Notre existence a t-elle un sens? 16-1) Conclusion du livre « notre existence a-t-elle un sens »


Notre existence a t-elle un sens? 16-1) Conclusion du livre « notre existence a-t-elle un sens » (partie 1)

Une nouvelle approche de la science

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Exergue: « Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd’hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine. » Jean-Marie Pelt

wikipedia.org -Esprit quantique L’esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l’intrication et la superposition d’états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l’émergence de la conscience. Cette hypothèse part du principe, controversé, que la physique classique et son déterminisme ne peut totalement expliquer la conscience. Ses fondements théoriques ont été posés dans les années 1960 en sciences mais depuis ses partisans ne sont pas encore parvenus à la démontrer. Cette théorie n’en est qu’à ses débuts, elle a pourtant le soutien de Roger Penrose et de Stuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp ont, de leurs côtés, proposé une variante.

Nous sommes parvenus au terme de l’ouvrage de jean staune« Notre existence a-t-elle un sens? ». Ma lecture de l’ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l’Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question « l’Univers et notre existence ont-ils un sens et s’inscrivent-ils dans un projet quelconque? ». Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles? 


1) L’émergence d’un nouveau paradigme. (voir l’article 4) Vers de nouvelles lumières)

 

1- le nouveau paradigme aspect quantique

2- Une vision « spiritualiste »d’un nouveau paradigme: l’Univers total

Le XXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme.  Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Au xxe siècle, le mot paradigme était employé comme terme épistémologique pour désigner un modèle de pensée dans des disciplines scientifiqueCe qui s’est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance:

-En astrophysique, les notions de temps et d’espace absolu et éternel et infini de Newton ont été remplacés par la relativité du temps et de l’espace d’Einstein qui abouti à la théorie du big bang et des Univers inflationnaires, le big bang ayant engendré le principe anthropique.

– En physique, le déterminisme de Laplace, qui prétendait que l’on pouvait, en théorie, connaître tout le futur de l’Univers à partir des forces de la nature et de la position des objets qui la composent a été remplacé par le principe d’incertitude d’Heisenberg qui dit qu’il qu’il est impossible de connaître à la fois la position et la vitesse d’une particule. Dans les nouveaux concepts, il est question d’incomplétude, d’imprédictibilité, d’incertitude, d’indécidabilité

-En mathématiques, le programme de Hilbert qui devait être une « solution finale » au problème de fondements de la logique, a été remplacé par les théorèmes d’incomplétude de la logique de Kurt Gödel, ce qui implique que, au coeur même des mathématiques, des vérités peuvent être perçues avec certitude sans être démontrables (voir l’article 15).

-En chimie, les idées classiques de l’équilibre de Marcellin Berthelot ont été remplacées par la thermodynamique du non-équilibre de Ilya Prigogine et par les notions de « bifurcation« , d’effet papillon qui débouchent sur l’imprédictibilité de certains phénomènes non plus quantiques, mais macroscopiques.

-En neurologie, « l’homme neuronal » de Jean Pierre Changeux a été « mis à mal » par les expériences de Libet sur l’antédatage de la perception et sur l’existence d’un libre arbitre exerçant un « droit de veto » sur les processus commencés inconsciemment par le cerveau (voir l’article 14-2). 

-Les conceptions darwiniennes selon lesquelles l’évolution serait un phénomène purement contingent, puisque fondées uniquement sur des mutations aléatoires triées par la sélection naturelle, sont remises en cause par des approches de l’évolution comme celles de Simon Conway-Morrismichael Denton ou Christian de Duve (voir articles 12-1 et 12-2). Pour ces derniers, le le hasard est « canalisé » par une structuration des lois physiques et biologiques dont la découverte n’est pas encore achevée. Ces approches donnent une crédibilité nouvelle à la conception platonicienne selon laquelle les grandes familles d’être vivants sont inscrites dans les lois de la nature comme la structure des cristaux de neige ou la structure des protéines. »

Le tableau suivant montre l’évolution des paradigmes:

