncatégorématique. La distinction était déjà présente chez le médecin, philosophe et logicien Pierre d’Espagne (1220-1277, pape Jean xxi à partir de 1276) [Dans l’usage catégorématique, le terme infini est pris collectivement, comme dans l’exemple « homines infiniti currunt » : une infinité d’hommes, considérés collectivement, courent. Dans l’usage syncatégorématique, en revanche, le terme infini est pris au sens distributif : « infiniti homines currunt » signifie que certains hommes courent, mais pas un nombre tel qu’il serait impossible que d’autres encore courent eux aussi. Pierre d’Espagne explique ainsi la distinction]. En termes simples, l’infini catégorématique est l’infini actuel (il équivaut à tous les termes ensemble), tandis que l’infini syncatégorématique est l’infini potentiel (il équivaut à plus de termes que ceux qui sont communément assignés). La position scolastique vise à concilier l’apport de la philosophie grecque (particulièrement l’enseignement d’Aristote et des péripatéticiens) avec la théologie chrétienne héritée des Pères de l’Église et d’Anselme. De ce fait, on peut dire qu’elle est un courant de la philosophie médiévale

Saint Thomas D’Aquin (1224 ou 1225 – 1274): résume bien l’état d’esprit et la pensée de cette époque: «quiconque tente de concevoir l’infini actuel commet un abominable péché d’orgueil » (concurrence avec Dieu). Mais on peut aussi penser l’infinité avec SaintThomas d’Aquin et Saint Bonaventure face à la tradition des pères grecs. 


1-4) La renaissance.

http://decouvertesducosmos.e-monsite.com/pages/la-vision-de-la-terre-et-de-l-univers-de-la-renaissance-au-xixeme-siecle.html;; La vision de la terre et de l’univers de la Renaissance au XIXème siècle.

http://www.vision-espace.fr/?q=node/17:: Du géocentrisme à l’héliocentrisme.


Avec l’avènement de l’Humanisme et de la Renaissance, l’infini actuel est admis dans la nature. Le théologien, savant et philosophe allemand Nicolas de Cuse (1401-1464) (Qui marque la fin du moyen-âge et annonce les prémisses de la renaissance), conserve certaines préoccupations concernant l’admission de l’infinité de l’univers créé. Le problème fondamental consiste à distinguer l’infinité du créé de l’infinité de Dieu. Nicolas de Cuse écrit ainsi, dans De docta ignorantia (De la docte ignorance, 1440): En effet toute partie de l’infini est infinie ; il y aurait donc une contradiction si l’on trouvait du plus et du moins là où l’on peut parvenir à l’infini ; le plus et le moins, de même qu’ils ne peuvent …Cette évolution de l’infini est le signe que ce XVe siècle est celui du renouveau en Europe. « La chute de Byzance, en 1453, marque traditionnellement la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance. La Renaissance est cette période qui changera radicalement l’esprit des hommes, jusqu’à maintenant exclusivement tourné vers Dieu. Elle ouvrira le chemin qui conduira à la découverte de l’immensité de l’Univers… Le dogme aristotélicien bloque tout progrès réel sur la vision du système solaire jusqu’à la Renaissance dans le monde Occidental ».

C’est ainsi qu’au milieu du XIVe siècle, la pensée grecque commence à éclairer à nouveau l’Occident.Totalement ignorée pendant de nombreux siècles, la langue d’Homère redevient à la mode parmi les intellectuels. On recherche et on traduit les textes anciens, principalement en Italie. La découverte de cette civilisation hellénique amène une renaissance non seulement des lettres et des arts, mais aussi de la science.où on assiste à la renaissance de l’astronomiece renouveau est principalement l’œuvre de Copernic (1473-1543), bien que quelques précurseurs comme Nicolas de Cues et sa métaphore du miroir (1401-1464), Johannes Müller von Königsberg (Regiomontanus) (1436-1476) ou Celio Calcagnini (1479-1541) soient dignes d’être cités. Ce n’est qu’en 1543, année de la mort de Copernic, que paraîtra De revolutionibus orbium caelestium (« Des révolutions des orbes célestes »), l’ouvrage dans lequel il expose sa conception du Monde et qui devait avoir plus que tout autre une influence sur la pensée humaine. En effet, Copernic reste très prudent face à l’Eglise. Il est pratiquant et il cache ses idées et décide de ne les exposer qu’à la fin de sa vie. C’est la première fois depuis Aristarque que l’on propose un système héliocentrique. Le Soleil devient le centre du Monde. Les anciennes sphères du système de Ptolémée sont remplacées par des « orbes » solides qui entraînent chacune des planètes autour de lui. En particulier, la Terre tourne autour du Soleil en une année, et en même temps sur elle-même en vingt-quatre heures. La sphère des étoiles fixes est immobile, et « contient » tout l’Univers. On peut dire qu’avec Copernic, c’est la science moderne qui démarre. Trois ans après la mort de Nicolas Copernic, naît Tycho Brahé (1546-1601). Il est considéré comme le plus grand astronome de l’époque : il construit ses propres instruments lui permettant d’atteindre une précision extrême. A la fin de sa vie, Brahé confie à Kepler, très grand calculateur et mathématicien (1571-1630), une mission: il charge Kléper d’établir la trajectoire de Mars, qui est, de toutes les planètes, la plus compliquée à étudier. Après avoir étudié l’hypothèse héliocentrique de Copernic, affirmant que la Terre tourne autour du Soleil et surtout pour avoir découvert que les planètes ne tournent pas autour du Soleil en suivant des trajectoires circulaires parfaites mais des trajectoires elliptiques. « Il a découvert les relations mathématiques (dites Lois de Kepler) qui régissent les mouvements des planètes sur leur orbite. Ces relations furent ensuite exploitées par Isaac Newton pour élaborer la théorie de la gravitation universelle. »
Mais un peu plus tard, apogée de la renaissance, Kepler renverse les théories de Ptolémée. Son « prédécesseur » Copernic avait raison et la Terre n’est, selon lui, pas au centre de l’univers; de plus, Mars décrit une trajectoire qui n’est pas un cercle. Kepler est capable de décrire les orbites des planètes et énonce les lois qui portent dès lors son nom. Il parle notamment « d’orbite elliptique » (c’est à dire la trajectoire que décrit un corps, dans l’espace, autour d’un autre corps sous l’effet de la gravitation). 
Par la suite, Képler écrit « Somnium », un roman dans lequel il propose des idées scientifiques très nouvelles. Ainsi, annonce t il, l’existence d’une force d’attraction « magnétique » entre la Terre et la Lune. Cette idée précède d’un siècle la Théorie gravitationnelle d’Isaac Newton.Après Nicolas Copernic puis Johannes Kepler, c’est au tour de Galileo Galilée (1564-1642), de faire progresser la science de manière déterminante :Au début de ce XVIIème siècle, on peut dire que les savants ont désormais une vision assez exacte de l’Univers tel qu’il est en réalité. C’est toujours cette conception de l’univers qui prédomine aujourd’hui Néanmoins à cette époque ces savants n’ont pas encore entièrement percé les mystères des mouvements des planètes Il faudra, pour cela, attendre Newton et sa fameuse gravitation Universelle et Einstein et ses théories de la relativité restreinte et généraleL’idée d’univers de la science classique à la cosmologie moderne a abouti à l’univers du Big bang et la théorie des cordes. Mais avant de revenir à l’entretien entre Patrick Peter et Aurélien Barrau « L’univers a-t-il des limites ?« , faisons encore un détour par l’infini en mathématiques

1-5) L’infini mathématique

En préambule: une histoire de l’infini.

– Au chapitre 1-2, nous avons vu que pour l’Antiquité grecque, l’infini est objet d’horreur et de répulsion, alors qu’il est déjà parfois présent de manière cachée dans certains raisonnements mathématiques. universalis.fr précise que « nous savons par Aristote (Premiers Analytiques, 14, a, 26) en quoi a consisté la rencontre des Grecs avec l’infini mathématique. Ce fut la « découverte », attribuée à un pythagoricien, et qui fit scandale, de l’incommensurabilité de la diagonale du carré […] tout ce qui est irrationnel et privé de forme doit demeurer caché. Que si quelque âme veut pénétrer dans cette région secrète et la laisser ouverte, alors elle est entraînée dans la mer du devenir et noyée dans l’incessant mouvement de ses courants. » Découvrir, c’était entrer dans le lieu où règne la démesure, où s’effacent les contours, où s’accumulent les multiplicités indominables et redoutables, le lieu sans frontières de l’́απειρον (l’indéfini) ». Nous avons vu qu’Aristote refusait l’infini actuel (ou infini en acte), c’est-à-dire pris d’un seul tenant. Il n’acceptait que l’infini en puissance (infini potentiel) et déniait toute existence physique à l’infini, mais lui reconnaissait une certaine existence mathématique, car il lui semblait nécessaire d’envisager des grandeurs de plus en plus élevées : chaque entier est suivi d’un autre ; aucun point n’est le dernier point d’une droite. Les mathématiciens ont tenté de se contenter de cet infini potentiel ou en tout cas de s’y ramener, en évitant autant que possible l’infini actuel. Cette conception vivra longtemps dans l’arithmétique des Grecs. Avec Zénon d’Elée et ses paradoxes cette notion d’infini vint sous forme de paradoxe. « On croit souvent que ces paradoxes ne visent qu’à prouver que le mouvement n’existe pas. Il faut en fait les replacer dans une perspective beaucoup plus large, celle de la pensée éléate de l’« infini » ou de l’« illimité ». Les paradoxes de Zénon sont présentés et commentés dans la Physique d’Aristote (VI,IX)« . Ainsi, dans la seconde moitié du Ve siècle avant J.C. les Grecs commençaient à entrevoir les notions d’infini et de continu opposées à celles de fini et de discret moins abstraites. Les paradoxes de Zénon illustrent leurs difficultés à formuler ces notions qui ne seront correctement définies qu’au… XIXe siècle comme nous allons le voir.

– Avant Bolzano (1781 1848), lit-on dans futura-sciences.com, « Gottfried Leibniz (1646 1716) avait défendu l’idée de l’infini actuel. « Je suis tellement pour l’infini actuel qu’au lieu d’admettre que la nature l’abhorre, comme l’on dit vulgairement, je tiens qu’elle l’affecte partout, pour mieux marquer la perfection de son Auteur ». Cette déclaration (voir le site de David Raboin) , maintes fois citée depuis sa reprise par Bernard Bolzano en ouverture des Paradoxes de l’infini (1851), a généralement conduit à inscrire Leibniz dans la geste héroïque qui, passant par Nicolas de Cues et Giordano Bruno, aurait fait triompher le scandaleux infini actuel dans la pensée moderne, qu’elle soit scientifique ou métaphysique. Pourtant Leibniz n’acceptait nullement un tel infini en mathématiques et s’en est expliqué à diverses reprises de manière particulièrement claire. Notre citation ne contredit pas cette affirmation puisqu’il y est question d’un infini « dans la nature ». Si cette distinction essentielle entre un infini mathématique (dont l’actualité est refusée) et un infini métaphysique (dont l’actualité est revendiquée) reste encore jusqu’à aujourd’hui largement méconnue, c’est certainement parce qu’elle semble contredire ce pour quoi Leibniz est resté célèbre dans l’histoire des mathématiques, soit l’invention d’un algorithme différentiel fondé sur le maniement d’« infiniment petits ». Certes, chacun sait que Leibniz qualifiait ces « infiniment petits » de « fictions utiles », mais comme ces éléments semblent nécessaires à son calcul  [Comme l’a montré avec force Henk Bos dans son article séminal : « Differentials, Higher Order Differentials and the Derivative in the Leibnizian Calculus », Archives for the History of Exact Sciences et qu’il n’a donné (croit-on) aucun moyen de les éliminer, cette précaution a semblé à nombre de lecteurs purement oratoire ». Mais Il semble que l’écart apparent entre mathématique et métaphysique soit l’indice d’un mystère dont Leibniz était en fait parfaitement conscient, mais dont il aurait tenté de protéger ses découvertes mathématiques. « La Loy de continuité » en donnerait un témoignage en ce qu’elle semble étendre l’usage des infiniment petits jusqu’à la physique et la métaphysique. En effet, si ce sont des fictions, ils n’en ont pas moins une effectivité dans la nature puisque « le réel ne laisse pas de se gouverner par l’idéal et l’abstrait »  et Leibniz n’hésite pas à dire que tout se passe comme s’il existait des infiniment petits métaphysiques. C’est sur le même exemple des infiniment petits, et sur le même problème initial de la quadrature du cercle, que Nicolas de Cues a élaboré ce lien disjonctif entre mathématiques et métaphysique. Il n’y a pas lieu de soupçonner Leibniz d’avoir dissimulé une connexion secrète entre mathématiques et métaphysique sur la question de l’infini. Pour David Rabouin; non seulement la défense de l’infini actuel métaphysique n’implique pas pour Leibniz l’existence d’infiniment petits (mathématiques ou métaphysiques) mais de nouveaux documents ont montré que, contrairement à une légende tenace, il a disposé très tôt de démonstrations rigoureuses contrôlant l’usage de ces « fictions » en mathématiques. Ces entités ne réservaient à ses yeux aucun mystère, comme il l’a toujours répété par la suite, et pouvaient s’exprimer sans difficulté à l’aide de quantités finies (de sorte qu’elles pouvaient toujours, du moins en droit, être éliminées). David Rabouin pense qu’il n’y a pas lieu de soupçonner Leibniz d’avoir dissimulé une connexion secrète entre mathématiques et métaphysique sur la question de l’infini. « Non seulement la défense de l’infini actuel métaphysique n’implique pas pour Leibniz l’existence d’infiniment petits (mathématiques ou métaphysiques), mais de nouveaux documents ont montré que, contrairement à une légende tenace, il a disposé très tôt de démonstrations rigoureuses contrôlant l’usage de ces « fictions » en mathématiques. Ces entités ne réservaient à ses yeux aucun mystère, comme il l’a toujours répété par la suite, et pouvaient s’exprimer sans difficulté à l’aide de quantités finies (de sorte qu’elles pouvaient toujours, du moins en droit, être éliminées). Elles n’étaient, selon une de ses expressions favorites, que des « abrégés du discours », des compendia loquendi ». Mais passons sur ces difficultés d’interprétation et la différence entre l’infini chez Nicolas de Cuses et chez Leibniz. Les progrès de la physique ont été fantastiques depuis que Leibniz a posé les fondements du calcul infinitésimal, avant Newton. Leibniz est philosophe de l’unité parfaite, le principe absolu. Sa « monade«   « évoque un jeu de miroirs entre l’Un, la Monade comme unité maximale, et les monades, les éléments des choses ou les choses en tant qu’unités minimales, reflets, de l’Un ; une chose une est comme un microcosme, un reflet, un point de vue de l’Unité« . C’est un penseur qui donne à réfléchir, du calcul infinitésimal à l’existence de Dieu; C’est lui qui pose la question-clé de la métaphysique, à la source de la religion et de la philosophie : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». . .
-Après Leibniz, Bolzano puis Cantor. Nous avons vu que Zénon d’Élée, le premier, montra qu’un segment de droite peut être divisé à l’infini. Découverte dérangeante qui ne posait pas tant de problèmes mathématiques qu’ontologiques : dans un cosmos clos, l’infini ne peut exister en acte. Il fallut donc attendre Leibniz (1646-1716) et ses recherches sur le calcul infinitésimal pour que l’infini se dégage de sa gangue métaphysique et devienne un outil purem
ent mathématique.

Puis; continue futura-sciences.com, « le principe du tout et de la partie qui, à vrai dire, n’est guère utile en mathématiques, devait être reconsidéré : ce principe éminemment paradoxal empêchait tout progrès dans la compréhension de l’infini actuel. Cette audace sera le fait du philosophe mathématicien tchèque Bernhard Bolzano (1781-1848), dont l’ouvrage Les paradoxes de l’infini, publié après sa mort en 1851, envisage des correspondances bijectives entre une totalité et l’une de ses parties propres, sans s’en émouvoir. Au contraire, Bolzano propose de voir dans ces correspondances la caractéristique des totalités infinies, ce qui revient à abandonner, pour les totalités infinies, le principe du tout et de la partie. Plus tard, le mathématicien allemand Richard Dedekind (1831-1916) définira qu’un ensemble est infini s’il peut être mis en bijection avec une de ses parties propres : aujourd’hui, on adopte souvent cette définition en théorie des ensembles pour définir un ensemble infini ». Mais c’est avec Cantor (1845-1918) que ce mouvement s’acheva. Qualifiant de transfinis les nombres compris entre 0 et 1, approfondissant les définitions des ensembles infinis, il rendit définitivement opératoire l’infini et signait l’acte de naissance des mathématiques modernes. Voici les analyses de ces textes fondateurs par Patrick Dehornoy et par Jean-Pierre Belna. Pour simplifier et résumer (voir dans Futura-science.com), « Cantor, en théoricien consciencieux, développe une arithmétique de l’infini, c’est-à-dire une extension, aux nombres qui lui servent à mesurer l’infini, des règles de calcul qu’on applique aux nombres entiers, servant à mesurer le fini. À cette occasion, il est contraint de distinguer deux types de nombres infinis, les cardinaux et les ordinaux. Les cardinaux sont les tailles des ensembles quand on les considère de manière brute, sans tenir compte d’un possible ordre entre leurs éléments. Cantor introduit en 1893 la notation aleph-zéro (ℵ0) pour le cardinal de l’ensemble des nombres entiers,  20 pour le cardinal du continu (l’ensemble des nombres réels), qui est le même que celui de P(ℕ), l’ensemble des parties de N. Il utilise  2puissance(20) pour le cardinal de P(P(ℕ)), etc.. » Ces nombres ont des propriétés étonnantes. Par exemple: « est-ce que la quantité des nombres entiers est plus grande que celle de leur carré. Il est évident que la plupart des nombres ne sont pas des carrés. Alors leur quantité devrait largement surpasser la quantité des nombres carrés. Et pourtant, à chaque nombre on peut associer son carré ». De même l’hypothèse du continu: « on ne saura jamais« . Autre paradoxe: l’hôtel de Hilbert « Soit un hôtel ayant une infinité de chambres occupées. Un nouveau client arrive. Que faire? Simple! On met le client 1 en chambre 2, le 2 en chambre 3, etc. La chambre 1 devenue libre est attribuée au nouveau client. Maintenant, arrive une infinité de clients. On met le client 1 en chambre 2, le client 2 en chambre 4, le client 3 en chambre 6, etc. Les chambres impaires deviennent disponibles pour y loger les nouveaux venus. Conclusion: à l’infini, la notion de  » plus grand, plus petit ou égal  » n’est pas applicable.dans l’hôtel de Hilbert

En fait il y a de quoi devenir fou avec ces infinis. Lisons ce que dit le site villemin.gerard.free.fr: « Prenons les points qui constituent une ligne. La quantité de points est naturellement infinie. Une quantité infinie identique à celle des nombres entiers? Non beaucoup plus: elle est identique à celle des nombres réels! Plus fort encore: Que la ligne mesure 1 cm ou 1m, l’ensemble infini des points reste le même.Poursuivons avec une surface. Nous ajoutons une dimension par rapport à la ligne. Pour définir un point dans une surface, il suffit de deux coordonnées (ex: 75 mm en X et 33 mm en Y). Ces deux nombres concaténés forment un nombre que l’on peut associer à la coordonnée d’un point sur une ligne. Nous en déduisons que la quantité infinie des points sur une surface est « égale » à celle des points sur une ligne. Même chose pour un cube ou un objet de dimension supérieure. Conclusion: Il y a autant de points dans un segment d’un milliardième de millimètre que dans un cube immense ou une hyper sphère ou un volume de 7e dimension ou même de dimension infinie! »

Ainsi que wikipedia le note, Il n’est donc pas étonnant que Cantor ait été confronté à la résistance de la part des mathématiciens de son époque, en particulier Kronecker.Poincaré, bien qu’il connût et appréciât les travaux de Cantor, avait de profondes réserves sur son maniement de l’infini en tant que totalité achevée. Les accès de dépressions récurrents du mathématicien, de 1884 à la fin de sa vie, ont été parfois attribués à l’attitude hostile de certains de ses contemporains, mais ces accès sont souvent à présent interprétés comme des manifestations d’un probable trouble bipolaire

-En épilogue à cette rapide incursion dans l’infini en mathématique, je viens de découvrir dans mes recherches que « deux mathématiciensMaryanthe Malliaris et Saharon Shelahviennent de résoudre un problème de longue date en prouvant que deux infinis différents sont en fait de même taille. Leur preuve réside dans le lien surprenant entre les tailles des ensembles infinis et la complexité des théories mathématiques ». C’est un élément nouveau pour l’hypothèse du continu due à Georg Cantor, et qui affirme qu’il n’existe aucun ensemble dont le cardinal est strictement compris entre le cardinal de l’ensemble des entiers naturels et celui de l’ensemble des nombres réels. En 1900, le mathématicien allemand David Hilbert dressa  en 1900 une liste des 23 problèmes mathématiques les plus importants. Il plaça l’hypothèse du continu à la première place. « Cela semblait être la question la plus urgente à traiter », explique Maryanthe Malliaris. Mais durant le siècle qui suivit, la question a résisté aux efforts des meilleurs mathématiciens. Existe-t-il des infinis intermédiaires ? Nous pourrions ne jamais le savoir. Le mathématicien Paul Cohen a expliqué pourquoi. Il a démontré en 1963 que l’hypothèse du continu et l’axiome du choix étaient indépendants des axiomes de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel, travaux (c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être prouvée dans le cadre de la théorie des ensembles, ce qui lui a valu la médaille Fields en 1966. Il a utilisé pour cela une méthode originale, le forcing, technique qu’il avait lui-même inventée. Ce résultat venait compléter celui de Kurt Gödelqui prouva en 1940 (voir p. 36: l’indécidabilité ne résout rien) que l’hypothèse du continu ne pouvait être réfutée en utilisant les axiomes classiques des mathématiques. C’est donc un fait, on ne saura jamais s’il existe d’autres types d’infinis entre le dénombrable (celui de N) et l’indénombrable (celui de R).
En revanche, Maryanthe Malliaris et Saharon Shelah sont parvenus à montrer que les cardinaux appelés  p et t étaient égaux. Qui sont p et t? Ces nombres sont bien connus en théorie des ensembles, mais c’est extrêmement compliqué. Slate.fr l’explique: « p est le plus petit nombre de sous-ensembles infinis de N tel que l’intersection de chacun de ces ensembles ne soit pas vide et tel qu’il n’y ait pas de pseudo-intersection (famille d’ensembles de N tels que chaque élément de la famille est constitué de tous les entiers naturels sauf un nombre fini d’entre eux). Quant à t, il s’agit du plus petit nombre de sous-ensembles de N qui puisse être ordonné tel que les uns soient inclus dans les autres, le tout sans pseudo-intersection non plusEn prouvant que p et t étaient égaux (alors que beaucoup imaginaient que p était inférieur à t), Malliaris et Shelah n’ont pas montré que l’infini de N et celui de R étaient égaux (ce qui est faux), mais que le nombre éventuel d’intermédiaires entre les deux était sans doute beaucoup plus réduit que prévu. En effet, on savait jusque là que le cardinal de N était strictement plus petit que p, lui-même inférieur (ou égal) à t, le tout étant strictement plus petit que le cardinal de R. Prouver l’égalité p=t, c’est resserrer les liens entre le dénombrable et l’indénombrable, ce qui constitue une avancée gigantesque vers un objectif inatteignable en raison de l’indécidabilité de l’hypothèse du continu.

Les deux mathématiciens ont montré que p et t étaient égaux, ce qui ouvre déjà la voie à de nouvelles recherches. Leur travail met aussi fin à un problème dont les mathématiciens ont toujours espéré qu’il résolve l’hypothèse du continu.

Cependant, conclut .pourlascience.fr le sentiment dominant chez les experts reste que cette hypothèse en apparence improuvable est fausse : l’infini est si étrange par de nombreux aspects que cela serait presque trop bizarre s’il n’existait pas d’autres tailles d’infini que celles que nous avons déjà découvertes.


Quelques liens pour mémoire: 

http://www.lifl.fr/~jdelahay/dnalor/InfiniParadoxal.pdf: L’infini est-il paradoxal en mathématiques?

https://www.pourlascience.fr/sd/mathematiques/deux-infinis-differents-sont-en-fait-de-meme-taille-12707.php : Deux infinis différents sont en fait de même taille Deux mathématiciens viennent de résoudre un problème de longue date en prouvant que deux infinis différents sont en fait de même taille. Leur preuve réside dans le lien surprenant entre les tailles des ensembles infinis et la complexité des théories mathématiques.

http://www.slate.fr/story/151703/mathematiciens-demonstrations-infinis-egaux : Deux mathématiciens viennent de prouver que deux infinis étaient égaux, et c’est une révolution

https://www.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2006-2-page-31.htm:: Le retrait de la vérité chez Gödel

https://www.podcastscience.fm/dossiers/2012/02/22/dossier-linfini-quand-il-ny-en-a-plus-il-y-a-cantor/ L’infini… Quand il n’y en a plus, il y a Cantor!:

https://www.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2011-2-page-203.htm: Infini mathématique et infini métaphysique : d’un bon usage de Leibniz pour lire Cues (… et d’autres
totalité et infini selon Leibniz
https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/mathematiques-infini-il-paradoxal-mathematiques-1590/page/2/ : exemple de paradoxe de l infini: l’hôtel de hilbert
science de l’infini si dès l’époque grecque les mathématiques ont flirté avec le concept d’infini, il aura fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que ce concept devienne réellement opératoire.

https://www.podcastscience.fm/dossiers/2012/02/22/dossier-linfini-quand-il-ny-en-a-plus-il-y-a-cantor/ L’infini… Quand il n’y en a plus, il y a Cantor!:

D’un monde fini à un Univers infinisciences expérimentales et technologie / 

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01699489/document;; Levinas et l’idée de l’infini

https://www.memoireonline.com/02/12/5432/Lidee-dunivers-de-la-science-classique–la-cosmologie-moderne.html:  L’idée d’univers de la science classique à la cosmologie moderne les paradigmes

https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/astronomie-infini-mysteres-limites-univers-574/page/3/ : Les partisans d’un monde fini ont buté sur une difficulté fondamentale : il semblait indispensable d’assigner à un monde fini un centre et une frontière. Or, la notion de « bord » de l’univers est vite devenue problématique…

http://hubertelie.com/u_phi_scien-fr-110-000-u-nouveau-paradigme-science.html:: L’Univers TOTAL, le nouveau Paradigme de la Science L’Univers TOTAL, le fondement de la VRAIE Science, la Science de toutes choses

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01699489/document;; Levinas et l’idée de l’infini

3) Suite du débat « L’univers a-t-il des limites ?«  Entre Aurélien Barrau, astrophysicien au laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, et Patrick Peter, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris.

Le bref tour d’horizon que nous venons d’effectuer a permis d’ébaucher une évolution de la vision de l’infini au cours de l’histoire et celle de l’univers jusqu’à l’époque moderne avec la révolution scientifique de Copernic suivie par les théories de Newton et Einstein. Le débat a débuté par le rappel des dernières données du satellite Planck qui vont sinon révolutionner mais du moins infléchir notre représentation cosmologique et de quelques éléments de base du modèle du Big bang. Il faut souligner que ce dernier ne s’intéresse qu’à ce qui se passe après l’événement. La question de l’avant a t-elle un sens? Jusqu’à maintenant, on on a enseigné qu’elle n’avait pas de sens, parce que la théorie de la relativité générale nous montre que l’espace est dynamique, ce ne sont pas des points qui se déplacent au cours de l’expansion, c’est l’espace lui-même qui se dilate? Demander ce qu’il y a avant, c’est un peu comme poser la question « qu’est-ce qui y  a au nord du pôle nord ». Il n’y a rien, il n’y pas de nord du pôle nord.De la même manière, il n’y a pas d’avant le big bang. Aurélien Barrau pense qu’une évolution majeure peut prendre naissance en recadrant notre Univers dans un cadre plus large et le big bang dans une histoire temporelle plus large. Mais on n’a pas encore répondu à la question: alors fini ou infini? et c’est à ce point que nous allons reprendre le débat.

fig 1 les formes de l’univers

Si au départ il y a eu une phase d’inflation, on peut imaginer qu’on peut partir d’un univers dont on ne sait pas s’il est fini ou infini. Mais cette question a t-elle un sens demande Patrick Peter? En fait, on peut partir d’Univers tout petit au départ, qui,  avec l’inflation, va grandir dans des proportions gigantesques, avec des proportions différentes d’un endroit à l’autre (modèles d’inflation éternelle avec plein d’univers différents). Il se trouve que nous vivons dans l’un d’eux, quelque chose de tout petit par rapport à l’univers entier, fini ou infini, la question, encore une fois, ne fait pas forcément sens. Mais ce qui peut faire sens, c’est qu’il y ait plusieurs univers. Pour Aurélien Barrau, cette façon de voir est déjà à un niveau assez élevé de complexité et la question signifiante de la finitude se pose en des termes plus élémentaires et rudimentairesNotre théorie de la gravité, la relativité générale, lorsqu’on l’applique à l’Univers dans son ensemble (qui se trouve, un peu paradoxalement, être plus simple que les objets qui le constituent) a une prédiction claire, c’est que l’espace-temps ne peut avoir que trois formes possibles (voir fig. 1) et dans deux de ces trois cas (on ne sait pas aujourd’hui lequel est à l’oeuvre dans notre monde), l’espace est strictement infini. Et cela a des conséquences, parce que lorsqu’on s’étonne de la morphologie ou des constituants de notre monde, suivant qu’il est unique, parce que fini, ou qu’il est multiple ou même « multiplement » infini, alors la réponse change radicalement de nature. Mais rétorque Patrick Peter, les trois formes qui existent en relativité générale (courbure sphérique donc finie ou celles infinies, formes en selle de cheval ou parabolique), sont de la physique locale. Il faut se référer à la structure globale de l’Univers, à sa topologie. En effet, les modèles d’univers nécessitent l’adjonction d’une topologie. Alors, que sait-on de la topologie de l’univers? Patrick Peter vient de nous rappeler que la relativité décrit les propriétés locales de l’univers, donc elle est insensible à la topologie, qui est une propriété globale. « Pour l’instant, il n’existe pas d’indication forte que la topologie la plus simple (simplement connexec’est-à-dire d’un seul tenant, sans trou ne poignée) ne soit pas suffisante. Mais il existe des modèles avec des topologies beaucoup plus compliquées. Une topologie envisagée est l’hypertore: Prenez un morceau de tuyau et placer les extrémités bout-à-bout. Vous obtenez ainsi un objet fini où une dimension n’a pas de bord. On peut faire de même avec les autres dimensions. Il est ainsi possible de concevoir un univers plan (et même de courbure négative) de taille finie. Une conséquence amusante de ces modèles est que l’on pourrait voir plusieurs fois le même objet céleste dans plusieurs directions différentes. Certains astrophysiciens utilisent cette propriété afin de tester ces modèles d’univers ». C’est pourquoi Patrick  Peter peut dire que l’on peut refermer l’Univers, même s’il a une structure ouverte. Une feuille de papier qu serait infinie, s’il elle est repliée sur elle même deux fois, on aura toujours quelque chose de plat, mais quelque chose de fini. Et si l’Univers est fini est s’il est suffisamment petit par rapport à ce qu’on peut regarder dedans, alors on va pouvoir voir qu’il est fini. Comme pour la Terre, si elle est ronde et si on marche dans la même direction, on va revenir au même point. Ici c’est la même chose si on regarde dans deux directions, on peut voir deux objets différents qui sont les mêmes. Vous apportez de l’eau à mon moulin, rétorque Aurélien Barrau. On est en train de dire que le modèle est falsifiable et sérieux, et qu’il change la représentation globale, non seulement au niveau mythique, mais scientifique. La probabilité de gagner au loto ne s’interprète pas de la même façon selon qu’on joue une seule fois ou une infinité de fois. Le fait qu’on ait gagné (puisque les lois de la science semblent permettre l’existence de la vie, sinon cette conversation ne serait pas possible) a un sens très différent suivant qu’on s’intéresse à un processus à un seul Univers ou un processus à une infinité d’univers auquel cas, à un moment ou à un autre, s’est effectivement produit la naissance d’Univers capable de produire des êtres complexes. Pour Patrick Peter, le côté fini ou infini devient effectivement très important car cela change la pensée scientifique qu’on va avoir. Si l’univers est fini, on peut le mesurer et voir qu’il est fini. S’il est infini, on ne peut pas le mesurer; on peut prouver qu’il est fini, mais pas qu’il est infini. Et s’il est infini, avec les idées de multivers, il y a un changement de philosophie qui est radical. Pour Aurélien Barrau, c’est ce qui est intéressant, c’est que cela questionne non seulement ce qu’est l’Univers et ce qu’il contient, c’est le métier du chercheur; mais que cela questionne aussi la manière dont il fait son métier, c’est à dire ce qui est accessible ou non à la physique. Et cela serait plutôt une bonne nouvelle, il y aurait quelque chose de presque de réenchanté dans cette vision des choses. Pour lui, le darwinisme (théorie fondée en 1859), n’a en fait pas du tout désenchanté ni invalidé les capacités prédictives de la biologie. Au contraire, il a jeté un éclairage nouveau sur l’origine des espèces et il a renforcé la compréhension sur la cohérence globale du vivant. Sauf que, dit Peter, il y a un problème énorme en cosmologie, c’est sur les ordres de grandeur et les temps caractéristiques. On parle en dizaines de milliards d’années et d’années-lumière pour les longueurs, autant de choses sur lesquelles on ne peut pas faire d’expériences. Donc si l’univers est infini avec en plus un nombre infini d’univers qu peuvent être totalement différents la crainte est qu’on ne puisse jamais le tester. On est presque plus dans le domaine de la science. Mais Aurélien Barrau n’en n’est pas sûr pour deux raisons. D’abord, le domaine de la science est variable dans le temps et la science telle qu’elle est définie par Karl Popper (Il est l’une des figures les plus marquantes de l’épistémologie contemporaine c’est à dire de la philosophie des sciences. Aucun scientifique, aujourd’hui, ne peut ignorer son rationalisme critique ni son célèbre critère de falsifiabilité) comme étant un ensemble de propositions qui peuvent être invalidées par l’expérience. C’est une analyse qui est naïve et incorrecte, ça na jamais marché comme ça. Mais même si on le déplore, ce qui semble être le cas de Patrick Peter, si on est dans le cas d’un univers infini, un multivers, on peut continuer à faire des prédictions et de la science « usuelle ». Simplement, c’est de la science « pauvre, car on ne dispose que d’un seul échantillon. C’est comme si en physique des particules, au lieu de faire un milliard de collisions, on n’en faisait qu’une et, évidemment, avec une, on comprend beaucoup moins de choses qu’avec un milliard, Aurélien Barrau ne croit pas qu’en principe, le pouvoir prédictif s’effondre. Patrick Peter lui, a peur que ça soit plus que moins bien, dans un tirage de boules rouges et noires, le fait de tirer une boule rouge ne veut strictement rien dire à propos du contenu de la boite au préalable. C’est parce que, répond A. barrau, vous avez fait une hypothèse très forte a priori: vous ne savez rien de ce qu’il y a dans la boite. Mais si on sait qu’il y a 10 000 boules rouges et une boule noire, et qu’on tire la boule noire, on peut explorer le modèle avec une très grande confiance. C’est là l’important. L’image des univers multiples n’aurait aucun sens si ce n’était qu’une image, mais elle est fondée sur des théories sous-jacentes et si ces théories sont suffisamment bien connues, un unique tirage, de même qu’une unique expérience, contient de l’information et peut permettre de corroborer ou d’infirmer l’ensemble du modèle. P. Peter ne pense pas qu’on puisse tester les univers multiples par cet unique tirage, mais on peut espérer que cette théorie ait d’autres prédictions. Une théorie qui prévoirait un multivers aurait d’autres conséquences ailleurs qu’on devrait pouvoir vérifier. A. Barrau ne croit pas que dans les prochaines années on aura une réponse claire à ces questions par le satellite Planck, mais il est remarquable qu’il devienne possible d’envisager des tests expérimentaux et contrairement à ce que pense P. Peter la migration ne se fera peut-être pas de la physique vers la métaphysique, mais de la métaphysique vers la physique. Les questions étiquetées comme métaphysiques entrent doucement dans le champ des sciences dures.


4) Et l’éternité dans tout ça?

Pour continuer le débat, Aurélien Barrau continue de trouver remarquable que des théories très spéculatives, mais néanmoins sérieuses de gravité quantique permettent aujourd’hui de donner quelques éléments de réponse possibles. C’est la cas de la gravité quantique à boucles, qui essaye de concilier nos deux grandes théories physiques, la relativité générale et la physique quantique (la physique de l’infiniment petit). Quand on l’applique à la cosmologie, elle prédit que le big bang disparaît et qu’il n’y a plus d’instant original, il y aurait eu un grand rebond. Quand on remonte dans le passé, l’univers se serait d’abord contracté, devenu extrêmement petit, et se serait ensuite étendu dans la phase d’expansion qui est aujourd’hui mesurée. Et d’un seul coup; le modèle global de l’univers se trouve ré-emprisonné dans un cadre qui contient un temps infini au futur et infini au passé. Il faut reconnaître qu’on  est sociologiquement prisonniers des archétypes de notre temps. Les générations actuelles ont appris la cosmologie avec le modèle du big bang et les gens de nos âges disent « c’est tout de même bizarre un univers qui n’a pas de commencement » alors que nos pères étaient très choqués que le big bang prédise un commencement.  

P. Peter peut rétorquer que le souci, c’est que lorsqu’on fait de la gravitation quantique, le temps n’est pas bien défini. Est-il éternel ou non? A t-il été là de tout temps, question elle-même bizarre en soi. Le temps est un gros problème en mécanique quantique. Il n’est pas mesurable facilement. Ce n’est pas comme l’espace. En relativité générale, le temps et l’espace c’est la même chose et pas en mécanique quantique. La question d’un système évoluant temporellement est très compliquée. Toujours et-il que quelque chose évolue et il n’est pas exclu que quelque chose ait évolué en amont et ceci quelque soit l’horloge qu’on utilise pour mesurer cet amont du big bang. De plus, en cosmologie se pose le,problème des conditions initiales.  Il est assez facile de les mettre dans une petite région de l’espace pour laquelle tout ce qui existe ne na pas varier beaucoup. Le problème subsiste lorsqu’on a un rebond, car si elles ne se posent plus pour un big bang ponctuel, elles sont néanmoins reportées dans le passé, tellement loin dans le passé que les dimensions de l’univers étaient gigantesques. De tout façon dit A. Barrau, le problème des conditions initiales se pose qu’il y ait eu commencement ou non. Et ce qui est intéressant, c’est que à l’instar des modèles d’univers multiples, les modèles de gravité quantique n’ont pas été construits et inventés de façon ad hoc pour résoudre ce problème du big bang, auquel cas ils perdraient en crédibilité. Il est vrai qu’ils doivent résoudre ce problème parce que cet état infiniment courbe, indéfiniment dense n’est pas physique, mais ils n’ont pas été inventés à cette fin. Le fait de rapprocher la théorie quantique de la relativité comme dans l’approche de la gravité quantique à boucles ou de s’intéresser comme dans la théorie des cordes, à ces structures filiformes qui se déplacent dans un espace-temps très complexe, puisse résoudre la question du commencement et apporter un éclairage nouveau, n’était pas évidemment prédictible. Il se passe quelque chose qui n’a pas été « mis à la main », une sorte de bonus à partir de théories qui ont été développées à d’autres fins, et ce serait remarquable que des théories de l’infiniment petit, que des gens pendant des décennies ont considéré comme a-testables, reviennent aujourd’hui dans le giron des sciences « observationnelles » par le biais de l’infiniment grand, de la cosmologie. On ne peut pas encore dire que c’est ce qui est en train de se passer, on ne va probablement pas tester les théories des cordes et des boucles dans les 5 prochaines années, mais un certain nombre de modèles un peu à la limite de ces choses-là peuvent dores et déjà être exclus par les observations et on commence à entrer dans la phase où l’expérience va pouvoir trier entre les différentes théories concurrentes. Ce qui est intéressant dans le modèle d’inflation c’est que tout commence par un état minuscule sur lequel on peut appliquer les lois de la mécanique quantique. Alors qu’on a un univers infini, comment vont apparaître les conditions qui font que ce petit bout d’univers va grandir jusqu’à devenir le notre. Dans un univers de rebond, c’est plus compliqué. Dans un univers spatialement plat, l’univers est toujours infini, à tout instant. L’univers tout petit, c’est plutôt la zone d’intérêt qui l’est, c’est à dire notre Univers, celui qu’on peut observer. Cela ramène à la question de la finitude de l’univers. Dans la mesure où on n’a accès qu’à une distance finie dans l’univers, ces questions qui se posent au niveau physique ne sont pas très claires. Pour A. Barrau, il y a une tendance qu’il faut questionner: tant au niveau spatial que temporel, c’est le dépassement des limites. Il pense (et les deux hommes ne sont pas tout à fait d’accord), c’est qu’on peut commencer à dire quelque chose sur ce qu’il y a au-delà de l’horizon, au-delà du visible et sur ce qu’il y a peut-être eu en amont du big bang. C’est une évolution radicale. On est en train de rendre l’univers infini, à la fois dans sa teille spatiale et dans sa taille temporelle. En fait, les deux sont liées, que l’univers infiniment grand et éternel. On peut imaginer un univers fini en taille et fini en temps, ou un univers infini en taille et infini temps. Un univers qui mélange les deux, c’est plus difficile. C’est possible et facile dans le cadre des théories classiques. Mais quand on a une théorie quantique, cela devient plus délicat. On ne voit pas pourquoi on n’aurait un univers que de taille finie, alors qu’il est originaire de quelque chose d’infini au départ. Il y a peut être une transition de phase qui est en train de se produire dans notre manière de penser et ce sont les théories les plus mathématiquement abouties, sophistiquées et élaborées qui induisent cette manière de penser. La théorie des cordes nous disait que sans aucun paramètre d’aucune sauf la corde, on allait être capable de prédire et de calculer tout ce qu’on mesure. La question va être de savoir jusqu’où peut-on expliquer, prédire et comprendre au niveau théorique et à partir d’où faut-il faire entrer les donner environnementale en ligne. Aurélien Barrau précise que la théorie des cordes est une théorie qui, typiquement fait des prédictions, elle prédit 9 dimensions pour l’univers et c’est la seule à faire ce genre de prédictions, et ce n’est pas le cas, notre univers a 3 dimensions. Donc la théorie est falsifiée sauf … à faire preuve de suffisamment d’ingéniosité pour dire que ces dimensions sont là, mais qu’on ne les voit pas. Donc, ce n’est pas simple. Savoir si un modèle est ou n’est pas falsifié et invalidé par l’expérience dépend beaucoup de la manière dont on comprend le modèle et la manière dont on interprète l’expérience. La théorie des cordes est l’archétype de ce type de modèle, un peu à la frontière, qui à la fois est relativement en difficulté par rapport à l’expérience, et qui, pour des raisons liées à son élégance mathématique, continue d’attirer les chercheurs du domaine. C’est, dans l’état actuel de nos connaissances, c’est la théorie la plus à même de décrire les phases primordiales de l’univers, donc de répondre à toutes les questions qu’on peut se poser sur lui, s’il est éternel, s’il est infini…


5) Epilogue.

 

futura-sciences.com Cieux concentriques au Moyen Âge. Jusqu’au début de notre siècle, il semblait qu’un monde fini devait avoir un bord. Mais alors, qu’y avait-il au-delà de ce bord ? Les mathématiques et la physique d’aujourd’hui ont supprimé ce paradoxe : il est possible d’envisager, sans contradiction aucune, un espace fini mais sans frontière, aussi bien qu’un espace infini.

Le débat se termine ainsi sur une conclusion un peu frustrante: « la théorie des cordes est l’archétype de ce type de modèle, un peu à la frontière, qui à la fois est relativement en difficulté par rapport à l’expérience, et qui, pour des raisons liées à son élégance mathématique, continue d’attirer les chercheurs du domaine. C’est, dans l’état actuel de nos connaissances, c’est la théorie la plus à même de décrire les phases primordiales de l’univers, donc de répondre à toutes les questions qu’on peut se poser sur lui, s’il est éternel, s’il est infini... » 

Si l’on en croit Jean-Pierrre Luminet, dans De l’infini. : Mystères et limites de l’Univers: « Ce qui est directement connaissable est fini. Mais l’infini peut-il se rencontrer dans la Nature, et dans les théories qui cherchent à la représenter ? Est-il présent dans le monde, dans les choses ? Ou bien réside-t-il seulement dans notre esprit, fiction nécessaire à la pensée, mais à laquelle nulle réalité physique ne correspond ? L’omniprésence de l’infini en mathématiques est étonnante, car l’Homme est un être fini, limité, embarqué sur une planète elle aussi limitée et finie. Pourtant, cet être fini examine l’infini et en joue, au point que l’infini lui est devenu indispensable pour comprendre le fini. Le problème de l’infini concerne autant la philosophie (la théologie, l’art, l’éthique…) que les sciences de la Nature, la physique et les mathématiques. De nouveaux infinis sont apparus avec la théorie quantique, la cosmologie relativiste ou les modèles de trous noirs. Et les développements les plus récents de la physique (topologie de l’espace-temps, renormalisation, vide quantique, théorie des supercordes, cosmologie quantique…) ont remis au goût du jour la notion d’infini qui renaît sans cesse de ses cendres,  » tel un sphinx énigmatique aux multiples visages « . C’est à une exploration des  » histoires parallèles  » de l’infini que nous convie ce livre ».

Le mystère de l’infini s’épaissit. A t-on progressé depuis l’antiquité? Trinh Xhuan Thuan se pose la question: « L’infini est le sujet le plus vaste que l’imagination puisse embrasser. Il a de tout temps fasciné les hommes, qu’ils soient artistes, philosophes ou scientifiques. Mais l’infini se manifeste-t-il vraiment dans la réalité physique, ou est-il seulement un concept de notre imagination, comme le pensait Aristote ? Des artistes comme Escher, des écrivains comme Borges ont tenté de le représenter, mais c’est Georg Cantor qui assoit fermement l’infini dans le paysage des mathématiques et nous dévoile ses propriétés étranges et magiques. L’univers est, par excellence, le lieu où l’infini se manifeste. Dans un univers infini, nous serions confrontés au paradoxe de l’éternel retour, où chacun de nous posséderait un nombre infini de sosies. Les avancées en physique de ces dernières décennies ont donné au mot « infini » un sens nouveau. Il se réfère non seulement à notre univers, mais aussi à une infinité d’univers parallèles, le tout formant un vaste et fantastique « multivers ». 

Est-ce une théorie comme la théorie des cordes qui permettra à l »homme, objet a priori limité de l’Univers, donc intérieur à l’univers, de « comprendre » et « voir » cet infini? L’avenir le dira.


Ainsi, en réponse à la question L’univers a-t-il des limites ? Cymdie Daudon peut-elle dire « C’est le limité qui la pose..«  et Claude Roudil affirmer « La question n’a pas de sens!« . Je ne peux me positionner de façon certaine entre ces deux positions. Il me semble que Cymdie Daudon fait référence à un dialogue que nous avons eu en évoquant Krisnamurti.  Je ne le retrouve plus, mais je me souviens que nous avons longuement parlé de cet aspect limité: « […] Je réalise que la pensée et le penseur sont très très limités et je ne m’arrête pas là. Le faire serait de la pure philosophie matérialiste. Ce à quoi aboutissent beaucoup d’intellectuels de l’Est et de l’Ouest. Mais ils sont toujours limités, et étant limités, ils avancent mais restent liés à un pôle qui est leur expérience, leur croyance. Maintenant, si je peux répondre à la question – la pensée elle-même réalise ses propres limitations, alors qu’est-ce qui a lieu ? Sachant que la pensée est énergie, que la pensée est mémoire, que la pensée est le passé, le temps, la souffrance, alors qu’est-ce qui a lieu ? Elle réalise que tout mouvement de pensée est la conscience, est le contenu de la conscience, et sans le contenu il n’y a pas de conscience. Maintenant qu’est-ce qui a lieu ? Est-ce observable, ou non ? Je n’invente pas Dieu […] Il dit aussi: « on peut étudier ce qui est limité, mais pas l’illimité« . 