Paradigme classique                          paradigme nouveau

Newton                                                    Einstein

Laplace                                                   Heinsenberg

Hilbert                                                     Gödel

Berthelot                                                 Prigogine

Changeux                                               LibetSperry 

Darwin                                            DentonConway Morris

cmchr.net -Une approche pour le 21ème siècle

Petite anecdote pour prendre la mesure du caractère exceptionnel de ce changement de paradigme: James Lighthill, le président de l’Union internationale de mécanique pure et appliquée, s’est excusé au nom de ses collègues du fait que son association ait propagé pendant trois siècles l’idée fausse que les systèmes newtoniens étaient déterministes. Qui se souvient de la plus dramatique épidémie de peste de tous les temps au XIVè siècle, qui tua en quelques années un quart de la population européenne et dont les contemporains devaient imaginer qu’elle marquerait à jamais l’histoire de l’humanité? En revanche, tout le monde ou presque connaît les noms de Copernic et de Galilée, ce qui montre que les vraies révolutions sont les changements de vision du monde et non pas des événements contingents, si terrifiants soient-ils. C’est pourquoi, Ortoli et Pharabod. (les auteurs du livre « le cantique des quantiques » ), en évoquant la révolution quantique, qui n’est qu’une partie -certes la plus solide- de la nouvelle vision du monde, ont-ils osé écrire: « Les révolutions républicaines, marxiste, islamistes et autres risquent d’apparaître un jour insignifiantes face à la révolution quantique. Notre organisation socio-politique et nos modes de pensée ont été ou vont être bouleversés davantage peut-être que par tout autre événement. » Ainsi des physiciens ont pu dire que dans 1000 ans, la démonstration de l’existence de la non-localité au XXè siècle sera un événement plus important dans la mémoire de l’humanité que les deux guerres mondiales.

Mais, quelle solidité peut-on accorder à la synthèse faite par Jean Staune, que je viens de présenter en début de ce chapitre? Staune le dit lui-même: N’est-elle pas une illusion? Dans son ouvrage « notre existence a-t-elle un sens? » , qui les cite, les faits sur laquelle cette synthèse se fonde ont été publiés dans des revues qui font autorité et les interprétations citées ont été développées par des scientifiques de renom qui s’exprimant dans leur domaine et non par des physiciens parlant de la conscience ou des astrophysiciens parlant de la biologie par exemple. Cela donne à la démarche un poids que n’aurait pas la même critique des conceptions de la science classique à partir de disciplines comme l’astrologie, de la parapsychologie, de la médecine « énergétique« , des visions des chamanes, disciplines qui sont rarement reconnues comme scientifiques. Il en est de même de toute une série de faits stupéfiants mais totalement invérifiables. Un bon exemple de telles démarches non rationnelles se trouve dans l’ouvrage de Louis Pauwels et Jacques Bergier, « Le matin des magiciens« . Bien entendu, les interprétations des scientifiques peuvent être erronées et vu le grand nombre d’idées, de théories et concepts, certains se révéleront faux? Mais il est probable qu’il soit impossible que l’ensemble des faits et théories sur lesquels repose la synthèse se révèle être une illusion. Examinons leur degré de solidité:

     -Les plus solides sont sans doute la physique quantique, la relativité générale, le théorème de Gödel et la théorie du chaos. Les résultats de la physique quantique n’ont jamais été démentis et ceci avec un degré de précision époustouflant: la théorie quantique des champs (TQC) est vérifiée avec une précision de l’ordre de 10-11 et à ce jour la relativité générale a été vérifiée à 10-14 (on pense qu’avec le satellite ‘STEP’ on pourra aller jusqu’à  10-18).Par ailleurs, on sait maintenant qu’on ne pourra jamais connaître la position et la vitesse d’une particule en même temps ni même prédire avec exactitude le temps qu’il fera dans un mois.  

     -Il paraît impossible que soit remise en cause le fait que l’Univers était très petit et très dense il y a entre 13 et 15 milliards d’années (la théorie du big bang). Mais dans ce domaine les choses évoluent très vite, et avec l’existence de la matière noire, de l’énergie noire, voire des Univers parallèles, des bouleversements importants peuvent se produire avec des implications philosophiques imprévues. 

     -Dans le domaine des neurosciences, les expériences permettant de déconstruire la vision d’un « homme neuronal », faites de rare fois à cause de leur difficulté technique et pour des raisons idéologiques, demanderont sans doute des années pour être répétées de nombreuses fois. 

     -L’idée d’une évolution orientée ou canalisée vers un but est sans doute le concept le moins établi de cette synthèse. Il y a beaucoup d’arguments en faveur d’une nouvelle théorie de l’évolution, mais on ne peut être certain de l’inexactitude des conceptions darwiniennes. On peut être assuré que les conceptions de Newton, Laplace, Hilbert, et sans doute celles de Changeux ou Crick ne sont plus des descriptions scientifiques adéquates, il n’y a pas d’expérience décisive qui permette de rejeter les conceptions darwiniennes

Dans la démarche interdisciplinaire faite ici depuis le début de mes articles de « notre existence a-t-elle un sens? », les thèses avancées se renforcent les unes les autres et c’est quelque chose qu’on ne peut comprendre que lorsqu’on a pris connaissance de toute la démarche. Cela illustre le credo non réductionniste que la démarche cherche à démontrer: « Le tout est plus que la somme des parties. » Ainsi, on peut être sûr que que la biologie connaîtra une grande révolution conceptuelle alors que la grande majorité des biologistes ne l’envisagent même pas. Pourquoi? parce que, comment le disent Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod, la plupart des biologistes ont une vision « assez primitive » de la réalité, vision déjà réfutée dans un domaine sur lequel, en dernière analyse, repose la biologie (Voir aussi l’article 6 partie 2 au chapitre 5: « quant à la déliquescence de ce qu’on appelle […] « rationalisme« , elle ne gêne guère l’homme de la rue mais perturbe profondément bien des penseurs traditionnels. Mais un autre bouleversement devrait être considéré comme positif: c’est l’abolition du carcan matérialiste et l’émergence de nouvelles possibilités philosophiques. En effet, la science du XVIIIè siècle avait abouti au triomphe du matérialisme mécanique qui expliquait tout par l’agencement de morceaux de matière minuscules et invisibles, agencement réglé par diverses forces d’interaction qu’ils exerçaient entre eux. Cette vision assez primitive à laquelle se tiennent encore la plupart des biologistes avait pour conséquence l’inutilité des religions et des philosophies qui font appel à l’existence d’entités non matérielles. Le fait que ces morceaux de matière se soient révélés n’être en réalité que des abstractions mathématiques non locales, c’est à dire pouvant s’étendre sur tout l’espace et de plus n’obéissant pas au déterminisme, a porté un coup fatal à ce matérialisme classique. » De plus, L’histoire des sciences a montré qu’il existe un décalage de plus d’un siècle entre les progrès réalisés dans le domaine des sciences de la vie et ceux de l’univers comme nous l’avons vu dans l’article 4) au chapitre 4 f)On peut donc en conclure que, comme Newton, Darwin aura son Einstein. Comment? et cela donnera-t-il du crédit à l’évolution orientée? Nul ne le sait pour le moment.

En conclusion, la synthèse présentée précédemment est solide, il est certes improbable qu’elle soit entièrement exacte, mais il est encore plus improbable que l’image globale qui s’en dégage soit remise en cause. Nous sommes bien en train de un changement essentiel de vision du monde dont nous allons maintenant voir deux grandes caractéristiques (parmi beaucoup d’autres). 


liens: math.polytechnique.fr -Indéterminisme quantique et imprédictibilité classique

sergecar.perso.neuf.fr -Physique, matière, conscience -philosophie et spiritualité

wikipedia.org -Esprit quantique

yellobook.cm -Le matin des magiciens

wikipedia.org -Théorie quantique des champs

cosmosaf.iap -Dépasser la Relativité Générale et la Théorie Quantique des Champs

wikipedia.org/wiki/ -Pensée complexe (le tout est plus que la somme des parties)

Interdiscipliniraté de la démarche: staune.fr -Aux racines de l’univers – Ervin Laszlo

trinhxuanthuan.com -Le Chaos et l’Harmonie, la fabrication du Réel

penseurs: Ervin -László   Trinh Xuan tThuan

2) La voie de l’incomplétude: « je sais pourquoi je ne sais pas ».

tarotpsychologique.wordpress.com -sérénité

Comme nous l’avons vu, une grande partie du nouveau paradigme repose sur des notions comme l’incertitudel’incomplétudel’imprédictibilitél’indécidabilité… Est-ce à dire qu’il repose sur notre ignorance et non sur des connaissances et donc que les conclusions du chapitre précédent sont peu solides? Non, car en réalité, c’est le contraire! C’est un bouleversement épistémologique, car désormais nous savons parfaitement et avec une grande précision pourquoi nous ne saurons jamais en même temps la vitesse et la position d’une particule (principe d’incertitude), pourquoi nous jamais de système logique à la fois complet et cohérent (théorèmes de Gôdel), ou pourquoi nous ne prédirons jamais avec exactitude le temps qu’il va fera dans un mois (théorie du chaos). Il s’agit donc d’un progrès des connaissances et non d’une régression. C’est une victoire de la méthode scientifique et de la rationalité qu’il soit possible de montrer les limites de la science de l’intérieur de celle-ci et non pas depuis l’extérieur seulement.