Avant de terminer cette approche de l’infini, je voudrais évoquer Max Tegmark et sa quête de la nature ultime du réel, « notre univers mathématique« . « Elle fait écho aux idées de Platon et y relate sa longue quête sur la nature fondamentale de la réalité en s’aidant de la cosmologie et de la physique modernes. Cette réflexion l’a conduit à une hypothèse vertigineuse... Il y a environ 2.400 ans, Platon pensait que la nature fondamentale de la réalité résidait dans un monde au-delà de l’espace et du temps, un monde de formes éternelles auxquelles nous pouvions avoir accès grâce aux mathématiques, à l’astronomie et à la musique, des sciences considérées comme sœurs par l’un des maîtres de Platon, le pythagoricien Archytas de Tarente. L’éminent cosmologiste Max Tegmark, bien connu pour présenter la physique de façon accessible et humoristique, reprend cette idée dans un livre tout en la renouvelant à l’aide des dernières théories en vogue en physique, en cosmologie, en informatique et en sciences cognitives ». Cette thèse accompagne et sert de soutien à une seconde thèse qui depuis une vingtaine d’années prend de plus en plus de poids au sein de la communauté des cosmologistes et des physiciens : celle de l’existence d’univers parallèles. Ils émergent en effet de toutes parts des prédictions mathématiques de plusieurs théories de la physique moderne, que ce soit la mécanique quantique, la théorie des supercordes ou la théorie de l’inflation. On a d’ailleurs forgé une nouvelle dénomination pour caractériser la collection de ces univers : le multivers. Max Tegmark considère qu’il existe en fait quatre types, ou niveaux, de multivers, qui peuvent être considérés en première approximation comme imbriqués les uns dans les autres. Pour Jean-Paul Baquiast, ces thèses ou hypothèses évoquées par le livre ont fait depuis longtemps, avant même Tegmark, l’objet d’intenses discussions dans la communauté scientifique. Pour ce qui le concerne, Tegmark est même considéré, par certains détracteurs non comme un imposteur, mais plutôt pour une sorte de fou sympathique mais quelque peu délirant ». Commentaires sur « Our mathematical Universe »

* Les capacités neurologiques de nos cerveaux ne nous permettent pas, mêmes associées aux meilleurs instruments du moment, de comprendre en profondeur tous les concepts proposés par la cosmologie. Citons notamment celui d’infini ou même celui de continuum hors du temps et de l’espace. A fortiori elles ne nous permettent pas de considérer que tous les concepts inventés en abondance par les mathématiques présentent un intérêt cosmologique quelconque. Ainsi en est-il d’un des plus simples d’entre eux, celui de « racine carré de moins un » mentionné dans un article précédent. Correspondent-elles à des univers, à des multivers? Nous n’en savons rien. Il est possible que des cerveaux « augmentés » par des prothèses cognitives diverses nous donnent une meilleure compréhension des mystères. Nos successeurs le verront peut-être.

* L’univers est-il mathématique, qu’il s’agisse de mathématiques traditionnels ou de mathématiques quantiques ? Là encore, nous n’en savons rien et cela n’a pas réellement d’importance. Ce qui sera de plus en plus important sera d’identifier dans le fonctionnement de l’univers des algorithmes permettant d’en construire des modèles informatiques et robotiques de plus en plus performants. Il n’est pas exclu d’envisager qu’a l’avenir ces modèles puissent nous apparaître comme comparables en complexité à ce que nous croyons avoir observé de l’univers, à condition que celui-ci ne se soit pas modifé dans l’intervalle.

* La problématique est la même, à une échelle différente, que celle intéressant la construction d’un cerveau artificiel. Si nous voulons construire des modèles conceptuels ou robotico- informatiques du monde tel que nous l’observons, il faut procéder comme le fait la bonne recherche scientifique. Autrement dit, il ne faut pas exclure d’hypothèses a priori, même si elles ne paraissent pas vérifiables dans l’immédiat. Ces hypothèses, pour ne pas tomber dans la mythologie pure, devront évidemment être articulées à partir du corpus des connaissances du moment. Approfondir et développer scientifiquement ces connaissances fera inévitablement apparaître de nouveaux domaines vérifiables, ou falsifiables au sens donné par Popper.
* Dans ces conditions, pourquoi refuser les hypothèses concernant les multivers, qu’elles prennent la forme de celles présentées par Tegmark, ou d’autres encore non imaginables ? Nous avons rappelé plus haut que si Giordano Bruno et Galilée n’avaient pas imaginé la pluralité des mondes, nous en serions restés à la connaissance du cosmos élaborée par les pasteurs chaldéens.

Les humains ne risqueraient donc rien, aujourd’hui, à parier comme le fait Tegmark et de nombreux théoriciens, sur la pluralités des univers. Des conséquences intéressantes et utiles, inimaginables aujourd’hui, pourraient en découler. D’ores et déjà ceux qui se sont persuadés de la « réalité » des multivers ne sont-ils pas d’une certaine façon des « hommes augmentés », comparés à ceux qui se complaisent à ne rien imaginer? « 

Notre univers mathématique.pdf: En quête de la nature ultime du réel.

Infini de l’espace et infini du temps nous interpellent dès l’enfance, en contemplant le ciel, en nous interrogeant sur ce qu’il y avait avant ou après nous, avant ou après l’humanité, la matière…

https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-interieure/linfini


https://www.amazon.fr/Explorateurs-linvisible-myst%C3%A8res-lunivers-nous-m%C3%AAmes/dp/2813215783: Explorateurs de l’invisible : Une plongée au coeur des plus grands mystères de l’univers et de nous-mêmes Qui sommes-nous ? Qu’est-ce que la conscience ? D’où vient l’Univers ? De quoi est-il composé ? Peut-on parler scientifiquement de l’existence de Dieu ? Dans cet ouvrage unique – fruit de plus de 20 ans de rencontres avec des centaines de scientifiques (dont 20 prix Nobel), véritables « explorateurs » de mondes situés bien au-delà de ce que nos sens peuvent percevoir -, Jean Staune relève un incroyable défi : vous expliquer, de façon claire et accessible, toutes les bases des grands domaines scientifiques dont vous avez besoin pour comprendre comment les découvertes des dernières décennies ont bouleversé notre vision du monde et de nous-mêmes. A l’issue d’un fabuleux voyage de l’infiniment petit à l’infiniment grand, à travers les mystères du vivant comme ceux de notre cerveau, c’est un tout autre monde qui se dévoile à nos yeux. Un monde où les avancées scientifiques rejoignent les intuitions des grandes traditions de l’humanité, un monde où vous n’aurez plus à choisir entre les approches rationnelles et spirituelles du Réel car elles auront convergé.

https://www.youtube.com/watch?v=cvp0fbamzYU Dans cet ouvrage unique – fruit de plus de 20 ans de rencontres avec des centaines de scientifi ques (dont 20 prix Nobel), véritables « explorateurs » de mondes situés bien audelà de ce que nos sens peuvent percevoir –, Jean Staune relève un incroyable défi : vous expliquer, de façon claire et accessible, toutes les bases des grands domaines scientifiques dont vous avez besoin pour comprendre comment les découvertes des dernières décennies ont bouleversé notre vision du monde et de nous-mêmes. À l’issue d’un fabuleux voyage de l’infiniment petit à l’infiniment grand, à travers les mystères du vivant comme ceux de notre cerveau, c’est un tout autre monde qui se dévoile à nos yeux. Un monde où les avancées scientifiques rejoignent les intuitions des grandes traditions de l’humanité, un monde où vous n’aurez plus à choisir entre les approches rationnelles et spirituelles du Réel car elles auront convergé.

Quelques liens: 

https://www.amazon.fr/linfini-Myst%C3%A8res-limites-lunivers/dp/2757808818De l’infini… : Mystères et limites de l’univers_Ciel, nombre, matière, temps : l’infini est partout. Dans la  » science de l’infini  » bien sûr, les mathématiques, mais aussi dans les sciences de l’univers et celles de l’infiniment petit. A mi-chemin entre la philosophie et les sciences de la nature, le concept d’infini a toujours signalé les points chauds des théories nouvelles, ceux dont naissent, soit des difficultés insurmontables, soit des théories plus excitantes encore. Du paradoxe de Zénon à la cosmologie quantique et aux supercordes, l’infini se révèle ainsi un excellent fil conducteur pour dérouler l’histoire des sciences exactes. Deux astrophysiciens, spécialistes des modèles d’univers, dévoilent les racines d’un concept qu’ils utilisent quotidiennement.

http://www.krishnamurti-france.org/Peut-on-etudier-l-illimitehttps://monblogdereflexions.blogspot.com/2017/03/la-physique-quantique-version-variables.html#.W1gB_9IzaWv (La physique quantique version variables cachées et le dialogue Bohm et Krishnamurti)

L’espace réel ou l’univers actuel est-il infini? par Nys, D (1859-1927)
https://www.memoireonline.com/02/12/5432/Lidee-dunivers-de-la-science-classique–la-cosmologie-moderne.html
 espaces multiconnexes

le paradigme dominant

https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_2003_num_77_3_3679: Ce qui se refuse à la pensée : La connaissance de l’infini chez Bonaventure, Maître Eckhart et Nicolas de Cues

https://paroissesainteanne-38.fr/editorial/la-naissance-du-christ-a-mis-le-dieu-infini-en-presence-de-lhomme-fini-maitre-eckhart-1260-1327/: LA NAISSANCE DU CHRIST A MIS LE DIEU INFINI EN PRÉSENCE DE L’HOMME FINI ! (MAITRE ECKHART, 1260-1327)

Gravitation quantique où en est-on?

cosmologie non standard

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_BouveresseLe transcendant permet de dépasser la limitation du fini objectivé. Cela m’évoque l’Incomplétude en philosophie: Jacques Bouveresse a réfléchi au théorème d’incomplétude de Kurt Gödel et à ses conséquences philosophiques. C’est à ce titre qu’il s’est insurgé, dans un ouvrage de vulgarisation, Prodiges et vertiges de l’analogie, contre l’usage que fait Régis Debray de ce théorème. Debray prétend en effet s’appuyer sur Gödel pour montrer qu’une société ne peut se fonder elle-même. Bouveresse y dénonce la distorsion « littéraire » d’un concept scientifique : la démonstration de Gödel ne vaut que pour des systèmes formels tels que ceux des mathématiques ou de la logique. Cette distorsion n’a, selon lui, d’autre but que d’éblouir un public n’ayant pas la formation permettant de saisir la portée de ce théorème complexe. Ce que Bouveresse reproche à Debray n’est pas l’utilisation d’un concept scientifique en tant qu’analogie, mais l’usage d’un théorème d’accès difficile (il s’agit de mathématiques avancées) comme tentative de justification absolue au moyen du sophisme classique que constitue l’argument d’autorité. L’incomplétude du système formel de certains systèmes mathématiques n’implique en rien une incomplétude de la sociologie, car la société n’est pas un système formel.

N’est pas le problème des Lumières?

Obscures lumières par Bertrand Vergely -Le prologue-


Obscures lumières par Bertrand Vergely

-Le prologue-

« On voudrait nous faire croire que les Lumières ont été totalement lumineuses. Mais la Révolution française a débouché sur la Terreur, avant d’accoucher de l’Empire. Est-ce un accident ? Il n’en est rien. Il y a dans la Révolution française une double contradiction. Alors qu’elle se veut antireligieuse, elle donne naissance avec Robespierre au culte de l’Être Suprême. Alors qu’elle se veut morale, elle fait le lit du libertinage poussé au paroxysme par Sade. Il y a une raison à cela. La Révolution française a voulu être révolutionnaire. Elle a cru qu’elle pouvait l’être. Mais elle a été dévorée inconsciemment par l’Ancien Régime dont elle ne s’est jamais vraiment débarrassée. Cette ombre a pesé sur elle. Elle pèse encore sur nous. Bertrand Vergely est philosophe et théologien. Normalien, agrégé de philosophie et professeur de khâgne, il enseigne également à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’Institut Saint-Serge. Il est l’auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (2001), Le Silence de Dieu : face aux malheurs du monde (2006) et Une vie pour se mettre au monde (2010). »

https://www.youtube.com/watch?v=_XY5_3oD7lA:: Bertrand Vergely : Retour à l’émerveillement

Préambule

C’est dans une émission de radio-RCF Isère que j’ai découvert Bertrand Vergely:

« En 2010, dans son ouvrage Retour à l’émerveillement, il rappelle qu’en grandissant, l’enfant perd sa capacité d’émerveillement dans sa confrontation aux contraintes et à la dureté de l’existence. Devenu adulte, il s’oriente alors vers l’idéalisme, « une manière d’intellectualiser le rationnel, en réduisant la réalité à un concept », ou vers le matérialisme, «contre-pied triste et tragique de l’idéalisme, qui dément toute explication intellectuelle », en négligeant généralement une troisième voie, qui constitue la base de l’attitude philosophique : l’émerveillement (5).

En 2011, B. Vergely résume ainsi sa démarche : « J’ai écrit des ouvrages dans trois directions. 1°) La vulgarisation de la philosophie et l’histoire de la philosophie. 2°) Des réflexions sur les expériences-limites de la mort, de la souffrance et du mal. 3°) Des ouvrages sur le bonheur et la foi. (6)

En mai 2015, à l’occasion de la sortie de son ouvrage La Tentation de l’homme-Dieu, il livre sa réflexion sur les problématiques de notre société «postmoderne». Il exprime sa position sur la réforme des collèges. Pour lui, la République va « tourner le dos à ses propres valeurs »(9).
En 2018, dans son ouvrage Obscures lumières – La révolution interdite, il voit dans les Lumières une religion plus obscurantiste que le christianisme qu’elle a voulu remplacer. Pour lui, la Révolution française, au lieu de supprimer la soif de pouvoir, l’a déplacée d’une expression cléricale vers une expression laïque; elle a mis en place « une idolâtrie, celle de l’homme total contrôlant la nature et l’homme par la raison humaine. Au xviii esiècle cette idolâtrie débouche sur la Terreur, au xixe siècle sur le nihilisme intellectuel, au xxe siècle sur le totalitarisme »(10). »
Ces positions de B. Vergely vont à l’évidence à contre-courant de la pensée dominante. Traiter de la sorte des Lumières semble être une provocation 
vis à vis de ceux qu’on présente comme les libérateurs de notre pensée contre l’obscurantisme du moyen-âge et l’absolutisme royal. Cependant Vergely m’interpelle et je ressens comme un paradoxe qui exige de moi une analyse plus approfondie et complexe.

1) Prologue.


Ce livre dit Bertrand Vergely est né d’une conversation avec son ami Marc Halévy où l’un des deux, (lequel? qu’importe) a lancé une remarque: « Tu ne trouves pas qu’aujourd’hui si une chose empêche de penser ce sont bien les Lumières?«  (Marc Halévy est un physicien et philosophe français, né à Bruxelles le 3 mai 1953, spécialisé dans les sciences de la complexité tant du point de vue théorique fondamental que du point de vue de leurs applications à l’économie et à la prospective)C’est d’une audace extrême de parler ainsi des Lumières en France. Elles sont sacrées, on n’y touche pas au risque d’être lapidé puis mis à l’écart de la scène intellectuelle. 

Vergely montre la difficulté en évoquant un de ses collègues, historien et grand défenseur des Lumières et de la laïcité, qui fut outré parce que Monseigneur Lustiger avait osé critiquer l’antisémitisme des lumières au nom de la raison: [« Je crois que l’antisémitisme d’Hitler relève de l’antisémitisme des Lumières et non de l’antisémitisme chrétien » –Le choix de Dieu, Mgr. Lustiger, De Fallois 1987]. C’est ce qui, en fait, est décrit dans la Dialectique de la Raisond’abord publié de façon confidentielle, à New York, en 1944, par Theodor W. Adorno et Max HorkheimerSelon wikipedia, « c’est l’un des principaux témoignages de la philosophie du xxe siècle et l’ouvrage le plus représentatif de la Théorie critique engagée par l’École de FrancfortLe livre éclaire le processus logique et historique par lequel les Lumières (en allemand : Aufklärung) sont conduites à se transformer en leur contraire, le mythe ou la barbarie, dont elles prétendent s’émanciper, au lieu d’œuvrer pour une société plus humaine. Les auteurs cherchent en même temps les conditions de possibilité pour le sauvetage du projet des Lumières dans un contexte où la civilisation dans son ensemble est menacée à l’échelle planétaire » (On trouve le texte intégral ici). 

     On croit en général que les lumières nous protègent du mythe, « Par leur engagement contre les oppressions religieuses et politiques, les membres de ce mouvement qui se voyaient comme une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde, combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme, l’illusionnisme et la superstition des siècles passés, ont procédé au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps » (voir les liens en fin de ce chapitre). Mais en réalité, elles sont un mythe, celui du progrèsmythe fondateur de la modernité, comme religion du futur et de l’ultra-modernité (L’Univers est «L’Être Absolu?».

     Et il ne faut pas s’imaginer que ces lumières nous protègent contre le pouvoir et sa violence, à l’image du Marquis de Sade, elles ne pensent qu’à une chose: la maîtrise du monde par la raison. Par ailleurs, de même que pour rousseau l’homme naît bon, la civilisation et la société sont pour notre marquis (page 106), « une antithèse prononcée de la nature. Sade reste ainsi fidèle à son temps qui estimait la civilisation et tout ce qui relève du domaine social comme le signe exté- rieur de la dégénération de l’homme authentique, bon et naturel. L’argument de l’époque fut simple et clair: l’homme -«naturel» est meilleur que l’homme civilisé parce qu’il subit moins les maux de la civilisation« . Où est alors la lumière? 

Le même collègue ne supportait pas qu’on critique les lumières ni l’idée que le christianisme puisse être pour quelque chose dans l’apparition des droits de l’homme. C’est ce qu’avance Frédéric Lenoir dans « Le Christ philosophe » dont voici le prologue et un résumé: « Pourquoi la démocratie et les droits de l’homme sont-ils nés en Occident plutôt qu’en Inde, en Chine, ou dans l’Empire ottoman ? Parce que l’Occident était chrétien et que le christianisme n’est pas seulement une religion. Certes, le message des Evangiles s’enracine dans la foi en Dieu, mais le Christ enseigne aussi une éthique à portée universelle : égale dignité de tous, justice et partage, non-violence, émancipation de l’individu à l’égard du groupe et de la femme à l’égard de l’homme, liberté de choix, séparation du politique et du religieux, fraternité humaine. Quand, au IVe siècle, le christianisme devient religion officielle de l’Empire romain, la sagesse du Christ est en grande partie obscurcie par l’institution ecclésiale. Elle renaît mille ans plus tard, lorsque les penseurs de la Renaissance et des Lumières s’appuient sur la  » philosophie du Christ  » selon l’expression d’Erasme, pour émanciper les sociétés européennes de l’emprise des pouvoirs religieux et fonder l’humanisme moderne. Frédéric Lenoir raconte ici le destin paradoxal du christianisme – du témoignage des apôtres a la naissance du monde moderne en passant par l’Inquisition – et nous fait relire les Évangiles d’un œil radicalement neuf« . C’est aussi le cas d’Alain Badiou pour qui Saint Paul est à l’origine de l’universalismeAux yeux de ce collègue, l’esprit des Lumières (E. Macron?) incarnant le vrai, le bien et le beau sur terre, sont incritiquables et elles ne doivent rien au christianisme. L’histoire a commencé à Athènes au V siècle avant J.C avec l’invention de la démocratie.  Puis il y avait eu une éclipse obscurantistesoi-disant du fait du christianisme (qui est né au seuil d’un tombeau. Et il y demeurera à jamais) avant que l’histoire ne commence à nouveau en 1789 avec la révolution française. Pour ce collègue, il y avait d’un côté la lumière, de l’autre l’obscurité. D’un côté la démocratie, la raison et l’homme et d’un l’autre le christianisme (et non les autres religions). Il y a trois raisons à cela. 

     *Le christianisme c’est le mal sur terre, tout comme l’Ancien Régime qui l’a soutenu.

     *Les autres religions, bien que religieuses sont des cultures et pas simplement des religions. donc elles ont le droit d’exister en tant que culture. Contrairement au christianisme qui n’est pas une culture mais une religion, c’est à dire une superstition contraire à la raison.

     *Les autres religions qui sont des cultures permettent de dire l’origine autrement que la Bible avec le livre de la Genèse

Avant 1789, rien ne se serait passé? Il n’y aurait rien eu de vrai à part les lumières? Cette façon de pensée du collègue de Bertrand Vergely étouffe la pensée. C’est pourquoi Marc Halévy et Bertrand Vergely se sont, dit ce dernier, reconnus dans la critique de cette pensée

[Marc est un physicien et philosophe françaisspécialisé dans les sciences de la complexité tant du point de vue théorique fondamental que du point de vue de leurs applications à l’économie et à la prospective. En 1973, il devient élève d’Ilya Prigoginegrâce auquel il s’engage dans le développement théorique de la physique des systèmes et processus complexes, discipline qu’il applique plus spécifiquement aux univers de la prospective, de l’économie et du management. En parallèle, il mène des études […] en philosophie et histoire des religions […Il écrit sur la Kabbale, le taoïsme et la franc-maçonnerie, et sur leur convergence avec les vues de la physique contemporaine..(Aux sources de la Kabbale)]

Dans cette critique, retenons qu’un point relie la Kabbale et la physique quantique, point qu’avait refusé Einsteinl’interprétation orthodoxe (l’état du système (ou la fonction d’onde) n’est pas considéré comme une entité du monde, ou comme référant ou correspondant à un objet du monde. Il est seulement considéré comme un outil prédictif), ainsi que le refus de l’objectivation, (principe de liberté?) cher à Nicolas Berdaief et sa vision chrétienne de la mission de l’homme dans « De la destination de l’homme« . Pour lui, le monde n’a pas été créé. Comme en physique quantique où à partir de la fonction d’onde et de l’état quantiqueil est « créé à chaque instant » de façon imprévisible (ou probabiliste). Tout comme le sens. Et ce, avec le concours de celui (l’observateur) qui les regarde et qui les pense. Le monde, comme le sens, sont fulgurants ou ils ne sont pas. Ils restent de fait comme l’état quantique, qui doit donc être vu comme représentant toute l’information disponible sur le système : une description de l’histoire du système permettant de calculer les probabilités de mesure. L’image quantique n’est certes qu’une représentation qui permet de faire des calculs, et elle ne peut contenir toute la richesse du réel, cette fulgurance de la liberté et d’imprévisibilité chère à Berdaief. Les lumières, contrairement à ce qui en est prétendu, en faisant advenir l’humanisme, le matérialisme, l’économisme, le pragmatisme, le sensualisme, le déisme,  n’ont pas libéré la pensée. Marc explique aussi que par tous ces trucs en « isme« , elles l’ont enfermée dans un système, ce « isme« . 

C’est un « bourgeoisisme » qui paralyse la modernité, un contrôle du monde qui occulte l’essence fulgurante de l’existence. Selon R.P. Kuntz, établir une distinction réelle entre l’essence et l’existence, c’est admettre que toute substance créée implique deux réalités qui constituent  son être physique, une réalité d’essence, réalité potentielle, et une réalité d’existence, réalité d’acte. L’essence pourrait donc se voir comme « l’état quantique » dont la fulgurance se manifesterait par ce qui pourrait ressembler à l‘effondrement de la fonction d’onde faisant apparaître l’observable, l’existence et le monde. Pascal disait dans les pensées qu’on ne peut vivre le réel que transi par lui, saisi par lui. Mais avec les lumières, bien qu’il soit question de lumière, il n’y a pas de fulgurance. L’important est que l’homme contrôle tout. La bourgeoisie avait imaginé contrôler l’Ancien Régime pour prendre le pouvoir et asseoir son autorité. Et c’est se qui s’est passé, le sociétal et le contrôle ont envahi toute notre culture jusqu’à l’asphyxier. Notre société actuelle en porte les stigmates et en est aussi un résultat. C’est subtil cette façon de tout contrôler à travers l’étatisation et le libéralisme en usant de la liberté. Sur le même ton, Marc Halévy et Bertrand Vergely nous mettent en garde: « Il faut dénoncer l’impérialisme de la raison, des systèmes et de contrôle que les Lumières ont fait peser sur la culture moderne et post-moderne. Non par haine de la raison et de la modernité. Mais par souci de la vraie raison comme de la vraie modernité. Il faut aussi dénoncer la crise métaphysique et spirituelle qui est à l’origine de cette dictature de la raison ». 

Mais y a t-il une vraie raison? 

« Smuthos signifie parole, logos aussi signifie parole (legein : parler, dire). Deux termes pour la même idée, mais avec des implications divergentes. Si muthos est la parole du dieu, logos est la parole de la raison. Héraclite pose le Logos comme parole rationnelle de la nature« 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_le_Confesseur

Sur ce point, je vais continuer de suivre Bertrand Vergely et aller vers des des réflexions qui m’interpellent depuis pas mal de temps et que la pensée dominante accepte de moins en moins et que j’e retrouve dans des livres comme celui de Rupert Sheldrake   « Réenchanter la science » (Les dogmes de la science remis en cause par un grand scientifique). En effet, « Il existe une vraie raison, une raison profonde débouchant sur la raison d’être qui illumine l’existence en donnant force et énergie ». Pour la trouver il faut chercher dans le Logos, le Verbe ou la parole (Franc Maçonnerie). « S’enracinant dans le souffle créateur de la vie, souffle divin proprement extraordinaire faisant qu’il y a l’univers, la vie, les hommes, l’existence et derrière eux l’extraordinaire présence de ce qui est, celle-ci s’exprime à travers les images de ce que nous voyons, images qui sont des symboles de ce souffle créateurD’où l’expérience créatrice de la raison ou Logos« . Annick de Souzenelle évoque notre Oedipe intérieur et pense que « si nos mythologues s’accordent à opposer Muthos et Logos, les racines mêmes de leur nom, si, en raccourci, ils les font relever, l’un du cerveau droit, qui ouvre au mystère, aux espaces potentiels de l’intériorité de l’Homme, à la mélodie…, l’autre du cerveau gauche qui préside à la parole, à la logique, au temps et aux rythmes, ne pouvons-nous enfin tenter de les unir pour conduire notre pensée vers une plus grande profondeur des choses et libérer nos mythologues de cette schize dans laquelle nombre d’entre eux s’aliènent ? ». Alors les choses cessent d’être des choses pour devenir des symboles à travers lesquels le souffle créateur de la vie, celui qui pousse à progresser en pays de haute connaissance, développement des lumières de plus en plus fortes, de plus en plus éclairantes. C’est ainsi qu’à partir de la connaissance immédiate, on développe des Lumières qu’on vit sous la forme de connaissance  illuminative. Elle a toujours inspiré les philosophiestelles la philosophie comme éducation de l’âmeles sagesses et les spiritualités de type chrétien ou de plus en plus les nouvelles spiritualités non chrétiennes. Témoin de ceci, La fonction symbolique dans la « Mystagogie », de Maxime le Confesseur  avec la « Mystagogie ecclésiastique » (cité par Benoît XVI).

[ La mystagogie (étymologiquement, du grec: initiation au ou aux mystères) désigne le temps qui suit le catéchuménat correspondant à l’initiation aux mystères de la foi, notamment la participation à l’eucharistie. Le mystagogue, c’est-à-dire le catéchiste qui enseigne au néophyte, a donc la mission de conduire celui qu’il accompagne au cœur du mystère chrétien ].

C’est une vision que l’on retrouve dans la symbolique romane d’abord chez Mary-Madeleine Davy avec « initiation à la symbolique romane«  (Le douzième siècle, cette Renaissance médiévale, est le grand âge de l’art roman. L’homme de ce temps possède une exacte connaissance de sa situation : il est pèlerin de la Jérusalem céleste et, de ce fait, voué à une marche ascendante. Relié à un monde invisible dans lequel il se meut, il sait d’où il vient et où il va. Sa certitude relève de sa foi. Que cette foi se développe à l’intérieur de l’Eglise ou qu’elle soit hétérodoxe, elle demeure vivante. Le moine y répond à l’intérieur de son cloître, le professeur dans son enseignement ; l’artiste en témoigne sur la pierre ou par la couleur. Le monde est un, du macrocosme au microcosme, et il est signe de l’Invisible. L’art et ses symboles l’enseignent. Du portail de Cluny à la littérature du Graal, Marie Madeleine Davy nous donne accès à l’extraordinaire richesse symbolique de ce douzième siècle).
Puis on la retrouve chez Pascal dans les Pensées N° 260 page 125 ou bien encore chez Hegel quand celui-ci voit dans l’histoire une succession de figures
 (préface de la phénoménologie de l’esprit §26 pages 69/71) où il voit dans l’histoire une succession de figures. Ce qui confère sa fiabilité au symbole, c’est « sa capacité d’exprimer le réel, son universalité, qui se résume dans l’unité de la totalité. C’est par conséquent la compréhension entière du symbole lui-même qui donne accès à la connaissance, aboutissant ensuite à la réalisation ultime ». Le symbole représente la descente de l’invisible dans le visible, mais aussi la montée du visible vers l’invisible, ces deux aspects pour lesquels le philosophe Maurice Merleau-Ponty avait rédigé des notes en vue d’un ouvrage futur sur l’origine de la vérité, interrompu par son décès prématuré. Ces notes comportaient environ 150 pages manuscrites, rassemblées en vue de leur publication par le philosophe Claude Lefort, correspondaient, selon celui-ci, à l’introduction d’ un ouvrage qui aurait pu avoir des dimensions considérables. René Guénon, lui, dans un texte posthume nous rappelle le sacré contenu dans l’invisible du symbole de la science sacrée et ce qu’il est devenu: « La civilisation moderne apparaît dans l’histoire comme une véritable anomalie : de toutes celles que nous connaissons, elle est la seule qui se soit développée dans un sens purement matériel, la seule aussi qui ne s’appuie sur aucun principe d’ordre supérieurLa notion de la vérité, après avoir été rabaissée à n’être plus qu’un simple représentation de la réalité sensible, est finalement identifiée par le pragmatisme à l’utilité, ce qui revient à la supprimer purement et simplement ; en effet, qu’importe la vérité dans un monde dont les aspirations sont uniquement matérielles et sentimentales? » De ce invisible dans le visible, Platon dans le Banquet 210b, disait, en parlant de la beauté:  « Plus on fait l’expérience de cell-ci et plus on a envie de la connaître davantage en allant au-delà ». Quand à Karl Jaspers dans « Introduction à la philosophie« , dans le chap VIII « La foi et les lumières » il distingue les vraies des fausses Lumières et déclare que « plus la science progresse, plus celle-ci rencontre l’extraordinaire de la réalité » (Karl jaspers était un existentialiste allemand).

La Raison au sens fort, pense Bertrang Vergely (et je suis d’accord), existeC’est ce qui fait la raison d’être avec l’expérience d’être, qui donne tout son sens et son « sel » à la vie et au monde. Mais l’être humain est en perte de sacré. Qu’est devenue la science énergétique de la vie? Pour ce dernier site, « l’homme de Neandertal avait accès à la force sacrée de la vie […] LA Connaissance en somme, leur était transmise via leur dimension intérieure, mais aussi via le monde invisible extérieur […] face au modèle réducteur de la pensée moderne qui nous veut productifs, complexés, dociles et combatifs à la fois, mais surtout, qui nous veut absents à la Vie. En dépassant la peur viscérale, le rien, nous découvrons finalement le Tout« . C’est une raison de ce type, au sens fort, qui est évoquée en parlant de tout ce qui fait l’expérience de la Raison d’être. Or, avec les Lumières, à quoi assiste-t-on?

On assiste à une brisure de la Raison, qui s’est faite en 4 temps:

     – Premier temps: La victoire de la pensée bourgeoise. Au XVIIIè siècle, un phénomène métaphysique essentiel se produit. La pensée descend du Ciel sur la Terre, de Dieu à l’homme, de l’invisible au visible. Il semble que Jacques Bouveresse désire renouer avec cette pensée des Lumières descendue sur la Terre et qui aurait, d’après lui, été occultée depuis les années 1970. Bouveresse dit: Après trois décennies de bavardage postmoderne (on est en 2006), n’est-il pas temps de renouer avec l’héritage des Lumières, dont la croyance en la raison humaine et en la liberté domina le XVIIIè siècle avant d’éclairer le monde? Mais est-ce si sûr que la pensée dominante actuelle ne soit pas similaire et dans le prolongement de celui des Lumières?

Un ouvrage montre bien la désacralisation de la pensée au XVIIIè siècle: « L’enquête sur l’entendement humain » de David Hume (explications d’un texte extrait de l’oeuvre et résumé). HumeFondateur de l’empirisme moderne (avec Locke et Berkeley), fut l’un des plus radicaux par son scepticisme. Il s’opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l’esprit humain d’un point de vue théologicométaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l’application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux. Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du xxe siècle et sur la phénoménologie. C’est un des premiers qui ouvrit ouvertement le passage donnant congé à la profondeur comme on le voit dans le passage suivant: « La philosophie facile et claire aura toujours la préférence auprès de la généralité des hommes sur la philosophie précise et abstruse (Paris flammarion 1983 page 48). « Le pur philosophe est un personnage qui, couramment n’est que peu acceptable dans le monde » (Page 49). « L’homme est un être raisonnable et sociable et doit le rester […]. Aussi j’interdis la pensée abstruse et les recherches profondes et je les punirai sévèrement […]. Soyez philosophe, mais au milieu de toute votre philosophie soyez toujours homme? » (page 50)On ne saurait être plus clair sur le « congé » donné à la profondeur…(comme celle de Maître Eckhart). Les anciens pensaient que l’on est homme parce que l’on est sage. Maintenant, les modernes, à la suite de Hume pensent que l’on est sage parce que l’on est homme. Le siècle des lumières n’est-t-il pas plutôt le siècle de l’humanisme bourgeois se faisant passer pour de la philosophie? Molière dans « Le Misanthrope » n’exprime-t-il pas cet humanisme quand il fait dire à Philinte: « A force de sagesse on peut être blâmable. La parfaite raison fuit toute extrémité. Et veut que l’on soit sage avec sobriété »?

Ce premier temps de la brisure de la Raison par les lumières est certainement un aboutissement. La science et la philosophie « sont apparues au même moment, chez les Grecs, il y a plus de deux mille cinq cents ans. Leur naissance a correspondu à l’émergence d’une nouvelle figure du savoir, inconnue des époques antérieures, le savoir pur ou désintéressé. « Jamais que nous sachions, écrit Léon Robin, la science orientale, à travers tant de siècles d’existence, et même après qu’elle eut pris contact avec la science des Grecs, ne paraît avoir dépassé les préoccupations utilitaires ou les curiosités de détail, pour s’élever à la pure spéculation et à la détermination des principes. » Les Grecs du VIe siècle avant notre ère ne cherchaient pas uniquement à transformer la nature, à tourner le cours des choses à leur avantage ; ils s’efforçaient de comprendre le monde, c’est-à-dire de construire un système cohérent et rationnel de la totalité du réel ». Mais avec les Lumières, on atteint un point de non-retour où l’étonnement et l’émerveillement de la philosophie grecque ont basculé dans le scientisme (formule de Renan -1883/1892), le matérialisme (La Mettrie vers 1748) et l’utilitarisme (dont le fondateur est Jérémie Bentham-1748/1832) qui a donné le mécanisme des marchés financiers dominant le monde sans partage aujourd’hui.. La transcendance est menacée par l’évolution technologique mais on sent qu’un éveil spirituel est en train d’émerger dans un monde chaotique en apparence. Voici ci-après de quoi alimenter la réflexion.

  http://www.lepoint.fr/societe/que-nous-reste-t-il-de-sacre-20-01-2012-1421638_23.php  Que nous reste-t-il de sacré? Credo. Dans « Jeunesse du sacré », Régis Debray décortique les cultes contemporains .Le médiologue qu’est Régis Debray fait son miel de nos crédulités. Ainsi, un moderne pourrait crde la ohilosophie oire que nous sommes désormais vaccinés contre les rites, exempts de toute sainte vénération, Nietzsche et l’Internet étant passés par là. Dans son nouvel essai, « Jeunesse du sacré », Debray nous invite à reconsidérer le paysage. Pour peu qu’on sache le dissocier du divin, le sacré, ce « revenant indocile », est partout. Qu’est-ce que le sacré ? Tout ce qui « légitime le sacrifice et interdit le sacrilège », écrit Debray. Avez-vous entendu parler des mausolées staliniens, de la flamme du Soldat inconnu, de la butte du Panthéon, du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, de la crypte du mont Valérien ? Savez-vous que la cave néobyzantine de l’Institut Pasteur abrite le corps du grand savant ? Sans doute ces sanctuaires font-ils image, mais c’est encore trop peu. Debray esquisse, dans un livre malicieusement illustré, les prolégomènes du sacré contemporain. L’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme ne stipule-t-il pas que l’on doit respecter « le caractère sacré de la vie »? Les fleurs déposées sur la tombe de Jim Morrison ne transforment-elles pas un coin du Père-Lachaise en autel vampirique ? Wagner, à propos de « Parsifal », ne parlait-il pas de « représentation sacrée »?                                                                                                                                                                      https://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/BOUVERESSE/17669  Après trois décennies de bavardage postmoderne, n’est-il pas temps de renouer avec l’héritage des Lumières, dont la croyance en la raison humaine et en la liberté domina le XVIIIe siècle avant d’éclairer le monde ? Mais, pour ressusciter les Lumières, il faudrait aussi les repenser, et donc transformer en profondeur les façons de réfléchir et d’agir de l’homme d’aujourd’hui… De l’être humain qui n’est pas seulement rationnel, mais également raisonnable, on attend généralement une forme de compréhension et de tolérance à peu près illimitée à l’égard de toutes les formes de l’irrationalité, y compris les plus aberrantes. Ce qui est permis à ses adversaires — la crédulité, la superstition et le fanatisme — ne lui est pas permis à lui. Il doit pratiquer le scepticisme à l’égard des possibilités de la raison elle-même, éviter de transformer le culte de la rationalité en une superstition d’un nouveau genre et s’abstenir de toute espèce de fanatisme de la raison. C’est ainsi que l’on en arrive facilement à un stade, et je crois que c’est celui où nous en sommes actuellement, où la raison est devenue tellement soucieuse de ménager ses adversaires et de ne pas être soupçonnée d’abuser des pouvoirs qu’on lui attribue qu’elle ne sait plus réellement si elle peut et doit continuer le combat qui a commencé à l’époque des Lumières.

http://lechatsurmonepaule.over-blog.fr/2015/07/karl-jaspers-la-foi-et-les-lumieres.html Karl Jaspers (1883-1969) est, parmi les philosophes à tendance existentialistes, celui qui a conçu le système le plus achevé et le plus proche de la métaphysique. Jaspers incarne, en Allemagne, l’existentialisme chrétien. Partant de la constatation primordiale de l’existence, le philosophe, échappant au réalisme matérialiste, doit rechercher les conditions du salut de l’homme, c’est-à-dire l’accomplissement de sa liberté. Cet accomplissement, Jaspers le situe en Dieu. Récusant donc la primauté de la science sur la métaphysique et la foi, Jaspers montre comment ont peut, depuis Platon, déduire et construire un humanisme philosophique de la liberté. « La Foi et les Lumières »:: « Les Lumières, comme l’a dit Kant, c’est pour l’homme, « après avoir été mineur par sa propre faute, atteindre sa majorité ». Il faut voir en elles tout ce qui permet à l’homme de parvenir à soi. Mais il est si facile de se méprendre sur ce que les Lumières exigent que leur signification est toujours équivoque. Et c’est pourquoi la lutte contre les Lumières est elle-même équivoque. Elle peut se déchaîner à bon droit contre les fausses Lumières, ou à tort contre les vraies. Souvent les deux se confondent. Luttant contre les Lumières, on a dit : elles détruisent la tradition sur laquelle repose toute vie ; elles dissolvent la foi et mènent au nihilisme ; elles donnent à tout homme le droit de s’abandonner à ses volontés arbitraires et engendrent ainsi le désordre et l’anarchie ; elles rendent malheureux l’homme qui sent le sol lui manquer. Ces critiques n’atteignent que les fausses Lumières, qui ignorent jusqu’au sens des véritables et reposent sur la conviction que tout savoir, toute volonté, toute action peuvent se fonder sur le seul entendement (alors que l’entendement doit être utilisé seulement comme l’instrument indispensable servant à éclairer ce qui doit être fourni par ailleurs). Elles érigent en absolu les connaissances toujours particulières de l’entendement (au lieu de ne les appliquer, conformément à leur signification, que dans le domaine qui est le leur). Elles séduisent l’individu en suscitant en lui la prétention de posséder un savoir pour lui tout seul et d’être capable, en se fondant sur ce savoir, d’agir seul, comme si l’individu était tout (au lieu de se fonder sur les échanges vivants d’un savoir qui se trouve sans cesse remis en question et stimulé au sein de la communauté). Le sens de l’être exceptionnel et celui de l’autorité leur échappe, alors que pourtant toute vie humaine doit s’orienter par rapport à ces deux réalités. Bref, elles veulent que l’homme se suffise à lui-même, de telle façon que toute vérité, tout ce qui pour lui est l’essentiel, puisse être atteint par l’évidence rationnelle. Elles incitent seulement à savoir, non à croire. Les vraies Lumières en revanche, ne fixent pas exprès, du dehors et de force, une limite à la pensée et au libre examen, mais elles font prendre conscience d’une limite qui existe en fait. C’est qu’elles ne servent pas à élucider seulement ce qui n’avait pas été mis en question auparavant, les préjugés et les prétendues évidences qui paraissent tomber sous le sens, mais aussi à s’élucider elles-mêmes. Elles ne confondent pas les procédés de l’entendement avec les valeurs réelles de la condition humaine. Il s’avère alors que celles-ci peuvent être éclairées par des opérations raisonnables de l’entendement, mais qu’elles ne peuvent par trouver en lui leur fondement. »

     – Deuxième temps: La politisation de la religion.

Le rejet de la profondeur (comme la profondeur de Maître Eckhart) a pour conséquence directe la politisation de la religion. Dans la religion, si c’est l’aspect profondeur qui intéresse, on n’est pas captivé par la question du pouvoir ni par l’aspect social de la religion, mais par l’ouverture à l’extraordinaire et au monde symbolique. c’est la mystique qui captive les esprits. Mais si on ne s’intéresse plus à la profondeur, on en vient à se captiver par l’aspect du pouvoir et l’aspect social, la question de la relation entre foi et raison. Il faut savoir qui détient l’autorité en matière de jugement. La modernité ne s’intéresse plus à la religion et veut n’en rester qu’au débat foi-raison dans le but de tordre le cou à la foi. Il est à noter que le terme «religion politique» fait son apparition au XVIe siècle dans une œuvre de Tommaso Campanella:UniversalisPhilosophiae seu Mataphysicarum Reuma, juxta propria domata. 

     – Troisième temps: La mise à mort de la religion.

L’Inexistence de Dieu – Raisonnement par Inférence

Démonstration de l’existence de Dieu et raisons de croire chrétiennes

Le débat n’est certainement pas clos, témoin la politisation du religieux avec linterrogation sur les processus de requalification et de reconnaissance de l’activité religieuse comme politique à l’ère moderne, ou « le paradoxe de la libération » (dans des pays qui ont connu des grands mouvements de libération nationale – l’Inde,  Israël, l’Algérie) ou bien encore la politisation de la religion: obstacle à la sécularisation en Terre musulmane?Le débat atteint maintenant une taille critique avec ce qui est devenu le terrorisme. Qu’en était -t-il t à l’époque des Lumières? 

L’évacuation de la religion, déjà présente dans le congé donné à la profondeur puis à la politisation de la religion, devient manifeste à l’occasion du fanatisme (état d’esprit où il n’y a plus de limites dans les actions que le fanatique entreprend pour faire triompher ses idéaux1)« . Pour « l’opinion« , lorsqu’elle est sondée au sujet de la religion, celle-ci est responsable du mal sur la terre (sinon qui?), en étant à l’origine des croisades, de l’inquisition, des guerres de religion et de l’arriération mentale de l’humanité. Remarquons que si, à l’origine,l’opinion publique « désignait l’avis éclairé d’une élite, elle renvoie aux débats entre citoyens politiquement actifs […] et avec l’avènement des sondages, elle se trouve bâillonnée au profit d’une photographie des diverses opinions à un instant précis« . Et en ces temps de terrorisme religieux (entre autres mais pas seulement) sévissant actuellement, il est difficile de penser autrement.

Histoire du mot Le mot « terrorisme » est attesté pour la première fois en novembre 1794, il désigne alors la « doctrine des partisans de la Terreur »6, de ceux qui, quelque temps auparavant, avaient exercé le pouvoir en menant une lutte intense et violente contre les contre-révolutionnaires. Il s’agit alors d’un mode d’exercice du pouvoir, non d’un moyen d’action contre lui. Le mot a évolué au cours du xixe siècle pour désigner non plus une action de l’État mais une action contre lui. Son emploi est attesté dans un sens antigouvernemental en 1866 pour l’Irlande

Revenons Maintenant aux Lumières et au fanatisme. Voltaire, dans son « Dictionnaire philosophique« , il écrit: « Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. […]« . Voltaire est habile dans la progression de son raisonnement, explique Bertrand Vergely: « S’il y a le fait de croire, il y a dans celui-ci le fait de croire vraiment à ce que l’on croit. Ce qui débouche sur deux types de folie; la folie douce qui croit en ce en quoi elle croit au point de le prendre pour une réalité et la folie meurtrière qui non seulement croit en ce en quoi elle croit mais qui veut que tout le monde y croit en étant prête à tuer pour cela ». C’est effectivement une habile façon de présenter la croyance. La folie douce existe, la folie meurtrière aussi. Comment ne pas penser que Voltaire n’a pas raison explique que croire est mauvais et que cela conduit, en croyant ce que l’on croit,  à basculer dans la folie meurtrière. Conclusion: il faut croire avec modération, c’est à dire sans trop y croire, en étant un religieux modéré. C’est ce qu’il faut devenir… Il n’y a plus de religion, celle-ci est morte. Mais la religion existe parce qu’on y croit vraiment et non parce qu’on y croit modérément. Ce qui se passe aujourd’hui est-il l’aboutissement de la pensée de Voltaire (et des Lumières): la religion est systématiquement reliée non pas simplement à une question politique, qui était déjà posée avec les Lumières, mais à la question du fanatisme et de la modération. Sous couvert de laïcité et d’humanisme, c’est une façon habile de détruire définitivement le sentiment religieux

Aujourd’hui, la question est posée clairement dans le site agoravox.fr:par Hugo Botopo; « éradiquer le terrorrisme impose de détruire les peurs et les terreurs consubstantielles aux religions et idéologies » Il ajoute: « La très grande majorité des pouvoirs politiques, économiques, financiers, idéologiques et religieux, quels que soient leurs parcours pour prendre le pouvoir et établir une domination sur des soumis, des clients, des adeptes, des pratiquants actifs et militants, utilise la peur pour asseoir leur pouvoir et leur domination ». Irina Leroyer, elle, va encore beaucoup plus loin dans l’anti-religion et la haine de celle-ci: Et si la religion était responsable de tous nos maux ou du moins de la plupart ? En quoi la religion ou plutôt les religions seraient elles responsables des traumatismes et des névroses que nous vivons chaque jour ? La religion est la plus grande supercherie de l’histoire de l’humanité. La religiosité est pire qu’une dangereuse névrose, c’est une addiction et une drogue qui gangrène le monde depuis des millénaires. Il serait grand temps de mettre un point final à ces superstitions d’un autre âge. Le problème est que majoritairement nos contemporains sont « malades » ou au moins « contaminés »….

Mais ne peut-on pas envisager que la perte du sacré depuis les Lumières et son rejet définitif depuis la mort de Dieu évoquée par Nietzsche et par Hegel, soient aussi la perte de la transcendance que notre société matérialiste avec sa soif de domination sur la nature, du pouvoir de l’agir et de l’efficacité immédiate et égotique malgré les slogans de tolérance et de solidarité? Ne serait-ce pas le pouvoir, y compris celui que les hommes de religion ont en quelque sorte usurpé au nom de Dieu dont il faudrait parler, plutôt que des religions? C’est en faire un bouc-émissaire alors que les peurs et terreurs qui leur sont attribuées sont aujourd’hui étendues à une peur généralisée de tout, accentuée par l’abus d’un principe de précaution rendu quasiment obligatoire. Dans le figaro.frDominique SCHNAPPER écrit: « L’affaiblissement de toute transcendance, religieuse ou politique, affaiblit la société démocratique. Elle risque de se donner pour seul objet d’assurer le bien-être de ses membres et de ne plus nourrir un projet commun, susceptible de transcender les intérêts immédiats et les égoïsmes de ses membres ». [On l’a vu dans l’avant-dernier chapitre, c’est avec les Lumières, qu’on a atteint un point de non-retour où l’étonnement et l’émerveillement de la philosophie grecque ont basculé dans le scientisme (formule de Renan -1883/1892), le matérialisme (La Mettrie vers 1748) et l’utilitarisme (dont le fondateur est Jérémie Bentham-1748/1832) qui a donné le mécanisme des marchés financiers dominant le monde sans partage aujourd’hui.. La transcendance est menacée par l’évolution technologique mais on sent qu’un éveil spirituel est en train d’émerger dans un monde chaotique en apparence].

Pour compléter ce panorama, on peut lire ce qu’écrit  J M Castaing dans cahiers libres sur les périls d’un monde sans verticalité. Il répond ainsi à la position quasiment intolérante de.Irina Leroyer.


Remarque: il semble toutefois que si on assiste à la perte du sacré, il y ait bien ce

rétrécissement de la transcendance, mais diffusion du religieux ? C’est peut-être une inversion de la façon habile de détruire définitivement le sentiment religieux que nous avons signalé précédemment avec Voltaire. 

« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu’à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau. — Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d’inventer ? La grandeur de cet acte n’est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement — ne fût-ce que pour paraître dignes d’eux ? » »

— Le Gai Savoir, Livre troisième, 125.


      – Épilogue: La Terreur.

Les Lumières pensaient qu’en envisageant de cette manière la question religieuse, on doit aboutir à la paix civile, aux droits de l’homme, à la fraternité universelle. Mais on débouche au contraire sur la Terreur. 

[La Terreur est une période de la Révolution française caractérisée par le règne de l’arbitraire1 et des exécutions de masse2,3,4,5.]