Mais cela amène à renoncer au projet de la science « classique » née au XVIIè siècle dont Jean Fourastier a pu dire: « La science du XIXè et du début du XXè siècle reste ainsi dominée non seulement par l’espoir, mais par la certitude d’expliquer le réel par le réel« . En effet, le XXè siècle a démontré que non seulement la science ne pourra jamais « dévoiler » le réel dans sa totalité, mais (à cause de phénomènes comme la non-localité), que le réel n’est pas ontologiquement suffisant, qu’il ne peut donc s’expliquer entièrement par lui-même, puisque des phénomènes qui relèvent d’un autre niveau de réalité peuvent l’influencer causalement. (Ici on entend par « réel » le niveau de réalité dans lequel nous vivons, celui que l’on peut mesurer, voir, toucher, sentir, celui qui est situé dans le temps, l’espace, la matière, l’énergie)

Scientifique et philosophe, Jean-François Lambert juge essentiel le « paradigme de l’incomplétude » qui, dès les « années trente », annonce dans la plupart des disciplines l’avènement d’une nouvelle science ouverte à l’indicible. Il a ajouté aux faits que nous venons de mentionner l’incomplétude de Wittgenstein (voir uip.edu: chapitre Wittgenstein et l’indicible) et l’approche de l’inconscient de Jacques Lacan (« il y a deux statuts de l’Autre : celui qui existe, unitaire, et l’Autre barré, manquant d’existence et signalant l’incomplétude de la langue »). Pour Lambert, « il apparaît à l’évidence que tant dans l’étude du langage (Wittgenstein) ou celle de la logique (Gödel) que celle de la structure de la matière (Heisenberg) ou de l’inconscient (Lacan), débouchent sur le même constat d’incomplétude, le même horizon d’indécidabilité. La même impossibilité à limiter le vrai à la totalité de ce qui peut être dit, formellement démontré ou immédiatement mesuré. Tout ce qui précède conduit au même constat: ça échappe. Reconnaître que quelque chose est formalisable, c’est aussi reconnaître que quelque chose de cette chose échappe nécessairement, la formalisation serait impossible si elle n’impliquait pas que quelque chose échappe. Tout ensemble de traces (toute écriture, tout langage, tout système formel, toute mesure) suppose un « insu » qui, précisément, ne laisse pas de trace, mais se manifeste dans les blancs de l’écriture. Le socle même de l’écriture ne peut s’écrire comme le socle du langage ne peut se dire, comme le socle de la logique formelle ne peut se formaliser. Bien que ne pouvant ni s’écrire ni se dire, le fondement se montre dans l’acte de parole ou d’écriture. »

Mots clé: incertitude  incomplétude    imprédictibilité   indécidabilité

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme Par Jean-François Lambert

wikipedia.org -Principe d’incertitude

just.loic.free.fr -théorie du chaos      wikipedia.org -Théorie du chaos

wikipedia.org -Théorèmes d’incomplétude de Gödel

Autres liens: philosciences.com -Les limites de la science classique

unige.ch/~coquille -De la non-localité

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme par jean françois lambert

di.ens.fr -interfaces de l’incomplétude (GIUSEPPE LONGO CNRS)

halshs.archives-ouvertes.fr -Logique et langage (études chez le premier wittgenstein)

canal-u.tv/video -Les formations de l’inconscient: le séminaire V de lacan (jacques alain miller)

causefreudienne.net -lacan- De l’Autre de la garantie à l’Autre qui n’existe pas (l’incomplétude de la langue)

causefreudienne.net -lacan- Du sujet de l’inconscient au parlêtre

penseurs: Wittgenstein  Jacques Lacan.