Comment se peut-t-il? Hegel l’a montré dans son oeuvre « La phénoménologie de l’esprit » (Paris Vrin 2006 p.497/503)La phénoménologie de l’esprit, c’est l’aventure de la conscience. Elle est fondée sur une intuition philosophique précieuse : la conscience n’est pas une institution achevée, elle se construit, se transforme pour devenir autre qu’elle-même… « Dans le développement de l’esprit, les Lumières caractérisent ce moment au cours duquel l’Esprit, devenu concret à travers la famille, la société et l’état, se tourne vers la culture et les Lumières. C’est un moment riche, la culture et les Lumières étant une ouverture sur l’humanité spirituelle. Moment toutefois limité. Envisageons l’esprit uniquement sous l’angle de ce qui permet à l’humanité de se développer, non seulement socialement mais culturellement, on débouche sur une vision utilitaire de l’esprit.Développons cette vision. On voit triompher l’utilitarisme ramenant tout – et notamment Dieu à un usage empirique et fonctionnel. Laissons cette vision se développer. Celle-ci produit la liberté absolue de l’homme sur terre sous la forme de liberté d’user de tout mais aussi la terreur, cette liberté absolue ne tolérant rien à part elle. La Révolution française a débouché sur la Terreur » 

Cela apparaît clairement dans le site: Hegel et la Révolution Française dans la Phénoménologie de l’Esprit



. » La Révolution est le mouvement de la volonté universelle qui, parce qu’elle transcende les anciennes fonctions et structures a aussi vocation de les supprimer. Ce mouvement sublime de la liberté absolue comme volonté universelle que rien ne peut arrêter est le propre de la Révolution Française et des idéaux révolutionnaires – c’est le mouvement par lequel l’organisation et la division des masses s’abîme, se dissout dans la volonté universelle qui unit tous les hommes, dans laquelle ils se voient comme indépendants, défait de cet impératif d’« utilité  et d’être/pour/autrui qui caractérisait les structures de l’ancien Régime et qui s’opposait à l’expression de la liberté. La liberté, en tant qu’elle est absolue, ne peut tolérer de limite –  » la liberté ou la mort  » dit le proverbe révolutionnaire. […] Le sujet singulier est toujours immédiatement uni à l’universel, parce que la liberté absolue a supprimé tout intermédiaire en supprimant les déterminations générales encore particulières. C’est là que la liberté absolue, dans son excès, rencontre son expérience négative, la terreur – la conscience singulière est condamnée à un « devoir-être universel, la liberté absolue lui est imposée. l’effectivité de chacun est engloutie dans une effectivité du tout – la conscience n’a plus de « Selbständigkeit », d’autostance, elle n’est que dans et pour l’universel, sans produire de volonté qui lui soit véritablement sienne, propre. la terreur est précisément ce moment où le mouvement vers l’universel se transforme en une dictature de l’universel sur le particulier »

Et ce n’est pas un hasard. Ce qui est en cause, c’est la raison utilitaire se servant de tout en utilisant tout. Au cours de XIXe et du XXe siècles, à chaque fois que la culture a été dominée par une raison purement utilitaire, elle a débouché sur des régimes de terreur et de barbarie. Le stalinisme en URSS ou le maoïsme en Chine en sont des illustrations et ce ce sont malheureusement pas les seuls. 

Aujourd’hui la raison utilitaire a pris aussi d’autres formes. Alain Cailléfondateur et directeur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales) est très explicite dans  « Critique de la Raison utilitaire, manifeste de Mauss -1989« :  « Paru en 1989, ce petit texte pédagogique […], a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l’anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. C’est que l’objectif premier du MAUSS — « Montrer que l’obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l’économisme, […] que c’est lui qui souffle l’essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable » — est devenu chaque jour plus actuelAujourd’hui, nous y sommes en plein. Ce n’est plus seulement la pensée qui se dissout dans l’économisme, c’est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D’où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l’essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie ».

La dernière forme à laquelle on est maintenant confrontés vient du fait que notre monde s’est décidé à remplacer l’homme par le post-humain via le transhumanisme et les robots. 


2) Conclusion: 


« La raison utilitaire est forte tant qu’elle n’est pas démasquée et pour cela il faut bien la nommer comme barbare »Etienne de La Boétie rappelle que « le tyran qui domine le monde n’a que la force qu’on lui donne. Cessons de le soutenir mentalement en l’admirant. On le voit s’écrouler comme un colosse aux pieds d’argile« (discours sur la servitude volontaire paris Ed. Sociales 1971 P. 48). De même, « la raison utilitaire qui nous vient des lumières et qui nous domine n’a que la force que nous lui donnons. 

Cessons de l’admirer. On verra qu’il y  a autre chose de bien plus spirituel pour penser le monde et l’organiser ». 


C’est sur cette vision peu optimisme sur les Lumières que Bertrand Vergely termine son « prologue » de « obscures Lumières » Il avait commencé ce prologue par: « Tu ne trouves pas qu’aujourd’hui si une chose empêche de penser ce sont bien les Lumières? » Ce qui est d’une audace extrême de parler ainsi des Lumières en France. Elles sont sacrées, on n’y touche pas au risque d’être lapidé puis mis à l’écart de la scène intellectuelle. 

Pour ce qui me concerne, j’ai eu une éducation familiale et une culture qui me portaient à admirer les Lumières. Cependant je me suis progressivement posé des questions sur la science et son évolution  et sur les conséquences de la désacralisation du monde. Je réfléchis beaucoup à cette question et l’ai écrit quelques articles à propos du livre de Jean Staune, « Notre existence a t-elle un sens?« . C’est pourquoi, si les Lumières conservaient pour moi la fascination que l’opinion dominante leur accorde, je me suis senti interpellé en commençant la lecture de « Obscures Lumières » par ce que le titre contient de paradoxal mais d’attirant pour un esprit qui se pose beaucoup de questions. 
Pour cette conclusion, retraçons les différentes étapes de ma lecture pour arriver à ce avis pour le moins pessimiste sur la raison utilitaire: 

Bertrand Vergely montre la difficulté de penser ainsi en évoquant un de ses collègues, historien et grand défenseur des Lumières et de la laïcité, qui fut outré parce que Monseigneur Lustiger avait osé critiquer l’antisémitisme des lumières au nom de la raison:

On croit en général que les lumières nous protègent du mythe.

Et il ne faut pas s’imaginer que ces lumières nous protègent contre le pouvoir et sa violence, à l’image du Marquis de Sade

Le même collègue ne supportait pas qu’on critique les lumières ni l’idée que le christianisme puisse être pour quelque chose dans l’apparition des droits de l’homme, ce qu’avance Frédéric Lenoir, ce qui aboutit à dire que lchristianisme c’est le mal sur terre.

Mais les Lumières, c’est un « bourgeoisisme » qui paralyse la modernité, un contrôle du monde qui occulte l’essence fulgurante de l’existence. Pour les Lumières, l‘important est que l’homme contrôle tout

Il faut dénoncer l’impérialisme de la raison, des systèmes et de contrôle que les Lumières ont fait peser sur la culture moderne et post-moderne. Non par haine de la raison et de la modernité. Mais par souci de la vraie raison comme de la vraie modernité. Il faut aussi dénoncer la crise métaphysique et spirituelle qui est à l’origine de cette dictature de la raison ». 

Mais y a t-il une vraie raison? Oui. Il existe une vraie raison, une raison profonde débouchant sur ce qui fait la raison d’être avec l’expérience d’être, qui donne tout son sens et son « sel » à la vie et au monde en illuminant l’existence et en donnant force et énergie ».

Pour la trouver il faut chercher dans le Logos (le Verbe), dans les symboles de ce souffle créateurD’où l’expérience créatrice de la raison ou Logos. On oppose Muthos et Logos. Ils relèvent, l’un du cerveau droit, qui ouvre au mystère, aux espaces potentiels de l’intériorité, l’autre du cerveau gauche qui préside à la parole, à la logique. Mais si on les unit, les choses cessent d’être des choses pour devenir des symboles à travers lesquels le souffle créateur de la vie, nous fait progresser en pays de haute connaissance vers la raison. C’est une connaissance  illuminative a toujours inspiré les philosophies, les sagesses et les spiritualités de type chrétien ou les nouvelles spiritualités non chrétiennes.

Avec les Lumières, on assiste à une brisure de la Raison, qui s’est faite en 4 temps:

     – Premier temps: La victoire de la pensée bourgeoise. 

« A force de sagesse on peut être blâmable. La parfaite raison fuit toute extrémité. Et veut que l’on soit sage avec sobriété »?

     – Deuxième temps: La politisation de la religion.

La modernité ne s’intéresse plus à la religion et veut n’en rester qu’au débat foi-raison dans le but de tordre le cou à la foi.

     – Troisième temps: La mise à mort de la religion.

Voltaire, dans son « Dictionnaire philosophique« , il écrit: « Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Sous couvert de laïcité et d’humanisme, c’est une façon habile de détruire définitivement le sentiment religieuxDans le figaro.frDominique SCHNAPPER écrit: « L’affaiblissement de toute transcendance, religieuse ou politique, affaiblit la société démocratique. Elle risque de se donner pour seul objet d’assurer le bien-être de ses membres et de ne plus nourrir un projet commun, susceptible de transcender les intérêts immédiats et les égoïsmes de ses membres »J M Castaing évoque dans cahiers libres les périls d’un monde sans verticalité. Il répond ainsi à la position quasiment intolérante de.Irina Leroyer.

     – Quatrième temps: Epilogue, La Terreur

Les Lumières pensaient qu’en envisageant de cette manière la question religieuse, on doit aboutir à la paix civile, aux droits de l’homme, à la fraternité universelle. Mais on débouche au contraire sur la Terreur. Comment se peut-t-il? Hegel l’a montré dans son oeuvre « La phénoménologie de l’esprit« , la phénoménologie de l’esprit, c’est l’aventure de la conscience: [on voit.. triompher l’utilitarisme ramenant tout – et notamment Dieu à un usage empirique et fonctionnel. Laissons cette vision se développer. Celle-ci produit la liberté absolue de l’homme sur terre sous la forme de liberté d’user de tout mais aussi la terreur, cette liberté absolue ne tolérant rien à part elle. La Révolution française a débouché sur la Terreur »]. Et ce n’est pas un hasard. On voit que ce qui est en cause, c’est la raison utilitaire se servant de tout en utilisant tout.

Actuellement, la raison utilitaire est plus que jamais présente, même si elle a pris de nouvelles formes. Alain Cailléfondateur et directeur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales) est très explicite dans  « Critique de la Raison utilitaire, manifeste de Mauss -1989« : « l’obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l’économisme, […] c’est lui qui souffle l’essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable » […] Aujourd’hui, nous y sommes en plein. Ce n’est plus seulement la pensée qui se dissout dans l’économisme, c’est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D’où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l’essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie ». La dernière forme à laquelle on est maintenant confrontés vient du fait que notre monde s’est décidé à remplacer l’homme par le post-humain via le transhumanisme et les robot

Ainsi, c’est avec les Lumières qu’on a atteint un point de non-retour, où l’étonnement et l’émerveillement de la philosophie grecque ont basculé dans le scientisme (formule de Renan -1883/1892), le matérialisme (Julien Offray de La Mettrie vers 1748) et l’utilitarisme (dont le fondateur est Jérémie Bentham-1748/1832). Ne peut-on dire que les Lumières sont une source du mécanisme des marchés financiers auquel est soumis le monde, sans partage aujourd’hui et dont la dématérialisation n’en diminue pas l’emprise…. 

La transcendance est menacée par l’évolution technologique mais on sent qu’un éveil spirituel est en train d’émerger dans un monde chaotique en apparence]. Est-ce ça « l’homme » auquel les Lumières aspiraient?


Je suis reconnaissant à Bertrand Vergely de s’exprimer courageusement dans un monde où la pensée dominante devient dévastatrice et de m’avoir interpellé de la sorte. Je prépare un nouvel article pour partager « ma lecture » du chapitre 2 titrée « La nouvelle origine », mais auparavant je n’ai pu résister à la tentation de lire l’épilogue de « Obscures Lumières »; au titre qui paraîtra provocateur, « l’impossible laïcité ». J’ai trouvé que, en le résumant à l’extrême, cela pourrait être un complément à ma conclusion du prologue:

« Que peut-on retenir des Lumières et de la Révolution française? Sans doute ceci: l’impasse morale et spirituelle dans laquelle notre monde se trouve, le propre des Lumières et de la Révolution française étant de dire une chose et d’en faire une autre? A l’image du rapport à la religion. Il était au départ prévu par les révolutionnaires de la supprimer. Ce qui a été le cas quand les prêtres ont été guillotinés. Avant qu’une nouvelle religion soit établie, celle du culte de l’être suprême, cet être étant la nature et l’homme. D’où les quatre impasses que connaît aujourd’hui notre culture issue des Lumières: -La laïcité, -Les droits de l’homme,  -La fin de la métaphysique, -La critique (où est le sens critique?). Ce n’est pas encore le moment de commenter ces affirmations, mais on sent bien dès le prologue la question des fondements de toute la société humaine est posée. 

Cette problématique semble aussi posée dans L’héritage des Lumières, un legs en péril  par Raoul Marc JENNAR « L’idéologie dominante de ce début de XXIe siècle est aux antipodes du corpus de valeurs des Lumières. On a même entendu un Président de la République française dans un discours à St-Jean de Latran reprendre à son compte le rejet des Lumières dans les termes utilisés par le Vatican. L’idéologie dominante de ce début de XXIe siècle est aux antipodes du corpus de valeurs des Lumières. On a même entendu un Président de la République française dans un discours à St-Jean de Latran reprendre à son compte le rejet des Lumières dans les termes utilisés par le Vatican.  Les Lumières, après les Grecs du Ve siècle avant notre ère, ont soulevé des questions qui sont aussi les nôtres et cherché des solutions à des problèmes qui se posent encore à nous.  Certes, et ils en étaient conscients, ils oeuvraient dans un contexte spécifique pour changer une situation donnée dans un endroit défini. Avec la même conscience du contexte qui est le nôtre aujourd’hui, un contexte où le but des gouvernants se réduit à satisfaire les marchés, où l’objet de la politique n’est plus le bonheur des humains, mais la satisfaction des riches, où l’homme est redevenu un instrument au service de ceux qui l’exploitent, n’est-il pas temps de se rappeler cette phrase de Kant : « le devoir suprême de l’homme envers l’homme est de le traiter comme une fin et non comme un moyen. » N’est-il pas temps de nous poser la question : défendons-nous les valeurs qui fondent l’humanité en les trahissant quotidiennement ? Mais Est-ce que cette idéologie dominante n’est pas celle qui a été justement l’héritage des Lumières qui ont voulu éliminer la connaissance illuminative a toujours inspiré les philosophiesles sagesses et les spiritualités de type chrétien ou les nouvelles spiritualités non chrétiennes. J’ai découvert aussi l’Entretien avec Jean Staune de Patrice Van Eersel que j’ai trouvé passionnant et plein de promesses pour l’avenir de la connaissance et de la science.

Au début de cette conclusion, nous avons vu que la raison utilitaire est forte tant qu’elle n’est pas démasquée et pour cela il faut bien la nommer comme barbareCessons de l’admirer. On verra qu’il y  a autre chose de bien plus spirituel pour penser le monde et l’organiser ».  Examinons maintenant ce qui peut sans doute permettre d’atteindre cette chose à la manière d’un saut quanttique et découvrons la prédiction cachée de Jung:

En méditant l’oeuvre de Carl Gustav Jung, Christine Hardy découvre soudain une prédiction cachée du plus grand psychologue du siècle passé : au début du XXIe siècle se déclencherait un saut prodigieux dans la conscience collective, tant mental que spirituel et même physique. Ceci culminant dans une véritable métamorphose de la Terre : l’homme et la Terre harmonisés et enfin réconciliés !

À la fin de sa vie, Jung entrevit, avec le physicien et prix Nobel Wolfgang Pauli, qu’il existait un niveau de «réalité profonde» où conscience et matière ne faisaient plus qu’un ; mais cette exploration, selon lui, serait menée par les chercheurs futurs.
Se fondant sur vingt ans de recherches en sciences cognitives et en pensée systémique, Christine Hardy poursuit les découvertes de Jung et s’avance dans les domaines de la réalité profonde, où aucune théorie – cognitive ou physique – n’a osé pénétrer. Dans la théorie des champs sémantiques, toute matière et tout système, jardin ou musée, est une constellation de sens. Ainsi nous baignons dans un gigantesque champ de conscience planétaire en création permanente, au sein duquel l’humanité et la Terre co-évoluent. Nous sommes actuellement à un seuil où l’humanité entière va passer à un autre rythme, un autre plan de conscience : nous avons déjà enclenché le processus de métamorphose !
«La totalité inconsciente tend à la prise de conscience totale»
CARL GUSTAV JUNG

Christine Hardy La Prédiction de Jung: La métamorphose de la Terre

https://www.cgjung.net/publications/la-prediction-de-jung-la-metamorphose-de-la-terre.htmLa prédiction de Jung : la métamorphose de la terre Christine Hard

https://www.cairn.info/revue-societes-2003-4-page-93.htm: C.G. Jung et le malaise social dans le monde occidental

Autres liens: 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bouveresse:
Incomplétude et philosophie: Jacques Bouveresse a réfléchi au théorème d’incomplétude de Kurt Gödel et à ses conséquences philosophiques. C’est à ce titre qu’il s’est insurgé, dans un ouvrage de vulgarisation, Prodiges et vertiges de l’analogie, contre l’usage que fait Régis Debray de ce théorème. Debray prétend en effet s’appuyer sur Gödel pour montrer qu’une société ne peut se fonder elle-même. Bouveresse y dénonce la distorsion « littéraire » d’un concept scientifique : la démonstration de Gödel ne vaut que pour des systèmes formels tels que ceux des mathématiques ou de la logique. Cette distorsion n’a, selon lui, d’autre but que d’éblouir un public n’ayant pas la formation permettant de saisir la portée de ce théorème complexe. Ce que Bouveresse reproche à Debray n’est pas l’utilisation d’un concept scientifique en tant qu’analogie, mais l’usage d’un théorème d’accès difficile (il s’agit de mathématiques avancées) comme tentative de justification absolue au moyen du sophisme classique que constitue l’argument d’autorité. L’incomplétude du système formel de certains systèmes mathématiques n’implique en rien une incomplétude de la sociologie, car la société n’est pas un système formel.

N’est pas le pb des Lumières?

https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1991_num_10_1_1592 La révolution française: massacres, terreur et vertu)

http://www.mouvement-transitions.fr/index.php/intensites/le-contresens/sommaire-des-articles-deja-publies/729-n-14-michel-magnien-la-boetie-democrate : Comment, pourquoi le célèbre Discours de la Servitude volontaire de La Boétie, l’ami de Montaigne, a-t-il pu être lu comme un texte célébrant la liberté démocratique alors qu’il respire le mépris du peuple ? 

http://lechatsurmonepaule.over-blog.fr/2014/09/roger-caillois-l-homme-et-le-sacre.html Dans L’Homme et le sacré, paru à la veille de la guerre (en 1939), Roger Caillois inaugure une nouvelle manière de faire de la sociologie, sans rompre pour autant avec la tradition : il part des acquis de l’Ecole de Durkheim et en particulier des recherches de Mauss et de Hubert http://expositions.bnf.fr/lumieres/arret/04.htm L’idée d’universel est devenue suspecte ; nous autres contemporains avons appris à nous en méfier. Si elle fut jadis triomphante, l’histoire nous montre qu’elle servit de masque au colonialisme et à l’ethnocentrisme pour opprimer au nom de « la civilisation » les peuples « en marge du progrès ».

https://journals.openedition.org/asr/1655:: Intelligence divine, intelligence humaine : la philosophie comme éducation de l’âme selon Avicenne, Sohravardī et Mullā Ṣadrā

http://www.penseesdepascal.fr/Ordre/Ordre1-moderne.php

https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1957_num_12_2_2623:: Du mythe à la raison. La formation de la pensée positive dans la Grèce archaïque

https://www.lerougeetlenoir.org/opinions/les-opinantes/les-lumieres-le-mythe-de-la-tolerance

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». C’est par ces mots faussement attribués à Voltaire que depuis des décennies le siècle des lumières est bien souvent présentée aux élèves par l’Éducation Nationale.

Ce bienheureux XVIIIe siècle serait ainsi celui qui aurait permis “[…] de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir.” [1], de “dépasser l’obscurantisme [..] en s’opposant à la superstition, à l’intolérance et aux abus des Églises et des États” [2], ou encore “le combat en faveur de la raison, la dénonciation de l’intolérance, la mise en place d’une idéologie du Progrès” [3].

Ces “grands auteurs” que sont Voltaire, Rousseau, Diderot, et bien d’autres sont ainsi devenus des références obligées, étudiées en long, en large et en travers, du collège jusqu’à l’université. Nos enfants doivent apprendre à connaître et admirer la tolérance de ces auteurs éclairés sans qui la France, l’Europe et le monde n’auraient pu devenir ce qu’ils sont maintenant.

Ne nous attardons pas sur ce mensonge, cent fois combattu par tous les médiévistes, qui consiste à voir dans les dix siècles du Moyen-Age une période sombre, abandonnée aux superstitions et à l’arbitraire seigneurial. L’imaginaire collectif et la propagande d’une certaine idéologie continuent sans cesse à relayer ces clichés. Il suffit pourtant d’aller voir les trésors que nous a légués cette période : cathédrales, manuscrits enluminés, statuaire… de relire les ouvrages de médiévistes tels que Jacques Heers ou Régine Pernoud, ou bien de se souvenir de l’amour courtois, des romans de Chrétien de Troyes, de l’invention de la polyphonie, pour se convaincre du contraire.

S’il est un domaine où la vérité laisse donc la part belle aux rumeurs et aux mensonges idéologiques, c’est bien celui des lumières. Voltaire n’a ainsi jamais écrit « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». Il ne l’a même jamais dit. L’histoire de la diffusion de cette phrase inventée en 1904 par Evelyn Beatrice Hall est résumée dans ce documentaire.

https://www.lajauneetlarouge.com/article/le-mythe-des-lumieres-est-en-bout-de-course#.WvQNNIiFOWt:: Le mythe des Lumières est en bout de course

https://www.lajauneetlarouge.com/article/le-mythe-des-lumieres-est-en-bout-de-course#.WvQM8IiFOWs

https://blogs.mediapart.fr/raoul-marc-jennar/blog/260812/lheritage-des-lumieres-un-legs-en-peril : L’héritage des Lumières, un legs en péril

http://www.jocelinmorisson.fr/2014/09/23/observateur-physique-quantique/ :: henri stapp FAIRE ENTRER L’OBSERVATEUR CONSCIENT DANS LES ÉQUATIONS DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE

http://www.cpt.univ-mrs.fr/~rovelli/NS.html:: Rovelli: la naissance de la science

https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151112.OBS9357/lettre-ouverte-a-alain-finkielkraut-par-alain-badiou.html:: Lettre ouverte à Alain Finkielkraut, par Alain Badiou


https://www.amazon.fr/Christiane-Singer/e/B001K7N8MO:: romans et essais qui sont autant de réflexions sensibles pour approcher cette connaissance de soi sans laquelle le monde nous reste opaque et incompréhensible. La Mort viennoise (Prix des libraires 1979), Histoire d’âme (Prix Albert Camus 1989), Rastenberg, Les sept nuits de la reine, Seul ce qui brûle (prix de la Langue française 2006)… , du côté romans. Du bon usage des crises, Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?, N’oublie pas les chevaux écumants du passé, du côté essais, qui ont touché un très large public.

L’après-vie article 3


https://www.youtube.com/watch?v=kdmQDmMS-WI::  Interview 1 de Christine Hardy – La Théorie des Champs Sémantiques

https://www.youtube.com/watch?v=Frch47hux28:: Interview 2 de Christine Hardy : l’Apocalyse de Jean comme attracteur


Préambule à l’article: 

     -Table des matières de l’après-vie

*L’immortalité (pages 11 à 33): Les Celtes (l’éternité tout confort), Les Germains et leurs religions  (un banquet pour les héros), Le chamanisme (à la recherche de l’âme en fuite), En Egypte (un livre pour l’ultime voyage), En Mésopotamie (l’enfer sans retour), En Iran (le combat du bien et du mal), En Grèce (les fruits de l’immortalité), au Japon (le shintoïsme, la voie des Kamis), En Chine (le taoisme, les recettes de l’immortalité), En Afrique (l’ancêtre et le vivant), En Amérique du Sud (la peur des esprits).
*La réincarnation (pages 33 à 75): La réincarnation selon l’hindouismeLa réincarnation selon le bouddhisme
 (au Tibet: le livre de la libération, les Tulkous)La réincarnation selon l’église chrétienneDes preuves pour la réincarnation (les travaux du Dr Stevenson)L’exploration des vise antérieures (le régression sous hypnose, les expériences du Colonel de Rochas, ce que l’hypnose réveille, télépathie ou souvenirs oubliés? les guérisons sous hypnose du Dr Kelseyles fantastiques lecture de vie d’Edgar Cayceune autre méthode de régression: le lyingla mémoire du monde ou celle des particules,

*La résurrection (pages 77 à 88): Le judaïsmel‘après-vie indescriptible, l’islamle rappel à la vie le jour des comptes, le christianisme: l’immortalité personnellela science et la résurrection

*L’état hors du corps (pages 93 à 119): Jeanne Guésné, Vivre en dehors de l’enveloppe corporelle? les diverses densités de matière, la pensée crée la réalité, se construire un corps pour l’éternité, l’incessante incarnation de la vie, conscience et énergie, le délit de subjectivité, le corps astral le corps et son double énergétique, l’énergie lumineuse, support de la survie.

*L’état de pré-mort (pages 121 à 146): Au bord de la mort, les étapes du voyage vers l’au-delà, Vie-mort!: une frontière impossible, le cerveau non irrigué, la drogue et la mort.

*Le rêve et l’au-delà(pages 153 à 182) La prémonition de la mort, l’information sur l’au-delà, l’interprétation des rêves de mort, autre réalité ou jeu de l’imaginaire? devenir un rêveur conscient rêves d’une vis antérieure, rêves et Karma, Le second système, les barrières de l’espace-temps

*Les communications avec l’au-delà (pages 187 à 221) Le spiritisme, l’état de médium, Médiums sous surveillance: Euséphia Palladino, Daniel Douglas Home, Marthe Béraud,, Willy Schneider, les moulages du Dr Geley, Léonor Piper, Communiques avec les morts les fantômes, la main brune, les fantômes de Jung Les déplacements d’objets, la synchronicité.

*Appendice: (pages 231 à 247) Accompagner le mourant, témoignages: quitter son corps, au bord de le mort.

     -Ma recherche.

En cherchant des « vieux livres« , je viens de découvrir le livre d’Hélène Renard, « l’après-vie » (Croyances et recherches sur la vie après la mort) que je vais « explorer » dans quelques articles. J’en fais « Ma lecture » au cours de mes promenades en méditant souvent ce texte et en prenant des notes qui me servent ensuite à faire des recherches sur Internet. Nous verrons que la réalité n’est pas toujours matérielle, qu’elle n’est pas toujours observable ni démontrable. Des scientifiques comme le neuro-physiologiste Roger Sperry, le physicien David Bohm, le biologiste Rupert Sheldrake ont soutenu qu’il y a dans la réalité des aspects non mesurables, non physiques, et qu’il faut prendre en compte, puisqu’ils font partie de l’expérience humaine, non seulement l’expérience de nos sens physiques, mais aussi l’expérience d’une intuition profonde ou l’expérience résultant d’états de conscience différents. C’est une seconde sorte de science (la conscience en tant que réalité causale; vers une science complémentaire), dit Willis W. Harman qui, seule, pourra étudier ces expériences et cette réalité non mesurable. La science orthodoxe elle-même commence à se poser des questions: voir le site https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-ca-fait-peur-vie-apres-mort-etude-55543/ (Ça fait peur : la vie après la mort à l’étude)


Y a t-il une vie après la mort? « Tous, nous « mourrons d’envie de connaître la réponse à cette question dont les hommes débattent depuis des siècles. La réponse  en est toujoiurs au même point, au « point mort » alors qu’il n’en n’est pas de plus fondamentale, puisqu’elle détermine le sens  de la vie humaine. Et c’est la « mort dans l’âme » qu’il faut bien avouer notre impuissance, nul n’a encore pu donner des preuves de la vie post-mortem. Ces preuves on les réclame aujourd’hui parce que les croyances s’effritent, les certitudes vacillent. »

Des preuves expérimentales, objectives, fondées scientifiquement? Sans doute, les attendrons-nous encore longtemps. C. G. Jung notait, « à propos des apparitions, du retour des morts, des ensorcellements et autres « histoires fantastiques », qu’il est normal, qu’à notre époque scientifique, on désire savoir si de telles choses sont « vraies » sans prendre en compte ce que devrait être la nature d’une telle preuve, ni comment on pourrait la fournir ». L’attitude scientifique, vouloir des phénomènes démontrables, répétitifs et mesurables, est inadéquate, mais cela n’empêche pas de mener des expériences et des recherches sur des états-limite comme les EMI. Elles n’auraient pas pour but de « prouver » la survie, mais de décrire des observations sans pouvoir avance d’explications définitives. 

Cependant, l’après-vie est de l’ordre d’une expérience individuelle, point singulier que la science ne peut analyser. C’est un problème auquel s’est heurté le philosophe Jankélévitch  à propos de la peur de la mort: « Au point de vue purement scientifique, la survie paraît irrationnelle, elle n’est pas prouvée, elle n’est pas expérimentée… »

Mais il existe une autre catégories de preuves, non probantes pour les scientifiques, mais qui est quasiment la seule que l’on puisse avancer pour étudier l’après-vie: les preuves subjectives. Celui qui est persuadé dans sa conviction profonde qu’il y a une forme de vie après la disparition du corps physique (il a communiqué avec un défunt ou il a eu la sensation de vivre hors de son corps ou il est revenu des portes de l’au-delà… ), n’a nul besoin de preuve objective. Son expérience individuelle lui tient lieu de preuve. On peut objecter qu’il ne s’agit pas de preuves, mais de croyances. Hélène Renaud entend alors par preuve de ce type une croyance dûment éprouvée dans son corps, physiquement ressentie et vécue. Ce genre d’expérience individuelle possède par ailleurs une dimension objective qui peut servir de base à une étude expérimentale. L’historien Paul Nothomb, dans « L‘homme immortel » (1984), va même  jusqu’à démontrer que « le désir de survie de l’homme est la preuve non logique qu’il est destiné à survivre et son horreur de la mort, la preuve non logique qu’il n’est pas fait pour mourir« . Sa conviction s’appuie sur l’observation du fait que nos désirs sont des moyens de connaissance des réalités ultimes auxquelles nous sommes destinésBergson, dans son allocution présidentielle à la Société pour la Recherche psychique de Londres, en 1913, déclarait à propos des apparitions: « lorsque je considère le grand nombre de cas, leur similitude, leur air de famille et l’harmonie de tant de témoignages […], j’ai tendance, quant à moi, à croire autant à la télépathie que, par exemple, à la défaite de l’invincible Armada. Ce n’est pas une certitude mathématique telle qu’elle est formulée par la preuve du théorème de Pythagore. Ce n’est pas non plus la certitude qui émerge de l’examen de la loi de Galilée. C’est cependant le genre de certitude que nous avons dans  le domaine de l’histoire et de la jurisprudence. »
Donc, même si un témoignage (ou même plusieurs), n’est pas une preuve, les expériences individuelles forment un ensemble de preuves subjectives.

Pour terminer mon résumé de la présentation de son livre par Hélène Renard, je remarque que pour elle; la question « y a-t-il un vie après la mort? » peut alors se poser en termes plus précis: pouvons-nous, de notre vivant, avoir des expériences telles qu’elles soient tenues pour des preuves de survie? Et cette fois, la réponse est oui. Quatre états de vie lui ont paru les plus propices à acquérir ces preuves subjectives de l’après-vie: l’état hors du corps, l’état de pré-mort, l’état de rêve, l’état de médium. Ils permettent d’accéder à d’autres modes d’existence, c’est à dire d’autres relations avec la matière et avec l’espace-temps. Et ils remettent tous les quatre en question le rôle apparemment indispensable de l’enveloppe physique. Ce qui apparaît, c’est que nous pouvons, dès cette vie, approcher notre condition future. Tout se joue ici, et maintenant. C’est dans ce monde, dans ce corps, avec ce psychisme, que nous pouvons obtenir notre preuve de la survie. Après, il sera trop tard. C’est aussi la conclusion de François Grégoire dans son ouvrage sur les croyances en l’au-delà (Peut »être n’est-il pas absurde de supposer que c’est pendant l’existence terrestre que se crée la vie d’au-delà et que l’homme n’est immortel que si, et dans la mesure où, ici-bas, il  a cru sincèrement à l’immortalité » Cela exclurait l’idée d’une survie pour tout le monde. C’est aussi la position du sage Krishnamurti (Ce que vous êtes à présent est plus important que ce que vous serez dans votre vie future). 

Reste à déterminer ce que peut-être la survie. Est-ce un retour à la grande « soupe atomique »?  En effet, quelle que soit la « réduction » de notre corps, il sera toujours composé d’atomes qui serviront de « terreau » à de futures créatures. Serons-nous une réincarnation de la meilleure part de nous-mêmes? Ou bien de ce que nous avons été dans un corps d’une matérialité nouvelle? Un général, quand nous parlons de survie, nous voulons une survie individuelle, prolongement de ce que nous avons été et perfectionnement de ce que nous aurions voulu être. Si notre identité n’est pas préservée, à quoi bon survivre? Dali disait: « Je réclame une vie dans l’au-delà avec persistance de la mémoire. Je veux bien renoncer aux béatitudes éternelles pourvu que, dans l’éternité, je me souvienne de tout« . 

Les religions n’affirment pas cette possibilité d’une conscience préservée, mais elles s’accordent sur l’idée d’uns survivance. L’immortalité dans les différentes religions sera le point de départ du livre d’Hélène Renard. Dans ma lecture , dans chaque article, je reprends un chapitre sous forme de notes personnelles en commentant le texte et en incluant les recherches que j’ai pu faire sur internet. Dans le présent article 2, je me suis intéressé au quatrième chapitre: l’état hors du corps.

liens: http://www.geo.fr/environnement/actualitene suivra pas -durable/le-nouveau-defi-de-la-silicon-valley-rendre-l-homme-immortel-155728 :: Le nouveau défi de la Silicon Valley : rendre l’homme immortel

http://medecinedelame-leblog.fr/staff/bergson-recherche-psychique-et-approche-scientifique/::  Bergson : recherche psychique et approche scientifique

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29:: Dialectique naturelle et sociale; symétrie; émergence


Après ce préambule, voici mon article 3: L’état hors du corps: Pages 95 à 120

– Jeanne Guesné (pages 95/96):  Les  leçons de Sagesse:

Dans ses nouveaux livres « Le septième sens« , « La conscience d’être« , « Le troisième souffle« , Jeanne préconise une culture de l’attention, selon les enseignements de Gurdjeff, mystique, philosophe, professeur spirituel et du Zen : « Soyez attentif à tout ». D’une attention sans intention. Une attention extrême à chaque instant. Vivre ce que l’on fait. C’est cela qui mène à l’Eveil. Avoir la conscience d’être ici et maintenant donne la Joie d’Etre. L’instant présent contient tout et donne la sensation de Présence d’être là. Dans une lucidité immobile être un avec le monde dans un regard conscient. Chaque matin le silence de l’aube nouvelle nous rend notre virginité.

Jeanne GuesnéHerboriste, conférencière, écrivain, fondatrice en 1990 à l’université de Strasbourg, au congrès du Transpersonnel, de « Les Voies de la Connaissance », Association pour l’Etude et la Recherche pluridisciplinaire des questions fondamentales concernant l’Homme. « Le seul combat qui compte, c’est celui que l’on se livre à soi-même. Il en sortira peut-être un langage humain branché sur des vraies ondes d’amour. »   


Dans cet article 3, il va beaucoup être question de Jeanne Guesné (9 avril 1910 à Cusset – 16 mars 2010), dont la véracité et la sincérité des récits semblent acquises pour Hélène Renard.(Jeanne Guesné ( à Cusset – )1, est une ancienne infirmière et présidente de l’association « Les Voies de la Connaissance ». Elle est connue pour ses ouvrages sur la spiritualité et le paranormal. Elle avait commencé à se confier dans une émission de la chaîne Antenne2 en avril 1977, réalisée par Didier de Plaige pour le magazine hebdomadaire Un sur Cinq, produit par Patrice Laffont. Puis sur France Inter dans l’émission Bain de Minuit de Jean-Louis Foulquier en 1978. Elle disait, en particulier, pratiquer le voyage astral depuis 19382,3,4Ses livresLe grand passage (voyages hors du corps)la conscience d’être ici et maintenantle 7èmè sens ou le corps spirituelle troisième souffle ou l’agir universel). Au moment où Hélène Renard écrivait son livre, Jeanne Guesné avait 74 ans. On ne croirait pas qu’elle vit une expérience extraordinaire, on la remarquerait à peine. Elle la décrit en grand-mère comme on les aime, pas très grande, un peu ronde, alerte et gaie. Elle respire la santé et ses yeux très vifs, témoignent d’une grande sensibilité et d’une acuité de jugement. Pourtant, sous ces dehors familiers, c’est un personnage hors du commun. Elle s’est tue pendant plus de 40 ans, et n’avait raconté à personne ce qu’elle ose raconter maintenant dans ses ouvrages (on est en 1999) Ce n’était pas par peur, mais parce qu’elle poursuivait sa quête spirituelle et que cela ne nécessitait pas d’explications verbales. Par exemple dans le ce site, elle raconte: « Très jeune, je fus frappée par les paradoxes invraisemblables que je découvrais en moi. Par exemple : J’ouvrais la porte à un ami qui venait me voir. Et plus aucune pensée dans la tête … je ne pensais plus. Nous nous parlions souvent 1/4 d’heure, 1/2 heure … aucune pensée. Lui ne s’apercevait de rien … C’était extraordinaire. Je le reconduisais … Et tout redevenait comme avant. Le penser n’existait plus, et cependant, jamais je n’avais été aussi présente. Seul mon âge aujourd’hui, m’autorise à vous en faire la confidence. Car je suis certaine qu’il s’agit là d’un immense progrès pour la condition humaine. Il est impossible de donner à quelqu’un l’expérience qu’il n’a pas eu lui-même. Au Moyen-âge, qui aurait pu penser que l’homme fabriquerait des avions, des fusées ? Depuis très longtemps, une idée vivait en moi : la VIE ne cesse jamais, seules naissent et meurent les formes qui la contiennent. Je suis certaine que l’expérience “sans penser” peut donner l’orientation des découvertes pour la guérison. J’ai découvert la dimension quantique, c’est à dire le champ quantique. Et toujours la dimension du miracle, la phrase de Saint AugustinAIME, et fais ce que tu veux. »

Dans sa jeunesse,Jeanne avait une amie âgée à qui elle portait une amitié totale fondée sur la confiance et qui affirmait pouvoir sortir de son corps à volonté. Jeanne voulut tenter seule l’expérience, mais elle n’avait aucune technique précise. Elle y parvint pour la première fois après 13 mois d’efforts consécutifs: elle avait 28 ans. Voici le récit par Hélène renard: Chaque nuit entre 3 h et 4 h du matin, étendue dans son lit, les bras le long du corps, Jeanne se relaxait de plus en plus profondément jusqu’à ce que sa respiration devienne « étale » et elle attendait. « A un certain moment de mon attente, je sentis avec une certitude indiscutable que la possibilité de se dédoubler était là. Alors une peur atroce, une peur de ventre me submergea en me paralysant, je sus que je risquais la mort…Je fis un effort indicible et je sortis. Je me retrouvai sans poids, flottant au plafond de ma chambre… Après plusieurs tentatives pour me mettre droite, je descendis à peu près au niveau du plancher.Je remarquai qu’il régnait dans ma chambre une lumière légèrement bleutée comme un clair de lune. Je distinguai nettement les meubles et d’abord mon lit, sur lequel j’étais douchée bien à plat alors que mon mari reposait sur le côté. Je touchai  son visage, il était souple et tiède, le mien nettement plus froid ». Son sens de l’humour restant intact, elle voulut s’embrasser sur la joue. Il se produisit un déclic, un choc qui la renvoya brutalement dans son corps. Par la suite, Jeanne put renouveler des centaines de fois et pendant des années ces expériences de sortie hors du corps, en toute lucidité, sans être endormie et en ayant la sensation aiguë d’être bien vivante « et même, plus vivante, plus présente à cette réalité nouvelle qui était moi, avec une conscience d’être-là décuplée. »

L’opinion commune dans notre monde matérialiste est peu encline à accepter qu’on pourrait avoir une vie hors du corps. Tout le monde s’accorde à le dire, la mort, c’est la destruction totale du corps physique.  Donc, on aurait tendance à affirmer: hors du corps, pas de vie et le corps semble bien une « enveloppe » dont la vie ne peut se passer. Que penser alors de Jeanne qui affirme: « Je vis intensément, quand je ne suis plus dans mon corps. Pour ce qui me concerne, j’ai tendance à suivre ce que dit Hélène Renard lorsqu’elle écrit: « même si on a lu les voyages Voyages hors du corps de Robert Monroë, entendu parler de voyages dans l’astral; été séduit par les récits de Carlos Castanedal’expérience de Jeanne Guesné semble, de loin, la plus convaincante. » 

Page 96: Robert Monroehttps://www.amazon.fr/Voyage-hors-corps-Techniques-projection/dp/2268008614:: Voyage hors du corps Techniques de projection du corps astral https://www.youtube.com/watch?v=W9aHv5kQdIASortie Hors du Corps Voyage Astral avec le son Hemi Sync de Robert Monroe (Le voyage astral est une expression de l’ésotérisme qui désigne l’impression que l’esprit se dissocie du corps physique pour vivre une existence autonome et explorer librement l’espace environnant. L’expression d’expérience de hors-corps est plus récente et relève davantage de la médecine et la psychologieL’expression est liée à la croyance des occultistes en un corps astral et en un plan astral. L’expérience se produirait en diverses occasions : à l’approche de la mort, au cours d’une opération sous anesthésie, sous le coup d’une douleur intense, au cours d’une méditation, lorsque le corps est dans un état de relaxation avancé, lors du sommeil profond, sous l’emprise de drogues hallucinogènes, en période de stress, lors de paralysie du sommeil ou même sans aucune raison directe et à tout moment. Il n’existe pas de preuve acceptée par la communauté scientifique quant à la possibilité d’un « voyage astral » mais ce concept est utilisé dans certaines œuvres de science-fiction ou fantastiques ou dans des « fictions ésotériques » (comme dans les ouvrages de Lobsang Rampa) ou ceux d’Anne Givaudan et Daniel Meurois.

Page 97: 

wikipedia.org:: Carlos Castaneda (Doña chamane)

Carlos Castanedalivreshttp://republique-des-lettres.fr/10288-carlos-castaneda.php: Carlos Castaneda, Sorcier blanc autoproclamé, Carlos Castaneda est né le jour de Noël 1925 au Brésil. Immigré aux Etats-Unis en 1951, il a suivi des études d’anthropologie à l’UCLA (Université de Los Angeles, Californie) avant de devenir très célèbre en 1968 avec la publication de son mémoire de maîtrise, consacré à un séjour mystique dans le désert de l’Arizona et du Mexique. Le livre, intitulé L’herbe du diable et la petite fumée (The Teachings of Don Juan: A Yaqui Way of Knowledge) raconte sa rencontre avec un shaman, un vieux sorcier indien Yaqui mexicain, Juan Matus, qui l’a initié à un monde occulte ancien de plus de 2.000 ans grâce à de puissantes drogues hallucinogènes (peyotl, marijuana, champignons, etc.). De phases d’extase en moments de panique mêlés, Carlos Castaneda décrit ses visions d’insectes géants ou sa transformation en corbeau et divers autres « états de la réalité non-ordinaire » dont il affirme qu’ils lui permettaient de parvenir à un état de suprême sagesse et de savoir. Ses livres: VoirLe voyage à Ixtlan (Le voyage à Ixtlan en .pdf), Histoires de pouvoirLe second anneau de pouvoirLe Don de l’aigle.                                                                       http://www.science-et-magie.com/archives01/larcher.html:: Né en 1921, le Dr Hubert Larcher est l’un des plus courageux et des plus remarquables chercheurs français dans le domaine controversé de la parapsychologie. Sa discrétion rare et sa probité intellectuelle indiscutable lui réservent une place tout à fait à part dans le milieu restreint des chercheurs et des observateurs « sérieux » des phénomènes paranormaux. Continuateur de Bergson, de Charles Richet et de quelques autres savants de la même trempe, il présida durant quelques années aux travaux de l’IMI (Institut Métapsychique International). Le Dr Larcher est l’auteur d’innombrables articles, préfaces, introductions, conférences et d’un ouvrage incontournable : Le sang peut-il vaincre la mort (1957) réédité en 1990 sous le titre : La mémoire du soleil aux frontières de la mort. Voici deux préfaces qu’il a écrites pour une nouvelle édition de deux ouvrages de Charles Richet, prix Nobel de Physiologie : Le Traité de métapsychique et Notre sixième sens.                        Lobsang Rampa:: Le voyage astral. Lobsang Rampa prétend que tous les êtres vivants possèdent un corps astral qui, à l’état de veille, est situé au même endroit que le corps physique, un peu comme l’eau dans une éponge. Par un contrôle adéquat des pensées, il serait possible de faire sortir le corps astral du corps physique, puis de se rendre (avec ce corps immatériel) n’importe où sur terre ou dans l’univers, tout en conservant un souvenir précis du voyage à la réintégration du corps physique (seulement si le voyage astral est effectué lorsque le sujet est en veille, sinon, il ne garderait aucun souvenir). Il prétend que les rêves sont le résultat de voyages astraux inconscients qui commencent alors que la personne dort. Les lamas tibétains pratiqueraient couramment le voyage astral conscient. L’auteur estime que la plupart des humains devraient réussir à voyager consciemment dans l’astral, sous réserve de le faire sans mauvaises intentions (comme le respect de la vie privée d’autrui), et de consacrer le temps nécessaire à l’apprentissage de la technique de sortie du corps. Il encourage ses lecteurs à s’entraîner dans ce sens.                                 De nombreux écrivains ont évoqué des points similaires dans des récits autobiographiques: Emilie BrontëArtur KoestlerD. H. Lawrence entre autres. Celia Green, elle, a procédé à une étude sur les étudiants d’Oxford (sortie de leur corps physique d’un point d’observation extérieur) dans Journal de la Society for Psychophysical Expériences hors du corps (Actes de l’Institut de recherche psychophysique)

– Vivre en dehors de l’enveloppe corporelle (Pages 97 à 99)

C’est à une époque où elle fut assez gravement malade que Jeanne Guesné pouvait sortir de son corps et y rentrer avec une facilité inouïe. Elle pense que cette facilité tenait au fait au fait que sa tension artérielle était basse, ce qui facilitait la dissociation. Ses sorties s’opéraient le plus fréquemment à partir d’un point situé au-dessus de l’oreille droite ou par la gorge, plus rarement par le nombril, avec une sensation de tourbillon désagréable. On peut noter que la plupart des témoignages de dédoublement décrivent « une corde d’argent » ou un fil lumineux, un ruban de lumière qui relie les deux corps. Les spiritistes « appellent cordon d’argent ou corde d’argent un lien subtil qui rattacherait le corps physique à un corps invisible (appelé « corps éthérique » ou parfois « corps astral »1), un peu comme le cordon ombilical rattache le fœtus au placenta. Ce cordon serait lui-même invisible… sauf à des médiumsvoyants, rescapés de la mort. Ce serait en raison de sa nature luminescente, voire fluorescente électrique, qu’il est comparé à un éclat argenté et nommé assez communément « cordon d’argent ». Il est rompu à l’instant de la mort seulement. » 

Jeanne raconte: « Un soir, alors que j’étais très faible et en partie dédoublée, je sentis une main  amicale, douce comme celle d’une femme et cependant virile comme une main masculine, serrer la mienne très fort pour me donner confiance. Aussitôt, je fus entraînée à une vitesse vertigineuse, dans un sifflement aigu, sans possibilité de contrôle, puis je me retrouvai brusquement sur un immense plateau recouvert d’une neige éblouissante.  » Une autre nuit, elle sentit qu’elle quittait son corps par tous les pores de sa peau simultanément: « on eût dit une substance très fluide s’évaporant de mon corps pour se reformer en une image cohérente à l’extérieur de lui« . Elle ralentit au maximum sa sortie pour mieux l’observer, et après de nombreuses expériences renouvelées elle émit une hypothèse sur ce qu’elle avait compris là: la séparation de l’enveloppe physique (le corps), et du « principe conscient » peut s’effectuer quand on ressent un certain accord vibratoire servant de « sas »  entre les deux états de l’être (comme si ce double vibrait sur une certaine fréquence). Jeanne affirme que « toutes ces sorties volontaires m’ont prouvé que la vie n’est nullement terminée hors du corps mais aussi que les conditions de cette nouvelle vie recèlent de nombreux pièges ». Elle ne prétend pas avoir fait l’expérience de la mort. Elle dit dans « le grand passage« : « J’ai fait l’expérience de quitter mon corps à plusieurs reprises. Je me suis sentie exister hors de lui, restant tout près et en le voyant, ou au contraire allant très loin et le réintégrant, sans interruption de conscience. » Il ne s’agit pas d’une transe, on peut plutôt parler d’une extase, d’une sortie, « être en dehors de soi-même ». Jeanne sent, dans cet état inhabituel, que c’est sa capacité d’attention consciente qui lui permet de sortir de son corps et d’acquérir un système sensoriel avec lequel elle peut voir, entendre et sentir avec une intensité et une acuité d’un niveau supérieur à celui des sensations qu’on éprouve ordinairement. Elle se sent baigner dans une dimension de vie plus vaste, délivrée des tensions qui conditionnent le comportement habituel, donc plus libre. Jeanne évoque la notion de conscience pour désigner « l’ultime réalité qui se manifeste à moi sous la forme d’une intense lucidité immobile englobant l’extérieur et l’intérieur dans une unité de vie consciente ». 