3) le dépassement du matérialisme méthodologique.

journal-integral.blogspot.fr -Post-matérialisme

Dans tout ce qui précède, nous avons rencontré au moins deux domaines (le principe anthropique et l’évolution) où apparaissent des questions relatives à l’existence d’une finalité dans l’Univers. De nombreux scientifiques repoussent toute allusion de type et y voient un crime de lèse-science. Mais réfléchissons d’abord à la question qu’est-ce que la scienceLe Robert en donne de multiples définitions de « connaissance exacte et approfondie » à la définition réductrice dont il est dit qu’elle ne date que du XIXè siècle: « ensemble de connaissances d’une valeur universelle, caractérisé par un objet, une méthode déterminée, fondé sur des relations objectives vérifiables« . Il n’est pas précisé que  la science se limite à l’étude des phénomènes ayant des causes naturelles ou matérielles, même si le naturalisme méthodologique est absolument essentiel dans la pratique quotidienne de la science, il n’en constitue pas un pilier structurel (les fondateurs de la science moderne comme Newton ou Képler l’auraient peut-être définie comme « l’étude des lois que Dieu a utilisées pour créer le monde »). Comme l’explique le prix Nobel Christian de Duve, « la science est fondée sur le naturalisme (matérialisme méthodologique), notion selon laquelle toutes les manifestations ayant cours dans l’Univers sont explicables par l’intermédiaire de lois connues de la physique et de la chimie. Cette notion représente la pierre angulaire de l’entreprise scientifique. Et nous pouvons fermer nos laboratoires si nous n’y souscrivons pas! si nous partons de l’hypothèse selon laquelle ce que nous étudions n’est pas explicable, nous éliminons la recherche scientifique en elle-même. contrairement à l’opinion exprimée par certains scientifiques, cette nécessité logique n’implique pas que le naturalisme doive être accepté comme un a priori philosophique, une doctrine ou une croyance.Tel qu’employé en science, il s’agit d’un postulat, une hypothèse de travail souvent qualifiée de naturalisme méthodologique par les philosophes pour cette raison, postulat que nous devrions être prêts à abandonner si nous étions confrontés à des faits ou à des événements qui défient chaque tentative d’explication naturaliste.« 

L’article « message in the sky« , écrit par deux astrophysiciens chinois vivant aux Etats-Unis (S. Hsu and A. Zee), et qui a été mentionné dans mon article 9-2) au chapitre 4), fournit une illustration des propos de Christian de Duve concernant l’éventualité de devoir renoncer au matérialisme méthodologique. En effet, il avait dit dans mon article: « si un tel message était détecté, comment réagiraient les « rationalistes? ». Refuseraient-ils de l’analyser et de l’accepter en disant qu’on sort des limites de la science? »  


Mais le « matérialisme méthodologique », n’est n’est pas un fondement incontournable de la science. En effet, une des deux principales disciplines de la physique de notre temps, la physique quantique s’en passe totalement, comme le dit Bernard D’Espagnat: « Le « matérialisme méthodologique » […] est-il véritablement un présupposé de la recherche indispensable au développement de quelque discipline que ce soit? Ici, je prétends qu’il n’en n’est rien. Il en est une, et non des moindres, qui a échappé à la règle, c’est la physique quantique. On peut certes ne pas partager vues de Niels Bohr. […] Or, selon Bohr, un instrument de mesure doit être considéré comme obéissant à la physique classique, non du tout en vertu de ses propriétés physiques, mais seulement en raison du fait qu’il nous sert à nous, d’instrument. De plus, alors que le choix (humain) de cet instrument définit, entre conditions expérimentales, celles qui déterminent quels types de prédiction on pourra ultérieurement faire, ces dernières conditions sont selon Bohr, « un élément inhérent à la description de tout phénomène auquel le terme de réalité physique peut-être attaché« .  Peut-on qualifier de matérialiste une telle conception selon laquelle en tant qu’objet de la science, « la réalité physique » est un phénomène auquel l’action et l’expérience humaines sont « inhérentes ». Et il faut en dire autant des vues de Werner HeisenbergWolfgang Pauli  Max Born…, les principaux artisans de la physique de notre temps. 