Ce nouvel état de l’être qu’expérimente Jeanne lui prouve que l’être, notre être, peut vivre à plusieurs niveaux, même si très peu d’entre nous ont un jour eu la possibilité de l’expérimenter. Elle affirme vivre consciemment en dehors de son corps. Ce qu’elle a vu, ceux à qui elle a parlé, sont à ses yeux des détails secondaires. L’essentiel pour elle est d’avoir constaté que la vie n’est pas détruite! 

liens: http://jean-paul.barriere.pagesperso-orange.fr/chargeme/cosmogonie.pdf:: COSMOGONIE DES ROSE-CROIX OU CHRISTIANISME MYSTIQUE Traité élémentaire sur l’évolution passée de l’hommesa constitution présente et son développement futur par MAX HEINDEL


-Les diverses densités de matière (Pages 100/101)

Comme on vient de le voir, Jeanne Guesné expérimentait son état d’être avec ce corps différent, subtil, allégé de la matière, mais ayant tout de même une certaine matérialité (sinon comment pourrait-il exister?). Ses expériences se sont déroulées sur 40 années environ. Son premier étonnement a été de rencontrer une autre densité de matière. Par exemple, elle fit l’expérience de déposer sur le bord de la commode de sa chambre deux feuilles de papier à cigarette pour les faire tomber quand elle serait dans l’état « hors de son corps ». La nuit venue, « sortie de son corps », elle ne parvint pas à toucher tangiblement ces deux feuilles, mais il lui suffit de « penser » que ces feuilles tombaient pour qu’elles tombent réellement. De même, si elle n’arrivait pas à tourner le bouton d’une porte, elle parvenait facilement à la traverser. 

Cela lui révéla que dans l’état « hors du corps », la matière n’a pas la même réalité que dans la vie ordinaire: « Si je peux m’exprimer ainsi, je dirais qu’il y a différents états de matérialité de la matière« . Mais elle ne doute pas de la matérialité de ce corps dédoublé ni de ce qu’elle voit dans cet étrange état et dit-elle « […] l’impression de réalité ressentie est prodigieuse, beaucoup plus que intense que nous ne l’avons jamais éprouvée? » Une autre fois, elle fit l’expérience de voir son mari en captivité quand il était prisonnier en Allemagne en 1940. Cela lui fit confirma que la forme dédoublée n’a pas la même matérialité que que sa forme humaine. Lui, ne s’aperçut pas de sa présence. Elle répéta plusieurs fois l’expérience, avec beaucoup de difficultés, sans doute à cause de l’émotion qui troublait sa faculté de dissociation. En effet, une telle opération réclame la plus grande neutralité émotionnelle. Elle raconte: « Un matin, […] je le vis. Il me sembla appuyé contre un tronc d’arbre en compagnie d’un autre homme. L’effet fut saisissant. Il était là, bien vivant devant moi. Je le regardai intensément au niveau des yeux, je le touchai mais il ne me voyait pas. » Dans cet état subtil du corps, on peut rencontrer des personnes vivantes et des personnes décédées, mais il semble que qu’une démarche volontaire n’aboutisse pas ou difficilement et que ces rencontres aient plutôt lieu d’une manière imprévue. Jeanne précise aussi qu’il ne s’agit pas d’un rêve car elle rêve aussi de ses parents décédés et « la confusion n’est pas possible. »


 –La pensée crée la réalité (Page 102)

journaldunesensibleblogcom.over-blog.com:: la pensée créatrice

Un autre aspect expérimenté par Jeanne Guesné est qu’en cet état subtil, la pensée est immédiatement créatrice. 

Examinons d’abord le cas de Pierre Monnier dans les Lettres de Pierre, où il décrit la puissance créatrice de l’imagination des défunts : « Représente-toi que tout ce qui vit dans ton souvenir, au lieu de demeurer vague et indistinct, prend une forme stable. Aussitôt tu seras entourée de la réalisation de tes rêves les plus beaux: ce qui avait vibré en toi t’environne réellement [..].Tu songes à un palais, il s’édifie […]« . Né dans une famille protestante très fervente, « Pierre Monnier était un officier français de vingt-trois ans qui tomba le 8 janvier 1915 sur le front d’Argonne. Fils unique, le chagrin de ses parents fut immense. Un enfant qui meurt, c’est la fin du monde. Cela peut être aussi la fin de Dieu. Tel ne fut pas le cas de Madame Monnier, sa foi ne fut pas entamée, mais, dans son orthodoxie protestante très stricte, elle ne croyait qu’à la résurrection du dernier jour.

La vocation de Pierre fut justement de lui annoncer la résurrection immédiate, la réalité de sa présence à côté d’elle en lui disant d’une voix qu’elle entendit très distinctement, et par trois fois, « Ne crains rien, je suis vivant ! » Ce fut l’unique fois de sa vie ou elle entendit sa voix. Et Le 5 août 1918, Mme Monnier perçut intérieurement la pensée de son fils : « Ne pense à rien ! Écris ! » C’est ainsi qu’elle commença à recevoir par écriture intuitive les messages de son fils. Elle en fit part à son mari qui ne la crut pas, persuadé que ces dialogues étaient le fruit de son subconscient. Cependant, devant la beauté de ces textes, leur profondeur théologique ainsi que certains messages d’anticipations scientifiques finissent par emporter sa conviction. […] « Tout vibre, tout gravite, tout est composé d’atomes divisibles et infini », dicte Pierre à sa mère en 1919, alors que la fission de l’atome ne sera envisagée qu’en 1934 par Enrico Fermi et décrite par Lise Meitner et d’autres scientifiques en 1938. » Mr Monnier préparera l’édition complète des lettres de son fils (2879 pages) dont le dernier contact date de 1937Ces messages de l’au-delà constituent une source d’informations et de réflexion de très haut niveau et continuent d’interpeller presque 100 ans après en n’ayant rien perdu de leur actualité.

Le mystique suédois Emanuel Swedenborg appelait ces créations « apparences réelles ». Ce scientifique et inventeur prolifique, qui eut dans certains cercles le surnom de Léonard de Vinci du Nord ou encore d’Aristote de Suède déclare être entré dans une phase spirituelle de sa vie à l’âge de cinquante-six ans. Il a des rêves et des visions mystiques dans lesquels il discute avec des anges et des esprits, voire avec Dieu et Jésus-Christ, et visite le Paradis et l’Enfer.

Par contre, le Bardo Thôdol met en garde le défunt contre ces illusions de forme-pensée qu’il prend pour la réalité et qui ne sont que des projections mentales. Ce qui montre que dans ces états « différents », la réalité n’est plus ce qu’elle est dans l’état de vie ordinaire. 

Revenons maintenant à Jeanne Guesné dans cet état subtil. Elle pense qu’il suffit qu’une pensée traverse l’esprit pour que son sujet se matérialise dans l’instant même et devienne immédiatement créatrice: « J’étais hors de mon corps », dit-elle, « et je me promenais dans une ville inconnue. Deux énormes chiens se sont précipités sur moi avec des aboiements terrifiants. Une pensée fulgurante m’a traversée: c’est moi qui les pense, ils n’existent pas. Instantanément, les chiens ont disparu. » Mais la réalité tangible des éléments que l’on rencontre en cet état est incontestable pour celui qui l’éprouve. Cela rejoint ce que disait le cosmonaute soviétique Vitali Sevastionov alors qu’il était en état d’apesanteur à bord de Soyouz 9, il lui suffisait de penser à un outil pour que son camarade Adrian Nikolaïev le lui apporte sans qu’un seul mot soit échangé. Télépathie ou pensée créatrice? Jeanne a aussi découvert que dans cet état hors du corps, même si la réalité est tangible, l’espace et le temps sont différents de ceux de la vie ordinaire. Souvent, ce corps subtil se déplace à des vitesses vertigineuses « parce qu’il se meut dans une autre matérialité, moins dense, plus fluide, plus malléable » explique Jeanne. Un autre point à retenir de ses voyages: l’importance de la lumière et des couleurs. Elle pense que les impressions de joie, de paix ou au contraire d’angoisse ou de crainte étaient liées au degré et à la qualité de la lumière dans laquelle elle se déplaçait. Les couleurs semblaient différentes des couleurs habituelles. Elles étaient vibrantes, animées, et éveillaient un sentiment intense de beauté. 

Liens: https://nospensees.fr/lesprit-quantique-transformer-realite/:: L’esprit quantique : comment transformer notre réalité ? 20 mai 2017 dans Psychologie

http://lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com/votre-realite-est-le-miroir-de-vos-pensees.html:: « La réalité reflète nos pensées », Comme le montre la physique quantique, notre monde de matière est corpusculaire (matière) et ondulatoire (ondes) à la fois et en même temps, dans cet état quantique de la particule, on n’est pas sûr de son existence, on peut juste prédire sa tendance à l’existence par une onde de probabilité…

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2013/02/04/26327161.html:: La compréhension profonde du concept de la Pensée Créatrice est essentielle en Psychologie Spirituelle. C’est cette compréhension qui permet au processus de la Respiration Consciente d’être pleinement constructif et révélateur. Elle amène la personne à se responsabiliser plutôt qu’à se culpabiliser, à agir plutôt qu’à réagir, à dépasser l’univers restreint d’un mental limitant. 

https://www.amazon.fr/pens%C3%A9es-cr%C3%A9ent-monde-Vah%C3%A9-Zartarian/dp/2915164029:: Le monde moderne s’est bâti au fil du temps sur des faits concrets : découverte de la rotondité de la Terre, premiers voyages vers l’Amérique, dissection du corps humain, utilisation des premiers télescopes et microscopes, invention de l’imprimerie, etc. En apparence, le matérialisme a triomphé avec ces percées essentielles qui n’ont pu se réaliser sans l’émergence d’une métaphysique inédite dont Descartes a été le principal instigateur. Avec lui, l’univers, l’homme, la vie même étaient réduits à des machines. Nous vivons aujourd’hui la mort de cette modernité. La science mécaniste a atteint ses limites, notamment en physique. La biosphère semble ne plus accepter une expansion industrielle anarchique. Quant à l’éthique matérialiste, elle s’escrime vainement à canaliser des flots humains de plus en plus incontrôlables. Sous nos yeux, derrière les turbulences d’un vieux monde en perdition, un nouveau est en train de naître. À son tour, il se fonde sur des faits concrets : découverte du continuum espace-temps, démonstration on de la nature essentiellement indéterminée de la matière, voyage dans l’espace, décryptage du génome, émergence de l’informatique et de modes de communications révolutionnaires, etc. Ce monde nouveau ne pourra pas, tout comme l’ancien, émerger sans une métaphysique radicalement neuve. Quelle est la nature de la réalité ? Que connaissons-nous vraiment de l’univers dans lequel nous évoluons ? De quelles façons pouvons-nous agir sur le monde ? Autant de questions auxquelles il va falloir répondre et que ce livre aborde avec un esprit radicalement neuf


-Se construire un corps pour l’éternité (Pages 103 à 105)

Jeanne Guesné résume ses expériences à plusieurs niveaux:

-Je peux vivre « automatiquement » (c’est le cas le plus fréquent)

-Je peux vivre « consciemment » (en fait je le peux plus ou moins)

-Je peux vivre « consciente d’être consciente » (en de très rares occasions)Pour elle il y a trois modalités de l’existence: « La vie existe à plusieurs niveaux. Ceux-ci ne sont jamais intégrés. Je suis dans ma tête et je parle mais je ne sens pas où je suis dans une émotion qui me paralyse, empêchant ma tête de raisonner. Ou je suis dans mon corps, dans mes mécanismes moteurs, mes instincts et alors je pense mécaniquement, je sens mécaniquement, j’agis mécaniquement. Mais ces trois niveaux de l’être, ces trois fréquences vibratoires, pourrait-on dire, ressourcés, rassemblés, intégrés dans ce sac de peau que constitue mon corps, permettent à la vie de se manifester. Non pas votre vie ou la mienne,. Mais la Vie dans ma vie. »  

Si  Déjà dans cette vie « ici-bas », même de façon occasionnelle et rarissime à plusieurs niveaux, nous pouvons connaître des états de conscience différents, ne peut-on penser qu’après la mort de cette enveloppe physique qu’est le corps, subsiste de nous une parcelle de conscience ou d’énergie qui, elle, pourra continuer à vivre et à évoluer? Est-ce le corps subtil dont parle Jeanne qui survivra après nous? Répondons oui à cette question, qui reste un postulat. Alors voyons comment on peut devenir l’artisan de notre corps d’éternité et le développer ici et maintenant? Pour cela, il faut développer un nouvel état de conscience par une transformation radicale de nos rythmes biologiques, psychiques et mentaux. C’est à dire développer un « septième sens », le sens d’être. Sur ce point, Jeanne Guesné est formelle, ce ne peut-être qu’avant la mort, ici, dans notre corps et dans notre psychisme. C’est un peu comme s’il existait une suite logique d’une sorte de croissance intérieure: « D’intuition en intuition, […] je suis arrivée à la certitude que c’est ici, dans ce corps, qu’un effort doit être entrepris afin qu’un « pont » de perception soit lancé sur l’abîme séparant les deux mondes: le monde physique de notre vie personnelle temporelle et le monde de la vie universelle à laquelle participe notre Etre immortel. Ce « pont », c’est la conscience d’être ici et maintenant ».
Alors, comment faire pour acquérir cette conscience d’êtreconscience de soi?  Dans son livre « la conscience d’être ici et maintenant« , Jeanne
 « nous aide à franchir le prochain stade d’évolution de l’homme : l’éveil à la conscience universelle. Comment y parvient-on ? Il s’agit de faire lâcher-prise à notre petit moi, pétri d’illusions et de pensées étroites, et, par la pratique de l’attention et du silence intérieur, de s’ouvrir à notre être essentiel et à l’amour« . Elle ne donne pas de recettes, mais des conseils sur le « comment se comporter » pour abandonner cette course à « l’avoir » et élargir sa « conscience de l’être » dans ses dimensions les plus profondes; Elle suggère de procéder par étapes.

Première étape: rentrer en soi-même, dans son front puis dans tous les organes de sa tête. Notre attention consciente doit tout pénétrer emplir cet espace tassé et encombré et le nettoyer de ses scories verbales, laissant la tête claire et libre, sphère transparente.

Seconde étape: se laisser envahir par un grand calme intérieur. Etre « étale », être « ouvert ». « Restons sans mots » dit-elle, « immobiles et lucides, intensément attentif à rien. Nous sommes l’espace vivant, vibrant. Faisons entrer cette vibration par nos yeux […] Nous somme là, dans notre corps conscient et éveillé à tous les niveaux de sensibilité […] ».
Troisième étape: enfin, découvrir un îlot de paix, un havre de tranquillité: notre espace intérieur: « Les bruits du monde sont là mais ils rentrent en nous sans provoquer de réaction émotionnelle ou instinctive. […] Les images se succèdent. Ne les chassons pas mais ne nous identifions pas à elles en les nommant. »

Alors, nous pouvons connaître ce que signifie « être ». Ce n’est pas être ceci ou cela, mais être tout simplement. « Nous ne sommes qu’une seule chose: notre capacité d’attention ». Il s’agit d’apprendre à ne plus glisser à la place de la vie, mais à la capter de l’intérieur. C’est une véritable ascèse spirituelle, car comme ascèse, cela demande un effort, l’effort d’être. « C’est une aptitude à demeurer intensément lucide au vécu de l’instant« . Sortir de son corps n’est pas sortir de soi. 

On peut citer d’autres techniques où l’énergie de la vie nous pénètre entièrement et où nous avons la sensation intense d’être: le geste du recul intérieur dont parle Kierkegaardl’instant créateur de Bergson, le lâcher-prise du zen ou du bouddhisme, la pratique du Hara de Von Durckheim, le rappel à soi de Gurdjieff, la lucidité et la conscience sans choix de Krishnamurti etc… Diverses pratiques, avec des termes et des résultats équivalents. 

Mais l’expérience de « sortir de son corps » étant réalisée, peut-on conclure qu’une étape décisive est accomplie dans la connaissance de l’après-vie?


– L’incessante incarnation de la vie (Pages105/106).

Nous venons de voir que, selon Jeanne Guesné, la vie existe hors de nos corps physiques. Pour Jeanne, elle ne cesse jamais, seules naissent et meurent les formes qui la contiennent. Mais la substance de ces formes n’est pas détruite, elle est seulement transformée. La vie est une perpétuelle émergence qui détruit les formes qu’elle a édifiées pour les restructurer en formes nouvelles. Et Jeanne affirme qu’il n’y a pas d’au-delà mystérieux à découvrir dans un univers lointain et qui ne serait que le prolongement de l’ici. Il n’y a qu’une façon d’être. C’est dans le dépassement de notre propre intériorité que trouve la vie hors du corps physique. Tandis que les corps se dématérialisent en se décomposant et que s’effondrent les structures telles que nous les connaissons, d’autres substances se matérialisent et d’autres structures s’édifient à nouveau. Mais Jeanne ne croit pas à une survie individuelle: « Je crois à l’incarnation incessante de la vie dans des organismes qui se renouvellent. Tout ce qui a existé continue d’exister dans une dimension à laquelle nous pouvons donner le nom d' »éternité ». A ma vie, tout peut arriver. Tout peut l’attaquer, la détruire. Mais la vie dans ma vie est invulnérable, antérieure à moi; elle sera toujours alors que j’aurai disparu. » Et une autre fois, le 1er janvier 1985, elle écrit à Hélène Renard: « Un jour je partirai. Beaucoup de ceux que j’ai connus et aimés auront quitté ce monde et d’autres seront venus, nouveaux et anonymes […] mais ce qui fut moi, dans son essence ultime, cette infime parcelle de substance éperdue d’amour, demeure et demeurera à jamais […] irrépressible palpitation de la vie dansant dans la lumière incréée de l’esprit.« 

Il reste du témoignage de Jeanne qu’on peut avoir, à la pointe extrême du détachement du corps physique, la certitude, la sensation vraie de vivre. Le corps peut jouir d’une autre « matérialité » très différente de celle de l’enveloppe physique.


-Conscience et énergie (Pages 106 à 109)

Christine Hardy:http://hardy.christine.free.fr/page2-SemFields- :: La théorie des champs sémantiques

La prédiction de Jung : la métamorphose de la Terre : Auteur : Christine HARDY En méditant l´oeuvre de Carl Gustav Jung, Christine Hardy découvre soudain une prédiction cachée du plus grand psychologue du siècle passé : au début du XXIe siècle se déclencherait un saut prodigieux dans la conscience collective, tant mental que spirituel et même physique. Ceci culminant dans une véritable métamorphose de la Terre : l’homme et la Terre harmonisés  enfin réconciliés ! À la fin de sa vie, Jung entrevit, avec le physicien et prix Nobel Wolfgang Pauli, qu’il existait un niveau de « réalité profonde » où conscience et matière ne faisaient plus qu’un ; mais cette exploration, selon lui, serait menée par les chercheurs futurs. Se fondant sur vingt ans de recherches en sciences cognitives et en pensée systémique, Christine Hardy poursuit les découvertes de Jung et s´avance dans les domaines de la réalité profonde, où aucune théorie – cognitive ou physique – n´a osé pénétrer. Dans la théorie des champs sémantiques, toute matière et tout système, jardin ou musée, est une constellation de sens. Ainsi nous baignons dans un gigantesque champ de conscience planétaire en création permanente, au sein duquel l’humanité et la Terre co-évoluent. Nous sommes actuellement à un seuil où l´humanité entière va passer à un autre rythme, un autre plan de conscience : nous avons déjà enclenché le processus de métamorphose !   « La totalité inconsciente tend à la prise de conscience totale »   Jung

https://www.youtube.com/watch?v=6Kj4OB8HreU (Christine Hardy Nouveau paradigme en science: La TCS: Une théorie cognitive intégrale Champs Eco-Sémantiques: la dimension psychoide de Jung et Pauli)

Jean Staune:

     *L’expérience de Christine Hardy dans son livre « l’Outre-monde, de l’ultra-perception à l’ultra-logique« , est de nature à éclairer la certitude de Jeanne Guésné qu’on vient d’évoquer (Le corps peut jouir d’une autre « matérialité » très différente de celle de l’enveloppe physique). Christine Hardy affirme que les différents plans de notre être peuvent mener à une vie autonome. Détachée de son corps physique, elle est dans « la peau de son être total ». « Le corps astral qui quitte le corps physique pour se déplacer de façon autonome a un certain support matériel. Il émet certains craquements en marchant et en passant à travers les portes, par exemple. Il s’agit donc bien d’un corps, c’est à dire d’une entité enveloppée d’une certaine matière bien que subtile (ondes et particules associées), matière en tant que telle, soumise à certaines lois énergétiques et accordées sur un registre vibratoire différent de la matière physique, mais faisant néanmoins preuve d’une certaine masse. » Cette « matérialité » de notre corps hors du corps est sans doute formée à partir d’une forme d’énergie. Or une des grandes lois de l’univers est celle de la conservation de l’énergie… Ce qui justifie les certitudes de Jeanne Guesné et de Christine Hardy concernant la non-cessation de la vie.

     *Les conceptions du shivaïsme peuvent nous éclairer sur ces rapports entre l’énergie et la conscience. [Le shivaïsme est une branche de l’hindouisme, basée sur les textes des Purana, dont les fidèles, les shivaïtes (śaiva en sanskrit1), considèrent Shiva comme divinité d’élection, effectuent des pratiques yogiques et ascétiques, ainsi que des rituels souvent codifiés dans les Agama et influencés par le tantrisme2,3Au niveau philosophique, le shivaïsme s’appuie sur les systèmes du Yoga,  Vaisheshika, Nyaya3. C’est l’une des plus importantes expressions spirituelles de l’hindouisme avec le vishnouisme.] L’ouvrage d’Alain Daniélou, grand spécialiste de l’Inde, est remarquablement instructif à cet égard: les textes de l’ancienne civilisation dravinienne de l’Indus révèlent des connaissances sur la nature de l’univers, l’origine de la matière, la biologie, l’astrophysique, etc., qui rejoignent les conceptions de la « physique avancée ». Voir le livre de Alain Daniélou: « la fantaisie des dieux et l’aventure humaine

Selon le Sâmkkhya (l’étude des structures de l’univers matérielles et psychiques), « l’univers est formé de deux éléments fondamentaux, la conscience et l’énergie (Purusha et Pakriti), qui sont complémentaires et interdépendants. La matière n’est qu’énergie organisée. Il n’est pas d’élément de matière qui ne soit habité par la conscience. Il n’existe pas un élément de conscience sans support énergétique« . « L’énergie, se manifestant sous forme d’ondes vibratoires, a besoin d’un support: l’espace. Le temps, quant à lui, naît de la conscience puisqu’il n’y a pas de temps mesuré sans perception. Ainsi l’élaboration du monde perceptible est-elle liée au principe du Temps, omniprésent, qui , sous forme de rythmes, va déterminer les cycles de l’Histoire, la vie, la mort, des étoiles et des galaxies, des espèces et des hommes… Les lois qui régissent la perception, l’intelligence, la pensée ne sont pas séparables de celles qui président à la formation de la matière. Ce que nous percevons comme des objets n’est formé que de galaxies d’atomes, de centres d’énergie séparés par d’immenses espaces. L’apparence des choses n’est due qu’aux limites de nos perceptions.

La matière n’est donc pas séparable de la conscience et de la perception« . 

     *C’est avec l’énergie que Jeanne Guesné (voir la page 95) entre en contact. Elle devient cette énergie. C’est comme si ce « deuxième corps » était d’énergie pure. Ce corps n’est plus composé d’organes, de cellules, de sang, de neurones. Il est « transmatériel« . Existe-t-il dans l’univers et dans notre corps des éléments qui pourraient être appelés « transmatériels »? Il semble bien que la réponse soit oui. Prenons l’exemple de l’oeil qui capte une information, par exemple de dessin d’un ballon. C’est un stimulus, c’est à dire en termes physiques une énergie lumineuse. Celle-ci, après avoir traversé l’air et les cavités de l’oeil, arrive sur la rétine où elle provoque des réactions chimiques. Les cônes et les bâtonnets transforment cette « information codée » chimique en une série de « messages codés » électriques qui sont transmis par le nerf optique et par différentes structures spécifiques au cortex. Cette énergie affecte donc des supports qui eux, sont incontestablement matériels (les nerfs, les membranes, les structures de l’oeil etc.). Cette énergie, qui était lumineuse au départ, s’est transformée en énergie électrique, en réactions chimiques et même en chaleur. Mais il y a un message qui, lui, n’a subi aucune transformation, c’est le dessin du ballon. Cette information, au sens informatique du mot, peut-être considérée comme une entité transmatérielle qui existe en relation avec les supports matériels que nous avons évoqué, mais sans dépendance vis à vis d’eux. L’information a une existence propre. Et pourtant, elle ne possède pas de propriétés matérielles au sens physique du mot, comme la masse ou l’énergie mais elle a une mesure: L’information apportée par un événement est donc liée à la surprise que sa réalisation procure. Bien entendu cette surprise est difficilement chiffrable car elle varie d’un individu à l’autre.Les travaux de Claude Shannon ont permis de s’affranchir de cet aspect subjectif en définissant l’information apportée par un événement E par le logarithme de l’inverse de sa probabilité de réalisation, c’est-à-dire 

Cet exemple montre que la réalité n’est pas toujours matérielle, qu’elle n’est pas toujours observable ni démontrable. Dans l’entretien que Jonh D Barrow a accordé à Marie Odile Monchicourtpour France Culture et rapporté dans son livre « l’Homme et le cosmos -1984″, on peut lire notamment: « Actuellement, à Berkeley et ailleurs, des astrophysiciens essaient de prouver que la structure d’une galaxie est essentiellement formée de neutrinos. S’il était possible de le faire, nous vérifierions ainsi que que l’univers est rempli par une mer fantôme de neutrinos. Les galaxies pourraient alors ne pas être ce qu’elles semblent: elles apparaissent comme des corps lumineux et incandescents, mais en réalité, il se pourrait bien que la majeure partie soit totalement invisible. Certains pensent que les galaxies sont entourées par d’énormes « halos » de matière invisible.« 

Des scientifiques comme le neuro-physiologiste Roger Sperry, le physicien David Bohm, le biologiste Rupert Sheldrake ont soutenu qu’il y a dans la réalité des aspects non mesurables, non physiques, et qu’il faut prendre en compte, puisqu’ils font partie de l’expérience humaine, non seulement l’expérience de nos sens physiques, mais aussi l’expérience d’une intuition profonde ou l’expérience résultant d’états de conscience différents. C’est une seconde sorte de science (la conscience en tant que réalité causale; vers une science complémentaire), dit Willis W. Harman qui, seule, pourra étudier ces expériences et cette réalité non mesurable. 

Ce que le yoga appelle « prana« , c’est à dire la force vitale qui organise l’ensemble des fonctions organiques et les maintient en vie, ce que les chinois appellent le « ki » dans l’acupuncture, sont des réalités non matérielles mais « réelles ». Mais s’il est difficile de nier que notre corps possède un double d’énergie, un second système caché, il reste à démontrer qu’il puisse survivre à la désintégration de la matière corporelle et continuer d’exister après la mort clinique. Le mystère reste entier. Si ce deuxième corps, le corps subtil, ce corps d’énergie pure (d’information?), n’est pas observable ni démontrable scientifiquement (à l’heure actuelle), il n’en reste pas moins qu’on peut postuler sa réalité. Et ce corps, s’il est fait d’énergie, peut très bien se transformer sans se maintenir sous cette forme-là.

Lienshttps://www.pourlascience.fr/sd/neurosciences/le-cerveau-et-lesprit-3998.ph:: D’où vient la conscience? Une meilleure connaissance du fonctionnement du cerveau apporte des éléments de réponse à cette question qui préoccupe depuis longtemps philosophes et scientifiques.

http://www.matthieuricard.org/articles/la-science-de-l-esprit:: Matthieu Ricard, la science de l’esprit et son blog

https://fondationdenisguichard.com/spip.php?article109:: UN LIVRE DE LOTHAR SCHÄFER AUX ÉDITIONS GUY TRÉDANIEL Le potentiel infini de l’univers quantique COMMENT L’EXPLOITER À CHAQUE INSTANT ? Dans ce livre, Lothar Schäfer relie science et conscience, certitudes visibles et potentialités invisibles, théorie scientifique et vie quotidienne. La science expérimentale s’intéresse actuellement à ce que nous voyons et touchons et non à d’autres dimensions moins visibles de la vie. L’être humain est multidimensionnel (corps, esprit, mental, âme, psyché…). La physique quantique propose une conception du monde qui tient compte de toutes ces dimensions, donc une façon de vivre plus harmonieuse : ses valeurs sont la coopération, la communication, la créativité.

http://www.science-et-magie.com/archives01/moisset/jm05surv.htm:: Approches d’une explication de la Survie, Jean Charon, pr. Dutheil et univers super lumineux, quantique, Mère, transcommunication électronique, Tao, etc)

– Le délit de subjectivité (Pages 109 à 111)

Voir ici Jean Emile Charon: L’esprit et la science.2 Imaginaire et réalité.

Description: La Réalité, c’est ce monde de Matière et d’espace qui nous entoure; l’Imaginaire ce sont nos processus mentaux, notre Pensée. Comment rendre compte de l’existence de ces deux mondes, si différents dans leurs aspects? Et indépendamment de la Pensée et de la Matière, comment faut-il définir l’Esprit, notre Esprit capable de regarder comme des « objets » distincts de lui-même à la fois notre propre Matière et notre propre Pensée, et ne se confondant donc avec ni l’une, ni l’autre? Finalement qui sommes-nous? Matière? Pensée? Esprit? Jean E. Charon pose une nouvelle fois ces questions à la Science contemporaine. Après le Colloque CIPRES-1 qui s’était tenu à Fès, au Maroc, en 1983, voici aujourd’hui CIPRES-2, qui a eu lieu aux États-Unis, à Washington D.C. en septembre 1984. Autour du thème général « Imaginaire et Réalité » Jean E. Charon a réuni des chercheurs venus des universités du monde entier, tous cependant se caractérisant par leur désir d’apporter leur contribution à ce problème de l’Esprit dans le cadre de la discipline où ils sont spécialistes. Les grandes disciplines présentes à Washington ont été la Biologie, la Physique, la Sociologie, la Psychologie et la Philosophie. Les principaux thèmes examinés ont été les suivants : Comment l’Esprit peut-il être capable de concevoir un cerveau lui-même capable de produire l’Esprit? La distinction entre l’Imaginaire « créateur » (Imaginal) et l’Imaginaire qui « fabule » en associant entre eux de façon nouvelle des éléments connus de la Réalité (Imagination). L’interaction Esprit/Matière face à la Philosophie, la Biologie et la Physique contemporaines. Comment l’Imaginaire humain nous distingue-t-il dans la lignée animale? L’Imaginaire en Orient et en Occident L’Univers comme « théâtre » de l’Esprit Les notions de Bien et de Mal en Psychologie contemporaine. La Matière est aujourd’hui une Psychomatière (Le tout est en tout partout,est-ce compréhensible et n’est-ce pas le chemin~~ passé~~présent~~futur de l’univers. Et si Charron était sur le bon chemin avec sa relativité complexe…)  http://www.revue3emillenaire.com/blog/introduction-a-theorie-de-relativite-complexe-de-j-e-charon-dominique-casterman/:: Introduction à la théorie de la relativité complexe de J. E. Charon (Et si Jean Charon était sur une bonne voie? Unir le visible de l’extérieur et l’invisible de l’esprit intérieur?)                                                                        http://www.chaouqi.net/index.php?2005/07/11/17-jean-charon-les-eons:: Jean Charon, les éons.                                                             https://www.langagedelumieredufutur.com/tachyon:: Les tachyons sont des unités énergétiques sans masse plus rapides que la lumière. De par leur vitesse, ils peuvent parcourir des distances énormes et sont donc omniprésents. Régis Dutheil a proposé un modèle de fonctionnement de la conscience qui débouche sur l’existence d’un UNIVERS SUPERLUMINEUX s’écartant des concepts fondamentaux de la relativité d’Einstein.

La « matérialité » ressentie par Jeanne dans ses sorties hors du corps physique ne sont-elles pas qu’une invention de son cerveau ou de son imagination? Imaginal créatif ou imaginaire qui fabule? Jeanne le dit elle-même, elle a mis 10 ans à comprendre qu’elle était « l’auteur de tout ce qu’elle voyait dans ses « voyages » de tout ce environnement ressenti avec un sentiment intense de réalité. Qu’en dehors de son propre esprit, qui les projetait, ces choses vues n’avaient pas d’existence réelle, mais elles avaient une existence relative puisqu’elles étaient source de joie, de paix, de peur ou d’angoisse ». Cette observation de soi lui a permis de constater que les images sont créées à partir des sensations que nous percevons. « Pour moi, la découverte la plus extraordinaire que j’aie faite hors de mon corps est que tout ce que je peux voir dans cet état émane de moi. Plus exactement que je suis le centre de tout ce que je constate comme existant et j’en suis également la totalité. Je suis ce que je connais« . C’est pourquoi Hélène Renard peut dire que Jeanne pourrait être prise en flagrant « délit de subjectivité ». Et puisque rien n’existe que ce que produit notre cerveau, on peut conclure que quand le cerveau meurt, rien ne survit. Est-ce une autoscopie? (Une « perception hallucinatoire psychosensorielle  complexe qui donne l’impression que le corps est projeté vers un champ visuel extérieur« ). On peut répondre non, car le malade qui souffre d’autoscopie voit son double à partir de son propre corps alors que Jeanne, qui ne souffre d’aucun trouble psychologique, voit son propre corps à partir d’une conscience-énergie située hors de son corps C’est l’inverse. Le champ de conscience s’est déplacé, il n’est plus dans le corps physique, mais dans l’autre corps, plus subtil. C’est ce qu’affirme le Dr Nils O’Jacobson dans son ouvrage « La vie après la mort, expériences parapsychologiques et mystiques« : « Une expérience de rêve lucide n’est pas un symptôme de maladie. Ce phénomène se manifeste en général chez des personnes psychiquement équilibrées ». 

A remarquer que des chercheurs comme Noyes et Kletti ont étudié des phénomènes d’autoscopie ou similaires et noté qu’elle pouvait être liée à des moyens de défense émotionnelles contre l’idée de disparition, favorables à la survie. Noël Hunter, lui, remarque que ses souvenirs de cinéma sont liés à des expériences désagréables quand le danger de mort a été violent. Il faut souligner que l’autopsie n’est pas pathologique en elle-même et qu’elle se rencontre souvent parmi les « pouvoirs » des chamans capables de voir profondément leur organisme et d’en discerner les troubles et de diagnostiquer les maladies. 

Autres liens: 

http://joelle.maurel.pagesperso-orange.fr/articlespdf/imaginaire/imaginaldimtranscendante.pdf

– Le corps astral (Pages 111 à 113)

ophoemon.blogspot.fr! la constitution occulte de l’homme

Jeanne Guesné n’emploie pas l’expression , mais cette séparation du corps physique et de la conscience est souvent appelée projection astrale. Cela implique l’idée qu’en dehors du plan physique il existe d’autres plans où la « substance » n’est pas de même nature. Le corps physique est visible par nos sens, alors que les autres corps (le corps éthérique (immédiatement après le corps physique et avant le corps astral, selon certains auteurs)le corps astral et le corps spirituel) ne le sont pas. La mort serait la séparation définitive du physique et du corps astral. Et plus on serait entraîné, plus la mort serait aisée, simple passage auquel on se serait habitué, de son vivant, l’autre corps trouvant naturellement son existence dans l’autre monde. Difficile à expérimenter! …

Voyons ce que dit Héléna Blavatsky, la fondatrice de la théosophie, de ces différents « principes » qui constituent l’homme: « Ne vous imaginez pas, parce que l’homme est appelé le septénaire, qu’il soit composé de sept entités, ou autant de peaux à enlever comme des pelures d’oignon. Les principes sont tout simplement des aspects et des états de conscience. Il n’y a qu’un seul homme réel qui dure d’un bout à l’autre du cycle de vie qui est immortel dans son essence, sinon dans sa forme: et c’est Manas, l’homme mental ou conscience incarnée. L’objection soulevée les matérialistes, qui nient qu’il soit possible que le mental et la conscience agissent sans la matière, est sans valeur pour nous. Nous ne nions pas la justesse de leur argument, mais nous demandons simplement à nos adversaires « connaissez-vous tous les états de la matière, vous qui jusqu’à présent n’en n’avez connu que trois? »? Sur ce point, la science est certainement amenée à évoluer dans les prochaines années avec de nouveaux paradigmes

Des expériences ont été menées pour connaître le poids de ce « double » en état de décorporation par Raymond Réant, dans son cours de parapsychologie du 16 avril 1983 où il s’est livré à une expérience de pesée du corps bioplasmique dit contracté, c’est à dire du couple corps astral-esprit pour constater que la mort correspondrait à une perte de poids d’une vingtaine de grammes. Difficile de vérifier car le double ne se pose pas facilement sur le plateau d’une balance! Aucune tentative pour comprendre la vie et l’après-vie n’est a exclure et ces expériences demanderaient à être vérifiées… Après tout, dans l’ancienne Egypte, Anubis pesait bien les âmes.! On y voit Thot déclarer en se tournant vers Osiris: « Il a été pesé dans la balance. Son coeur est juste car il n’est pas plus lourd qu’une plume« .

http://thot77.chez-alice.fr/passions/egypte/la%20pesee%20de%20l’ame.htm: La pesée de l’âme

– Le corps et son double énergétique. 


Pour le Dr Milan Ryzl, voir son double est une manifestation subjective de clairvoyance pour laquelle il inventa le terme de « clairvoyance en mouvement » et en étudia les manifestations parapsychologiques. En 1976, il s’est fait connaître en France par un livre au titre provoquant: « Jésus, phénomène para psychologique? » Pour lui, celui qui dit s’être dédoublé est victime de sa fantaisie ou victime de suggestions imposées (par hypnose par exemple), ou bien manifeste des dons de clairvoyance. Son récit de dédoublement n’est donc pas à considérer comme une réalité, même s’il possède des facultés « ESP – extra-sensorielles de perception« .

Un des moyens d »étudier les sorties hors du corps est l’électro-encéphalogramme (EEG). C’est le point de départ des recherches du Dr Charles Tart, qui étudia en particulier l’homme d’affaires Robert Monroë. Celui-ci affirme, comme Jeanne, sortir de son corps à volonté, dans le récit « Journeys out of the body (voir en .pdf)L’EEG montre qu’il n’est pas en état de rêve et pas non plus en état d’éveil. Son cerveau émettant des ondes alpha, ses muscles étant en état d’atonie, il est plutôt dans un état proche de la méditation. Monroë l’a appelé « Mind Eve – Body endormi« . Le Dr Tart a entrepris des expériences du même genre avec un autre sujet, féminin, qui a réussi à lire correctement des chiffres placés au hasard sur une étagère enfermée dans une pièce voisine. Mais toutes ces expériences ne prouvent pas avec certitude que qu’il y a un phénomène de déplacement du corps astral ou de télépathie, même s’ils ont une étroite parenté. 

[A voir l’article du Dr Charles Tart: A Psychophysiological Study of Out-of-the-Body Experiences in a Selected Subject   https://s3.amazonaws.com/cttart/articles/april2013articles/Psychophysiological+Study+of+Out+of+The+Body+Experiences+in+a+Selected+Subject+(2).pdf

Ainsi que le livre du physicien Russel Targ et du psychologue Keith Harary: l’énergie et l’esprit (Ils font le point sur les expériences qu’il mènent au SRI (Stanford Research Institute) en Californie, concernant la vision à distance, la télépathie et la prémonition. Ils évoquent aussi leurs rencontres avec des spécialistes d’Union soviétique, qui s’intéressent notamment aux phénomènes d’influence mentale]

https://www.inrees.com/articles/Vers-une-Science-humble-et-une-Spiritualite-universelle/::  (2010-Vers une science et une spiritualité universelle ? Le Dr Paul Bernstein, professeur en sciences sociales, présenta ce livre du psychologue américain Charles Tart : 

« Le spirituel est-il réel ? »)


De nombreuses autres expériences ont été menées sur les « sorties hors du corps« . Citons  le Dr Karlis Osis qui tenta de vérifier si le conscient quittait réellement le corps sur un sujet particulièrement doué, Ingo Swann. A la suite d’une anesthésie, Ingo eut la certitude qu’il pouvait se dédoubler à volonté et commença à voyager n’importe quand et n’importe où. Le but des expériences d’Osis était de de faire décrire par Ingo et de façon précise des objets cachés, alors que les descriptions à distance par clairvoyance sont rarement précises. Le but était de démontrer, si les descriptions étaient exactes, que c’était bien le double d’Ingo qui avait réussi à obtenir ces renseignements. On calcula que la probabilité d’un résultat dû au hasard était de 1/40 000. Or les tests furent positifs, Ingo faisait de telles descriptions que seule l’hypothèse d’une « excursion psychique » pouvait être retenue. A noter que Ingo Swann a été pendant dix ans le formateur des voyants de la CIA et des services de renseignements de la Défense américaine. Il a entraîné pour le projet Star Gate des équipes militaires à “voir” à distance des installations soviétiques et des organisations terroristes. Certaines expériences tentent de montrer que le double d’un sujet psi se déplacerait dans une pièce fermée voisine, comme celle du Dr Robert Morris (an experimental approach to the survival problem). Si ces expériences réussissaient on pourrait avoir la certitude que ces sujets peuvent dissocier leur esprit et se trouver en deux endroits à la fois et que la réalité de la projection astrale serait certaine et cela étayerait la théorie de la survie selon laquelle quelque chose quitte le corps au moment de la mort et survit au mourant. Pour le moment, il n’existe pas de preuve acceptée par la communauté scientifique quant à la possibilité d’un « voyage astral ». Mais pour ceux qui sont, comme Jeanne Guesné, familiers de ces sorties hors du corps, la réalité du corps astral est amplement prouvée. Pour le biologiste Lyall Watson « la projection astrale n’exige qu »un seul article de foi: croire que nous sommes deux en un; qu’il a donc le système somatique et un autre, que ce second système est habituellement rattaché au corps mais qu’il a la possibilité de le quitter dans certaines circonstances, de sorte qu’il peut arriver que nous soyons en deux endroits à la fois ». Le Dr Watson reconnaît que ses propres tentatives accréditent cette idée mais qu’il n’a pu démontrer de manière irréfutable son existence. Et comme il est biologiste, il a recherché dans les sciences naturelles ce qui pourrait s’apparenter ce double astral. Les travaux de Harold Saxton Burr montrent que les animaux, les plantes et l’homme possèdent un champ (électrique) mesurable, qu’on pourrait champ vital et que ce champ se sépare de sa source au moment de la mort. Voir sur le site: http://autre.realite.pagesperso-orange.fr/MatvivLumim.htm::

[1.3.1. Couplage électromagnétique et lumière immanente

1.3.2. Champ L(life) de Burr et lumière immanente

1.3.3. « Chakras », « corps électrique » et lumière immanente

1.3.4. « Corps électrique » et champs morphogénétiques]

Selon R. et B.Dutheil (ibid-page 58): « Il semble que le champ de Burr réponde assez bien à la définition de champ morphi-que de Sheldrake et à l’idée qu’il existe quelque part un champ originel, qui est reproduit par résonance morphique et aboutit à des formes particulières, propres à chaque espèce animale,végétale ou humaine ». Et (page 60) :  » Le Champ L préexiste à la naissance de l’individu ». 

Ces expériences n’ont toutefois pas été tentées sur l’homme au moment de la mort clinique. Si on postule que le corps astral, le double, est un système énergétique capables d’émettre des ondes (électromagnétiques par exemple), rien ne s’oppose à ce qu’il se sépare de sa source, le corps physique et poursuivent une existence indépendante. Mais cela reste une hypothèse.


– L’énergie lumineuse, support de la survie?

Il y tant de chose à dire et évoquer à propos du chapitre « l’état hors du corps » du livre de Helène Renard… J’ai à peine pu évoquer « l’aura« . On peut constater que cette étude des témoignages et des expériences hors du corps a conduit Hélène Renard à des réflexions qui aboutissent à envisager l’hypothèse de l’après-vie. Même si cette hypothèse ne peut être prouvée avec certitude, il semble bien que le corps humain soit entouré d’un autre corps, une copie invisible de lui-même, non perceptible par nos sens habituels, mais « expérimentable » dans des états de conscience différents. Et si la conscience possède cette faculté de se détacher de l’enveloppe charnelle, alors l’hypothèse qu’elle puisse survivre à la destruction du corps n’est pas à exclure. Elle peut, abandonnant le corps à la décomposition, poursuivre son cheminement propre. Mais cette conscience, pour assurer sa survie, a besoin d’un support matériel qui serait, on l’a dit, une forme d’énergie dont la nature reste à déterminer. En recherchant sur wikipedia, on trouve: « L’ésotérisme occidental et certaines traditions religieuses orientales évoquent l’existence de corps subtils ou corps psychiques, « enveloppes suprasensibles » non perceptibles par les organes sensoriels humains. Certaines personnes dotées de capacités de perceptions extra-sensorielles disent « voir » ces corps subtils et décrypter les informations qu’ils contiennent. Il existerait un certain nombre de « corps subtils » : corps éthériquecorps astral, corps causal, enveloppes-écho, etc, leur nombre et leurs dénominations variant d’une école à l’autre et n’ayant pas toujours la même signification. Certains corps subtils seraient également le siège de « centres subtils » comme les chakras, le centre Hara, la kundalinî, et parcourus par des courants d’ « énergie » correspondant à leur nature, comme les nâdî du yoga ou les méridiens en acupuncture. Ces corps sont parfois considérés comme les éléments d’un septénaire quand on y inclut le corps matériel. La notion de corps subtils et d’énergie subtile n’est pas scientifiquement reconnue en Occident. La médecine traditionnelle chinoise et particulièrement l’acupuncture sont cependant fondées sur l’hypothèse de leur existence. Le parapsychologue Rupert Sheldrake postule l’existence de champs morphiques ou morphogéniques qui se rapprochent de la définition des corps subtils1. » (voir à ce sujet: systèmes d’énergie subtils dans le corps,   corps subtils et le champ énergétique humain,     différents corps d’énergie). Hélène Renard pensait que l’écoute des hypothèses d’un chercheur comme Etienne Guillé serait dans les dix prochaines années celui qui ouvrirait des perspectives fabuleuses sur les différents niveaux énergétiques de la vie. Il a écrit sa théorie dans « l’alchimie de la vie »  en 1984 et a proposé un nouveau mode de lecture de l’information génétique. Ses recherches portent essentiellement sur la molécule d’ADN. « L’organisme vivant agit comme un collecteur et un émetteur d’ondes ». Il y a des « supports vibratoires » qui sont récepteurs d’une « énergie vibratoire » spécifique « l’ensemble des caractéristiques de ces énergies vibratoires permet de définir ce qu’est un niveau de conscience. Et l’étude de ces niveaux nous montre que nous n’utilisons qu’une infime partie de nos potentialités. Là est la possibilité d’une mutation spirituelle. » La vie est alors envisagée comme un échange incessant d’énergies vibratoires par des supports vibratoires… Alors la vie ne cesse pas car l’énergie ne peut pas mourir. Et la part de nous qui survit sera de forme énergétique. Cela pourrait expliquer l’apparition « d’êtres de lumière » aux mourants. Car la lumière est énergie. 

– Epilogue.

Ce article 3, consacré aux « sorties du corps » a largement évoqué.Jeanne Guesné et ses  leçons de Sagesse dont la véracité et la sincérité des récits semblent acquises pour Hélène Renard.

Y a t-il une vie après la mort? Tous, nous « mourrons d’envie de connaître la réponse à cette question dont les hommes débattent depuis des siècles. La réponse  en est toujoiurs au même point, au « point mort » alors qu’il n’en n’est pas de plus fondamentale, puisqu’elle détermine le sens  de la vie humaine. Et c’est la « mort dans l’âme » qu’il faut bien avouer notre impuissance, nul n’a encore pu donner des preuves de la vie post-mortem. Ces preuves on les réclame aujourd’hui parce que les croyances s’effritent, les certitudes vacillent.

L’attitude scientifique, vouloir des phénomènes démontrables, répétitifs et mesurables, est inadéquate, mais cela n’empêche pas de mener des expériences et des recherches sur des états-limite comme les EMI.
Mais il existe une autre catégories de preuves, non probantes pour les scientifiques, mais qui est quasiment la seule que l’on puisse avancer pour étudier l’après-vie: les preuves subjectives. Celui qui est persuadé dans sa conviction profonde qu’il y a une forme de vie après la disparition du corps physique, n’a nul besoin de preuve objective. Son expérience individuelle lui tient lieu de preuve.
*C’est le cas de Jeanne Guesné et de beaucoup de ceux que nous avons « rencontrés » dans cet article et dans les sites qui évoquent nos différents corps d’énergie ou  chez Rupert Sheldrake qui postule l’existence de champs morphiques.

     *Par contre, il est regrettable que certaines personnes aient dérivé vers des aspects sectaires. C’est le cas semble t-il d’Etienne Guillé dont Hélène Renard pensait que l’écoute de ses hypothèses ouvrirait dans les dix prochaines années des perspectives fabuleuses. Mais en 2015, il fit les gros titres de l’actualité: « Le gourou d’une secte mis en examen sévit encore à Paris« .

L’après-vie telle que Jeanne Guesné nous la fait partager restera peut-être pour longtemps un mystère mais on évoque de plus en plus une énergie dans les sites qui parlent de spiritualité: systèmes d’énergie subtils dans le corps,  corps subtils et le champ énergétique humain,  différents corps d’énergie…  Dans bioenergetique.com, il est écrit: « Il n’y a PAS de conflit entre Science et Spiritualité. La Spiritualité est recherche de compréhension, tout comme la Science  La spiritualité demande d’expérimenter pour comprendre  tout comme la Science. La spiritualité EST une compréhension scientifique de l’être humain, de son corps et de l’Univers. TOUT EST ENERGIE, TOUT VIT, TOUT COMMUNIQUE. Selon la théorie des cordes, la plus récente des théories concernant l’Univers Brian Greene explique: Un univers en 11 dimensions. Un Univers élégant composé entièrement de la musique des cordes. Tout dans l’Univers, de la particule la plus infime à l’étoile la plus éloignée, est fait d’un même ingrédient: des brins d’énergie vibrant incroyablement petits appelés des cordes. Elles vibrent selon une multitude de modes différents constituant ainsi tous les éléments de la nature. En d’autres termes l’Univers est comme une formidable symphonie cosmique résonnant de toutes les notes que peuvent produire les vibrations de ces petits brins d’énergie« .

Liens: 

http://autre.realite.pagesperso-orange.fr/:: Ce site postule l’existence d’une Autre Réalité co-extensive à notre univers. Il comporte quatre parties.

1. La première partie s’intitule « Pressentiments de l’Autre Réalité » et s’appuie sur les écrits de quelques auteurs, pour la plupart scientifiques. Elle conduit à une vue de synthèse de l’homme comme appartenant à ces deux réalités. Cependant, ce ne sont que des présomptions et non des preuves que j’avance ; et je serais intéressé de connaître l’opinion de chercheurs plus compétents que moi sur ces propositions.

2. La seconde partie s’appuie sur la vue de synthèse de l’homme pour proposer une « interprétation » des phénomènes parapsychologiques ; et je sollicite également ici l’avis des chercheurs sur ces propositions.

3. La troisième partie présente tout d’abord un résumé du livre d’Eric Julien « La Science des Extraterrestres » aux Editions JMG, qui expose les principes et les implications de sa Relativité absolue.

Ensuite, à partir du livre de J. Narby,  » Le Serpent cosmique « , le site propose son intéressante hypothèse sur le rôle de l’ADN non génétiquement actif dans les  » pratiques chamaniques « .

Puis, tiré du livre du Dr D. Chopra,  » Le corps quantique « , le site présente sa vision très originale d’une nouvelle médecine s’appuyant sur les savoirs de l’Ayur-Véda et plusieurs corrélations remarquables entre les conceptions védiques de l’Univers et l’Autre Réalité.

Enfin, le dernier chapitre présente les aspects neurobiologiques du cerveau humain selon les vues de AR. Damasio dans son livre « Le sentiment même de soi« , puis celles tout à fait étonnantes de A. Newberg et E. d’Aquili dans leur livre « WhyGod won’t go away« , concluant que le cerveau humain capte le monde spirituel, donc l’Autre Réalité.

4. La quatrième partie présente la nouvelle vue de synthèse de l’homme, résumant les conclusions majeures auxquelles ont conduit l’élaboration du site. Il en résule une nouvelle compréhension de l’homme, qui rejoint celle présentée par D.Chopra dans son livre  » Comment connaître Dieu  » et s’éclaire des nouveaux concepts développés par Eric Julien.

Six Annexes complètent cette réflexion. Les deux premières situent la démarche de l’Abandon Corporel en regard de l’Autre Réalité et de la Relativité Absolue. La troisième traite de la spiritualisation de la matière en Abandon Corporel, la quatrième explicite le concept de synchronicité, la cinquième présente des expériences spirituelles d’accès à la Réalité et la sixième propose des extraits du livre de Lytta Basset  » Ce lien qui ne meurt jamais  » qui entrent en résonance proche avec ma compréhension du monde divin.

https://www.inrees.com/articles/Vers-une-Science-humble-et-une-Spiritualite-universelle/::  (2010-Vers une science et une spiritualité universelle ? Le Dr Paul Bernstein, professeur en sciences sociales, présenta ce livre du psychologue américain Charles Tart :
« Le spirituel est-il réel ? ». Le Dr Bernstein s’est interrogé sur cette difficulté, pour le monde scientifique, d’accepter ces expériences, de les considérer comme sérieuses et susceptibles d’ouvrir d’autres champs d’investigation scientifique. Les méthodes employées pour ces expériences sont pourtant les mêmes, nous apprend-il, que celles utilisées pour d’autres phénomènes que les chercheurs acceptent sans difficulté. Les résultats sont scientifiquement équivalents, et parfois même supérieurs, à un grand nombre de phénomènes que la science accepte comme ayant été prouvés. Mais la question reste toujours la même : comment expliquer cela ? Avec la même réaction immuable : si je ne peux l’expliquer, je préfère dire que cela n’existe pas ! Cependant, les scientifiques sont d’abord des êtres humains et les diplômes universitaires, aussi prestigieux soient-ils, ne peuvent empêcher nos croyances de conditionner notre façon d’appréhender le monde, transformant parfois l’esprit scientifique en « scientisme » tel que défini par Charles Tart.) 


Jacqueline BousquetJacqueline Bousquet biologiste d’avant-garde au CNRS: Jacqueline Bousquet s’appuie sur les travaux du mathématicien Emile Pinel qu’elle associe habilement à la Kabbale et à la mécanique quantique, sans oublier la « Divine Matrice » qu’elle explique avoir emprunté à Greg Bradden.Son interprétation de certains passages des écritures bibliques est passionnant.

Elle explique pourquoi, nous vivons dans un « monde mental d’illusions » dominé par notre égo qui nous fait tourner en rond et reproduire inlassablement les mêmes schémas de pensée.

La comparaison avec les outils du sculpteurs est une image parlante: Le burin représente l’intellect et le marteau est en analogie avec le coeur. Autrement dit, ils sont inséparables de par leur complémentarité et pourtant, certains d’entre nous n’en n’utilisons qu’un des deux. Jacqueline applique cette métaphore aux « jeunes des banlieues » qui n’ont pas pu se forger un burin par manque d’éducation et donnent par conséquent des coups de marteaux un peu partout, et sans logique !

Elle rappelle à notre bon souvenir que notre véritable réalité est un « champ d’infor-mations » et réaffirme que toute forme de matière n’est que l’effet des champs.

http://newsoftomorrow.org/science/nouvellephysique/dr-therese-brosse-la-conscience-energie-structure-de-lhomme-et-de-lunivers-extraits::Dr Thérèse Brosse – La « conscience-énergie », structure de l’homme et de l’univers – Extraits

http://www.reiki-toulouse.net/archives/2012/05/12/22970921.html: Les différents corps d’énergie

http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-la-theorie-du-dedoublement-122882224.html:: Jean-Pierre Garnier-Malet est l’auteur de la fameuse « Théorie du Dédoublement »

https://monblogdereflexions.blogspot.fr/2018/05/la-theorie-du-dedoublement-la-theorie.html:: La Théorie du Dédoublement citée dans mon blog

http://la.vie.en.soi.over-blog.com/2015/04/pourquoi-l-espace-le-temps-la-vie-pourquoi-un-dedoublement.html:: la théorie du dédoublement dans « la.vie.en.soi.over-blog.com

http://elishean-portesdutemps.com/methode-pour-voir-laura-linterpreter-et-lharmoniser/

http://www.macval.fr/IMG/pdf/journee-etude_STEPHANE_LEGER_OK.pdf:: le peintre robert morris ou l’identité en question

http://www.elishean.fr/le-processus-de-la-transition-et-les-premieres-phases-de-lapres-vie-1ere-partie/:: le processus de transition et les premières phases de l’après-vie

https://www.lateledelilou.com/L-Holomatiere-La-conscience-quantique-et-l-au-dela-Emmanuel-Ransford_a1129.html:: L’HOLOMATIÈRE, LA CONSCIENCE QUANTIQUE ET L’AU-DELÀ – EMMANUEL RANSFORD

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sNSNe2OjLmk (Cet homme est mort , il est revenu NDE – EMI – VF)

https://monblogdereflexions.blogspot.fr/2018/05/faites-cet-exercice-pour-voir-votre-aura.html#.Wu8ykYiWSWt Faîtes cet exercice pour voir votre Aura!

Autres liens: http://belletmaurice.blogspot.fr/:: Maurice Bellet: Écrivain et amant de tous les êtres humains. Son projet Aimer l’être humain, le parler, l’écrire, le rencontrer, le comprendre jusque dans ses ultimes complexités.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Bellet:: La Longue veille : 1934-2002, Desclée de Brouwer, 2002  Un Trajet vers l’essentiel, Seuil, 2004 Spiritualité et théologie Naissance de Dieu, Desclée De Brouwer, 1975 Le Dieu pervers, Desclée de Brouwer, 1979, 1998 La Voie, Desclée de Brouwer, 2000 (réédition) Christ, Desclée, 1990 L’Amour déchiré, Desclée de Brouwer, 2000 La Quatrième hypothèse: Sur l’avenir du christianisme, Desclée de Brouwer, 2001 La traversée de l’en-bas, Bayard, 2005 Le Dieu sauvage, Bayard, 2007 Dieu, personne ne l’a jamais vu, Albin Michel, 2008 Minuscule traité acide de spiritualité, Bayard, 2010 Translation. Croyants (ou non), passons ailleurs pour tout sauver, Bayard, 2011 Si je dis CREDO, Bayard, 2012 Psychanalyse Foi et psychanalyse, Desclée de Brouwer, 1975 Dire ou la vérité improvisée, Desclée de Brouwer, 1990 L’Écoute, Desclée de Brouwer, 1999 Économie La Seconde humanité : De l’impasse majeure de ce que nous appelons l’économie, Desclée de Brouwer, 1993 Le Sauvage indigné, Desclée de Brouwer, 1998 Invitation : Plaidoyer pour la gratuité et l’abstinence, Bayard, 2003 L’avenir du communisme, Bayard, 2013 Essais Le Lieu du combat, Desclée, 1976

Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 3: Au-delà de l’espace et du temps


Carlo Rovelli par-delà le visible  Mon article 3: Au-delà de l’espace et du temps.

 

Mais comment le passé, qui, par hypothèse, a cessé d’être, pourrait-il par lui-même se conserver ? N’y a-t-il pas là une contradiction véritable ? – Nous répondons que la question est précisément de savoir si le passé a cessé d’exister, ou s’il a simplement cessé d’être utile. Vous définissez arbitrairement le présent ce qui est, alors que le présent est simplement ce qui se fait. Rien n’est moins que le moment présent, si vous entendez par là cette limite indivisible qui sépare le passé de l’avenir. Lorsque nous pensons ce présent comme devant être, il n’est pas encore ; et quand nous le pensons comme existant, il est déjà passé. Que si, au contraire, vous considérez le présent concret et réellement vécu par la conscience, on peut dire que ce présent consiste en grande partie dans le passé immédiat. Dans la fraction de seconde que dure la plus courte perception possible de lumière, des trillions de vibrations ont pris place, dont la première est séparée de la dernière par un intervalle énormément divisé. Votre perception, si instantanée soit-elle, consiste donc en une incalculable multitude d’éléments remémorés, et, à vrai dire, toute perception est déjà mémoire. Nous ne percevons, pratiquement, que le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir.

Bergson (Matière et Mémoire, Chapitre 3)

Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673
 https://www.youtube.com/watch?v=3MJJvXGuDag

 

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)

http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n’existait pas par carlo rovelli)


http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n’existait pas?)

http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des cordes préface d’alain connes…Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière…)

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l’espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d’Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l’espace-temps quantique. L’espace et le temps émergeraient de l’intrication quantique de minuscules bribes d’information : telle est l’audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)


http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)

http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Gerardin.pdf  (Étude des contraintes de simplicité dans les modèles de mousses de spins)


Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)


https://arxiv.org/abs/1801.01479 (les trous noirs comme condensats de gravité quantique)

1) Introduction.

Comme je l’ai dit dans Dans mon article 1, je viens d’interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin « La renaissance du temps » au chapitre 14 Je vais d’abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique« . Dans l’article 1), j’ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son « rien ne va plus en physique« , nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l’ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l’unification. Dans l’article 2, nous avons vu que l’espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L’espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de Mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d’un réseau de spins, c’est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l’origine de l’espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d’espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

L’aboutissement de cette conception est que les particules sont des quanta de champs quantiques et l’espace n’est qu’un champ, lui aussi quantique. Nous avons vu que le temps naît à partir de processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l’avons vu, ces champs ne se situent pas dans l’espace-temps. Ils vivent « les uns sur les autres », de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L’espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l’image floue et approchée d’un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d’un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d’engendrer l’espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l’énergie, l’espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c’est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd’hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l’apeiron (« L’apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d’Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l’école milésienne. Thalès voyait en l’eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c’est l’apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l’élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n’est désigné que négativement« ). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie »: « Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d’Anaximandre, et je suis convaincu qu’en physique moderne, c’est ce point de vue qui est le bon.« 

Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l’apparente contradiction entre l’espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le continuum de l’espace temps et les quanta d’espace discrets il y a une relation qu’on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l’espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l’espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 

Mais le prix à payer, c’est qu’il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l’espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l’espace et le temps que comme des approximations qui n’apparaissent qu’à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l’espace comme des formes a priori de la connaissance c’est à dire des parties d’une grammaire indispensable pour comprendre le monde.

En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu’on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l’espace courbe d’Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces « d’une même médaille » quand on pense l’espace et le temps comme deux aspects d’un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d’un espace externe.  

Le principal avantage de cette physique, comme nous allons le voir maintenant, c’est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu’on ne fait plus l’hypothèse que l’espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d’Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l’infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu’on négligeait la quantification du champ. 


2) Au-delà du big bang. 

Nous allons voir maintenant à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s’imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l’espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l’espace et le temps par leurs relations. Mais n’en n’était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n’y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : ‘principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  aussi quand Aristarque de Samos a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu’il ne s’agit pas de petites boules, mais d’astres gigantesques? Ou enfin lorsque Hubble a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d’immenses mers d’étoiles immensément lointaines?  

Avec Carlo Rovelli on peut conclure que: « Le monde n’a cessé de s »élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre« .

« Tout le récit qu’ils nous ont fait de cette nuit […] est plus convaincant que de fantastiques visions;  – il a le caractère d’une grande consistance, – tout étrange et tout merveilleux qu’il est. «  William ShakespeareLe songe d’une nuit d’été.

     2-1) 1927: Lemaître.


Georges Lemaître, jeune scientifique belge formé par les jésuites a présenté ses voeux comme prêtre catholique quelques années auparavant. Comme Einstein, il se rend compte de leur capacité à prédire que l’univers n’est pas statique mais peut se contracter ou s’étendre. Toutefois, contrairement à Einstein, qui a tenté orgueilleusement d’ignorer et négliger ce fait, Lemaître le prend au sérieux et prend connaissance des premières données disponibles à cette époque. C’étaient ce qu’à l’époque on n’appelait pas encore galaxies mais nébuleuses, car elles apparaissaient comme de petits nuages opalescents entre les étoiles. On ne savait pas encore qu’il s’agissait d’immenses « iles d’étoiles », mais le jeune prêtre belge comprend que ces données sont compatibles avec l’idée d’un univers non statique en expansion. Cette intuition fut confirmée 2 ans plus tard par Henrietta Leavitt et Edwin Hubble. Henrietta découvre une méthode pour mesurer la distance des nébuleuses.par le méthode des céphéidesHubble obtient des données encore plus précises en utilisant le grand télescope de l’observatoire du Mont Palomar. Et les données confirment que les galaxies s’éloignent conformément à la loi de Hubble: « Elle énonce que les galaxies s’éloignent les unes des autres à une vitesse approximativement proportionnelle à leur distance: v = H_0 d\;,. Autrement dit, plus une galaxie est loin de nous, plus elle semble s’éloigner rapidement. Cette loi ne concerne que la partie de l’univers accessible aux observations. L’extrapolation de la loi de Hubble sur des distances plus grandes est possible, mais uniquement si l’univers demeure homogène et isotrope sur de plus grandes distances« .

Mais c’est le jeune belge qui déduit la conséquence cruciale et qui découle d’une logique commune d’observation: si nous voyons un caillou s’élever en l’air, cela veut dire qu’auparavant il était plus bas et que quelque chose l’a expédié vers le haut. Si nous voyons les galaxies s’éloigner et l’univers s’étendre, c’est précisément que les galaxies étaient plus proches par le passé et que quelque chose l’a poussé à entamer une expansion. Lemaître suggère que l’Univers était initialement très petit et comprimé et qu’il a entamé son expansion lors d’une sorte d’explosion gigantesque. Il a appelé cet état l’atome primordial. Aujourd’hui, le big bang est une notion familière, mais à l’époque (1927), c’était une idée révolutionnaire. Son esprit avait une envergure remarquable et dit Rovelli, « nous vivons à l’ombre de cet esprit« , ce qu’illustrent deux épisodes de sa vie. 

Le premier concerne Einstein, qui était très sceptique à propos de la découverte de l’expansion de l’univers et a proposé une petite mais importante modification dans ses équations dans l’espoir (erroné) de les rendre compatibles avec un Univers statique: la constante cosmologique. Lemaître a rencontré Einstein et a essayé de le débarrasser des préjugés concernant cet Univers fixe et statique dans lequel il avait grandi. Einstein, au début, a résisté et a même dit à  Lemaître: « calculs corrects, mais physique abominable ». Ce n’est que plus tard qu’il devait reconnaître que celui qui avait osé le démentir avait raison. Par la suite, Einstein a dû admettre que l’Univers n’est pas statique. Il a pris en grippe la constante cosmologique. De nouveau, Le Maître a tenté de le faire changer d’avis. La constante cosmologique ne rend pas l’Univers statique et elle peut très bien exister quand même; il n’y a aucune raison de la supprimer. Encore une fois, Lemaître avait raison. La constante cosmologique produit une accélération de l’expansion de l’Univers, accélération qui a été mesurée récemment. 

Le deuxième épisode concerne le pape Pie XII. Tandis que l’idée de la naissance de l’Univers dans un big bang se diffusait, le pape Pie XII déclarait dans un discours public le 22 novembre 1951 [http://w2.vatican.va/content/pius-xii/it/speeches/1951/documents/hf_p-xii_spe_19511122_di-serena.html#topque la théorie du big bang confirmait le récit de la genèse. Lemaître a été très préoccupé de cette prise de décision: « En 1951, le pape Pie XII a déclaré que la théorie de Lemaître a fourni une validation scientifique pour le catholicisme . Cependant, Lemaître ressenti la proclamation du pape, affirmant que la théorie était neutre et il n’y avait ni connexion ni une contradiction entre sa religion et sa théorie. Lorsque Lemaître et Daniel O’Connell, conseiller scientifique du pape, ont essayé à convaincre le pape de ne pas mentionner le créationnisme plus publiquement, le pape a accepté. Il a convaincu le pape à cesser de faire des proclamations cosmologie. Même si un catholique dévot, il était contre mélanger la science avec la religion, mais il était aussi d’avis que ces deux domaines de l’expérience humaine ne sont pas en conflit. »

Read more at http://universum.e-monsite.com/pages/biographies/georges-lemaitre.html#Q4aGvl1ttseGScVG.99.  C’est ce que relate Simon Singh dans le roman du big bang. Pie XII s’est laissé convaincre et n’a plus fait aucune allusion en public à cette idée. Ce n’est pas donné à tout le monde de démentir le pape ou Einstein. 

Aujourd’hui, on pense qu’il est possible que le big bang ne soit pas un véritable commencement, qu »il pourrait avoir avoir existé auparavant un Univers, avec la possibilité d’un big bounce. On peut imaginer dans quel embarras serait l’Eglise catholique si Lemaître n’avait pas freiné le pape et si la doctrine officielle était que le Big Bang est la création, le Fiat Lux.

Aujourd’hui, il est hors de doute que l’Univers, dans un lointain passé ait été extrêmement chaud et compact et depuis lors il soit en expansion. Les scientifiques savent reconstituer, à partir de cet état initial, la façon dont se sont formés les atomes dans une nucléo-syntèse primordiale, les éléments, les galaxies et les étoiles de l’Univers telles que nous les voyons maintenant. 

Pour terminer ce chapitre, voyons comment Monseigneur Lemaître considérait les rapports entre la cosmologie et la foi dans l’article suivant du site persée.frhttp://www.lafoichretienne.com/content/theorie-big-bang-confirme-t-elle-bible (la théorie du big bang confirme t-elle la bible).

Liens: http://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1997_num_28_1_2867 (Monseigneur Georges Lemaître et le débat entre la cosmologie et la foi (à suivre) Dominique Lambert)

sciencetonnante.wordpress.com: la constante cosmologique

http://journals.openedition.org/philosophiascientiae/659 (La constante cosmologique et le déploiement de l’espace)

    2-2) Cosmologie quantique. 

Mais que s’est t-il passé il y a 14 milliards d’années. Il faut maintenant faire appel à la mécanique quantique. Voyons ce que dit la théorie des boucles?

Imaginons un cas plus simple mais qui ressemble à la contraction de l »Univers vers le big bang. Ce serait en mécanique classique l’exemple d’un électron qui tombe tout droit vers son noyau. Il se verrait englouti vers son noyau et disparaîtrait. Mais dans le monde sub-quantique ce n’est pas se qui se passe. Un électron réel est un objet quantique. Il ne suit donc pas une,trajectoire précise: il n’est pas possible de le localiser en un point unique pendant plus d’un instant. Et plus on le localise avec précision, plus il s’échappe. Si on veut l’arrêter autour du noyau, on peut tout au plus le forcer sur une orbitale de la dimension des orbitales atomiques. Il ne pourrait pas s’approcher davantage du noyau plus d’un court instant avant de s’échapper. La mécanique quantique empêche donc un électron réel de s’effondrer sur le noyau, comme si une force répulsive de nature quantique le rejetait lorsqu’il s’approche trop près du noyau. C’est pour cela que la nature est stable. Sans la mécanique quantique, tous les électrons s’effondreraient sur le noyaux, il n’y aurait pas d’atomes, ni de Terre, ni de vie avec des hommes pour observer la nature. 

Il en va de même pour l’Univers. Si on regarde le film de son évolution à l’envers, on voit un Univers qui se contracte et devient immensément petit, écrasé sous son propre poids. Selon les équations de la relativité générale d’Einstein, il s’écraserait à l’infini et disparaîtrait en un point , tout comme l’électron qui tombe sur le noyau, comme dans le big bang ponctuel prévu par les équations d’Einstein, si nous ne tenons pas compte de la mécanique quantique comme c’est le cas dans les modèles standard. 

astronomie.skyrock.com: Univers-en-rebond

Mais la physique quantique nous dit que l’Univers ne peut se comprimer davantage qu’une quantité minimale.On sait qu’en physique, le mot «quantum» désigne la quantité minimale de toute entité physique impliquée dans une interaction. Certaines caractéristiques de la matière ne peuvent prendre que certaines valeurs précises, elles sont dites « discrètes ». Carlo Rovelli pense que, de même que l’électron du paragraphe précédent, c’est comme s’il existait une force quantique répulsive et conclut que l’Univers aurait rebondi pour recommencer à s’étendre comme s’il émergeait d’une explosion cosmique ainsi qu’on le voit sur la figure ci-contre. Au lieu d’un big bang on aurait un big bounce qui semblerait émerger de la gravité quantique à boucles quand ses équations sont appliquées à l’expansion de l’Univers. Mais n’est-ce pas une ultime tentative pour évacuer  ce que beaucoup ne peuvent pas supporter, l’idée de création et surtout de Créateur?

En fait, l’image du rebond ne doit pas être prise à la lettre, il faut le prendre plutôt comme une métaphore. Nous avons vu que dans les modèles atomiques, l’électron n’est pas une particule. On peut le penser comme un nuage de probabilités. Sa position précise n’existe pas. Il en va de même pour l’Univers. Dans le passage de l’Univers en contraction par le big bang, nous ne pouvons plus penser à un espace et à un temps bien définis, mais à une nuée de probabilités où espace et temps ont totalement disparu. Le monde est dissous en une nuée grouillante de probabilités que les équations parviennent encore à décrire. Mais le mot Univers devient ici ambigu. « LUnivers est l’ensemble de tout ce qui existe, régi par un certain nombre de lois« . Alors, il ne peut exister un second Univers. Mais dit Carlo Rovelli, le mot a fini par prendre en cosmologie un sens plus restrictif en cosmologie. Il désigne le continuum spatio-temporel que nous voyons autour de nous, dont nous pouvons étudier la géométrie et l’histoire. On peut donc penser qu’il n’y a aucune raison que l’Univers soit le seul existant et que lorsque le continuum spatio-temporel se défait, comme dans l’image de Jonh Wheeler, mousse quantique telle l’écume de la mer, en une nuée quantique de probabilités, on ne puisse pas prendre au sérieux l’idée qu’au-delà de cette écume chaude il n’existe pas un autre continuum spatio-temporel plus ou moins semblable à celui que nous connaissons. Il se trouve que la probabilité pour un Univers de passer d’une phase de contraction à une phase d’expansion peut se calculer au moyen des techniques évoquées dans l’article 2 chapitres 4) et 5) où des boîtes d’espace-temps se somment sur les mousses de spins qui relient un Univers qui se contracte à un Univers en expansion. 

Tout cela est encore spéculatif, mais l’extraordinaire, c’est que les scientifiques disposent aujourd’hui d’équations pour tenter de le décrire. C’est peut-être pour ne pas aborder l’idée de création qui amène celle d’un Créateur, mais c’est bien dans la suite de l’abbé Lemaître et de sa curiosité scientifique dans laquelle il ne mélangeait sa foi et la description du monde.


3) Confirmations empiriques? 

Au-delà de la fascination de l’exploration théorique de ce qui pourrait exister au-delà de notre Univers, la cosmologie quantique pourrait contribuer à dire si la théorie est juste ou pas. On l’a vu avec Einstein et Lemaître, l’un des deux avait raison et l’autre tort. Et malgré tous les résultats d’Einstein, sa réputation, son influence sur le monde scientifique, son immense autorité, il a dû s’incliner devant cet inconnu, ce petit curé belge. C’est ce dernier qui avait raison. C’est là toute la force de la pensée scientifique. Mais cela ne signifie pas que la science se réduise à l’art de faire des prévisions chiffrées, ce à quoi certains philosophes des sciences la réduisent. C’est confondre les outils avec l’objectif. L’objectif de la recherche scientifique n’est pas de « faire des prévisions », l’objectif, c’est de comprendre le monde, élaborer et développer une image du monde et uns structure conceptuelle pour le penser. Avant d’être technique, dit Carlo Rovelli, la science est visionnaire. Mais ce sont des prédictions vérifiables qui permettent voir et dire quand nous avons mal compris. Une théorie devient toujours plus crédible au fur et à mesure que ses prédictions deviennent exactes, comme le sont la théorie de la relativité ou la mécanique quantique, y compris par les prédictions les plus extravagantes et les plus inattendues lorsqu’elles sont confirmées par des observations et des expériences. 

Cela ne signifie pas que la science ne progresse pas sans données expérimentales nouvelles. Dans ce cas il y aurait peu d’espoir de trouver la théorie de la gravité quantique comme cela. Copernic disposait quasiment des mêmes données que Ptolémée. Quant à Newton, ses vrais ingrédients étaient les lois de Kepler et les résultats de Galilée. De même, Einstein avait les mêmes données que Newton. Ce qu’ont fait Copernic, Newton, Einstein et les autres, c’est de bâtir à partir des théories déjà existantes, et de trouver la manière de les combiner et de les repenser mieux. Ainsi, les données sur lesquelles on construit la gravité quantique ne sont pas des expérimentations nouvelles, ce sont les constructions théoriques qui ont déjà structuré notre savoir sur le monde sous des formes partiellement cohérentes: les données « expérimentales » sont la relativité générale et la mécanique quantique. En ayant l’avantage « d’être assis sur les épaules des géants » qui nous ont précédés, dit Carlo Rovelli, et « en bâtissant à partir de ces théories, en essayant de comprendre comment peut-être fait un monde cohérent dans lequel existeraient les quanta et où l’espace serait courbe, nous essayons de regarder vers l’inconnu

Il convient cependant de distinguer les indices des preuves. Les indices,en mettant les « Sherlock Holmes » sur la bonne piste permettent de résoudre une affaire mystérieuse. Les preuves sont ce dont le juge a besoin pour envoyer le coupable en prison. Les indices servent à mettre sur la voie de la bonne théorie et les preuves sont ce qui confirme ou pas, ensuite, que c’est la bonne théorie qu’on a trouvé. Sans indices, nous cherchons dans de mauvaises directions. Sans preuves, nous restons dans le doute. Pour ce qui est de la gravité quantique, la théorie est dans son enfance. Les idées et principes se précisent et se consolident; les indices sont bons et solides, même s’il manque encore la confirmation des prévision, c’est à dire que la théorie n’a pas encore fait ses preuves. 

terresacree.org/actualites: dernieres mesures de-planck

Mais des signaux de la nature sont encourageants pour les « bouclistes ». Une alternative à la gravité quantique est la théorie des cordes ou des théories liées aux cordes. Or ces théories ont besoin des particules supersymétriques pour être consistantes, ce qui n’est pas le cas de la gravité quantique à boucles qui est bien définie même sans particules supersymétriques. C’est pourquoi les cordistes ont eu une immense déception quand le LHC (Large Hadron Collider) a montré qu’elles ne se manifestaient pasLe grand tapage qui a suivi la révélation de la particule qu’on appelle boson de Higgs en 2013 a servi à masquer cette déception. Les particules supersymétriques ne sont pas là; à l’énergie où de nombreux cordistes les attendaient. Ce n’est pas une preuve définitive, mais il semble que la nature ait donné un petit coup de pouce favorable aux « bouclistes« . On peut maintenant compter deux résultats expérimentaux pour la physique fondamentale: la révélation du boson de Higgs au CERN de Genève et les mesures du satellite Planck, deux signes que vient de nous donner la nature. Il s’agit là du renforcement de l’image que les scientifiques avaient de l’évolution de l’Univers. Le premier signe, la découverte du boson de Higgs est une vérification d’une prévision faite il y a 30 ans et la confirmation du modèle standard des particules élémentaires, fondé sur la mécanique quantique. Le deuxième signe, les mesures du satellite Planck sont une confirmation du modèle standard de la cosmologie (ΛCDM pour « lambda cold matter »), fondé sur la relativité générale. Ces deux résultats marquent donc une absence de surprise surprenante malgré tout. En effet, certains s’attentaient à des surprises et s’attendaient à la supersymétrie, non au boson de Higgs. Et beaucoup s’attendaient à ce que le satellite Planck mesure des écarts par rapport au modèle standard de la cosmologie, ce qui aurait soutenu telle ou telle théorie cosmologique alternative à la relativité générale. Carlo Rovelli nous le dit avec force, « c’est comme si les deux résultats expérimentaux de 2013 parlaient avec la voix de la nature: cessez de rêver à de nouveaux champs et à des particules bizarres, à des dimensions supplémentaires, à d’autres symétries, à des univers parallèles, à des cordes et à je ne sais quoi encore. Les données du problèmes sont simples: relativité générale, mécanique quantique et modèle standard. Il s’agit seulement de les combiner correctement« . C’est ce qui le conforte dans la direction de la gravité quantique à boucles, car ses seuls ingrédients et hypothèses sont la relativité générale, la mécanique quantique et la compatibilité avec le modèle standard. Mais cela ne veut pas dire que les particules supersymétriques n’existent pas à un échelle non encore atteinte et elles pourraient exister même si la théorie des boucles est exacte, ni que la théorie des cordes n’est pas exacte. Ce ne sont que des indices qui montrent qu’il faut, pour obtenir des confirmations plus solides à la théorie, chercher ailleurs, et l’Univers primordial pourrait ouvrir la fenêtre là où les prédictions de la théorie pourraient être confirmées dans le futur?… ou bien contredites.

Un lien sur les alternatives à la relativité générale (voir aussi liens en fin de ce article): https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/einstein-bouscule-par-de-jeunes-152944  (Einstein bousculé par de jeunes physiciens : la dynamique des configurations Les équations d’Einstein utilisent une description de l’étendue utilisant un tenseur de métrique g réglé par un difféomorphisme en 4D. Il est possible d’utiliser une autre description. C’est ce que propose la dynamique des configurations (des formes). Elle tire son origine d’une formulation alternative de la relativité, le formalisme ADM (Richard Arnowitt, Stanley Deser et Charles W. Misner), puis d’une interprétation du principe de Mach (ni espace ni temps absolu ; tout est relation) par Julian Barbour selon lequel la gravité pourrait être reformulée comme une théorie dynamique des formes géométriques tridimensionnelles Pour résumer la situation, l’alternative des « configurations » permet de décrire le monde physique avec une image de la Nature un peu moins ésotérique que celle déduite des solutions d’Einstein. De plus, la métrique g peut être remplacée par les tétrades de Dirac A-7-3 le formalisme des tétrades (voir par exemple les travaux de Rovelli). )


4) Une fenêtre sur la gravité quantique. 

https://www.obspm.fr/planck-toujours-plus-pres-du-big-bang.html


Avec les équations qui décrivent le passage de l’Univers par la phase quantique initiale, il est possible de calculer les effets des phénomènes quantiques primordiaux sur l’Univers observable aujourd’hui. Ce dernier conserve de nombreuses traces des faits initiaux. Comme nous l’avons vu, il est tout entier rempli du rayonnement cosmique de fond (fond diffus cosmologique), un océan de photons emplissant le cosmos, la  lueur résiduelle de la grande fournaise initiale. Ce rayonnement a été par les satellites COBE lancé en 1989, WMAP lancé en 2001 et plus récemment par Planck (voir la figure ci-dessus). Les détails de le structure nous racontent l’histoire de l’Univers et, caché dans les plis des détails, pourrait se trouver la trace du début quantique de l’Univers. « On trouve d’abord une confirmation : le scénario standard du big bang permet toujours d’expliquer les observations de manière spectaculaire. Les chercheurs ont pu calculer les paramètres du modèle avec une précision jamais égalée. Mais l’examen approfondi des données révèle des comportements étonnants qui se manifestent particulièrement aux grandes échelles : les variations du rayonnement fossile sur le ciel revêtent une amplitude de seulement 0,003 % environ ; cependant elles s’avèrent encore inférieures de 10 % aux prédictions. L’écart est faible mais définitivement significatif, alors que les fluctuations aux petites échelles sont tout à fait conformes aux prévisions. Une autre anomalie, peut-être reliée à la première, est que le rayonnement fossile observé dans deux hémisphères de directions opposés s’avère d’intensité légèrement différente. Finalement, de grandes régions froides d’origine inexpliquée, sont détectées sans plus aucun doute dans le rayonnement de fond cosmologique. L’existence de l’asymétrie et des régions froides était suspectée dans les données précédentes de WMAP. La voilà confirmée de façon incontestée. Elle ne saurait provenir ni des avant-plans ni d’un quelconque artefact instrumental. « Les théories de formation et de développement de l’Univers vont devoir en tenir compte. Il faut les repenser, étendre, améliorer, compléter, voire les remettre en cause », commente Jean-Michel Lamarre. Jusqu’ici, le principe cosmologique, voulait que le cosmos se comporte de la même façon en tout lieu et dans toutes les directions. « Il semble bien que Planck ait constaté le contraire, au moins pour une petite fraction mesurable de l’énergie présente. »

Pour ce qui concerne la gravité quantique à boucles un des secteurs les plus actifs de la recherche étudie actuellement dans quelle mesure la dynamique quantique de l’Univers primordial se reflète dans ces données.Rien n’est certain, mais, dit Carlo Rovelli, avec davantage de calculs et de mesures plus précises, on devrait arriver à un vrai test de la théorie. 

httpfutura-sciences.com travail d’Aurélien Barrau

En 2013, Abhay AshketarIvan Agulo et William Nelson on publié un article dans lequel ils calculent que, à certaines conditions, la distribution statistique des fluctuations du fond de rayonnement cosmologique devrait se ressentir de du sursaut initial de l’Univers: les fluctuations à grand angle devraient être plus importantes que celles prévues par la théorie, qui ne tient pas compte des quanta.L’état actuel de la mesure est décrit dans la fig. 1 de l’article (FIG. 1: Ratio of our LQG power spectrum for scalar perturbations to the standard inflationary power spectrum. The (blue) crosses denote the data points) où la ligne rouge est la prévision d’Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson et les points bleus sont les données expérimentales. Elles ne sont pour l’instant pas suffisantes pour dire si la courbe au-dessus de la ligne noire prévue par les trois auteurs, est la bonne ou pas. Les mesures se rapprochent de la possibilité de tester la théorie, mais n’y sont pas encore.Par ailleurs il n’est pas certain que les hypothèses particulières du calcul des trois auteurs soit bonne. Voir aussi le travail d’Aurélien Barrau: Une représentation de la courbe du spectre de puissance angulaire du rayonnement fossile, déduite du modèle cosmologique standard (courbe multipôle moment, l) sur la figure ci-dessus. Carlo Rovelli en parle ainsi: « La situation est donc encore fluide. Mais tous ceux qui, comme moi, ont passé leur vie à essayer de percer les secrets de l’espace quantique, suivent avec attention, inquiétude et espoir l’affinement continuel de nos capacités d’observation, de mesure et de calcul, et guettent le moment où la nature nous dira si nous avions raison ou pas. »

Quelques liens: https://arxiv.org/abs/1209.1609 (Une extension gravitationnelle quantique du scénario inflationniste Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

https://arxiv.org/abs/1211.1354 (Une extension de la théorie quantique des perturbations cosmologiques à l’ère de Planck Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

https://arxiv.org/abs/1302.0254 (La dynamique pré-inflationniste de la cosmologie quantique en boucle: faire face à la gravité quantique avec les observations Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

https://arxiv.org/abs/1204.1288 (Perturbations en cosmologie quantique en boucle Ivan Agullo , Abhay Ashtekar , William Nelson)

https://www.sciencesmaths-paris.fr/upload/Contenu/MEM2014/guilloux.pdf (Statistiques pour le fond diffus cosmologique Frédéric GUILLOUX)

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-planck-nouvel-eclairage-gravitation-quantique-espere-aurelien-barrau-45390/ (Planck : un nouvel éclairage sur la gravitation quantique espère Aurélien Barrau)

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/video-la-fusion-de-deux-trous-noirs-une-sequence-qui-vous-donnera-le-tournis_34331

Le champ gravitationnel doit lui aussi porter des traces de la grande chaleur initial du big bang. Cela signifie que l’espace lui-même doit « trembler » comme la surface de la mer et qu’il doit exister un rayonnement de fond gravitationnel. Ce dernier doit plus plus ancien que l’autre, le fond cosmologique car les ondes gravitationnelles (un subtil murmure de l’espace-temps qui hurle) moins perturbées par la matière que les ondes électromagnétiques, ont pu voyager sans encombre alors que l’Univers était trop dense pour laisser passer les ondes électromagnétiques. Les ondes gravitationnelles, prédites par les équations d’Einstein ont été détectées pour la première fois le 14 aôut 2017 sur la fusion (coalescence) de deux trous noirs par le détecteur Virgo (Europe). En 09/2017, pour la première fois, la région de l’espace d’où provenaient les ondes gravitationnelles a pu être cernée par VIRGO et LIGO (USA). Depuis, d’autres fusion de trous noirs ont pu être détectées dont la cinquième en novembre 2017. Cette fusion de trous noirs semble devenir commune, mais il convient de rappeler que l’observation des ondes gravitationnelles, « ces ondulations dans la toile de l’espace-temps engendrées par de massifs événements cataclysmiques dans un passé très lointain, aussi lointain que leur distance, est l’une des découvertes scientifiques les plus importantes de notre siècle. » Rappelons que ces événements ont été captes par les détecteurs LIGO et Virgo. Chacune de ces installations reflète les faisceaux laser sur deux tunnels de 4 km et en mesurant la lumière à mesure qu’elle en sort, les scientifiques peuvent détecter les distorsions physiques aussi petites que la fraction d’un proton dont on trouvera les principes et  les caractéristiques dans le site.

Après l’observation des ondes gravitationnelles sur terre grâce aux interféromètres, la suite de l’aventure aura lieu à partir du ciel avec le satellite LISA Pathfinder, lancé le 3 décembre 2015Sa mission scientifique avait commencé en mars 2016 pour une durée de 16 moiset est donc arrivée à son terme en mi-2018. La mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna) va pouvoir maintenant mise en oeuvre. « C’est une future mission spatiale de l’Agence spatiale européenne (ESA) dont l’objectif est de détecter des ondes gravitationnelles de basse fréquence depuis l’espace. Il s’agira du premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, les observatoires actuels, notamment LIGO et Virgo, étant terrestres. LISA consiste en une constellation de trois satellites en orbite héliocentrique formant un triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de côté dont les trois bras sont reliés par 6 faisceaux laser« . L’ESA lancera ce détecteur d’ondes gravitationnelles en 2034  Il sera composé de trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres et volant en formation en suivant la Terre sur son orbite, donc en tournant non autour de la Terre, mais autour du soleil, comme s’il s’agissait de rois petites planètes. Grâce à deux faisceaux lasers, les positions relatives des satellites pourront être mesurées à quelques millionièmes de millionièmes de mètre près. Une précision indispensable pour espérer détecter les infimes variations de la trame de l’espace induites par le passage d’une onde gravitationnelle.

Dans les infimes ridules de l’espace autour de la Terre, les scientifiques devraient parvenir à trouver des traces d’événements advenus il y a environ 14 milliards d’années, à l’origine de notre Univers, et ainsi en obtenir la confirmation des déductions des hommes sur la nature de l’espace et du temps.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fond_cosmologique_d%27ondes_gravitationnelles (Les théories cosmologiques supposent qu’à l’image du fond diffus cosmologique, il existerait un autre rayonnement de fond cosmologique composé d’ondes gravitationnelles. Celui-ci aurait pour origine des fluctuations de densité apparues peu après le Big Bang)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Onde_gravitationnelle_primordiale (Une onde gravitationnelle primordiale est une onde gravitationnelle observée dans le fond diffus cosmologique et présente aux tout premiers instants du Big Bang (10-30 seconde), c’est-à-dire dans l’Univers primordial)

http://www.lupm.univ-montp2.fr/spip.php?article462  (Ondes gravitationnelles, une révolution en marche ! publié le 4 mai 2016 Par Denis GIALIS – Revue Espace & Astrophysique)

http://physiquereussite.fr/ondes-gravitationnelleselectromagnetiques-bienvenue-lastronomie-2-0(Ondes gravitationnelles/électromagnétiques – Bienvenue dans l’Astronomie 2.0)https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2016/02/10/la-lumiere-gravitationnelle-1/   (Jean-pierre luminet LA « LUMIÈRE » GRAVITATIONNELLE (1/4) : PRINCIPES DE BASE)

Poursuivons notre découverte des recherches de Carlo Rovelli « Par delà le visible » avec les derniers chapitres: la chaleur des trous noirs, la fin de l’infini (avec la gravitation quantique), réalité et information, le mystère (restera t-il du mystère?)

liens: 

Sabine Hossenfelder facebook (9 janvier 2018):   https://arxiv.org/abs/1801.02176https://arxiv.org/pdf/1801.02176.pdf (Screams for Explication: Affinement et naturel dans les fondements de la physique)

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-energie-noire-univers-accelere-plus-vite-prevu-defie-cosmologistes-62378/  (Énergie noire : l’univers accélère plus vite que prévu et défie les cosmologistes)

https://cosmologie.files.wordpress.com/2014/12/2007_einstein_bigbang.pdf (La plus grande erreur d’Einstein ? Alain Bouquet)

http://www.astrosurf.com/luxorion/cosmos-creation.htm (l’univers en expansion)

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/expansion-de-l-univers-comment-einstein-a-change-d-avis_33980 (L’expansion de l’univers: comment Einstein a changé d’avis)

https://monblogdereflexions.blogspot.fr/2017/09/carlo-rovelli-par-dela-le-visible-mon.html#.WhbZCUriaM8   (Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 2: Le temps n’existe pas)

https://blogs.futura-sciences.com/barrau/2018/01/04/voir-big-bang/ (Je présente ici une idée nouvelle que nous venons de publier dans Physical Review D, ici, pour tenter d’ouvrir une fenêtre sur l’avant Big Bang)

http://people.3sr-grenoble.fr/users/marminjon/Arminjon2006-2009-MQ-Gravitation.pdf (Mécanique quantique dans un champ de gravitation janvier 2006  décembre 2009 Mayeul Arminjon)

théories alternatives

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/einstein-bouscule-par-de-jeunes-152944  (Einstein bousculé par de jeunes physiciens : la dynamique des configurations Les équations d’Einstein utilisent une description de l’étendue utilisant un tenseur de métrique g réglé par un difféomorphisme en 4D. Il est possible d’utiliser une autre description. C’est ce que propose la dynamique des configurations (des formes). Elle tire son origine d’une formulation alternative de la relativité, le formalisme ADM (Richard Arnowitt, Stanley Deser et Charles W. Misner), puis d’une interprétation du principe de Mach (ni espace ni temps absolu ; tout est relation) par Julian Barbour selon lequel la gravité pourrait être reformulée comme une théorie dynamique des formes géométriques tridimensionnelles Pour résumer la situation, l’alternative des « configurations » permet de décrire le monde physique avec une image de la Nature un peu moins ésotérique que celle déduite des solutions d’Einstein. De plus, la métrique g peut être remplacée par les tétrades de Dirac A-7-3 le formalisme des tétrades (voir par exemple les travaux de Rovelli). )

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01108515/document (Vers une construction microphysique du paradigme cosmologique : prédictions et observations dans un univers quantique Julien Grain )

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00315725/document  (THÈSE de DOCTORAT de l’Université Paris VI  Pierre et Marie Curie Présentée par Jean-Philippe Bruneton, Théories alternatives de la gravitation et applications)

http://people.3sr-grenoble.fr/users/marminjon/Arminjon-EqsDirac-E-T-Courbe-Janvier2010-Juin2012.pdf  (Equations de Dirac dans un espace-temps courbe et leur mécanique quantique janvier 2010  juin 2012 Mayeul Arminjon)

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-gravite-sans-einstein-entretien-153171   (La gravité sans Einstein : entretien avec Tim Koslowski par Bernard Dugué (son site) 12 juin 2014)

http://theses.univ-oran1.dz/document/TH3183.pdf (la gravitation quantique dans le cadre des théories BF magister en physique 2010)

Autres liens:

http://guydoyen.fr/2011/06/30/nature-de-l-espace-temps-une-decouverte-pourrait-bouleverser-la-physique-moderne/   Nature de l’Espace-Temps : Une découverte qui pourrait bouleverser la physique moderne  Des théories suggèrent que la nature quantique de l’espace-temps devrait se manifester à l’échelle de Planck (10-35m). Cependant, les observations de Integral qui sont environ 10 000 fois plus précises que les précédentes montrent que la granularité de l’Espace-temps devrait se situer à une échelle de 10-48m ou moins.

« C’est un résultat très important en physique fondamentale et il exclura certaines théories des cordes et théories de gravitation quantique à boucles » a déclaré le Philippe Laurent)

http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Je propose de prendre comme premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles…)

http://www.hef.ru.nl/~fvidotto/pop/Recherche458.pdf ( De l’autre côté du Big Bang Appliquée à l’Univers dans son ensemble, la gravité quantique à boucles transforme notre représentation du cosmos et de son histoire. Cette nouvelle cosmologie ouvre la porte sur l’autre côté du Big Bang)

http://lpsc.in2p3.fr/barrau/aurelien/Astronomie36.pdf (La cosmologiequantique par AURÉLIEN BARRAU et FRANCESCA VIDOTTO)

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document  (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapre)

https://arxiv.org/pdf/1603.05834.pdf   (Bouncing Cosmologies: Progress and Problems Robert Brandenberger1, ∗ and Patrick Peter2)

https://arxiv.org/pdf/1711.05301.pdf (Seeing through the cosmological bounce: Footprints of the contracting phase and luminosity distance in bouncing models Aurélien Barrau,1 Killian Martineau,1 and Flora Moulin1)

https://zerhubarbeblog.net/2013/12/23/de-lorigine-des-origines/ (de l’origine des origines voir sheldrake et lee smolin)

https://www.alterinfo.net/La-creation-de-l-univers-a-partir-du-neant_a10926.html (La création de l’univers à partir du néant)

http://www.slate.fr/life/68569/du-boson-de-higgs-a-lapocalypse (du boson de higgs à l’apocalypse)

Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 2: Le temps n’existe pas.


Carlo Rovelli par-delà le visible

Mon article 2: Le temps n’existe pas.

Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

*

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n’existait pas par carlo rovelli)

http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n’existait pas?)

http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des cordes préface d’alain connes…Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière…)

(facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l’espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d’Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l’espace-temps quantique. L’espace et le temps émergeraient de l’intrication quantique de minuscules bribes d’information : telle est l’audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)


http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)


Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)


I) Introduction.

Comme je l’ai dit dans Dans mon article 1, je viens d’interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin « La renaissance du temps » au chapitre 14 Je vais d’abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique« . Dans cet article 1), j’ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son « rien ne va plus en physique« , nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l’ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l’unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr« Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »


Nous avons ainsi vu dans mon article 1) au chapitre 3-3-3) que cette nouvelle théorie pourrait être lgravité quantique à boucles, qui combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n’utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu’elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l’espace n’est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l’a comparée à « un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord ». La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c’est  à dire qu’ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l’espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d’espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d’autres champs. C’est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d’espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d’Einstein. Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.

     -L’évolution de ces réseaux de spin n’est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité.

     -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une « grille » laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l’espace sur les choses. C’est la leçon d’Einstein à propos de l’espace absolu de Newton. Heisenberg nous l’a aussi appris, entre une interaction et une autre, l’électron n’est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l’espace n’est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.

A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu’à l’échelle de Planck (mais existe t-elle?), l’espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l’espace est créé par l’interaction de quanta individuels de gravité.

C’est ce que nous a appris mon article 1)

Maintenant dans ce nouvel article (article 2) nous allons revenir sur l‘évolution de ces réseaux de spin qui n’est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Nous allons découvrir que le temps n’existe pas.


2) Le temps n’est pas ce que nous croyons. (pages 161 à 164)

Exergue: « Nec per se quemquam tempus sentire fatemdumst semotum ab rerum motu… »   Lucrècede rerum natura (L I, 462-463).                                                                  

Lucrèce dans de rerum natura livre I (de la nature des choses:  http://ugo.bratelli.free.fr/Lucrece/LucreceLaNature.pdf)« Personne, il faut l’admettre, n’a le sentiment du temps en soi » dans « le mouvement des choses »

     -Dans l’article 1) sur les réseaux de spins, il n’a jamais été question du temps, la recherche en gravité quantique a tourné très longtemps autour des seules questions spatiales, sans affronter le temps. Or Einstein a montré qu’on ne peut pas séparer le temps et l’espace, mais qu’il faut les penser ensemble comme un tout unique, l’espace-temps. Nous allons donc maintenant ramener le temps dans le sujet, comme cela s’est produit au cours de ces 15 dernières années. L’espace, contenant inerte et amorphe des choses, disparaît de la physique avec la gravité quantique. Les choses devenues des quanta, ne résident plus dans l’espace, mais comme on l’a vu dans mon article 1), elles résident les unes dans le voisinage des autres et l’espace est le tissus de leurs relations (de voisinage). De la même manière, il faut aussi abandonner l’idée de temps comme flux inerte le long duquel se déroule la réalité, flux continu qui s’écoule et au cours duquel se produisent les phénomènes. De la même façon que l’espace n’existe plus (les quanta d’espace ne sont pas dans l’espace), de la même façon, le temps n’existe plus (les quanta de gravité n’évoluent pas dans le temps). C’est le temps qui naît comme conséquence de leur interaction. C’est ce que traduit l’équation de Wheeler-DeWitt qui ne contiennent plus la variable temps. Déjà en relativité générale, le temps apparaissait comme un aspect du champ gravitationnel. Mais en négligeant les quanta, on pouvait encore penser l’espace-temps de façon « conventionnelle », comme le cadre ou la « tapisserie » se déploie l’histoire temporelle du reste de la réalité, même si cette tapisserie est courbe. Mais dès qu’on tient compte de la mécanique quantique, le temps, qui doit avoir les aspects d’indétermination probabiliste quantique, de granularité et de relation, communs à toute la réalité, devient un temps tellement différent de tout ce que nous avons jusque là appelé « temps ».

     – Le temps n’est pas ce que nous croyons.

La relativité générale a commencé à modifier l’idée commune que nous avons du temps depuis plus d’un siècle. Avant qu’Einstein ne présente au monde la relativité restreinte, en 1905, et la relativité générale dix ans plus tard, l’univers était simple : dans une boîte, l’espace, s’écoule le temps -le même pour tous. A l’intérieur on trouve de la matière, sur laquelle agissent des forces – la gravité, par exemple. Ces quatre concepts sont vus comme indépendants. « L’apport d’Einstein, c’est de dire qu’ils doivent être unifiés », résume Thibault Damour, spécialiste de la relativité générale et auteur de Si Einstein m’était contéAujourd’hui, l’inadéquation de nos préjugés est fréquemment vérifiée en laboratoire. Le temps ne passe pas de façon égale dans le monde. Dans certains lieux, il s’écoule plus vite ou plus lentement que dans d’autres. La théorie de la relativité générale a montré que le temps passe plus vite à plus haute altitude: « Depuis longtemps, les scientifiques avaient démontré ce curieux effet entre la Terre et l’espace, mais des physiciens viennent de mesurer cet effet dans le quotidien sur une différence d’altitude de seulement 33 cm, démontrant qu’on vieillit un peu plus vite quand on se trouve deux marches plus haut ! Que ceux qui habitent en montagne se rassurent, la différence est bien trop faible pour qu’on puisse le percevoir directement. Il s’agit seulement d’environ 90 milliardième de seconde de plus au cours d’une vie de 79 ans« . Mais l’effet existe, il y a bien une différence réelle. Le temps ne fonctionne pas comme nous le pensons habituellement. « Nous ne pouvons pas penser le temps comme s’il s’agissait d’une grande horloge cosmique qui scande la vie de l’univers« . Le temps universel newtonien est remplacé par un temps local: chaque objet dans l’univers a son propre temps et ce qui détermine ce temps, c’est le champ gravitationnel.

Ainsi, « Einstein aurait pu réellement bouleverser notre conception du temps il y a un siècle, mais ce bouleversement n’est pas entré dans les esprits, seulement dans nos GPS. Il n’a pas changé notre conception du monde, il n’a même pas été réellement pris au sérieux par les physiciens, ce qu’Einstein lui-même faisait remarquer à son ami Besso peu avant sa mort. Il a fallu attendre le début de notre XXIème siècle, avec Antoine Suarez et les résultats des expériences qu’il a fait faire à l’équipe de Nicolas Gisin » […] En 2001, son équipe a reproduit et étendu la fameuse expérience d’Alain Aspect de 1982 qui avait mis en évidence la non localité, c’est à dire le constat que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. En effet, aucune communication entre deux objets très distants (ici des particules jumelles) n’était nécessaire pour qu’ils se comportent comme le même objet. Si l’on prend par exemple l’image d’un dé, tout se passait comme si les particules formaient à l’origine un seul dé dont on pouvait déduire la face cachée (pas encore lue) de sa face visible (lue), sauf qu’avec les particules les numéros ne se forment que lors de leur lecture […] La conclusion tirée de cette expérience est que compte tenu de l’inversion chronologique constatée, l’information ou coordination qui était à l’origine de la corrélation entre les deux photons et qui n’est apparue qu’au moment de la mesure n’a pas pu transiter comme un signal fantôme de l’un vers l’autre. Elle était donc non seulement indépendante de l’espace mais aussi du temps.

voir http://www.doublecause.net/index.php?page=Antoine_Suarez.htm (antoine suarez, Le physicien qui a enterré le temps).

Certes à l’heure actuelle, on se familiarise de plus en plus avec le temps Einsteinien et le temps local, mais ce dernier ne fonctionne même plus quand on prend en considération la nature quantique granulaire du champ gravitationnel. Les faits quantiques ne sont plus ordonnés par un écoulement du temps sur les très petites échelles, de l’ordre de celle de Planck. Cela ne signifie pas que tout est immuable et que rien ne change, mais au contraire, cela signifie que que le changement est partout, mais les processus élémentaires ne peuvent plus être ordonnés en succession d’instants comme dans la vie courante où tout se passe comme si un chef d’orchestre battait une mesure universelle qui rythme les événements. Dans l’infiniment petit, chaque processus élémentaire « danse » indépendamment de ses voisins, en suivant son rythme propre. L’écoulement du temps est interne au monde. Il naît dans le monde à partir des relations entre des événements quantiques qui sont eux-mêmes le monde et et qui déterminent leur temps propre. Nous allons maintenant essayer de comprendre ce que peut signifier l’inexistence du temps.

3) Le pouls et le luminaire.

 Nous sommes habitués, voire conditionnés à utiliser la variables temps que l’on trouve dans presque toutes les équations de la physique classique. Cette variable est traditionnellement notée t. C’est Galilée le premier qui a compris que les mouvements des objets sur Terre pouvait être décrit par les mathématiques et par des équations pour des fonctions du temps telles que x(t) position d’un objet, A(t) amplitude d’oscillation d’un pendule, T(t) température d’un corps … « La célèbre expérience de la chute des corps depuis la tour de Pise est bien connue (il est probable qu’en fait, Galilée n’a jamais fait cette expérience depuis la tour de Pise), son objectif consiste à mesurer le temps de chute de corps de différentes masses et de différentes natures. Galilée arriva à la conclusion (aujourd’hui classique), que ce temps de chute est le même pour tous les corps, quelque  soient leur poids, leur taille et leur nature. En d’autres termes, la vitesse de chute libre est la même pour tous les corps. Cela allait clairement à l’encontre de l’intuition, et Galilée l’expliquait par un raisonnement simple par l’absurde : Supposons qu’un corps plus massif tombe plus vite qu’un corps léger, alors, si on attache à l’aide d’une ficelle une grosse pierre et une petite et qu’on les lâche, la grosse pierre devrait être ralentie dans son mouvement de chute par la petite qui à priori tombe moins vite. Donc le couple petite pierre + grosse pierre tombe moins vite que la grosse pierre toute seule. Or, le couple petite pierre + grosse pierre est plus lourd que la grosse pierre toute seule, et donc devrait en fait tomber plus vite, ce qui est en contradiction avec ce que l’on a dit plus haut en appliquant un autre raisonnement fondé sur la même hypothèse. Cela est donc incohérent, et notre hypothèse de départ est fausse ». C’est avec ces intuitions et avec l’utilisation des mathématiques que Galilée a fait basculer la physique dans l’ère moderne.

Les équations de la physique disent comment ces variables x, A, T changent avec le temps. La première loi physique terrestre trouvée par Galilée décrit comment un objet tombe sur Terre, c’est à dire comment sa hauteur x au-dessus du sol varie au cours du temps t. L’équation du mouvement est: x(t) = 1/2at². Pour découvrir et vérifier cette loi, Galilée    avait besoin de deux mesures:la hauteur x de l’objet et le temps t. Il avait donc besoin d’un un instrument de mesure du temps: une horloge: « A dix-neuf ans, dans l’église de Pise, debout dans son pourpoint de velours, son petit nez criblé de taches de son, levé vers une lampe qui pend de la voûte, Galilée semble distrait: par moments les portes claquent et la lampe se balance au bout de sa chaîne, parfois un peu largement, parfois très faiblement. C’est curieux! il semble à Galilée que les oscillations durent toujours le même temps. Décidément, il n’écoute pas un mot du sermon. Une deux, une deux, il mesure le temps aux battements de son pouls( les montres alors étaient rares….). »  « Mais ce sera à Christiaan Huygens (1629-1695), savant et mathématicien hollandais, que reviendra le privilège de construire en 1657 la première horloge viable, réglée par un pendule« .  Mais on ne peut qu’être perplexe en écoutant cette légende. Comment Galilée pouvait t-il savoir que ses propres battements avaient tous la même durée, d’autant plus qu’il était ému. Ce n’est que quelques années après Galilée que les médecins ont commencé mesurer les battements du pouls de leurs patients en utilisant leur montre, qui n’était pas autre chose qu’un pendule. Alors, nous utilisons des battements pour nous assurer que des battements sont réguliers. N’est-ce pas un cercle vicieux? Qu’est ce que cela signifie? Cela signifie qu’en réalité nous ne mesurons jamais le temps et soi, mais des variables physiques comme les oscillations d’un pendule ou des battements de coeur etc….. Nous comparons seulement les variables par rapport à une autre, nous mesurons A(B), B(C), C(A) et ainsi de suite. Nous mesurons le nombre de battements du coeur pour chaque oscillation du pendule, le nombre de clics du chronomètre par rapport à l’horloge du clocher etc…C’est par utilité qu’on imagine qu’il existe une variable t, qu’on appelle le « vrai temps », même si on ne peut pas le mesurer directement. Les équations pour les variables physiques sont écrites par rapport à ce « t » inobservable. Elles disent combien les choses changent en « t », c’est à dire, par exemple,  combien de temps prend chaque oscillation du pendule ou chaque battement cardiaque. On peut alors calculer de combien les variables changent l’une par rapport à l’autre. Par exemple, combien de battements comporte une oscillation du pendule et confronter cette prévision avec les observations. Si les prévisions sont justes, on peut en déduire que ce schéma conceptuel est bon et en particulier qu’il est utile de d’introduire la variable temps t, même si on ne peut pas la mesurer directement. Cela signifie que l’existence de la variable temps t est une hypothèse et non le résultat d’observations. La légende a retenu que c’est dans la cathédrale de Pise que Galilée a eu son intuition en observant les lentes observations d’un gigantesque luminaire, encore suspendu là aujourd’hui.

Mais c’est Newton avec son temps newtonnien qui a compris comment utiliser cette hypothèse; il a éclairci et mis au point ce schéma. Il affirme que si nous ne pouvons pas mesurer le »véritable » temps t, mais que si nous supposons qu’il existe, nous pouvons construire un schéma très efficace pour comprendre et décrire la nature. Cela a conduit au monument qu’est la mécanique et la physique newtonienne avec sa Philosophiae naturalis principia mathematica.

Nous pouvons maintenant revenir à la gravité quantique, à son état actuel et à l’assertion « le temps n’existe pas« . Cette assertion signifie en fait que le schéma qui a inauguré la démarche scientifique avec Galilée et qui a abouti à la physique newtonienne ne fonctionne plus quand on s’approche des dimensions de Planck. Nous devons alors renoncer à ce schéma, car l’idée d’un temps t qui s’écoule en soi et par rapport à quoi tout le reste évolue, n’est plus une idée efficace à l’échelle de Planck. Le monde n’y est pas décrit par des équations d’évolution dans le temps t. Que pouvons-nous faire alors? Carlo Rovelli suggère de nous limiter à lister les variables, A, B, C… qui sont effectivement observées et écrire les relations entre ces variables. Ce sont les équations A(B), B(C), C(A)… que nous observons en fait, alors que nous n’observons pas les relations A(t), B(t), C(t)…Pour revenir à l’exemple du pouls et du luminaire (de Galilée), nous n’aurons pas le pouls et le luminaire qui évoluent dans le temps, mais des équations qui nous disent comment chacun évolue l’un par rapport l’autre. Elles ne parlent pas du temps t de chaque phénomène, mais elles disent directement combien il y a de battements de pouls durant une oscillation du luminaire, sans parler de t. Une nouvelle physique sans évoquer temps est nécessaire pour penser le monde d’une nouvelle manière, non d’une chose qui change avec le temps. En effet, les choses changent seulement les unes avec les autres. L’impression qu’il existe un temps qui s’écoule n’est qu’une approximation que nous « sentons » à nos échelles macroscopiques et qui vient du fait que nous observons le monde que d’une manière grossière. 

Dans le monde que décrit la théorie, il n’y a pas d’espace que qui « contient » le monde, ni le temps qui nous est familier, au cours duquel se produisent les fait. Mais on trouve des processus élémentaires où des quanta d’espace et de matière interagissent sans arrêt. Nous avons l’illusion d’un espace et d »un temps continus qui est due à la vision floue de ce pullulement de processus élémentaires. Une image peut en être celle d’un lac limpide formé par la danse effrénée de myriades de molécules d’eau… 


Tout cela me fait réfléchir aux idées du temps que des penseurs tels que Henri BergsonAlfred North Whitehead exprimées dans le livre de Rupert Sheldrake « réenchanter la science«  aux éditions « j’ai lu », en particulier au chapitre 4 « La matière est-elle inconsciente -page 184« , voir le paragraphe « événement et durée » page 201. Whitehead, dont Bertrand Russel fut l’élève, a écrit avec lui « les Principia Mathematica« , une des oeuvres majeures de la philosophie des mathématiques, (1910-1913). Whitehead développa ensuite une théorie de la relativité qui faisait des prédictions quasiment identiques à celles d’Einstein. Il fut le premier philosophe à intégrer les implications radicales de la physique quantique. Il a vu que « la théorie quantique (théorie de la matière-onde) détruisait notre perspective essentiellement spatiale des corps matériels, vus comme des objets existant à certains moments dans le temps mais sans temporalité inscrite en eux. Selon la physique quantique, chaque élément premier de la matière est un système organisa de flux vibratoire. » (note 29 page 553). Pour Whitehead, une onde n’existe pas à un instant (t) mais s’inscrit dans le temps; chaque vibration relie le passé et l’avenir. le monde physique n’est pas fait d’objets physiques, mais de véritables entités ou événements, c’est à dire de quelque chose qui arrive, qui a un devenir et qui n’a pas le temps hors de lui, mais en lui. Ce n’est pas une chose, mais un processus. Whitehead écrivait: « Un événement, en se réalisant, déploie une forme qui exige une durée impliquant un écart de temps défini, et pas simplement un moment instantané (note 29 page 553 cité dans Griffin). Cela conduit à la conclusion à laquelle Bergson était déjà arrivé: il n’y a pas de matière intemporelle, les objets physiques sont des processus qui ont en eux le temps, une durée interne. La physique quantique montre qu’il faut un temps minimum aux événements, parce que tout est vibratoire et qu’une vibration ne peut être instantanée. Les éléments fondamentaux de la nature, photons et électrons inclus, sont temporels aussi bien que spatiaux. « Il n’est aucune nature dans un instant » (note 30 page 553)

Chez Whitehead, on trouve ensuite une vision peut-être plus étonnante et originale, la relation corps-esprit envisagée comme un relation s’inscrivant dans le temps. Ordinairement, on la conçoit comme une relation spatiale: l’esprit se situe dans le corps alors que le monde physique se trouve au-dehors. Même du point de vue matérialiste, l’esprit est littéralement « au-dedans », au-dedans du cerveau, isolé dans l’obscurité du crâne. Il a une vie intérieure, alors que le reste du corps et le monde sont « au-dehors ». Mais, à l’opposé, pour Whitehead, l’esprit et la matière sont reliés. C’est le temps et non l’espace qui est la clé de leur relation. Ce qui est réel consiste en moments, chaque moment informant le suivant. Il faut ressentir la différence entre le maintenant et les moments passés et futurs. Chaque réalité est un moment d’expérience qui devient un moment du passé quand il prend fin et devient un nouveau sujet d’expérience quand il est remplacé par un nouveau « maintenant ». Le moment qui vient d’expirer devient et qui est devenu un moment du passé devient un objet pour le nouveau sujet (maintenant)… C’est ce qui fait dire à Whitehead « Maintenant sujet, ensuite objet » (note 31 page 553 cité par  -Christian de Quincey). L’expérience concerne toujours le « maintenant ». La matière, elle, est toujours « avant ». La causalité physique, comme dans la physique classique est le lien qui va du passé au présent. Le lien qui va du présent vers le passé est la sensation, que Whitehead nomme « la préhension« , c’est à dire littéralement la prise ou la saisie.

Selon Whitehead, tout événement, toute circonstance réelle est donc déterminée par des causes physiques passées (causalité physique) et par un sujet créateur et « rénovateur de lui-même » qui choisit à la fois son propre passé et ses futurs potentiels. Il sélectionne les aspects du passé qu’il intègre dans le présent à son être physique par ses préhensions et il choisit les possibilités qui déterminent son avenir. Ses souvenirs sélectifs le relient à son passé et ses choix déterminent son avenir. Et ceci, toujours selon Whitehead, concerne tous les processus tels que les événements quantiques; ils sont à la fois physiques et mentaux: ils ont une direction temporelle. Cela ne veut pas dire que les atomes ont ont la même conscience que les êtres humains, mais qu’ils ont des expériences, des émotions et des sentiments qui sont de fait plus fondamentaux que la conscience humaine. Tour événement mental est informé et conditionné causalement par les événements matériels et ceux-ci sont eux-mêmes composés d’expériences passées. La « connaissance », pense whitehead, peut advenir uniquement parce que « le passé afflue dans le présent » et lui donne forme et structure en permettant au sujet de choisir parmi les possibilités qui aident à déterminer son futur (note 32 page 553 -cité par de Quincey).

La philosophie de whitehead est difficile à suivre en particulier dans son livre Procès et Réalité. « Celui-ci fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell et qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience (34). Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d’en extraire l’expérience (5). Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l’organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité (6), que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».Ses idées ouvrent des perspectives intéressantes sur la relation temporelle entre matière est esprit même si elles sont très abstraites. L’un de ses vulgarisateurs actuels est Christian de Quincey qui a été évoqué ci-dessus dans les notes. Voici ce qu’il dit de ses idées: « Pensez à la réalité comme faite d’innombrables milliards de milliards de « moments-bulles » où chaque bulle est la fois physique et mentale -une bulle ou quantum d’énergie sensible. […] Chaque bulle existe pendant un moment puis clac! et le « gaz » qui en résulte est le « truc » objectif qui compose le prochain moment-bulle. […] Le temps est notre expérience de la succession des bulles momentanées d’être (ou de devenir) qui éclatent en entrant et sortant du moment présent (de maintenant). Nous ressentons cette succession de moments comme le flux du présent glissant dans le passé, sans cesse réalimenté par de nouveaux moments de « maintenant » venus d’une source intarissable que nous identifions le futur. […] Le futur n’existe pas, sinon comme potentiels ou possibilités dans le moment présent – dans l’expérience qui – est toujours conditionné par la pression objective du passé (le monde physique) La subjectivité, (la conscience, l’attention), est le « ce-que-ça-fait  » d’expérimenter ces possibilités et de choisir à partir d’elles de créer le nouveau moment d’expérience suivant (note 33 page 553). En fait la relation entre l’expérience consciente et le temps a fait l’objet d’expériences scientifiques aux résultants intrigants (voir le chapitre 4 du livre de Sheldrake « réenchanter la science »  paragraphe  -expérience consciente et activité cérébrale pages 205 à 208 et pages 208 à 212 -Esprit conscient et inconscient »).

Après cet intermède sur cette vision du temps, examinons le paragraphe suivant de ce chapitre 7 du livre de Carlo Rovelli, « le temps n’existe pas ». 

4) Sushis d’espace-temps.

fig.1 wukali.com: le temps passe t il? discours thibault damour

Comment s’appliquent ces idées d’une physique sans temps à la gravité quantique, alors qu’il n’y a ni l’espace contenant le monde, ni le temps au cours duquel le monde évolue? Il faut alors se demander comment se situent les processus physiques normaux dans l’espace et dans le temps. Prenons un processus, par exemple le choc de deux boules de billard, une boule rouge lancée sur une boule bleue. La rouge s’approche, heurte la bleue, et les deux boules s’éloignent dans deux directions opposées. Ce processus advient dans une zone finie de l’espace, par exemple sur une table de 2 m de côté et dure un intervalle de temps de de 3 s. Pour le traiter selon la gravité quantique, il faut inclure l’espace et le temps dans le processus comme indiqué sur la fig. 1 ci-contre et tous les objets matériels qui sont dans cette région (ici la table de billard). Rappelons qu’espace et temps sont un champ gravitationnel (le mollusque d’Einstein), que nous devons donc inclure dans le processus. Tout est intégré dans ce fameux mollusque d’Einstein. Imaginons qu’on en découpe une portion finie, telle un morceau de sushi, portion qui comprenne le choc des des  boules et ce qu’il y a autour. Nous obtenons la boite d’espace-temps telle qu’on peut la représenter par la fig1, c’est à dire un morceau fini de d’espace-temps de quelques mètres cubes de volume durant quelques secondes de temps. Mais, souligne Rovelli, ce processus ne se produit pas dans le temps.  En effet, la boite n’est pas dans l’espace-temps, elle inclut l’espace-temps et le processus ne se déroule pas dans le temps, de même que les grains d’espace ne sont pas dans l’espace. En fait, le processus est « en soi » le déroulement du temps, de même que les quanta de gravité ne sont pas dans l’espace, car ils sont eux-même l’espace.

Pour comprendre comment fonctionne la gravité quantique, il faut ne pas considérer que la processus physique des deux boules de façon réductionniste, mais le processus dans son intégralité avec la boite et tout ce qu’elle contient, y compris le champs gravitationnel. L’intuition originelle de Heisenberg est que la mécanique quantique ne nous dit pas ce qui se passe au cours d’un processus, mais qu’elle ne peut parler que de la probabilité qui lie les différents états initiaux et finaux de ce processus. Ils sont donnés par tout ce qui se produit au bord de la boite d’espace-temps. Ce bord est par exemple la probabilité que les deux boules sortent de la collision de telle ou telle façon selon qu’elle y sont entrées de telle ou telle façon. C’est ce que les équations de la gravité quantique à boucles donnent, la probabilité associée à tout bord de la boite possible. En gravité quantique, les probabilités peuvent être calculées de la même manière que la somme sur les chemins (l’intégrale de chemins) pour les diagrammes de Feynman, c’est à dire en considérant tous les parcours possibles qui ont le même bord. Comme nous considérons ici la dynamique de l’espace-temps, il s’agit donc de tous les espace-temps possibles de la boite qui ont le même bord. En mécanique quantique, il n’y a pas un espace-temps précis ou un parcours défini des boules entre le bord initial où entrent les deux boules, et le bord final, où elles sortent, mais une sorte de « nuage » quantique, dans lequel existent à la fois tous les espaces-temps possibles et tous les chemins possibles.La probabilité de voir sortir les boules de telle ou telle façon est calculée, comme dans la méthode de Feynman (intégrale de chemin), en faisant la somme de tous les espaces-temps possibles.Voir note 4 page 170: « Les premiers calculs importants sur les collisions gravitationnelles de particules avec des techniques de mousses de spin (voir paragraphe suivant) on été complétés par Emmanuele Alesciqui travaille actuellement en PologneClaudio Perini et Elena Magliaro , contraints d’abandonner la recherche théorique à cause du petit nombre de postes de recherche (liste des chercheurs gravité quantique).

5) Mousses de spins.

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fig 1. http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens

 et à droite les grains d’espace que le graphe représente. 

Dans l’article 1), nous avons vu que l’espace quantique a la structure d’un réseau voir comme exemple la fig. 1 ci-contre (réseaux de spin). Mais quelle structure un espace-temps quantique aura t-il? Comment sera un de ces espaces-temps qui entrent dans le calcul dont nous venons de parler? Ce sera une histoire (consistante au sens de David J Griffith), c’est à dire un chemin (au sens de Feynman) du réseau. C’est le problème de la mesure quantique qui a amené David Griffith a proposer l’interprétation des histoires consistantes de la mécanique quantique pour faire disparaître les paradoxes. Il n’y aurait plus de problème de non-localité, de superposition d’états, de rétro-causalité

Imaginons que l’on déplace un réseauChaque sommet va décrire une ligne, (comme les deux boules de la fig 1 du chapitre 4), et chaque ligne, en se déplaçant, dessinera une surface de même qu’un segment va créer un rectangle. Mais un nouveau phénomène apparaît, nous dit Carlo Rovelli, un sommet peut s’ouvrir en deux ou plusieurs sommets, de même qu’une particule peut se décomposer en deux ou plusieurs particules. Et comme les particules, deux ou plusieurs sommets peuvent se recombiner en un seul. Dans le schéma ci-dessous, trois sommets (à droite) se combinent en un seul, avant de se séparer à nouveau. A gauche, en couleurs, la « mousse de spin » que ce processus dessine. 

fig. 2 http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm: mousses d’espace-temps

Le triangle orange représente deux noeuds en cours de fusion à partir d’un point vertex interne sur l’arête commune des faces rouge et bleue.

C’est une mousse parce qu’elle est faite de surfaces qui se coupent selon des lignes qui se recoupent aux sommets.  C’est exactement la structure de la mousse de savon où les bulles se rencontrent elles-aussi sur des lignes qui s’unissent aux sommets comme on peut le voir sur la fig. 3 ci-dessous.

fig 3. http://www.funsci.com/fun3_fr/coll/coll.htm (phénomènes de surface et colloïdes)

On l’appelle mousse de spin car les lignes du réseau de spin sont « labellisés » par des spins qui sont, comme on l’a vu des nombres semi-entiers, donc les faces sont aussi « labellisées par des spins. Pour calculer les probabilités d’un processus, il faut, comme on l’a dit dans le chapitre 4, additionner toutes les mousses de spins possibles qui sont dans la boite, c’est à dire qui ont le même bord où le  bord représente le réseau de spins et la matière qui entre et sort du processus. Les équations de la gravité quantique à boucles expriment ces probabilités qui sont finalement des sommes sur les mousses de spins à bord déterminé. De cette manière, on peut, en principe, calculer les probabilités de tous les événements. 


Rappel sur les théories quantiques des champs qui constituent le modèle standard des particules élémentaires.

fig. 4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Feynman

 A un premier genre appartient l’électrodynamique quantique (QED) construite par Feynman, une des composantes du modèle standard. Pour y faire des comptes, on calcule des nombres associés aux diagrammes de Feynman (voir fig.4 ci-dessus).

La figure représente deux particules, ici des électrons, qui interagissent entre eux. Au début, l’électron de gauche se « dégrade » en deux particules (électron et photon), dont l’une (le photon) se divise à son tour en deux particules (un positon et un électron), qui en suite se réunissent à nouveau et vont confluer dans l’électron de droite et ainsi de suite. C’est une histoire de quanta de champ telle que nous l’avons évoquée au début de ce chapitre 5. 

Un deuxième genre de théorie quantique de champ est illustré par la chromodynamique quantique (QCD) qui décrit, par exemple les forces entre les quarks à l’intérieur du proton. E QCD, il est souvent difficile, voire impossible, d’appliquer la technique des diagrammes de Feynman, mais on peut appliquer une autre technique, « la théorie du réseau« . Il s’agit de modéliser l’espace physique continu à l’aide d’un réseau, comme représente dans la fig. 5.

fig. 5 https://fr.wikipedia.org; réseau (géométrie)

Mais dans le cas de la gravité quantique, ce réseau n’est pas considéré comme une vraie description de l’espace mais comme une approximation utile pour effectuer les calculs (modélisation par un nombre fini d’éléments).  Voir à ce sujet le chapitre 5 sur le lien QCD sans peine ci-dessous.
http://www.th.u-psud.fr/page_perso/Pene/Ecole_predoctorale/joliot.pdf (QCD SANS PEINE ECOLE INTERNATIONALE JOLIOT CURIE DE PHYSIQUE NUCLEAIRE)
et le lien https://indico.in2p3.fr/event/322/contributions/26390/attachments/21330/26160/pierreantoine.pdf (méthodes de calcul en QCD sur réseau)
 ]
Ces deux techniques de calcul, les diagrammes de Feynman et le calcul sur réseau pour la QCD, sont les outils les plus efficaces pour la théorie quantique des champs. Une heureuse surprise se révèle en gravité quantique, les deux techniques s’y confondent car la mousse d’espace-temps (voir la fig. 2 chapitre 5) qui sert à calculer les processus physiques en gravité quantique peut s’interpréter soit comme un diagramme de Feynman, soit comme un calcul sur réseau.
C’est un graphique de Feynman, une histoire de quanta, mais en gravité quantique, il ne s’agit plus de quanta évoluant dans l’espace, mais des quanta d’espace « en soi ». La graphe qu’ils dessinent dans leurs interactions n’est plus une représentation du mouvement des quanta (les particules) dans l’espace, mais une représentation de la trame de l’espace même (le quantum d’espace lui-même). Et cette trame est aussi un réseau comme celui qui est utilisé dans les calculs en QCD. Il ne s’agit plus maintenant d »une approximation mais de la structure réelle granulaire de de l’espace aux plus petites échelles. Il s’avère que les calculs en QED (diagrammes de Feynman) et et QCD (calcul sur réseau), sont des cas particuliers d’une technique générale, qui est la somme sur les mousses de spins de la gravité quantique. Voici maintenant en Page 175 fig. 7.7 du livre de Carlo Rovelli, similaires à l’équation d’Einstein 
R_{{\mu \nu }}\ -\ {\frac  {1}{2}}\,g_{{\mu \nu }}\,R\ +\ \Lambda \ g_{{\mu \nu }}\ =\kappa T_{{\mu \nu }},l’ensemble complet des équations qui décrivent la théorie:

1) HGAMMA = L2[SU(2)L/SU(2)N]

2) [Lai,Lbj] = iδabεkijLak

3) (PSL(2C)oYyΨν)(I)


1) Cette équation définit l’espace de Hilbert de la théorie. Voir ex chap 2.2.1 de https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf  

2) définit l’algèbre des opérateurs de la théorie.

3) définit l’amplitude de transition à chaque sommet de la mousse de spins, ce qui permet de calculer les probabilités comme dans les diagrammes de Feynman. Voir la fig. 2 de ce chapitre 5 où 3 sommets se recombinent en un seul et où on voit, à gauche et en couleurs, la « mousse de spins » que ce processus dessine. L’amplitude de transition déterminée par cette mousse est un (2-complex), où le triangle de la fig. 6 ci-dessous représente deux noeuds en cours de fusion à partir d’un vertex interne. Après la fusion, on constate que c’est la disparition d’un quantum d’espace qui produit le temps. Nous sommes bien en présence de la plus petite entité de temps, le quantum de temps.

fig 6 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

Ces équations sont la version mathématique de la description du monde que propose la théorie. Mais, dit Rovelli, « nous ne sommes pas sûrs qu’il s »agisse vraiment des bonnes équations… mais c’est, me semble-t-il, ce que pour l’instant nous comprenons le mieux« . 

En résumé, l’espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L’espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d’un réseau de spins, c’est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l’origine de l’espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d’espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

6) De quoi le monde est-t-il fait?

Nous en sommes arrivés au point où l’espace de fond tel qu’on le connait a disparu, le temps a disparu ainsi que les particules et les champs classiques. 

Depuis Newton, le monde a évolué:

Newton:                          Espace  Temps                            Particules

Faraday-Maxwell:          Espace  Temps                       Champs  Particules

Einstein 1905:                Espace-temps   Champs                       Particules

Einstein 1915:                Champs covariants                                Particules

Mécanique quantique:  Espace-temps                        Champs quantiques          

Gravité quantique:                            champs quantiques covariants

L’aboutissement de cette évolution est que les particules sont des quanta de champs quantiques, l’espace n’est qu’un champ, lui aussi quantique. On vient de voir que le temps naît à partir de des processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l’avons vu, ces champs ne se situent pas dans l’espace-temps. Ils vivent « les uns sur les autres », de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L’espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l’image floue et approchée d’un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d’un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d’engendrer l’espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l’énergie, l’espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c’est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd’hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l’apeiron (« L’apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d’Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l’école milésienne. Thalès voyait en l’eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c’est l’apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l’élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n’est désigné que négativement« ). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie »: « Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d’Anaximandre, et je suis convaincu qu’en physique moderne, c’est ce point de vue qui est le bon.« 

Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l’apparente contradiction entre l’espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le continuum de l’espace temps et les quanta d’espace discrets il y a une relation qu’on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l’espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l’espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 

Mais le prix à payer, c’est qu’il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l’espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l’espace et le temps que comme des approximations qui n’apparaissent qu’à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l’espace comme des formes a priori de la connaissance c’est à dire des parties d’une grammaire indispensable pour comprendre le monde.

En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu’on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l’espace courbe d’Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces « d’une même médaille » quand on pense l’espace et le temps comme deux aspects d’un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d’un espace externe.  

Le principal avantage de cette physique, comme nous le verrons dans dans la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, c’est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu’on ne fait plus l’hypothèse que l’espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d’Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l’infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu’on négligeait la quantification du champ. 

En conclusion de cet article. 

Dans l’article suivant, consacré à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, nous verrons quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s’imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l’espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l’espace et le temps par leurs relations. Mais n’en n’était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n’y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : ‘principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  d’Aristarque de Samos qui a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu’il ne s’agit pas de petites boules, mais d’astres gigantesques? Ou enfin de Hubble quand il a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d’immenses mers d’étoiles immensément lointaines?  

Avec Carlo Rovelli on peut conclure ce chapitre « le tempe n’existe pas »: « Le monde n’a cessé de s »élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre« .

« Tout le récit qu’ils nous ont fait de cette nuit […] est plus convaincant que de fantastiques visions;  – il a le caractère d’une grande consistance, – tout étrange et tout merveilleux qu’il est. «  William ShakespeareLe songe d’une nuit d’été.

Mon prochain article s’intitulera: Au-delà de l’espace et du temps.

Liens chapitre 5:

http://www.crdp-strasbourg.fr/je_lis_libre/livres/Shakespeare_LeSongeDUneNuitDEte.pdf (William Shakespeare « le songe d’une nuit d’été »)

https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1958-v14-n1-ltp0952/1019959ar.pdf (Mythe et Philosophie chez Anaximandre1 « Anaximandre affirme que le principe et l’élément des êtres est Yapeiron. Il fut le premier à employer ce terme : ‘principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent)

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027 (Pourquoi il n’y a pas de trajectoire du mouvement des particules en physique quantique ?)

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38 (Matière et lumière dans le vide: Les particules n’accèdent à l’existence dans le monde ordinaire que grâce à un processus de création-annihilation dans ce plein qu’est le vide)

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/cosmologie-quantique-boucles-ou-145248  (par Bernard Dugué (son site) Cosmologie quantique, boucles ou cordes, la fin du monde moderne est-elle en vue)

http://www.forum-conquete-spatiale.fr/t17651-equation-de-schrodinger-et-test-de-quantification-du-champ-gravitationnel
Equation de Schrödinger et test de quantification du champ gravitationnel Sam 16 Avr 2016 

Deux papiers trouvés sur arXiv.org au grès de mes pérégrinations, décrivant une proposition d’expérience avec un dispositif optique et mécanique pour trancher si les champs gravitationnels peuvent être quantifiés ou pas (il s’agirait d’un micro-disque supraconducteur en osmium). Langue de Shakespeare et solide bagage mathématique exigés…

Optomechanical test of the Schrödinger-Newton equation (PDF)

Effects of Newtonian gravitational self-interaction in harmonically trapped quantum systems (PDF)

Un article explicatif sans maths, mais avec quelques graphiques de niveaux d’énergies d’un système quantique perturbé par une interaction gravitationnelle faible :

A newly proposed table-top experiment might be able to demonstrate that gravity is quantized

http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (mousses de spins en gravité quantique)

https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/ (la gravité quantique à boucles)
http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (la gravité quantique à boucles)
http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la théorie de la gravitation quantique à boucles)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromodynamique_quantique_sur_r%C3%A9seau (chromodynamique quantique sur réseau)

https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf (Boucles et Mousses de Spin en Gravité Quantique)

http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/02electrofaible/II.htm (introduction à l’électrodynamique quantique) http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/05jauge/jauge4.htm (la chromodynamique quantique)
http://gps.ijl.univ-lorraine.fr/webpro/chatelain.c/GroupeM/Colloque-Mars09/PDF/GCohenTannoudji.pdf (Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard Gilles Cohen-Tannoudji – l’intégrale de chemins) 

https://www.belial.fr/o/blog/l-enigme-de-l-univers (Sur l’île artificielle d’Anarchia, située en plein Océan pacifique, se déroule un colloque durant lequel doit être présentée la Théorie du Tout, censée décrire et expliquer l’Univers à l’aide d’outils mathématiques. Un journaliste scientifique, envoyé pour couvrir l’événement, va se retrouver mêlé à une intrigue d’une grande complexité, riche en considérations philosophiques et métaphysiques, qui débouche, comme toujours chez Greg Egan, sur une vision mécaniste, une sorte de « behaviorisme quantique » aux implications vertigineuses) Greg Egan

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (de la gravitation quantique à boucles par carlo rovelli) 

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapré)

http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

https://arxiv.org/pdf/hep-th/0601129.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)

http://inspirehep.net/record/871199/files/Valentin_Bonzom-thesis-Quantum_Geometry_in_Spin_Foams-Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité généraleFrom_the_topological_BF_theory_towards_general_relativity.pdf (Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité générale  thèse de Valentin Bonzomà


Les champs:

http://www.astrosurf.com/luxorion/quantique-champ.htm (le concept de champ)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_quantique_des_champs#Champs_quantiques (champs quantiques: La façon dont la théorie des champs fut introduite par Dirac à partir des particules élémentaires est connue pour des raisons historiques sous l’appellation de seconde quantification)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/seconde-revolution-quantique-les-141982  (Seconde révolution quantique : Les particules et les champs n’existent pas ! La « déchirure ontologique » dans la matière et la revanche de Platon par Bernard Dugué)

http://lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com/2014/12/les-champs-quantiques-informationnels-substrats-de-l-univers.html (Les champs quantiques informationnels, substrat de l’univers)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139918943449942.pdf (Théorie quantique des champs)

https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_relat-gene/impression.html (Le continuum espace-temps de l’univers)

http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Pourquoi les physiciens recourent t-ils à la notion d’émergence? premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles… Qu’est-ce donc enfin que le temps, et son « écoulement ?» « Le temps doit émerger (sic), comme l’espace, du champ gravitationnel quantique[1]. » Selon l’auteur, les raisons pour lesquelles l’espace et le temps ne résultent que d’un processus émergent, c’est qu’ils ne sont pas réels car selon lui le monde est fait de champs quantiques invariants)



Liens chapitre 3 et 4:

https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2017-3-page-503.htm (réenchanter la science, résumé synthétique)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_et_r%C3%A9alit%C3%A9 (Procès et réalité : Essai de cosmologie: oeuvre de Whitehead, 1929. Elle fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience 34. Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d’en extraire l’expérience5. Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l’organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité6, que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».

http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Whitehead_Proces.htm (le procès)

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-1-page-81.htm (Alfred North Whitehead précurseur des théories de l’auto-création par Alain Beaulieu)

https://noesis.revues.org/1628  (Whitehead et les pères fondateurs de la mécanique quantique

Sébastien Poinat)

https://www.academia.edu/10340393/Espace_et_relativit%C3%A9_restreinte_selon_A._N._Whitehead (Jean-Pascal Alcantara ESPACE ET RELATIVITÉ RESTREINTE DANS LA PHILOSOPHIENATURELLE  D’AN WHITEHEAD)

https://www.academia.edu/7514278/G%C3%B6del_et_Whitehead_monadologie_et_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9 (Gödel et Whitehead: monadologie et théorie de la relativité)

http://www.eoht.info/page/Christian+de+Quincey (En philosophie , Christian de Quincey (1955-) est un philosophe américain connu son livre de 2002, Radical Nature, dans lequel il affirme que la conscience , l’ esprit et l’ âme descendent tout le long de l’ échelle  évolutive jusqu’aux atomes et molécules et au-delà. et ce faisant, il tente de dissiper le point de vue matérialiste du «désintérêt de la matière», cette matière inerte et « morte », ce qui entraîne un dialogue entre les écoles de pensée matérialiste et dualiste. 

https://trans4mind.com/counterpoint/index-new-age/quincey.shtml (Conscience: Vérité ou Sagesse

Par Christian de Quincey)

https://www.facebook.com/ChristiandeQuincey.ConsciousnessforLife/

https://lesbrindherbes.org/2015/03/07/voir-le-monde-autrement-les-champs-morphogenetiques-de-r-sheldrake/ (Voir le monde autrement : Les« champs morphogénétiques »  de R. Sheldrake)

https://noesis.revues.org/1637 (Devenirs et individuations. L’hommage de Whitehead à Bergson

Didier Debaise)

https://www.cairn.info/revue-philosophique-2006-1-page-7.htm (La vie perceptive selon Whitehead parMaurice Élie. Le procès étant celui des « sentirs », et les sentirs étant des préhensions « positives » [5][5] « Les “préhensions négatives” […] “excluent du sentir”…., une forme de perception est déjà présente dans ce jeu de saisiesmutuelles des entités atomiques les unes par les autres ; la perception est une espèce dont la préhension est le genre [6][6] Dans un passage de Procès et réalité, Whitehead finit…. Percevoir, c’est prendre et recevoir avant de comprendre)

https://www.memoireonline.com/09/11/4817/m_Lheritage-leibnizien-dans-la-cosmologie-dAN-Whitehead11.html (Leibniz considère que le monde est composé de monades et Whitehead d’entités actuelles auxquelles s’ajoutent les objets éternels. Les relations événements à événements se font par ce que Whitehead nomme «les préhensions ». Les entités actuelles sont douées de « préhensions » c’est-à-dire de saisies, de captures, de sentirs, de feelings.

« J’emploierai donc le mot « préhension » dans le sens d’appréhension non cognitive)

http://www.inif.ucr.ac.cr/recursos/docs/Revista%20de%20Filosof%C3%ADa%20UCR/ACTAS%20CONGRESO%20DE%20FILOSOFIA/(5)%20whitehead/I.%20whiteheads%20theory%20of%20prehension.pdf (WHITEHEAD’S THEORY OF PREHENSION CHARLES HARTSHORNE)

http://ppquimby.com/alan/prehen.htm (La Préhension de Whitehead par Alan Anderson)

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01273419/document (Deleuze et Whitehead : une étude comparative de leur métaphysique, empirisme transcendantal et empirisme spéculatif Moon Kyo Lee)

http://nicolasbaier.com/pages/Prehension_2.html («La vraie question philosophique est : comment un fait concret peut-il manifester des entités abstraites de lui-même, auxquelles cependant il participe par sa propre nature ?» Alfred North Whitehead, Procès et réalité)

http://www.philopsis.fr/IMG/pdf/whitehead_proces_et_realite_fait_et_forme.pdf (Le monde Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme » Bertrand Saint-Sernin)

https://methodos.revues.org/527 (Isabelle Stengers, Penser avec Whitehead)

https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2002-4-page-511.htm (Whitehead et la subjectivité parXavier Verley)

http://www.christiandequincey.com/ (the wisdom academy)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Interpr%C3%A9tation_transactionnelle_de_la_m%C3%A9canique_quantique (L’interprétation transactionnelle de la mécanique quantique TIQM) est une interprétation qui décrit les interactions quantiques sous la forme d’une onde stationnaire formée par la combinaison d’une onde précédant la particule (en avance dans le temps) et d’une onde suivant la particule (en retard dans le temps), elle décrit tout évènement quantique comme étant une « poignée de main » entre l’onde avancée et l’onde retardée. proposée pour la première fois par John G. Cramer en 1986. Il indique que cette façon de voir les choses est plus intuitive, évite le problème philosophique du rôle de l’observateur dans l’interprétation de Copenhague, et résout divers paradoxes quantiques1 L’existence d’ondes avancées et retardées en tant que solutions admissibles aux équations de Maxwell fut déjà proposée par Richard Feynman et John Archibald Wheeler en 1945 voire la théorie de l’absorbeur de Wheeler et Feynman)

Liens sur le temps:

http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b12c5.php (ETIENNE KLEIN  Le temps de la physique [1])

https://www.drgoulu.com/2008/12/24/la-nature-du-temps-2/#.Wb5t08irSCg (Dr goulu: la nature du temps)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatation_du_temps

http://fondationdenisguichard.com/spip.php?article98 (Anoine Suarez : libre arbitre, conscience intermittente et physique quantique « Dans le monde quantique, le concept de temps n’a pas de sens. Les lois de conservation qui règlent le monde matériel (conservation de l’énergie) exigent qu’il y ait une coordination non locale qui vienne de l’extérieur de l’espace temps » : à partir de ce constat issu de résultats expérimentaux, Antoine Suarez développe des hypothèses sur l’interaction de la conscience avec ces phénomènes).

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00004283/document (Galilée et la mathématisation du mouvement Michel Paty

https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (théorie de la relativité de galilée)

http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-relativite-restreinte-naissance-espace-temps-509/page/3// (galilée et la relativité galiléenne)

http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr/CHARNOZ/homepage/GRAVITATION/grav4.html  (Galilée (1564-1642)

https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (la théorie de la relativité de… galilée)

http://www.philocours.com/cours/cours-galilee-experimentation.htm (galilée et l’expérimentation scientifique. Héritier de platon?)

http://www.astrosurf.com/quasar95/exposes/huygens.pdf (CHRISTIAAN HUYGENS (1629-1695) Mathématicien, physicien et astronome)

http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287 (le temps selon newton et einstein)

https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

Alexis de Saint-Ours)

http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (et si le temps n’existait pas?)

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (la relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité

par Bernard Dugué (son site))

http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/03/le-temps-n-existe-pas.html (Le temps continue à s’écouler dans l’avenir, mais s’il n’existait pas réellement? Tout dans l’univers à ce moment précis et le temps n’existe pas, du moins selon la théorie quantique. L’idée que le temps s’écoule est en fait assez absurde)« On constate que le temps disparaît de l’équation Wheeler-DeWitt »

http://www.elishean.fr/le-temps-nexiste-pas/ (le temps n’existe pas au niveau macroscopique)

http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287  (le temps selon newton et einstein)


Galillée, newton, kant et la reconnaissance du temps par http://lesmaterialistes.com/ (il y a 21 parties)

http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-1e-affirmation-laique-science  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l’espace et du temps – 1e partie : l’affirmation laïque de la science)

http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-galilee  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l’espace et du temps – 2de partie : Galilée)

 Liens: Télécharger l’entretien de Simone Speziale sur la gravité quantique à boucles: http://podcast.quadriviumradio.com/physique/simone-speziale/

C. Rovelli, S’affranchir du temps, Pour la Science – N°397 – novembre 2010.

L. Smolin, Des atomes d’espace et de temps, Pour la Science N°316 – février 2004.

Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 1: Espace quantique et temps relationnel.


Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

*


http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n’existait pas par carlo rovelli)

http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des cordes préface d’alain connes…Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière…)

(facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l’espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d’Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

1) Introduction

Je viens d’interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin « La renaissance du temps » au chapitre 14 que j’ai présenté dans « mon article 7« . J’avais conclu: « Après ce chapitre 14, nous pouvons maintenant aborder le chapitre 15 du livre de Lee Smolin « la renaissance du temps, pour en finir avec la crise de la physique« : l’émergence de l’espace. Pour Dr Goulu, « Ce long chapitre (la renaissance du temps par la relativité), est le plat de résistance du livre. C’est là que ça passe où ça casse, et j’ai mis plus de deux semaines à le digérer avec peine. Il commence très fort: L’aspect le plus mystérieux du monde est juste sous nos yeux. Rien n’est plus banal que l’espace, et pourtant lorsque nous l’examinons de près, rien n’est plus mystérieux. Je crois que le temps est réel et essentiel à une description fondamentale de la nature. Mais je crois probable que l’espace va s’avérer n’être qu’une illusion (…) Selon Smolin, l’existence d’un temps réel est indispensable pour réconcilier les deux pans de la physique, mais l’espace ne l’est pas. Parmi les théories ayant exploré l’idée que l’espace émerge d’une structure de graphe plus fondamentale, la première est la “triangulation dynamique causale

Mais je reviendrai plus tard sur l’émergence de l’espace, car je vais d’abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli « par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique » (Je rédigerai ultérieurement ma lecture des premiers chapitres du livre de Rovelli concernant la partie I ( chapitre 1la limite de divisibilité – c’est à dire les grains, et la nature des choses), chapitre 2: les classiques avant Einstein et Planck, avec Newton et Faraday) et la partie II – le début de la révolution (chapitre 3Albert ou la relativité), (chapitre 4: les quantas).

Je saute directement à la troisième partie: Espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son « rien ne va plus en physique« , nous allons aborder les mystères de la gravitation quantique dont l’ambition est de les dépasser par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l’unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr« Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »

A voir d’abord: Carlo Rovelli sur france culture:   https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-physique-peut-elle-tout-expliquer: Comment unifier mécanique quantique et relativité générale, les deux réussites majeures de la physique du XXème siècle?

ou la relativité générale par Etienne Klein: http://etienneklein.fr/?s=relativite%20generale

2)  Présentons d’abord quelques liens qui résument bien le livre de carlo rovelli ou qui concernent la question du temps

http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673: une vision de « par-delà » le visible avec actuaphilosophia.com

https://philosophiascientiae.revues.org/692 la disparition du temps en gravitation quantique

https://www.drgoulu.com/2015/01/28/la-renaissance-du-temps/#.WX7vR9SLQ_4 (lee smolin: la renaissance du temps 1/2 chapitres 1 à 10)

https://www.drgoulu.com/2015/12/31/la-renaissance-du-temps-22/#.WX7pLtSLQ_(lee smolin: (la renaissance du temps 2/2 chapitres 11 à 19)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-renaissance-du-temps-pour-en-151868 (lee smolin: la renaissance du temps pour en finir avec la crise de la physique)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (Bernard dugué: La relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité)

http://guillemant.net/index.php?cate=articles&part=physique_temps&page=Ce_quen_disent_les_physiciens.htm (philippe guillement: le temps, ce qu’en disent les physiciens?)

http://etienneklein.fr/wp-content/uploads/2016/03/1986.Etiage.pdf (La relativité générale à l’étiage JEAN EISENSTAEDT)

     2-1) Dans la partie II de son livre, Carlo Rovelli nous a fait partager l’image actuelle du monde suggérée par la physique fondamentale, sa force, ses faiblesses, ses limites. Dans un espace-temps courbe, né du big bang il y a plus de 14 milliards d’années, il est en expansion, sans doute accélérée comme le montrent les mesures actuelles. Cet espace est un objet réel, un champ physique dont la dynamique est décrite par les équations d’Einstein:R_{{\mu \nu }}\ -\ {\frac  {1}{2}}\,g_{{\mu \nu }}\,R\ +\ \Lambda \ g_{{\mu \nu }}\ =\kappa T_{{\mu \nu }}L’espace se courbe sous l’action de la matière-énergie et matière, temps et espace ne font qu’un et cet espace peut s’effondrer dans un trou noir quand la densité devient trop importante. 

La matière, elle, est répartie en 100 milliard de galaxies connues contenant chacune environ 100 milliards d’étoiles. Elle est constituée de champs quantiques, qui se manifestent sous forme de particules. Ces champs quantiques se manifestent sous forme de particules ou bien d’ondes, comme les ondes électromagnétiques. Le site lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com pense même que ces champs quantiques informationnels sont le substrat de l’univers: « la matière au niveau quantique existe dans 2 états à la fois et en même temps : particule et onde sont intriquées, elle existe donc dans 2 lieux et 2 états différents en même temps en communiquant instantanément par des trous de ver à des vitesses supraluminiques. Cette intrication définit l’état quantique« . Quant à leur réalité, la question n’est pas réglée comme l’affirme pourlascience.fr (particules et champs sont-ils réels?): « les notions classiques de particule ou de champ ne correspondent pas à ce que décrit la théorie. Si les images mentales évoquées par les mots « particule » et « champ » ne correspondent pas à ce que décrit la théorie quantique des champs, les physiciens et les philosophes doivent trouver par quoi les remplacer […] Une idée particulièrement radicale consiste à affirmer que tout se réduirait à des entités intangibles et à rien d’autre, sans aucune référence à des objets ». 

Quoiqu’il en soit, ces champs quantiques qui décrivent les atomes, la lumière et tout le contenu de l’univers sont des objets bien bizarres: chacune des particules dont ils sont composés n’apparaît que quand elle interagit avec autre chose, se localisant en un point, tandis que quand elle est « seule », elle s’ouvre en un nuage de « probabilités« . Le monde est un grouillement de faits quantiques élémentaires plongés dans la mer d’un espace dynamique houleux. 

Avec ces images et conceptions du monde, il est possible de construire presque tout ce que nous voyons, mais il manque l’élément central que nous allons découvrir dans les chapitres suivants. Nous passons alors de ce que nous savons sur le monde de façon très crédible à ce que nous ne savons pas encore, mais que Carlo Rovelli va nous faire entrevoir. 

3) Troisième partie du livre de Carlo Rovelli: Espace quantique et temps relationnel.

     3-1) L’espace-temps est quantique, les premiers pas (chapitre v: page 135 à 146).

Liens:  http://www.liberation.fr/sciences/2015/02/12/physique-quantique-et-relativite-l-infini-en-boucles_1201390: physique quantique et relativité, l’infini en boucles 

https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique)

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00872968/document (Relier la mécanique quantique et la relativité générale ? Réflexions et propositions Bernard Guy)

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité?)

Abhay Ashtekar du Center for Gravitational Physics & Geometry, université d’État de Pennsylvanie (USA)

Lee Smolin de l’Institut Perimeter pour la physique théorique de Waterloo (Canada) ;

Thomas Thiemann5 de l’Institut Max-Planck (Institut Albert Einstein, Potsdam, Allemagne), détaché à l’Institut Perimeter pour la physique théorique de Waterloo (Canada) ;

Carlo Rovelli du Centre de Physique théorique de Marseille (France) ;

Martin BojowaldL’univers en rebond Avant le big-bang

Abhay Ashtekar  John Baez  Julian Barbour  Martin Bojowald  Louis Crane (https://arxiv.org/abs/gr-qc/0602120: (fondements mathématiques de la RG quantique)    Rodolfo Gambini     Brian Greene    Stephen Hawking    Peter Higgs   Christopher Isham     Ted Jacobson (https://arxiv.org/abs/gr-qc/9504004: thermodynamique de l’espace-temps, l’équation d’état d’einstein)     Michio Kaku      Renate Loll         Robert B. Mann                     Fotini Markopoulou-Kalamara (https://arxiv.org/abs/0909.1861)            Roger Penrose      Jorge Pullin      Carlo Rovelli      Tony C. Scott        Lee Smolin         Andrew Strominger        Thomas Thiemann (conférences sur la gravité quantique à boucles)

          3-1-1) La relativité générale et la mécanique quantique, ces « deux gemmes que nous a laissées le XXè siècle » (ainsi le dit Rovelli), ont été prodigues de dons, soit pour comprendre le monde , soit pour faire progresser la technologie. La relativité a enfanté la cosmologie, l’astrophysique, l’étude des trous noirs et des ondes gravitationnelles. La mécanique quantique est à la base des physiques atomique et nucléaire, de la connaissance des particules élémentaires, de la matière condensée etc… 

Malheureusement ces deux corpus théoriques semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. Voici ce qu(en dit Carlo Rovelli dans « Et si le temps n’existait pas? »: « La grande révolution scientifique du XXe siècle se compose de deux épisodes majeurs. D’un côté, il y a la mécanique quantique, de l’autre il y a la relativité générale d’Einstein. La mécanique quantique, qui décrit très bien les choses microscopiques, a bouleversé profondément ce que nous savons de la matière. La relativité générale, qui explique très bien la force de gravité, a transformé radicalement ce que nous savons du Temps et de l’Espace. Les deux théories sont très bien vérifiées, et sont à la base d’une grande partie de la technologie contemporaine. Or, ces deux théories mènent à deux manières très différentes de décrire le monde, qui apparaissent incompatibles. Chacune des deux semble écrite comme si l’autre n’existait pas. Ce qu’un professeur de relativité générale explique à longueur de journées en classe est un non-sens pour son collègue qui enseigne la mécanique quantique aux mêmes étudiants dans l’amphi d’à côté, et vice-versa. La mécanique quantique utilise les anciennes notions de temps et d’espace, qui sont contredites par la théorie de la relativité générale. Et la relativité générale utilise les anciennes notions de matière et d’énergie, qui sont contredites par la mécanique quantique. » Le paradoxe est que ces deux théories fonctionnent parfaitement bien, chacune dans leur domaine. Mais quel est le rapport entre la physique quantique, la physique classique et la relativité? On l’a déjà vu, par exemple avec le chat de Schrödinger, les effets purement quantiques ne fonctionnent qu’à l’échelle de la physique quantique, c’est-à-dire à l’échelle de l’infiniment petit. Cela ne signifie pourtant pas que la physique quantique est dénuée de liens avec les autres disciplines. Elle explique beaucoup de phénomènes que la physique classique n’explique pas, et un grand nombre d’expériences confirment tout ce qu’on attend d’elle. Jusque là, tout va bien. Il reste cependant des choses qui ne sont pas expliquées par la physique quantique : la force de gravité par exemple. La célèbre relativité générale d’Eintein : elle explique la mécanique de l’univers à grande échelle, et présente la gravitation comme une déformation de l’espace-temps. Elle a été créée pour expliquer les effets de la gravitation que n’expliquait pas la physique classique. En résumé:

     -La physique quantique explique les choses avec ses outils à elle, c’est à dire avec les particules élémentaires que l’on connaît.

     -La force de gravité n’est pas expliquée par les outils quantiques, ça pose problème…

     -La théorie de la relativité de Einstein explique quant à elle très bien la gravité.

     -Mais on aimerait bien relier les deux théories. Pour l’instant, ça paraît impossible.

Dans de très nombreuses situations, on peut négliger les prédictions spécifiques de la mécanique quantique, les corps ordinaires ou cosmiques étant bien trop grands pour être sensibles à la minuscule granulation quantique. Nous pouvons alors négliger et oublier les quanta quand nous décrivons leurs mouvements. De plus, les corps microscopiques comme un atome sont bien trop petits pour courber l’espace de façon significative. Mais il existe des situations où entrent en jeu la granularité quantique et la courbure de l’espace-temps, et là on ne dispose plus de théorie physique efficace. C’est le cas de ce qui est arrivé à l’univers au moment du big bang ou à l’intérieur d’un trou noir. De façon générale, on ne sait pas comment sont faits l’espace et le temps à très petite échelle. Ce sont des domaines où la mécanique quantique ne parvient à traiter de la courbure de l’espace-temps (La physique quantique considère explicitement l’espace et le temps comme entités préexistantes. De plus, dans cette théorie, l’espace-temps est plat, c’est-à dire euclidien ou pseudo-euclidien, et statique), ni la relativité générale à tenir compte des quanta. C’est là le problème de la gravité quantique. Einstein avait compris que l’espace et le temps sont les manifestations d’un champ physique, le champ gravitationnel, alors que Bohr, Heisenberg et Dirac avaient compris que tout champ physique est quantique, granulaire et probabiliste et qu’il se manifeste dans les interactions. Il s’ensuit que l’espace et le temps en tant que champ doivent être aussi des objets quantiques avec les mêmes étranges propriétés. 

Qu’est ce qu’un espace quantique et un temps quantique? Un groupe de physiciens théoriques cités en tête de ce chapitre cherche laborieusement à résoudre ces questions. L’objectif est de trouver une théorie, c’est à dire un ensemble d’équations et surtout une vision du monde cohérente où cette schizophrénie entre relativité et quanta serait résolue. On se rappelle que ce n’est pas la première fois que la physique se trouve face à des théories apparemment contradictoires et a réussi l’effort de synthèse qui a permis de grands pas dans la compréhension du monde. Souvenons de Newton, qui a découvert la gravitation universelle en combinant la physique galiléenne (la chute des corps) avec la physique des planètes de Képler ou de Maxwell et Faraday qui ont dévoilé l’électromagnétisme et trouvé leurs équations en rapprochant tout ce qu’on savait sur l’électricité et le magnétisme. Et enfin Einstein résout l’apparent conflit entre la gravitation de Newton et la relativité restreinte par la relativité générale. 

La vraie question est: peut-on élaborer une structure conceptuelle qui soit compatible à ce qui a été découvert sur le monde grâce aux deux théories. Pour comprendre l’espace et le temps quantique il faut revoir notre façon de concevoir les choses et repenser la grammaire de notre compréhension du monde, et ceci de fond en comble. Pour Carlo Rovelli, Il faut refaire comme Anaximandre lorsqu’il avait compris que la terre flotte dans l’espace et qu’il n’existe ni haut ni bas dans le cosmos, ou comme Copernic qui avait compris que nous nous déplaçons très vite dans le ciel ou comme Einstein qui avait compris que l’espace-temps ressemble à un mollusque et que le temps passe différemment en des lieux différents: Il faut chercher une vision du monde cohérente avec avec tout ce que nous avons appris, ce qui implique que nos idées sur la réalité devront alors changer. 

          3-1-2) Matveï Bronstein (Page 138) 

Matvei Bronstein (Matveï Petrovitch Bronstein, né le 2 décembre 1906 à Vinnytsia, mort le 18 février 1938 à Léningrad, est un physicien théorique soviétique qui fut pionnier dans le domaine de la gravité quantique, auteur de travaux en astrophysique et en électrodynamique quantique, sur les semi-conducteurs et la cosmologie)

Un des premiers à se rendre compte de cette nécessité pour comprendre la gravité quantique a été Matvei Bronstein, un tout jeune russe, figure romantique et légendaire qui est mort tragiquement sous Staline et qui était un ami de Lev Landau, sans doute le plus grand physicien théorique de l’URSS. Arrêté pendant les Grandes Purges, en août 1937, il est condamné par le Collège militaire de la Cour suprême de l’URSS et exécuté d’une balle dans la nuque le 18 février 1938. Le 9 mai 1957, il est réhabilité à titre posthume.

Selon le site blogs.scientificamerican.comLandau, a entrepris de rechercher les fondements de la théorie quantique de l’électrodynamique.« Ce qui gênait Landau était la question de savoir comment le célèbre principe d’incertitude de Heisenberg, combiné avec la relativité, s’appliquait aux champs électromagnétiques. Landau a affirmé qu’une telle incertitude relativiste rendait impossible de mesurer le champ à un moment donné. Et si vous ne pouvez pas mesurer le champ, même en principe, le concept d’un domaine a-t-il vraiment un sens? Si ce n’était pas le cas, l’approche de Pauli et Heisenberg s’effondra ». Landau se trompait, ayant cru comprendre que le champ EM  était mal défini à cause des quantas. « C’est Bohr qui est venu pour sauver Pauli et l’électrodynamique quantique dans un article qu’il a écrit avec Leon Rosenfeld en 1933. Notoirement obscur, l’article a identifié le point faible de l’expérience de pensée de Landau, à savoir l’hypothèse de particules ponctuelles. Bohr et Rosenfeld ont expliqué pourquoi on devrait mesurer un champ moyen dans une région étendue de l’espace, pas en un seul point. Cependant, Landau, avec sa passion pour la clarté, n’était pas persuadé. » C’est à ce moment-là que Matvei Bronstein, est entré en scène et a montré qu’il comprenait l’idée de Bohr mieux que Bohr. Il percevait que l’intuition de Landau manquait certes de rigueur, mais qu’elle contenait quelque chose d’important. Il a entrepris de reprendre le même raisonnement que Bohr (le champ EM quantique est bien défini en tout point de l’espace) mais en l’appliquant au champ gravitationnel gouverné par les équations d’Einstein, Landau se révélait avoir raison. Le Champ gravitationnel n’est plus bien défini si on tient compte des quanta. [Pourquoi la gravité quantique est-elle si difficile? Et pourquoi Staline a-t-il exécuté l’homme qui a été pionnier le sujet?].  Dans la recherche complète de Bronstein sur la gravité quantique, publiée en 1936, la partie la plus fascinante était la différence essentielle entre l’électrodynamique quantique et la théorie quantique de la gravité. Il a montré que la limite quantique de la mesure serait évidente pour les particules ayant une certaine masse caractéristique, maintenant connue sous le nom de la masse de Planck. Puisque la gravité dans la relativité générale est décrite par la géométrie, Bronstein a conclu que la difficulté de quantifier la gravité a mis en question toute la nature de l’espace et du temps: « L’élimination des incohérences logiques … nécessite une reconstruction radicale de la théorie et en particulier , Le rejet d’une géométrie riemannienne traitant, comme nous l’avons vu, de quantités qui ne sont pas observables en principe, et peut-être aussi le rejet de nos concepts ordinaires de l’espace et du temps, en les remplaçant par des concepts beaucoup plus profonds et moins vifs. 

[Mais comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?: Le point de vue de quelques chercheursSheldon Glashow, dans « Le charme de la Physique », Lee Smolin, dans « Rien ne va plus en physique ! », Robert B. Laughlin, dans « Un univers différent », Gilles Cohen-Tannoudji, dans « Le boson et le chapeau mexicain », Edgar Gunzig dans « Histoire de l’histoire des origines » (article de l’ouvrage collectif « L’homme devant l’incertain » dirigé par Ilya Prigogine), Alain Aspect, et Une hypothèse sur l’origine quantique virtuelle de la gravitation entre particules de masse inerte]

Selon Carlo Rovelli il y a une façon simple de comprendre ce qui se passe Supposons qu’on veuille observer une région de l’espace extrêmement petite. Nous devons pour cela y placer un objet afin de marquer le point qu’on désire considérer, par exemple, plaçons y une particule. Mais Heisenberg nous dit qu’on ne peut localiser une particule de façon très précise dans le temps et que plus on cherche à localiser une particule quant à sa position, plus grande sera sa vitesse et sa tendance à s’échapper, donc plus grande sera son énergie  Mais l’énergie implique que l’espace se courbe. Mais si l’espace-temps se courbe trop, il se transforme en un trou noir. Lorsqu’elle tombe dans son propre trou noir, on ne la voit plus et on ne peut plus l’utiliser pour fixer une région de l’espace. 

Ce résultat est général. (voir en page 140 du livre). La mécanique quantique et la relativité générale, prises ensemble, implique qu’il existe une limite à la divisibilité de l’espace. Au-dessous d’une certaine échelle, plus rien n’est accessible, on atteint les limites ultimes de la physique actuelle, on pourrait même dire qu’il n’y a plus rien d’existant. Pour arriver à cette échelle, il suffit de calculer   la taille minimale d’une particule avant qu’elle ne tombe dans son trou noir. On arrive ainsi à la limite physique de l’observabilitéPour pouvoir observer une entité physique à une échelle de longueur \ell  avec un faisceau lumineux, il faut une lumière dont la longueur d’onde est de l’ordre de \ell . Chaque photon d’un tel faisceau a une énergie de l’ordre de {\displaystyle Mc^{2}=\hbar c/\ell }, énergie qui déforme l’espace-temps dans son voisinage. Le Rayon de Schwarzschild d’un tel photon sera alors {\displaystyle r_{0}=2\ell _{\mathrm {P} }/\ell }, où {\displaystyle \ell _{\mathrm {P} }} est la longueur de Planck. Si donc on cherche à explorer des échelles de longueur plus petites que {\displaystyle \ell _{\mathrm {P} }}, le photon sera un trou noir de rayon supérieur à cette longueur, et donc toute observation en-dessous d’une telle échelle est en réalité impossible1On explicite cette longueur à partir des unités de PlanckLa longueur de Planck est définie par :{\displaystyle \ell _{P}={\sqrt {\frac {\hbar G}{c^{3}}}}},

Dans cette égalité, on retrouve donc les trois constantes de la nature: la constante de Newton ({\displaystyle G=6{,}674\,08(31)\times 10^{-11}\;{\rm {m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}}}}), la vitesse de la lumière c = 299 792 458 m/s qui donne l’ouverture du présent étendu et la constante de Planck h = 6,63 . 10 -34 joules.seconde, qui fixe l’échelle de la granularité quantique.

La présence de ces trois constantes nous rappelle que nous regardons quelque chose qui a à voir avec la gravité (G), la relativité (c) et la mécanique quantique (h). Lee Smolin pense qu’on aurait dû appeler cette longueur longueur de Bronstein plutôt que longueur de Planck comme le rappelle le site http://chaours.rv.pagesperso-orange.fr/physique/Quant/string.htm 

(Gravité quantique : théorie des cordes et gravitation quantique à boucles)

C’est à cette échelle que se manifeste la gravité quantique, l’espace et le temps changent de nature. Ils deviennent un espace et un temps quantique. Tout le problème est d’en comprendre la signification. En effet, pour imaginer la longueur de Planck, faisons grandir avec Lee Smolin, une coquille de noix pour lui donner la taille de l’univers,  nous ne verrions pas encore la longueur de Planck. La longueur ainsi obtenue serait un million de fois plus petite que la coquille de noix initiale. C’est ce que Matveï Bronstein avait compris dans les années 1930, quand il rédige deux articles qui montrent que le relativité générale et la mécanique quantique sont incompatibles avec notre vision de l’espace-temps comme continuum infiniment divisible. [Gravitationsfelder,http://www.cpt.univ-mrs.fr/~rovelli/Bronstein.pdf (QUANTUM THEORY OF WEAK GRAVITATIONAL FIELDS1 By M. Bronstein.)]

A voir Matvei Bronstein et gravité quantique: 70ème anniversaire du problème non résolu dans le site: http://people.bu.edu/gorelik/cGh_Bronstein_UFN-200510_Engl.htm 

Mais Matveï Bronstein et Lev Landau, qui sont des communistes sincères deviennent perplexes quand Staline s’installe au pouvoir. Puis ils deviennent critiques et enfin hostiles. Landau s’en sort, pas facilement certes, mais il s’en sort. Mais Matveï est condamné à mort et exécuté le 18 février 1938! Il a 30 ans!

https://blogs.scientificamerican.com/guest-blog/why-is-quantum-gravity-so-hard-and-why-did-stalin-execute-the-man-who-pioneered-the-subject/ (Pourquoi la gravité quantique est-elle si difficile? Et pourquoi Staline a-t-il exécuté l’homme qui a été un pionnier sur le sujet? …Lev Landau, a entrepris de rechercher les fondements de la théorie quantique de l’électrodynamique.Ce qui gênait Landau était la question de savoir comment le célèbre principe d’incertitude de Heisenberg, combiné avec la relativité, s’appliquait aux champs électromagnétiques. Landau a affirmé qu’une telle incertitude relativiste rendait impossible la mesurer du champ à un moment donné. Et si vous ne pouvez pas mesurer le champ, même en principe, le concept d’un domaine a-t-il vraiment un sens? Si ce n’était pas le cas, l’approche de Pauli et Heisenberg s’effondra….C’est à ce moment-là qu’un ami proche de Landau, Matvei Bronstein, est entré dans la scène et a compris l’idée de Bohr mieux que Bohr)

          3-1-3) Jonh Wheeler.

Après Bronstein il y a eu Dirac, qui a consacré la dernière partie de sa vie à ce problème en introduisant des idées et des techniques sur lesquelles se fonde en grande partie les travaux actuels en gravité quantique (GRAVITATION QUANTIQUE : OÙ EN EST-ON ? par Aurélien Barrau), techniques grâce auxquelles on sait décrire un monde sans temps. Feynman a cherché à adapter à la relativité générale les techniques qu’il avait développés (les diagrammes de Feynman), mais n’y a pas réussi. Electrons et photons sont des quanta « dans l’espace » alors que dans la gravité quantique, c’est l’espace lui-même qui est quantifié. D’autres, comme Gérard’t Hooft et Martinus Weltman, prix Nobel en 1999 pour avoir montré la consistance des théories utilisées pour décrire les forces nucléaires (« pour l’élucidation de la structure quantique des interactions électrofaibles en physique1 »), cherchaient en fait à montrer la consistance de la gravité quantique, mais ils n’y sont pas parvenus. Ensuite de nombreux scientifiques ont participé à une longue construction collective, parmi lesquels on peut citer Chris J. Isham.et ses articles

Mais la personne qui a contribué plus que nul autre à accélérer la recherche sur la gravité quantique a été Jonh Wheeler, élève et collaborateur de Niels Bohr à Copenhague, collaborateur d’Einstein quand celui-ci s’est installé aux Etats-Unis. Il a eu comme étudiant Richard Feynman et a été au coeur de la physique du 20ème siècle. C’est lui qui a aussi inventé et rendu populaire le terme de trou noir pour désigner un objet céleste si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. Wheeler est lié aux recherches sur la façon de penser l’espace-temps quantique; il a bien assimilé la leçon de Bronstein pour qui les propriétés quantiques du champ gravitationnel impliquent une modification de l’espace à petite échelle. En cherchant des images pour penser cet espace-temps quantique, il l’a imaginé comme un nuage de géométries superposées. Pensons à une mer vue d’avion à très haute altitude, nous voyons une étendue plane bleue et uniforme. Si nous descendons, nous commençons à voir de grandes vagues soulevées par un vent qui souffle sur la surface de la mer. Descendons encore et nous voyons les vagues se briser à la surface qui devient striée d’écume. On peut l’écouter de sa bouche sur:  https://www.webofstories.com/play/john.wheeler/77;jsessionid=BD6E4ACDEC15C102A3FB72E36397DDBC

Wheeler a essayé de décrire cet espace agité, onde de probabilité de géométries différentes. C’est en 1966, qu’un jeune collègue, Bryce DeWitt, lui a fourni la clé. L’épisode est rappelé par DeWitt dans  .http://www.aip.org/history/ohilist/23199.html; à la demande de Wheeler au cours d’un voyage, DeWitt le rejoint à une correspondance à Raleigh Durham et lui montre l’équation d’une « fonction d’onde dans l’espace ». C’est une équation dans laquelle DeWitt a remplacé des dérivées par les opérateurs de dérivation dans l’équation de Hamilton-Jacobi  de la relativité générale [voir dans ce site comme exemple au chap. 3.2.1:  q˙ = {q, Htot[N¯]} = {q, p} ∂Htot ∂p , p˙ = {p, Htot[N¯]} = −{q, p} ∂Htot ∂q et voir https://arxiv.org/abs/gr-qc/0101003: une introduction à la cosmologie quantique; cele donne en pdf.   https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0101003.pdf  où on trouve l’hamiltonien en 2.2 l’action formule 2.17].

C’est ce que Shrödinger avait fait avec l’opérateur hamiltonien dans son premier travail pour obtenir son équation i\hbar {\frac  {d|\psi \rangle }{dt}}={\hat  {H}}|\psi \rangle  L’équation de Wheeler-DeWitt » est une sorte « d’équation des orbitales » de la relativité générale. Elle devrait déterminer la probabilité d’observer un espace courbe ou un autre.   Voir des explications et compléments dans le site:http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-avant-big-bang-12380/

http://www.astrosurf.com/luxorion/cosmos-quantique3.htm (la cosmologie quantique et l’équation de Wheeler-DeWitt)

L’équation de Wheeler-DeWitt« : Dans la gravité canonique, l’espace-temps est mis en folie dans des sous-variétés spatiales. Les trois métriques (c.-à-d. Métrique sur l’hypersurface) sont\ gamma _ {ij} et donné par

g _ {\ mu \ nu} \, \ mathrm {d} x ^ {\ mu} \, \ mathrm {d} x ^ {\ nu} = (- \, N ^ 2 + \ beta_k \ beta ^ k) \ , \ mathrm {d} t ^ 2 + 2 \ beta_k \, \ mathrm {d} x ^ k \, \ mathrm {d} t + \ gamma_ {ij} \, \ mathrm {d} x ^ i \, \ mathrm {d} x ^ j. Dans cette équation, les indices romains prenent les valeurs 1, 2, 3 et les indices grecs prennent les valeurs 1, 2, 3, 4. La trois-métrique \ gamma _ {ij} donne le champ, et nous désignons ses moments conjugués par \ pi ^ {kl}. L’hamiltonien est une contrainte (caractéristique de la plupart des systèmes relativistes)

\ mathcal {H} = \ frac {1} {2 \ sqrt {\ gamma}} G_ {ijkl} \ pi ^ {ij} \ pi ^ {kl} - \ sqrt {\ gamma} \, {} ^ {( 3)} \! R = 0où \ gamma = \ det (\ gamma_ {ij}) et G_ {ijkl} = (\ gamma_ {ik} \ gamma_ {jl} + \ gamma_ {il} \ gamma_ {jk} - \ gamma_ {ij} \ gamma_ {kl}) est la métrique de Wheeler-DeWitt.

La quantification «met des chapeaux» sur les variables; c’est-à-dire que les fonctions des nombres dans le cas classique deviennent des opérateurs qui modifient la fonction d’état dans le cas quantique. Ainsi, nous obtenons l’opérateur

\ widehat {\ mathcal {H}} = \ frac {1} {2 \ sqrt {\ gamma}} \ broadhat {G} _ {ijkl} \ widehat {\ pi} ^ {ij} \ widehat {\ pi} ^ {kl} - \ sqrt {\ gamma} \, {} ^ {(3)} \! \ widehat {R}. En travaillant dans « l’espace des position x », ces opérateurs sont

 \ hat {\ gamma} _ {ij} (t, x ^ k) \ à \ gamma_ {ij} (t, x ^ k) \ hat {\ pi} ^ {ij} (t, x ^ k) \ to -i \ frac {\ delta} {\ delta \ gamma_ {ij} (t, x ^ k)}.  On peut appliquer l’opérateur à une fonctionnelle d’onde générale de la métrique \ widehat {\ mathcal {H}} \ Psi [\ gamma] = 0  où:

 \ Psi [\ gamma] = a + \ int \ psi (x) \ gamma (x) dx ^ 3 + \ int \ int \ psi (x, y) \ gamma (x) \ gamma (y) dx ^ 3 dy ^ 3 + ... Ce qui donnerait un ensemble de contraintes parmi les coefficients \ psi (x, y, ...). Ce qui signifie que les amplitudes pour N gravitons à certaines positions sont liées aux amplitudes pour un nombre différent de gravitons à différentes positions. Ou on pourrait utiliser le traitement du formalisme sur deux champs \ omega (g) comme un champ indépendant, de sorte que la fonction d’onde est \ Psi [\ gamma, \ omega]   Dérivée de l’intégrale du chemin L’équation de Wheeler-DeWitt peut être dérivée d’une intégrale de trajet en utilisant l’ action gravitationnelle dans le paradigme de gravité quantique euclidienne : [3]Z = \ int {{}} {math}  

      Contrainte hamiltonienne. En parlant simplement, l’équation de Wheeler-DeWitt dit  où est la contrainte hamiltonienne dans la relativité générale quantifiée etreprésente la         fonction d’onde de l’univers .

       Contrainte Momentum \ vec {\ mathcal {P}} (x) \ left |  \ psi \ right \ rangle = 0 En fait, le principe de la covariance générale dans la        relativité générale implique que l’évolution globale en soi n’existe pas; le tempstest juste une étiquette    que nous attribuons à l’un des axes de coordonnées. Ainsi, ce que nous considérons comme l’évolution  du temps de tout système physique n’est qu’une transformation de jauge , similaire à celle  de QED induite par U (1) transformation de jauge locale \ psi \ rightarrow e ^ {i \ theta (\ vec {r})} \ psi où \ theta (\ vec {r})joue le rôle de l’heure  locale.

Cette équation sert d’appui pour pour tenter d’élaborer la théorie de la gravitation quantique, mais elle est pleine de problèmes sérieux. D’abord elle est mal définie au point de vue mathématique. Mais, plus embêtant, si on veut l’utiliser pour effectuer des calculs, on obtient vite des résultats infinis et dépourvus de sens. Mais surtout, dit Lee Smolin, on ne sait pas comment l’interpréter et on n’en comprend pas la signification exacte. Cette équation ne contient plus la variable qui indique le temps. Comment alors l’utiliser pour calculer quelque chose dans le temps et que signifie une théorie physique sans la variable temps? 

https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

Alexis de Saint-Ours)

https://www.espritsciencemetaphysiques.com/il-ny-a-pas-de-temps-il-ny-en-a-jamais-eu-et-il-ny-en-aura-jamais.html (Il n’y a pas de temps. Il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais. « On constate que le temps disparaît de l’équation de Wheeler-DeWitt », déclare Carlo Rovelli… « C’est un problème qui a intrigué beaucoup de théoriciens. Il se peut que la meilleure façon de penser à la réalité quantique soit d’abandonner la notion de temps, que la description fondamentale de l’univers doit être intemporelle. »

Peut-être que lorsque nous comprendrons mieux la conscience nous pourrons mieux comprendre le temps. La conscience est l’informe, le champ invisible d’énergie de la dimension infinie, le substrat de toute existence, indépendamment du temps, de l’espace et du lieu, auquel elle est indépendante mais dans lequel elle est aussi présente et progressivement intégrée. Elle englobe toute existence au-delà de toute limite, dimension, ou temps, et enregistre tous les événements, peu importe qu’ils soient infimes, comme une pensée fugace. La relation entre le temps et la conscience de la perspective humaine est limitée, alors qu’en fait elle est illimitée)

     3-2) Les premier pas des boucles.

Le blog de Motl à propos de Ashtekar: https://motls.blogspot.fr/2015/11/abhay-ashtekar-and-uniqueness-of-string.html (…En 1986 et 1987, Ashtekar a proposé que les problèmes de GR quantifiés disparaissent si vous réécrivez le champ métrique d’une manière inhabituelle en utilisant le champ de jauge et la gravité quantique en boucle est né. Ses deux articles originaux ont 1000 citations chacune, ce qui est correct, mais on peut trouver beaucoup de papiers révolutionnaires dans la théorie des cordes qui l’emportent en toute sécurité. Il est quelque peu fou de présenter LQG en tant que concurrent de toute la théorie des cordes – en ce qui concerne l’impact, il peut être au plus comparé à certains articles hors-top-dix définissant des « sous-champs » de la théorie des cordes…)

https://motls.blogspot.fr/2005/07/strings-as-microsoft.html?m=1 (Le monde supersymétrique d’un point de vue conservateur)

https://motls.blogspot.fr/2014/06/sabine-began-to-understand.html?m=1 (Même Sabine Hossenfeldera commencé à comprendre pourquoi chaque théorie avec les spectres discrets des zones élimine inévitablement un cadre préféré et casse la symétrie de Lorentz…)

C’est vers la fin des années 1980 que quelques solutions de l’équation de Wheeler-DeWitt apparaissent. Abhay Ashtekar a contribué à réécrire l’équation de wheeler-DeWitt sous une forme plus simple (voir ci-dessous, les variables d’Ashketar) et Lee Smolin avec Ted Jacobson comptait parmi les premiers à avoir entrevu ces étranges solutions de l’équation. Ces solutions ont une particularité, elles dépendent de lignes fermées dans l’espace (Solutions de forme fermée de l’équation de Wheeler-DeWitt dans un modèle cosmologique de champ scalaire par symétrie de Lie

Voir aussi: https://arxiv.org/abs/1408.0710 (par Eyo Ita , Chopin Soo, Des solutions exactes de l’équation Wheeler-DeWitt et de la construction Yamabe el l’invariant de yamabehttps://arxiv.org/pdf/1408.0710.pdf

Or, une ligne fermée est une boucle. On parvenait ainsi à écrire une solution de l’équation de Wheeler-DeWitt pour chaque ligne fermée sur elle-même. La « théorie des boucles » était née. Elle allait devenir « la gravité quantique à boucles ».

Les variables d’Ashketar:

http://www.scholarpedia.org/article/Ashtekar_variables (Dans l’esprit de Scholarpedia , cet article invité s’adresse aux étudiants et aux jeunes chercheurs. Il fournit la motivation et le matériel de fond, un résumé des principales idées physiques, des structures mathématiques et des résultats et un aperçu des applications des variables de connexion pour la relativité générale. Ces variables sous-tendent à la fois les approches canoniques / hamiltonien et spinfoam / chemin intégral dans la gravité quantique en boucle )

https://en.wikipedia.org/wiki/Ashtekar_variables (Les variables Ashtekar fournissent ce qu’on appelle la représentation de la relation de la relativité générale canonique, ce qui a conduit à la représentation en boucle de la relativité générale quantique [3] et, à son tour , à la gravité quantique en boucle et à la théorie de l’holonomie quantique. [4])

http://fma.if.usp.br/~amsilva/cq910902.pdf (Ashtekar formulation of general relativity and loop-space non-perturbative quantum gravity: a report Carlo Rovelli)

https://hal-univ-diderot.archives-ouvertes.fr/hal-01023613/document (Loop Quantum Cosmology with Complex Ashtekar Variables Jibril Ben Achour, Julien Grain, Karim Noui)

     3-3 Quanta d’espace.

          3-3-1) Généralités et présentation.

figure 1 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg.htm

Quelle est la signification de ces solutions trouvées par Lee Smolin et Jacobson pour l’équation de Wheeler-DeWitt? Ce sont les lignes de Faraday du champ gravitationnel: 

Pour Richard P. Feynman : « L’un des aspects les plus curieux de la théorie de la gravitation, c’est qu’elle admet à la fois une interprétation en termes de champ et une interprétation géométrique… La géométrisation implique une immédiateté des forces alors qu’un champ se caractérise par des ondes gravitationnelles qui se transmettent à la vitesse de la lumière. En tout cas, particulariser la gravitation en l’assimilant à une déformation de l’espace est un obstacle à l’unification des forces électro-magnétiques et de la gravitation, comme le note Einstein lui-même. Ce qui particularise la gravité et permet d’assimiler le champ gravitationnel à une courbure de l’espace, c’est l’absence de pôles négatif et positif dans la gravitation contrairement aux forces électromagnétiques (de spin 1/2 ou 1) »

Louis de Broglie, dans « Le dualisme des ondes et des corpuscules dans l’œuvre d’Albert Einstein » :

« La théorie de la Relativité, tant sous sa forme générale que sous sa forme primitive dite « restreinte », cherche à représenter tout l’ensemble de la réalité physique à l’aide de « champs », c’est-à-dire de grandeurs satisfaisant à certaines équations aux dérivées partielles et variant continûment dans tout l’espace au cours du temps, donc fonctions continues en tout point de l’espace-temps. »

Gilles Cohen-Tannoudji écrit : « Les équations de la relativité générale s’expriment dans un espace-temps dont la métrique, variant de pont en point, peut être représentée par un champ … le champ gravitationnel produit par la matière ! Il est tout à fait remarquable que cette dialectique de la symétrie et de la dynamique fonctionne aussi pour toutes les autres interactions fondamentales, dans le cadre de la théorie quantique des champs. »

Mais la différence, c’est que lorsqu’on s’approche de la longueur de Planck, nous sommes ici en théorie quantique où tout est discret et quantifié et plus dans un continuum espace-temps. 

La deuxième nouveauté, c’est qu’il n’est pas question de champs immergés dans l’espace, mais de la structure même de l’espace. Ces lignes de Faraday du champ gravitationnel sont les fils dont l’espace est tissé. La figure 1 ci-dessus est une tentative pour en donner une idée intuitive de la structure discrète de cet espace.

Mais de jeunes physiciens tels l’argentin Jorge Pullin et le polonais Jurek Lewandowski (voir Ruediger Vaas: au-delà de l’espace et du temps) ont vite compris que la clé pour comprendre la physique de ces solutions réside dans les points où ces lignes se touchent: les noeuds. Les segments entre un noeud et un autre sont appelés des liens et un ensemble de liens forme un graphe, c’est à dire un ensemble de noeuds reliés par les liens.

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http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm

 figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens et à droite les grains d’espace que le graphe représente. 

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Un calcul montre que l’espace physique n’a pas de volume, à moins qu’il n’y ait des noeuds. et c’est dans les noeuds du graphe et non dans les liens que se « situe » le volume de l’espace. Les liens, eux, relient les volumes. Mais il faudra encore plusieurs années pour que tout cela s’éclaircisse. Il a fallu transformer la mathématique approximative (c’est Carlo Rovelli qui le dit) en une structure mathématique cohérente et bien définie pour pouvoir effectuer des calculs.  

          3-3-2) Spectre de volume et d’aire.

Cela a permis d’obtenir des résultats précis. Le sens physique de ces graphes a été précisé par le calcul des spectres de volume et d’aire. Prenons une région d’espace, par exemple la pièce dans laquelle je suis en train d’écrire en ce moment. Quelle est la grandeur de cet espace? Sa dimension est donnée par le volume de cet espace. C’est une quantité géométrique qui dépend de la géométrie de cet espace. Comme nous l’avons vu, c’est le champ gravitationnel. Le volume est donc une variable (v) du champ gravitationnel. C’est la quantité de champ gravitationnel compris en les murs de ma pièce. Mais le champ gravitationnel est une quantité physique et, comme toute quantité physique, il est soumis aux règles de la mécanique quantique. Et en particulier, le volume ne peut pas prendre des valeurs arbitraires, il est quantifié. La liste des valeurs possibles s’appelle le « spectre ». Donc, il doit exister un spectre du volume.

C’est Dirac qui a donné la recette pour calculer le spectre de n’importe quelle variable (la liste des valeurs possibles que cette variable peut prendre). Voir quelques notions sur le formalisme de Dirac dans 

http://sites.unice.fr/site/kastberg/My_Sites/MQL2/Cours_files/LNotes7.pdf.

Pour le spectre de volume et d’aire de la gravité quantique, le calcul a demandé du temps et a coûté beaucoup d’efforts raconte Carlo Rovelli. Il a été achevé au milieu des années 1990. La réponse, on s’en doute, est que le spectre du volume est discret. Le volume d’espace, donc le champ gravitationnel ne peut donc être formé que de paquets « discrets », un peu comme l’énergie du champ électromagnétique, formé de paquets discrets, les photons.

Les noeuds du graphe représentent les paquets discrets de volume et tout comme les photons, paquets d’énergie, ils ne peuvent avoir que certaines dimensions particulières, qu’on peut calculer. Chaque noeud n du graphe a un volume vn, c’est un quantum élémentaire dont est fait l’espace. Cela donne la structure qui est illustrée par la figure 1 ci-dessus du chapitre 4-1. Dans ce dernier chapitre, nous avons vu que les liens sont les quanta individuels des lignes de Faraday du champ gravitationnel. Si on imagine 2 noeuds comme 2 petites régions de l’espace, ces 2 régions seront séparées par une petite surface dont la dimension est donnée par son aire. C’est la seconde quantité, après le volume, qui caractérise les réseaux quantiques d’espace. Donc les états quantiques de la gravité sont indiqués par un vecteur |jl, vn> dans la notation de Dirac.

Comme le volume, l’aire est une variable physique, qui a donc un spectre qu’on peut calculer à l’aide des recettes de Dirac. Les valeurs possibles de l’aire sont données par la formule 1 encadré 2 dans l’article De la gravitation quantique de Carlo Rovelli, c’est à dire A=8.pi.(Lp carré).[racine j(j+1)] où j est un semi-entier comme 0, 1/2, 2, 3/2, 5/2 …

Dans cette formule, A est l’aire que peut avoir une surface qui sépare deux grains d’espace.

Lest la longueur de Planck, L est l’aire d’un petit carré ayant cette longueur. 8.pi.Lp² est donc une constante.

Par contre, la partie sous la racine dépend de j le nombre quantique de spin, de valeur semi-entière. Il existe donc une valeur minimale des quanta d’espace, de l’ordre de  Lp²= h/2pi*G/(c puissance 3) soit 10 puissance -66 centimètres carrés. Mais le point clé est j ne peut avoir que des valeurs multiples de 1/2. Pour chacune d’elles, la racine a une certaine valeur rapportée approximativement dans le tableau ci-dessous:

Spin et valeur correspondante de l’aire en unités d’aire minimale:

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                       j                     racine j(j+1)                                                                                                       1/2                            0,8                                                                              

                    1                            1,4                                                                                  

                  3/2                           1,9                                                                                                               2                             2,4                                                                                  

                  5/2                           2,9                                                                                   

                  3                              3,4  

 ________…______________…_______________________________________________

En multipliant les nombres de la deuxième colonne (droite) par l’aire 8*pi*L, on obtient les valeurs possibles pour l’aire de la surface qui sépare les 2 régions formées par les 2 noeuds en question. .Cela rappelle les valeurs qui apparaissent dans l’étude des atomes et de leurs orbitales [Chaque orbitale atomique est définie par un triplet (nm) unique de nombres quantiques qui représentent respectivement l’énergie de l’électron, son moment angulaire et la projection de ce moment angulaire sur un axe donné. Chacune de ces orbitales peut être occupée par au plus deux électrons différant l’un de l’autre par leur spin s]

Le point clé est qu’il n’existe pas d’autres aires que celles-là. Par conséquent, l’aire n’est pas continue, mais granulaire et il n’existe pas une aire arbitrairement petite. Si à notre échelle l’espace paraît continu, c’est parce qu’on ne voit pas les mailles, qui sont trop petites. Par exemple dans l’aire d’une page de livre d’environ 200 cm², le nombre de liens du réseau (de boucles) se compte par un nombre constitué d’environ 70 chiffres. 

          3-3-3) Résumé.

La gravité quantique à boucles combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n’utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu’elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l’espace n’est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l’a comparée à « un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord ». La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c’est  à dire qu’ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l’espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d’espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d’autres champs. C’est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d’espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d’Einstein. Nous allons maintenant décrire ces atomes d’espace .

          3-3-4 Les atomes d’espace.

Faisons un retour vers Achille poursuivant la tortue et les paradoxes de Zénon qui affirme qu’Achille ne rattrapera jamais la tortue (Zénon nous montre qu’espace et temps, qu’ils soient divisibles à l’infini (continus) ou composés d’indivisibles, d’atomes, ne peuvent pas nous permettre de penser logiquement le mouvement, phénomène que tout un chacun peut constater. Ce n’est donc, pour lui, qu’une illusion). Les infinis ont toujours hanté les mathématiques comme en témoigne le paradoxe de l’hôtel de Hilbert dont le mathématicien allemand David Hilbert (1862 – 1943) se servait souvent au cours de ses conférences pour illustrer les propriétés contre-intuitives des ensembles infinis. Georg Cantor, autre mathématicien allemand (1845 – 1918) fut quant à lui le premier à aborder la notion « d’infinités d’infinis », tout en ouvrant ses travaux, purement mathématiques, aux débats philosophiques.

Les Grecs avaient malgré tout compris la notion de convergence. Tel Archimède, montrant que l’on pouvait enfermer un cercle entre deux polygones réguliers, l’un intérieur (inscrit), l’autre extérieur (circonscrit), et que, en multipliant le nombre de leurs côtés – à l’infini -, les deux polygones finissaient par se confondre avec le cercle. Le cercle constitue donc un aboutissement concret, tangible, de l’infini. Maintenant en mathématiques, le traitement des séries convergentes ne pose .plus de problème. On montre comment un nombre infini d’intervalles de plus en plus petits peuvent constituer un intervalle total fini par des critères de convergence.

Mais est-ce bien ce qui se passe dans la nature? Existe t-il des intervalles entre Achille et la tortue arbitrairement courts. On vient de voir que le calcul des spectres quantiques des quantités géométriques répond négativement à cette question, il existe une limite inférieure à la divisibilité de l’espace. nous avons vu au chapitre 3-1-2 que c’est ce qu’avait pensé Matveï Bronstein dans les années 1930 en se fondant sur des arguments approximatifs. C’est ce que confirme le calcul des spectres d’aire et de volume fondé seulement sur l’application des équations de Dirac aux variables de la relativité générale.en inscrivant l’idée dans une formulation mathématique. L’espace est granulaire et Achille ne peut effectuer un nombre infini de sauts pour rattraper la tortue, car il n’existe pas de sauts infiniment petits. Il s’en rapprochera de plus en plus et à la fin, il ne pourra que le rattraper en un seul bond. C’est en fait ce que proposaient Leucippe et Démocrite (environ 460-370 avant J.-C.). En fait ils parlaient de la structure granulaire de la matière, mais nous ne savons pas bien ce qu’ils disaient sur la structure de l’espace. Nous disposons pas de leurs écrits mais seulement le contenu vague de citations des autres. Mais l’argument de Démocrite sur l’incohérence de l’idée de continu comme un ensemble de points, rapporté par Aristote (voir Aristote et Démocrite) s’applique même mieux à l’espace qu’à la matière. 

          3-3-5) Réseaux de spin (pages 156 à 159).

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_spin

Revenons maintenant à la gravité quantique. Nous avons vu au chapitre 3-3-2) que les graphes qui décrivent les états quantiques de l’espace sont caractérisés par un volume v pour chaque noeud et un nombre semi-entier j/2 pour chaque lien. Un graphe avec ces nombres associés s’appelle un Réseau de spin.

[Les nombres (j/2) s’appellent des spins (Le spin est un opérateur vectoriel hermitien  comportant trois composantes, notées usuellement  et  par référence aux trois axes de coordonnées cartésiennes de l’espace physique. Ces composantes sont des observables vérifiant les relations de commutations caractéristiques d’un moment cinétique9 :
où \epsilon _{{ijk}} est le symbole de Levi-Civita et
\left[{\hat  S}^{2},{\hat  S}_{i}\right]=0. Il existe pour l’opérateur spin une base de vecteurs propres notés |s,m_{s}\rangle , où s est entier ou demi-entier, et m_s est un entier ou demi-entier prenant l’une des 2s+1 valeurs -\,s\leq m_{s}\leq s, tels que :

{\hat  {S}}^{2}\ |s,m_{s}\rangle \ =\ s(s+1)\,\hbar ^{2}\ |s,m_{s}\rangle \qquad (1)

{\hat  {S}}_{z}\ |s,m_{s}\rangle \ =\ m_{s}\,\hbar \ |s,m_{s}\rangle \qquad (2)]

Voir aussi http://www.matierevolution.fr/spip.php?article923 ou http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=8044 (De façon générale, un objet possède un spin s s’il est invariant sous une rotation d’angle 2pi/s)

Un réseau de spin représente un état possible de l’espace, un espace granulaire où volume et aire sont discrets. On utilise souvent une image d’un quadrillage pour représenter l’espace. Mais ici, il n’y a plus d’espace continu, l’espace est naturellement granulaire. 

La différence (cruciale) avec les photons, quanta du champ EM, c’est que les quanta du champ EM « vivent » dans l’espace, alors que les quanta d’espace sont eux-mêmes l’espace. Ils n’ont pas de lieu, ils sont eux-mêmes le lieu, l’espace. 

Rappel: le nombre quantique des états des photons dans l’espace de fock est l’impulsion  p, la transformée de Fourier de la position x. L’espace de Fock est un espace de Hilbert utilisé en physique quantique pour décrire les états quantiques avec un nombre variable ou inconnu de particules. L’espace de Fock se définit comme l’espace de Hilbert obtenu par la somme directe des produits tensoriels des espaces de Hilbert pour une particuleliens: http://www.nicolasbouleau.eu/histoire-des-sciences/espace-de-fock/ (A propos de l’espace de fock)http://perso.ens-lyon.fr/francois.delduc/Chapitre_2.pdf (seconde quantification)http://ahmed.youssef.free.fr/SCOL/Youssef%20-%20Hamiltonien%20et%20Espace%20de%20Fock%20de%20la%20Group%20Field%20Theory.pdf (Hamiltonien et Espace de Fock de la Group Field Theory Gravitation Quantique)

Une autre information caractérise ces quanta d’espace, c’est celle sur les autres quanta d’espace adjacents, c’est à dire: qui est voisin de qui? Cette information est exprimée par les liens du graphe. Deux noeuds (quanta d’espace) reliés par un lien sont deux quanta d’espace voisins, deux grains d’espace qui se touchent. C’est ce contact qui construit la structure de l’espace. La localisation des quanta d’espace n’est pas définie par rapport à quelque chose, mais seulement par les liens et seulement en relation les uns avec las autres. On peut se déplacer d’un grain d’espace à un grain adjacent jusqu’à clore un circuit en revenant au grain de départ: on a décrit une boucle. Ce sont les boucles originelles de la théorie de la gravitation quantique. On peut montrer que la courbure de l’espace peut être mesurée en déterminant si une flèche transportée parallèlement à elle-même (transport parallèle) revient à sa position initiale ou non. Voir la figure suivante et les explications dans https://dournac.org/sciences/tensor_calculus/node39.html et des notions de courbure dans http://settheory.net/fr/courbure

Déplacement le long d’un triangle sphérique (https://dournac.org/sciences/tensor_calculus/node39.htmll)
Transport parallèle. En géométrie différentielle, la connexion est un outil pour réaliser le transport parallèlehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Connexion_(math%C3%A9matiques)

Les mathématiques de la théorie des boucles déterminent cette courbure pour chaque circuit fermé sur le graphe, ce qui permet d’évaluer la courbure de l’espace-temps et donc la force du champ gravitationnel: L’opérateur conjugué à la géométrie de l’espace granulaire est l’holonomie de la connexion gravitationnelle (l’holonomie d’une connexion sur une variété différentielle est une mesure de la façon dont le transport parallèle le long de boucles fermées modifie les informations géométriques transportées). En termes physiques c’est une boucle de wilson pour la relativité générale (En théorie de jauge, une boucle de Wilson est une observable invariante de jauge obtenue à partir de l’holonomie de la connexion de jauge autour d’une boucle donnée. Dans les théories classiques, l’ensemble de toutes les boucles de Wilson contient assez d’information pour reconstruire la connexion de jauge, à une transformation de jauge près). Le site astrosurf.com précise dans le chapitre réseau de spin, que les réseaux de spin apparaissent comme une généralisation des boucles de Wilson de la relativité générale nécessaire pour gérer les intersections de boucles, c’est à dire les noeuds du graphes donc les quanta d’espace comme on l’a vu précédemment.

Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.

     -L’évolution des réseaux de spin n’est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Ce point sera examiné dans mon article à venir: « le temps n’existe pas« . 

     -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une « grille » laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l’espace sur les choses. C’est la leçon d’Einstein à propos de l’espace absolu de Newton. Heisenberg nous l’a aussi appris, entre une interaction et une autre, l’électron n’est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l’espace n’est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.

A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu’à l’échelle de Planck (mais existe t-elle?), l’espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l’espace est créé par l’interaction de quanta individuels de gravité. 

Un des scientifiques qui a développé le plus à fond la compréhension de la géométrie quantique est Simone Spezialechargé de recherche, CNRS, au centre de physique théorique à Marseille Luminy, dans l’équipe de carlo Rovelli. 

Liens à voir: http://www.science-inter.com/Pages%20AEIS/Comptesrendus/Gravit%C3%A9%20quantique%20%C3%A0%20boucles%20relue%20IHL.pdf: Simone SPEZIALE se propose de donner l’esprit qui anime l’équipe de recherche de Luminy, sur la gravité quantique et plus spécialement la gravité quantique à boucles)

Autres liens: Télécharger l’entretien de Simone Speziale sur la gravité quantique à boucles: http://podcast.quadriviumradio.com/physique/simone-speziale/

C. Rovelli, S’affranchir du temps, Pour la Science – N°397 – novembre 2010.

L. Smolin, Des atomes d’espace et de temps, Pour la Science N°316 – février 2004.

Après ce résultat central de la gravité quantique (la structure discrète de l’espace formé par par les quanta d’espace), nous pouvons passer au deuxième aspect qui concerne l’évolution des réseaux de spins qui, rappelons le, est probabiliste. Ce deuxième aspect concerne le temps. Ce sera l’objet de mon prochain article: « le temps n’existe pas ».

liens:

Gravitation quantique:

http://www.scholarpedia.org/article/Ashtekar_variables (Dans l’esprit de Scholarpedia , cet article invité s’adresse aux étudiants et aux jeunes chercheurs. Il fournit la motivation et le matériel de fond, un résumé des principales idées physiques, des structures mathématiques et des résultats et un aperçu des applications des variables de connexion pour la relativité générale. Ces variables sous-tendent à la fois les approches canoniques / hamiltonien et spinfoam / chemin intégral dans la gravité quantique en boucle )

https://en.wikipedia.org/wiki/Ashtekar_variables (Les variables Ashtekar fournissent ce qu’on appelle la représentation de la relation de la relativité générale canonique, ce qui a conduit à la représentation en boucle de la relativité générale quantique [3] et, à son tour , à la gravité quantique en boucle et à la théorie de l’holonomie quantique. [4])

http://fma.if.usp.br/~amsilva/cq910902.pdf (Ashtekar formulation of general relativity and loop-space non-perturbative quantum gravity: a report Carlo Rovelli)

https://hal-univ-diderot.archives-ouvertes.fr/hal-01023613/document (Loop Quantum Cosmology with Complex Ashtekar Variables Jibril Ben Achour, Julien Grain, Karim Noui)

https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf (Boucles et Mousses de Spin en Gravité Quantique : une Approche Covariante à la Quantification Non-Perturbative de la Relativité Générale)

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850 Lee Smolin et la physique contemporaine

https://www.unil.ch/files/live/sites/philo/files/shared/philosophie_des_sciences/Lam/Aspects_structuraux_de_l_espace-temps.pdf 1. Introduction 2. La représentation géométrique standard de l’espace-temps 3. Invariance de jauge et indépendance de fond 4. Réalisme structural et espace-temps 5. Identité structurale des points de l’espace-temps 6. Structure des observables 7. Métaphysique de l’espace-temps 8. Conclusion

http://www.matierevolution.org/spip.php?article4902 (Lee Smolin and Modern Physics – Lee Smolin et la physique contemporaine)

http://casar.pagesperso-orange.fr/Gravitation%20quantique.htm (voir l’approche canonique du superespace au formalisme des boucles …équation de wheeler-dewitt: Y[h] = G2 [hik hjl + hjk hil – hij hkl] (d2Y/dhijdhkl) + det(h) R3[h] Y[h] = 0)

https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique

Alexis de Saint-Ours)

http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la gravitation quantique à boucles, un espace-temps discontinu)

http://pubs.sciepub.com/amp/2/3/3/ (Nouvelle solution de la théorie Wheeler-DeWitt Lukasz Andrzej Glinka)

http://www.astrosurf.com/luxorion/cosmos-quantique3.htm (la cosmologie quantique et l’équation de Wheeler-DeWitt) 

https://decitre.di-static.com/media/pdf/feuilletage/9/7/8/2/3/1/1/0/9782311010985.pdf (Les principes variationnels en physique par Jean-Louis Basdevant)

(UN UNIVERS STATIQUE DONT LE TEMPS N’EXISTE PAS ?, C’EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog?com l’équation de wheeler-dewitt)

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-avant-big-bang- 12380/ (La cosmologie est sans aucun doute la science dont les implications philosophiques sont les plus importantes. Avec la question du rapport exact de l’esprit et de la matière, quoi de plus fondamentale que celle de l’origine de l’espace, du temps et de la matière qu’ils contiennent ? Pour répondre à toutes ces questions, il faudrait disposer d’une théorie quantique de la gravitation. Les approches les plus prometteuses sont celles de la théorie des cordes et celles de la Gravitation Quantique à Boucles (en anglais Loop Quantum Gravity soit LQG). Martin Bojowald est l’un des pionniers de l’application de cette dernière à la cosmologie et il vient d’exposer dans Nature les derniers résultats qu’il a obtenus. L’Univers pourrait passer périodiquement par des phases d’oscillations avec « rebonds », avec une série sans commencement ni fin de Big Bang et de Big Crunch, un modèle rappelant certaines cosmologies Hindous)

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (carlo rovelli: de la gravitation quantique à boucles)

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (de la gravitation quantique à boucles par carlo rovelli)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gravitation_quantique_%C3%A0_boucles: historique: Le plus grand défi de la théorie quantique à boucles fut d’expliquer, dès son début, une façon dont émerge l’espace-temps classique. Les principaux résultats de la gravité quantique à boucles, démontrés à l’aide de théorèmes rigoureux, sont les suivants8 : la géométrie quantique est finitaire et les aires et les volumes viennent en quantités discrètes,

quand on calcule les probabilités pour que les géométries quantiques évoluent en histoires différentes, celles-ci sont toujours finies dans une formulation de la théorie dénommée « modèle de Barrett-Crane », et quand la théorie est couplée à une théorie de la matière, comme le modèle standard de la physique des particules, les infinis qui y apparaissent habituellement sont tous rendus finis. 

https://cds.cern.ch/record/324729/files/9704061.pdf (Critique of the Wheeler-DeWitt equation Asher Peres)

http://people.bu.edu/gorelik/cGh_Bronstein_UFN-200510_Engl.htm (Matvei Bronstein et gravité quantique: 70ème anniversaire du problème non résolu)

https://www.revolvy.com/topic/CGh%20physics&uid=1575 ( suivant les idées de Matvei Petrovich Bronstein et George Gamow . Les lettres sont les symboles standard pour la vitesse de la lumière (c), la constante gravitationnelle (G) et la constante de Planck (h))

https://www.edge.org/3rd_culture/smolin03/smolin03_index.html (lee smolin: la gravite quantique à boucles -6 pages)

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/par-dela-le-visible-la-realite-du-163046 (Par delà le visible. La réalité du monde physique et la gravité quantique, Carlo Rovelli)

http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (par rovelli au cnrs: de la gravitation quantique à boucles)

http://bdugue.typepad.com/a/2015/02/le-monde-vu-depuis-de-la-gravit%C3%A9-quantique-par-carlo-rovelli.html (Le monde vu depuis de la gravité quantique par Carlo Rovelli article de bernard dugué)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-monde-vu-depuis-la-gravite-163489 (le monde vu depuis la gravité quantique par carlo rovelli, article de bernard dugué

https://monblogdereflexions.blogspot.fr/2016/10/dapres-aurelien-barrau-univers.html (voir chap 2-2 à propos de carlo rovelli: L’auteur n’accorde pas une grande importance au principe holographique (patronage d’Anaxagore ou Hermès)

http://www.doublecause.net/index.php?page=Revolution_Incomplete.htm (Dans l’introduction d’un livre sur la gravité quantique (Unfinished revolution, 11 décembre 2013), Carlo Rovelli fait un excellent point sur l’état de la recherche en physique moderne et sur la crise qui affecte notre compréhension du monde physique. Je traduis ici et commente quelques citations de cette introduction disponible sous forme

http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la gravitation quantique à boucles, un espace-temps discontinu)

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php (À la poursuite de l’espace-temps quantique L’espace et le temps émergeraient de l’intrication quantique de minuscules bribes d’information : telle est l’audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit. Clara Moskowitz

http://www.normalesup.org/~baglio/physique/tipe2005.pdf (De la mécanique galiléenne à la relativité restreinte)

http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas2.htm (et si le temps n’existait pas?) https://actualite.housseniawriting.com/science/2016/01/24/letrangete-quantique-est-une-matiere-du-temps/12952/ (L’étrangeté quantique est une matière du temps Les sauts quantiques connectent des moments différents dans le temps. Cela suggère que ce sont les liens quantiques, et non l’espace-temps, qui constitue la structure fondamentale de l’univers)

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-planck-nouvel-eclairage-gravitation-quantique-espere-aurelien-barrau-45390/ (Planck : un nouvel éclairage sur la gravitation quantique espère Aurélien Barrau Les premiers résultats de Planck en cosmologie ont été publiés. Ils sont intrigants, confortant le modèle standard d’un côté et remettant en question la pertinence des cosmologies inflationnaires de l’autre. Peut-être est-on à la veille de découvrir d’incontestables traces d’une nouvelle physique, comme celle de la gravitation quantique)

Autres articles de bernard dugué: 

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2-la-gravite-quantique-elaboree-178582 (2 La gravité quantique élaborée comme une physique de l’information pa rbernard dugue)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-grande-explication-194928 (la crise: La grande explication philosophique avec Einstein, Darwin et Heidegger par bernard dugué)

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/gravite-quantique-le-plus-grand-178414  (Gravité quantique, le plus grand défi scientifique du 21ème siècle  par bernard dugué)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-grande-crise-scientifique-et-194775 ((la grande crise scientifique… et plus, du XXIème siècle par bernard dugué)

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/les-desillusions-quantiques-ou-183409 (Les désillusions quantiques ou comment la science moderne a échoué à comprendre le monde par Bernard Dugué)

Mousses de spin:

http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (mousses de spin en gravité quantique Ecole Normale Supérieure de Lyon STAGE 2006-2007)

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Charles2013.pdf (renormalisation des modèles de mousses de spin) 

http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles voir http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm (la gravitation de l’antiquité à nos jours)

https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/ (La gravité quantique à boucles, voir la méthode de dirac de la quantification)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139918943449942.pdf (théorie quantique des champs – la quantification canonique de Dirac)

Cosmologie quantique: http://lpsc.in2p3.fr/barrau/aurelien/Astronomie36.pdf (Aurélien Barrau et Francesca Vidotto: cosmologie quantique)

courbure géométrie: https://www-fourier.ujf-grenoble.fr/~faure/enseignement/geometrie_topologie_M2/article_bourguignon.pdf (transport parallèle et courbure en géométrie et en physique)

Autres liens:

http://plus.lefigaro.fr/note/lhyperespace-ou-se-forment-les-moments-de-conscience-20120920-1204551 (Penrose:L’HYPERESPACE OÙ SE FORMENT LES MOMENTS DE CONSCIENCE)

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88 (matière et révolution, plan du site)

http://ljaeger.ibnogent.org/uploads/articles/tout%20expliquer%20Wheeler.pdf (LA VOLONTÉ DE TOUT EXPLIQUER : JOHN WHEELER ET L’UNIVERS COMME « CIRCUIT AUTO-EXCITÉ » wheeler et sa vision de la réalité).

https://arxiv.org/abs/0905.2658 (par Jacques Distler , Skip Garibaldi, il n’y a pas de théorie du tout à l’intérieur de Ex8, réponse à garett lisi : https://arxiv.org/pdf/0905.2658.pdf)

http://www.20minutes.fr/sciences/195467-20071119-surf-a-theorie-tout (du surf à la théorie du tout de garett lisi)

http://cosmobranche.free.fr/EspritMatiere.htm: l’esprit, la matière, l’énergie

http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/h-e-la-matiere-n-existe-pas-tout-n-130658Bernard dugué:  H (Ψ) = E Ψ : La matière n’existe pas ; tout n’est que forme et énergie

La renaissance du temps article 7 (Lee Smolin Partie II chap. 14)



La renaissance du temps article 7 (Lee Smolin Partie II chap. 14)

La renaissance du temps par la relativité

The singular universe and the reality of time

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/136/smolin.htm

(Time Reborn: From the Crisis in Physics to the Future of the Universe)

http://www.paris8philo.com/article-33714241.html: à propos de rien ne va plus en physique: billet de Jean Zin, pour une physique pluraliste, qui nous paraît essentiel pour comprendre les enjeux des théories physiques actuelles qui souvent tendent vers l’impossible, hors toute avancée, toute brèche se fait par dissymétrie, sans souci du qu’en-dira-t-on il suffit de voir l’attitude de Grigori Perelman, si non-chalante vis-à-vis de la communauté scientifique, ou devrait-on dire l’etablishment. Jean Zin reste un grand guetteur de ce qui se passe en science, nous vous recomandonsses articles.

Préambule: Ceci est la suite des articles de mon blog à propos des univers multiples d’Aurélien Barrau pour les quels je retiens ici les commentaires suivants: 

D’après Aurélien Barrau, Univers multiples Chap 1)les propositions nouvelles face aux problèmes et paradoxes de la physique « peuvent constituer une « pulsion inchoactive » qui poussera vers une découverte sans précédent ou bien vers un réenchantement de ce que l’on savait déjà sans en avoir pris la « dé-mesure » et finalement vers une nouvelle sacralisation du « monde ».
D’après Aurélien Barrau, Univers multiples. La gravitation quantique chp. 9 L) Conclusion:
Cet article fait suite à mon article « D’après Aurélien Barrau, Univers multiples Chap 1) » que j’avais écrit: aujourd’hui, la physique est en crise, le monde est en crise. Avec Lee Smolin et son « rien ne va plus en physique« , Carlo rovelli Parle de la schizophrénie bipolaire des physiciens (voir une révolution inachevée). La vision anthropique de Trin Xhuan Thuan et ma vision évangélique du monde, qui s’origine dans les mythes de l’Un et de l’ordre, émergeant du Chaos initial, semblent exclus de la vision de bien des physiciens et cosmologues qui découvrent, comme l’a fait Jean Pierre Luminet, que l’Univers ne peut avoir été infiniment dense et donc que le big bang ne peut avoir été tel qu’on se l’imaginait depuis de nombreuses décennies. La possibilité d’un avant big bang a été mise en évidence avec un univers précédent qui se serait condensé jusqu’à une taille extrêmement petite mais non nulle et qui aurait « rebondi » en un big bounce pour donner notre Univers actuel en expansion après le phénomène d’inflation cosmique. Un des derniers rebondissements de ces recherches, avec Lee Smolin, pourrait bien aboutir avec sa « renaissance du temps » à une solution de la contradiction entre la physique quantique et la théorie de la relativité. A priori, ce serait une théorie unifiée des interactions fondamentales.

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Nous avons vu , au cours de ce long article, de nombreuses théories nouvelles ou hypothèses qui proposent l’unification de la physique ou tout au moins des explications aux dilemmes et paradoxes que la cosmologie moderne a mis en évidence. Mais, au chapitre 8, dans « la renaissance du temps« , Lee Smolin prévient: Le paradigme newtonien ne peut même pas apporter un embryon de réponse à ces questions et dilemmes: Pourquoi ces lois? Pourquoi ces conditions initiales de l’univers? Quel mécanisme les a t-il sélectionnées parmi une multitude infinie de possibilités? etc. Il appelle ceci « l’erreur cosmologique »: appliquer à l’Univers entier dans sa globalité des lois établies et vérifiées sur des sous-systèmes. Dans le paradigme newtonien, ce que nous appelons une loi doit s’appliquer dans tous les cas. Mais l’application d’une loi à n’importe quel morceau d’univers implique une approximation, parce que nous devons négliger toutes les interactions entre ce morceau et le reste de l’univers. Donc les applications vérifiables d’une loi sont toutes des approximations. Smolin fait remarquer en particulier que les lois se vérifient sur beaucoup de sous-systèmes. Mais si on veut appliquer une loi de la nature sans approximation, c’est à l’univers entier qu’il faudrait l’appliquer, alors que nous n’avons qu’un seul Univers sous la main. Et un seul cas n’apporte pas suffisamment d’indices pour justifier l’affirmation qu’une loi particulière de la nature s’applique. C’est ce que Lee Smolin appelle le dilemme cosmologique (faire de la physique dans une boiteon considère un petit sous-système isolé du reste de l’univers dans lequel on néglige certains effets pour ne s’intéresser qu’à certaines variables qui définissent un espace de configuration, atemporel. ). Et pourquoi cette loi et pas une autre? De plus, beaucoup de théories cosmologiques (théorie des cordeséquation d’Einstein …) admettent en réalité une infinité de solutions, parmi lesquelles une seule correspond à notre univers. Doit-on se résoudre à admettre l’existence d’une infinité d’Univers inaccessibles pour pouvoir justifier le notre par un principe anthropique

Nous pensions, dit Lee Smolin, savoir comment répondre à ces questions. Une théorie unique mathématiquement cohérente pourrait incorporer les 4 lois fondamentales de la nature. Mais cet espoir a été anéanti. On se trouve face à ce qu’il appelle « le défi cosmologique ». On vient de voir qu’il faudrait étendre la science à une théorie de l’Univers entier. Le défi est qu’il ne peut pas exister de composante statique qui puisse servir de cadre de référence, car tout dans l’Univers change et il n’existe aucun extérieur., rien qui puisse être qualifié de fond par rapport auquel les mouvements du reste de l’Univers (que nous négligeons). Or, toutes les théories physiques divisent le monde en deux parties, une partie « dynamique », qui change, et une statique, qui contient un « fond » de choses immuables, comme les constantes fondamentales.  Le « défi cosmologique » consiste à formuler une théorie de l’univers « indépendante du fond », purement dynamique afin de ne rien supposer d’extérieur à l’Univers: « Lorsqu’on fait de la « physique dans une boite », le « fond » comprend notamment les conditions initiales, et la méthode expérimentale permet de contrôler les conditions initiales afin de s’assurer que les lois sont indépendantes de ces conditions. En cosmologie, cette distinction entre « lois » et « conditions initiales » aggrave le problème qu’elle résout « dans une boite » : si nos observations du fond diffus cosmologique ne correspondent pas bien à la théorie de l’inflation cosmologique, faut-il corriger la loi ou les conditions initiales? Smolin critique aussi les théories effectives qui décrivent bien ce qui se passe à une certaine échelle de grandeur, mais en négligeant l’influence de ce qui est beaucoup plus grand ou plus petit. » Pour Smolin, la théorie issue du défi cosmologique doit tenir compte de tout, sans rien négliger. »

Je vais retracer « ma lecture » du livre de Lee Smolin d’une manière peu orthodoxe en ne commençant pas par la partie I (« le poids: le mort du temps), mais par la partie II « Lumière: la renaissance du temps ». « La mort du temps » est l’épilogue de la constatation de Lee Smolin: « rien ne va plus en physique (l’échec de la théorie des cordes) » et Problèmes du modèle standard et physique au-delà du modèleJ’ai commencé cette partie II par ma lecture des chapitre 8 (Einstein insatisfait – L’erreur et le dilemme cosmologique) 9 (le défi cosmologique)10 (Nouveaux principes de cosmologie)11 (les lois évolutives) 12 (la mécanique quantique et le libération de l’atome), 13 (le combat de la relativité et du quantum)

Puis j’ai fait une pause pour approfondir l’interprétation non dominante de la mécanique quantique de Bohm dans La physique quantique version variables cachées et le dialogue Bohm et Krishnamurti avant d’écrire cet article qui donne ma lecture du chapitre 14 « la renaissance du temps par la relativité« 

(Rien ne va plus en physique ! – L’échec de la théorie des cordes) 

1) Un point sur « ma lecture » du livre de Lee Smolin « la renaissance du temps »

A ce stade de mes articles, il est nécessaire de faire un point sur la vision de Lee Smolin.      4-     1-1) Nous avons commencé par affirmer avec Lee Smolin dans l’article 1 (chapitre 8), que « La seule manière d’échapper à ces problèmes, dilemmes et paradoxes, est d’adopter une méthodologie qui va au-delà du paradigme newtonien, c’est à dire chercher un nouveau paradigme applicable à la physique à l’échelle de l’univers. Sinon prévient Lee Smolin, on se place face au risque que la physique finisse dans l’irrationalité et le mysticisme. Mais tous arguments de la première partie du livre « la renaissance du temps » qui poussent à éradiquer le temps hors de la physique sont basés sur le paradigme newtonien et sur l’hypothèse qu’il peut être étendu à l’univers dans son entier. Mais si c’est faux, ces arguments pour éliminer le temps s’écroulent, et quand nous abandonnons le paradigme newtonien, il devient possible de croire que le temps est réel et on peut envisager la construction d’une « vraie(?) » théorie cosmologique dont on espère qu’elle fera mieux que les théories actuelles ». Rappelons qu’il est la source de toutes les théories modernes, quantiques ou relativistes. Il nous conduit à deux questions auxquelles aucune théorie basée sur ces paradigmes ne pourra jamais répondre.*Pourquoi ces lois? Qu’est-ce qui a les a sélectionnées au détriment d’autres lois qui auraient pu gouverner le monde?

     1-2) Dans L’article 2 (chapitre 9), toujours avec la « renaissance du temps » de Lee Smolin, nous avons dit que les applications vérifiables d’une loi de la nature sont toutes des approximations et si on veut appliquer une loi sans approximation, c’est à l’univers entier qu’il faudrait l’appliquer. Mais il n’existe qu’un univers, ce qui signifie qu’appliquer une loi particulière à un cas unique et cela ne peut apporter suffisamment d’indices pour affirmer qu’une loi particulière s’y applique. Lee Smolin suggère d’appeler ceci le dilemme cosmologique. De plus, toutes les théories sont basées sur un partage du monde en ses composantes dynamiques et un fond qui « le cerne ». Ce fond va du choix des lois à le géométrie de l’espace temps. Et même la relativité générale, qui décrit une géométrie dynamique, considère d’autres structures fixes comme la topologie et la dimension de l’espace. C’est la caractéristique géniale du paradigme newtonien. C’est elle qui a contribué au succès fulgurants des modèles scientifiques relativiste et quantique. Mais c’est paradoxalement ce qui rend ce paradigme inapplicable dans sa globalité. En effet, il ne peut pas exister de composante statique car tout dans l’univers change et il n’existe aucun extérieur, rien par rapport les mouvements du reste puissent être mesurer si l’univers est ce qui contient TOUT. Surmonter ce obstacle est ce que Lee Smolin appelle le défi cosmologique. Mais comment surmonter cet obstacle et relever le défi? Nous devons formuler une théorie nouvelle, que nous pourrons appliquer de façon consistante (sans incohérence) à TOUT l’univers. Et cette théorie doit être « indépendante du fond« . Smolin rappelle que la physique expérimentale est l’étude des subdivisions de la nature. Le sous-système modélisé par une théorie approchée comme s’il existait seul dans l’univers, en négligeant tout ce qui lui est extérieur, s’appelle un système isoléPour obtenir ces résultats de Lee Smolin, il n’y a que 3 suppositions à faire: les lois de la relativité générale sont vraies, l’énergie contenue dans la matière est positive et le son ne peut se propager plus vite que la vitesse de la lumière. Sur un plan fondamental, cela signifie qu’il n’existe rien dans la nature qui puisse être un système isolé des influences du reste de l’univers. C’est ce que Lee Smolin appelle le principe de non isolation des systèmes. Un conséquence de e que dit Smolin est que toutes les théories importantes de la physique sont des modèles de subdivisions de la nature produites par les expérimentateurs, des théories effectives mais approchéesDans l’histoire de la physique, on n’a jamais pu comparer les prévisions d’une théorie voulant être « vraiment fondamentale » avec l’expérience (une théorie « fondamentale » ne peut comprise comme une théorie effective). 

     1-3) Une nouvelle cosmologie? Dans mon article 3 (chapitre 10), nous commençons cette recherche qui pourra peut-être déboucher sur  une nouvelle cosmologie, une vraie théorie de l’univers entier, qui englobe tout. Une telle théorie doit éviter le dilemme cosmologique et être indépendante du fond, Elle doit contenir ce que nous savons déjà sur la nature: les théories actuelles (le modèle standard, la relativité générale et la physique quantique) doivent en émerger en tant qu’approximations dès qu’on se restreint aux échelles de distance et de temps plus petites que le cosmos, elle doit être scientifique et donc impliquer des prédictions spécifiques qu’on peut anticiper et mettre en test avec des expériences réalistes,  elle devrait répondre à la question que nous avons évoquée dans l’article I au chapitre 2: l’erreur cosmologique -Pourquoi le paradigme newtonien ne pourra pas nous apporter de réponse?): « Pourquoi ces lois »? Qu’est-ce qui a les a sélectionnées au détriment d’autres lois qui auraient pu gouverner le monde? Comment et pourquoi les particules élémentaires et les 4 forces (et y a t-il une 5ème force?), elle devrait répondre à la question « Pourquoi ces conditions initiales? Quel mécanisme les a t-il sélectionnées parmi le nombre infini de possibilités? » Nous devons exiger un principe de fermeture explicative pour que les explications que donnera notre théorie soient des aspects de notre univers qui dépendent uniquement des choses qui existent ou se produisent dans l’univers. Aucune chaîne d’explication ne doit aboutir hors de l’univers. La nouvelle théorie doit être conforme au principe de raison suffisante Leibniz, qui dans sa formulation originelle affirme que « jamais rien n’arrive sans qu’il y ait une cause ou du moins une raison déterminante, c’est-à-dire qui puisse servir à rendre raison a priori pourquoi cela est existant plutôt que non existant et pourquoi cela est ainsi plutôt que de toute autre façon »

Conséquences qui devraient contraindre une théorie cosmologique.      

Principe d’absence d’actions sans réciproque: rien dans l’univers ne peut agir sur d’autres choses sans en être affecté. Toutes les forces et les influences devraient être mutuelles (action = réaction). 

 *Ce principe d’absence d’action sans réciproque, par ailleurs, interdit toute référence à une structure de fond. Nous l’avons vu dans l’article 1 au chapitre 1 avec « Le défi cosmologique ». *Ceci constitue en fait l’essence de la philosophie du « relationalisme ». Chaque entité dans l’univers évolue dynamiquement, en étant en interaction avec tout le reste de l’univers.
Pour la nouvelle théorie cosmologique (encore inconnue), il ne peut y avoir de symétries fondamentalesIl résulte du « relationisme » et de ses conséquences qu’il ne peut y a avoir aucune symétrie fondamentale dans la nature. la théorie cosmologique inconnue ne devra contenir ni symétries, ni lois de conservation.
1-4) Mon article 4: (chapitre 11) Les lois évolutives.  Le message principal de la partie II du livre de Lee Smolin, a été jusqu’à présent que, pour progresser, la physique doit aller au-delà du paradigme newtonien et abandonner l’idée que les lois sont éternelles et intemporelles. Il faut partir de l’idée que qu’il y a un temps qui est réel dans lequel les lois évoluent.
 Appelons sélection naturelle cosmologique la théorie dans laquelle les lois évoluent. Une telle théorie a été développée à la fin des années 1980 et publiée en 1992: « Did the Universe Evolve?«   La S-N-C est inconcevable si le temps n’est pas réel et de plus, ce scénario implique que le temps soit universel en plus d’être réel.

Toute la discussion de ce chapitre, conclut Lee Smolin, n’est pas tant la création d’univers à partir de trous noirs ou à partir de bulles durant l’inflation que du rôle joué par le temps et la dynamique dans la logique par laquelle les scénarios expliquent des propriétés connues de l’univers et en prédisent de nouvelles. Une théorie qui postule une évolution continue au cours du temps fait mieux que la théorie intemporelle pour expliquer les éléments de preuve observationnels. Elle fait une prédiction propre, tandis que les prédictions de l’argument anthropique sont ajustables, comme on l’a vu, selon l’utilisation que nous voulons en faire. Les hypothèses basées sur l’idée que les lois de la nature évoluent avec le temps sont plus vulnérables à la falsification que les scénarios de cosmologie intemporelle, donc plus scientifiques au sens de PopperPour Smolin, la réalité du temps est donc la clef pour affronter le mystère de « ce » qui sélectionne les lois de la physique. 

     1-5) Dans mon article 5, (chapitre 12), La mécanique quantique et la libération de l’atome, ous commençons par parler du temps et ce qu’en disent les physiciens. Il se trouve que le fait de considérer que le temps est fondamental peut aider, comme nous allons le voir plus loin à résoudre l’énigme de la signification à donner à la mécanique quantique. La réalité du temps permet même une nouvelle formulation de la théorie quantique comme nous allons le voir aux chapitres 3) et 4) et cela peut nous éclairer sur la façon dont les lois évoluent avec le temps.

La physique quantique ne donne que des prédictions statistiques des résultats d’expériences. Elle est extraordinairement utile et efficace parce qu’elle fournit à la physique un langage et un cadre pour organiser d’immenses quantités de données empiriques. Si elle ne permet ni d’expliquer ni de montrer ce qui se déroule réellement au niveau subatomique, elle fournit un algorithme qui, jusqu’à ce jour fonctionne admirablement, pour prédire les probabilités des résultats d’une expérience. Mais l’efficacité n’est pas forcément un gage de véracité. Aussi, Lee Smolin en est venu à croire que la mécanique quantique connaîtra le même sort que les théories de Ptolémée et de newton. « Peut-être ne pouvons-nous pas la comprendre tout simplement parce qu’elle n’est pas vraie? Au lieu de cela, il est vraisemblable que qu’elle soit une approximation d’une théorie plus profonde qui sera plus simple à comprendre. Cette théorie plus profonde est la théorie cosmologique inconnue que désignent tous les arguments de cet ouvrage (la renaissance du temps). La clef est, ici encore, la réalité du temps » qui rendrait possible une nouvelle formulation de la mécanique quantique: « Une nouvelle interprétation de la mécanique quantique est proposée selon laquelle la priorité, la liberté et le jeu de la nouveauté jouent le rôle central. Ceci est basé sur une modification des postulats de la théorie quantique donnés par Masanes et Muller. Nous soutenons que la mécanique quantique se caractérise uniquement comme la théorie probabiliste dans laquelle les systèmes individuels ont une liberté maximale dans leurs réponses à expérimenter, compte tenu des axiomes raisonnables pour le comportement des probabilités dans une théorie physique.(voir smolin Précédence et la liberté dans la physique quantique par Luis Masanes et Markus P. Mueller). Cette nouvelle formulation est spéculative et de plus, nouvelle. Pourrait-il exister une forme de la physique dans laquelle la nature a encore plus d’un degré de liberté? Lee Smolin répond par l’affirmative  en évoquant  des travaux récents qui donnent une définition précise de la notion de degrés de liberté dont dispose un système quantique. Si les systèmes quantiques sont libres, ils le sont de façon maximale. Et en combinant le principe de précédence avec ce principe de liberté maximale, on obtient une nouvelle formulation de la mécanique quantique ( et« toutes les particules de l’Univers forment les « collections » de ces particules. Lorsqu’on observe un atome d’hydrogène, la position de son électron est « copiée » à partir de celle d’un autre atome d’hydrogène pris au hasard parmi tous ceux de l’Univers« .)

     1-6) Dans mon article 6 (chapitre 13), le combat de la relativité et du quantum, nous voyons que la formulation nouvelle de Lee Smolin ne satisfait pas le principe de raison suffisante. Or ce principe est central si on veut étendre la physique à l’univers entier car il fixe comme objectif de découvrir une raison rationnelle pour chaque choix opéré par le nature. C’est ce qui est défié par le comportement apparemment libre, sans cause, des systèmes quantiques individuels. Il semble que ce soit un aspect quantique du libre-arbitre qui se manifeste ainsi. Smolin conseille en fait une approche plus prudente selon laquelle la physique quantique est valide seulement pour de petits sous-systèmes. Il y aurait une information manquante (comme le supposait Einstein), qui serait nécessaire pour déterminer ce que fera le système, et cette information pourrait bien être présente quelque part dans l’univers et entrer en jeu lorsque nous englobons la description quantique du petit sous-système dans une théorie de l’univers global (celle que recherche Lee Smolin). Alors il pourrait exister une théorie cosmologique déterministe qui donne la physique quantique lorsque nous isolons un sous-système et ignorons le reste de l’univers. C’est la théorie des variables cachées. Le but, comme Einstein le préconisait est d’aller au-delà de l’interprétation opérationaliste, dite de Copenhague, vers une théorie plus profonde qui donne une description de chaque expérience individuelle et non plus seulement statistique. Cette théorie à laquelle aspirent Albert Einstein, David Bohm et Louis de Broglie sur les variables cachées de la mécanique quantique, (tla théorie de De Broglie-Bohm)  permet de rester dans le déterminisme et le réalisme comme le préconisait Einstein, mais selon Lee Smolin, elle possède un défaut majeur pour être la théorie cosmologique à laquelle il aspire. Elle ne satisfait pas la nécessité que toutes les actions soient réciproques et qu’il n’y ait pas d’action sans réciproque, car l’onde influe à l’endroit où la particule va, mais réciproquement, la particule n’a aucune influence sur l’onde. En 2010, Smolin pensa alors à une autre version de la mécanique quantique appelée Interprétation d’ensemble. puis interprétation d’ensemble véritable. Mais comme on peut le voir dans le chapitre 4-4 de l’article 6, le prix à payer est une violation des principes de la relativité.

     1-7) La physique quantique version variables cachées et le dialogue Bohm et KrishnamurtiOn peut voir (cf le chapitre 3-2) un signe de cette convergence science-spiritualité  dans le rencontre, en 1960, entre Krishnamurti et le physicien David Bohm dont les vues lui semblent proches des siennes.  Cet article est un intermède qui fait le pont entre science et spiritualité avant d’entreprendre la suite de « ma lecture » du livre de Lee Smolin avec le chapitre 14: la renaissance du temps par la relativité


2) La renaissance du temps par la relativité (chapitre 14 du livre « la renaissance du temps »). drgoulu.com estime que « pour Smolin, le conflit entre mécanique quantique et relativité se ramène à un conflit entre la relativité et le principe de raison suffisante qu’il s’agit de résoudre en faveur de ce dernier. Ceci ne demande pas d’abandonner la théorie de la relativité mais de la reformuler ».  Dans mon article 6 (chapitre 13), le combat de la relativité et du quantum, nous avons vu effectivement que la formulation nouvelle de la physique quantique de Smolin, obtenue en combinant le principe de précédence avec le principe de liberté maximale ne satisfait pas le principe de raison suffisante.

     2-1) La réalité du temps ouvre donc une nouvelle approche pour la réponse à la question posée dans le chapitre 1-1: *Pourquoi ces lois? Qu’est-ce qui a les a sélectionnées au détriment d’autres lois qui auraient pu gouverner le monde? Et en même temps, elle autorise une résolution inédite des mystères de la mécanique quantique. Mais il faut encore surmonter l’obstacle que nous avons vu au chapitre 1 de mon article 1(Commençons la lecture de cette partie II par le chapitre 8: « Einstein insatisfait »): l’obstacle qui est la conséquence de l’argumentation de l’Univers-bloc des théories de la relativité d’Einstein (qui fut l’étape ultime de l’éradication du temps hors de la physique). Cette argumentation conclut qu’il n’y a de réel que que l’histoire de l’univers pris comme un tout intemporel. Smolin montre comment cette éradication du temps s’est faite en 9 étapes. Il ne met pas en doute le fait que la vision de l’univers-bloc pourrait intégrer l’idée que les lois changent avec le temps, mais elle ne pourrait pas expliquer ni comment, ni pourquoi elles changent. L’argumentation de l’univers-blog repose sur la relativité de la simultanéité, un aspect important de la relativité restreinte.

Mais si le temps est réel (si l’instant présent possède une réalité), il y a une frontière qui délimite le présent, qui est réel, du futur, non encore réel. Tous les observateurs sont d’accord sur cette frontière. Ceci implique une notion physique de la simultanéité qui soit universelle et qui inclue tous les événements distants, donc la totalité de l’univers. On peut appeler ce temps « un temps global privilégié » (global, car cette définition du temps s’étend à tout l’univers). 
On voit donc bien ici la confrontation et la contradiction entre un temps global privilégié et la théorie de la relativité qui interdit un temps privilégié. Comme nous l’avons vu dans l’article 6 au chapitre 4-4, « les prévisions statistiques de l’interprétation d’ensemble véritable reproduisent celles de la théorie quantique et peuvent donc être cohérentes avec la relativité. Il y a simultanéité privilégiée et donc un temps privilégié, tout comme pour la théorie de De Broglie-Bohm« . Le temps privilégié est donc un ingrédient indispensable de toute théorie à variables cachées qui pourrait expliquer les choix opérés par les systèmes quantiques individuels. Il y a donc un conflit entre la relativité de la simultanéité et le principe de raison suffisante.

Pour la nouvelle théorie cosmologique recherchée par Smolin, il est nécessaire de respecter le principe de raison suffisante. Cela signifie donc qu’il faut abandonner la relativité de la simultanéité et adopter son contraire, c’est à dire qu’il existe une notion globale privilégiée du temps.  Heureusement, cela ne signifie pas abandonner la théorie de la relativité, il faut seulement la reformuler en une manière nouvelle et plus profonde de comprendre la relativité générale avec une conception nouvelle de temps réel.

     2-2) Comment voir expérimentalement s’il y a des observateurs privilégiés?  
La notion privilégiée de temps global (temps cosmique) concerne une famille d’observateurs
 dont les horloges peuvent mesurer ce temps. Cela implique qu’ils aient un état d’immobilité privilégiée qui rappelle l’éther  d’avant Einstein. Pour les physiciens d’alors, l’éther était nécessaire parce que les ondes de lumière avaient besoin d’un milieu dans lequel se propager. Mais Einstein avait démoli cette supposition parce que son principe de relativité de la simultanéité implique qu’il n’y ait ni éther, ni état d’immobilité. On pourrait penser que c’est l’expérience de Michelson-Morley qui avait démoli l’idée de l’éther, mais avant 1905 et Einstein, personne n’a eu la perspicacité de le reconnaître. L’élimination de l’éther fut un grand triomphe du raisonnement qui se veut scientifique et discipliné sur des manières de penser que Smolin dit « paresseuses »: « Il était si facile de penser au monde dans les termes d’Aristote »  qui  distinguait le repos en tant qu’état, Et pourtant Lee Smolin  revient sur l’idée d’une notion de temps préféré malgré le triomphe d’Einstein sur l’éther pour prendre au sérieux la réalité du temps. 

Cette notion de temps global privilégiée contredit la relativité des référentiels inertiels qui dit qu’il n’y a pas de moyen expérimental ou observationnel de distinguer un observateur supposé être au repos de ceux qui se déplacent avec une vitesse arbitraire, mais constante. Voyons deux façons de sélectionner des familles d’observateurs privilégiés.

          2-2-1) Sélectionner ces observateurs grâce aux mouvements des galaxies.   Lorsque nous regardons autour de nous avec des télescopes, nous voyons la grande majorité des galaxies s’éloigner de nous avec la même vitesse dans toutes les directions (si elles sont à la même distance de nous). Mais ceci ne peut être vrai que pour une observateur (nous en l’occurrence), car car une personne s’éloignant rapidement de nous en rattrapant ces galaxies, les verrait se déplacer moins vite que celles qui sont derrière elles. De plus les scientifiques ont de bons indices que l’univers est homogène à une échelle assez grande (les galaxies sont uniformément distribuées dans l’espace), c’est à dire qu’il semble être le même dans toutes les directions. Nous pouvons en déduire qu’en chaque point de l’espace il y a un observateur particulier qui voit les galaxies s’éloigner de lui avec la même vitesse dans toutes les directions. Ainsi les mouvements des galaxies sélectionnent un observateur privilégié et donc un état privilégié de repos en chaque point de l’espace. 

          2-2-2) Utiliser le rayonnement du fond diffus cosmologique ou C M B.

Ces observateurs privilégiés voient le C M B arriver à la même température depuis toutes les directions du ciel. Voir la note 4 page 314: supposons que l’on se déplace vers le nord par rapport à un observateur particulier. Nous verrons le rayonnement C M B nous parvenir depuis le nord, mais décalé vers le bleu (effet Doppler qui décale l’énergie de chaque photon vers le haut et augmente la température de ceux qui viennent vers nous depuis le nord). Les photons du C M B qui arrivent du sud subissent l’effet opposé; leurs fréquences sont décalées vers le rouge et leur température plus basse. Ainsi, on peut conclure qu’on se déplace par rapport à un fond micro-onde  cosmologique. A l’inverse, un observateur qui constate, comme nous sur Terre, que la température est la même dans toutes les directions doit conclure qu’il est au repos par rapport au C M B.   

          2-2-3) Heureusement ces deux familles coïncident.
Dans le système de référence dans lequel le C M B vient à nous avec la même température depuis toutes les directions (le notre en observant ce C M B?), les galaxies semblent être immobiles. Ainsi, l’univers est organisé d’une manière qui sélectionne un état de repos privilégié. Ce fait ne contredit pas forcément la relativité générale. Notre univers représente juste une solution aux équations de la la relativité générale. Elle peut être asymétrique, c’est à dire inclure un état de repos privilégié, sans contredire le principe que la théorie possède une symétrie. Comme pour les théories de jauge, électromagnétique ou électro-faible,  l’univers pourrait avoir commencé d’une façon qui brisa la symétrie

        2-2-4) Que signifie cette notion privilégiée de temps global?

Pourquoi l’univers est t-il dans un état particulier qui sélectionne ainsi une famille privilégiée d’observateurs? C’est une autre question sur l’origine si particulière des conditions initiales que nous avons abordées et à laquelle la relativité générale seule ne peut répondre. C’est un autre indice de quelque chose de plus profond. Peut-être cet état de repos privilégié de l’univers nous dit t-il quelque chose sur un niveau sur un niveau de la physique « inférieur » à celui de la relativité générale? Mais alors, cet état devrait se manifester dans d’autres expériences! Aux échelles plus petites que l’échelle cosmologique, une quantité impressionnante de preuves confirme les prédictions de la relativité restreinte et celle des systèmes inertiels. Elles peuvent être comprises comme le test permettant de savoir s’il existe un état d’immobilité préféré dans la nature. En particulier, la relativité a été testée dans des circonstances extrêmes par exemple avec des protons voyageant à la vitesse de 0,99999 c (c=vitesse de la lumière). Les effets relativistes y sont