Si les matérialistes acceptent que l’on conteste le matérialisme philosophique, il n’est pas question de contester le matérialisme méthodologique qu’ils érigent en principe absolu et le couplent à la science. L’abandonner serait revenir aux périodes de l’obscurantisme préscientifique. Pourtant, comme on vient de le voir, le matérialisme méthodologique n’est pas un fondement incontournable de la science et cette fusion avec la science ne tient ni sur le plan théorique, ni sur le plan factuel. Si on acceptait la possibilité de les séparer, toute une série de recherches nouvelles, porteuses de résultats potentiels d’une grande richesse, deviendraient possibles, alors qu’elles sont considérées comme taboues car elles contredisent le sacro-saint matérialisme méthodologique. C’est la cas des « expériences aux frontière de la mort » décrites par des milliers de témoins et dont certains aspects suggèrent des « sorties du corps » susceptibles de confirmer définitivement le dualisme. C’est pourquoi, un des grands expérimentateurs en neurosciences que nous avons vu dans l’article14-2) chapitre1Benjamin Libet, envisage sérieusement un protocole pour prouver la réalité de la sortie du corps rapportée par les témoins. C’est l’attitude d’un savant qui, à partir du moment où il a des indices intéressants, ne se laisse pas détourner de sa démarche par des a priori idéologiques. Mais si de telles expériences, pourtant cruciales pour la compréhension de la nature humaine, n’ont pas encore été réalisées de façon sérieuse, c’est bien à cause du frein que constitue cette « absolutisme » du matérialisme méthodologique. 


liens: astrosurf.com -objectif de la Science

unesco.org -science et développement perspectives pour le 21è siècle

pages.infinit.net -NAISSANCE DE LA SCIENCE MODERNE ( XVIe / XVIIIe)

jlml.fr/index.asp -Le matérialisme méthodologique est-il la seule approche scientifique légitime?

staune.fr -Matérialisme méthodologique
asmp.fr -Le matérialisme en question par Bernard d’Espagnat

mnhn.fr/glecointre -Comprendre le matérialisme par son histoire Guillaume Lecointre

uip.edu -Matérialisme et rationalisme Par Bernard d’Espagnat

sylvainreboul.free.fr -Matérialisme philosophique et rationalité pragmatique

staune.fr -Qu’est-ce-que l’obscurantisme ?

staune.fr -L’obscurantisme scientifique

staune.fr -Voyage au coeur de l’obscurantisme scientifique

lariposte.com -La théorie matérialiste de la connaissance_Plékhanov opposé à Lénine_ (matérialisme philosophique)

d-meeus.be -cours de philosophie marxiste: Le matérialisme et la connaissance

communisme-bolchevisme.net -Lénine: MATERIALISME ET EMPIRIOCRITICISME

rene.merle.charles.antonin.over-blog.com -Du matérialisme en philosophie (position de Quiniou)

journal-integral.blogspot.fr -Post-matérialisme – Le Nouvel Air du Temps

mots clé: évolution_(biologie)    principe anthropique    Connaissance

Penseurs: Bernard D’Espagnat    Christian de Duve

Newton       Képler     Werner Heisenberg     WolfgangPauli     Max Born 

4) Conclusion de l’article.

Ce nouveau paradigme (présenté au chapitre 1), qui a renversé les certitudes de la science classique, débouche sur une nouvelle approche de la science, à la fois « consciente de ses limites » et capable de traiter des questions jusqu’alors hors de son domaine. Cette approche paradoxale devient possible car la science commence à abandonner certains des a priori qui l’empêchaient de le faire auparavant.(voir le débat « pour une science sans à priori » publié par « le Monde » le 23 février 2006). Elle sait maintenant qu’elle ne pourra jamais tout expliquer ni connaître (elle ne peut connaître en même temps la vitesse et la position d’une particule). Elle s’ouvre peu à peu à d’autres dimensions en rejetant des tabous qui l’empêchaient d’étudier certaines questions comme celles relatives à la finalité, au sens de l’Univers, à l’existence d’entités non matérielles comme les esprits, entités qui ont un effet sur notre niveau de réalité. 

La diffusion de cette révolution conceptuelle vient juste de commencer. Mais il faut prendre conscience qu’à l’époque d’internet où la diffusion « horizontale » de l’information est quasi-instantanée (connaissance des événements), la diffusion « verticale », celle qui porte sur les fondement de notre vision du monde, prend encore presque un siècle. Les prochaines années verront une accélération et une nouvelle vision du monde?

Nous examinerons dans la deuxième partie de cet article (« notre existence a-t-elle un sens 16-2 _science et sens, raison et religion » ) ce que tout cela implique pour la « question la plus importante qui existe » (Pour la question la plus importante qui existe: voir l’article 3) Comment ébaucher un « traité de la condition humaine? » chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).

liens: wikipedia.org -La Grande Question sur la vie, l’univers et le reste

rene.merle.charles.antonin.over-blog.com -Du matérialisme en philosophie?

3 réflexions au sujet de « Notre existence a t-elle un sens? 16-1) Conclusion du livre « notre existence a-t-elle un sens » »

  1. Vous voilà donc arrivé à la fin de ce travail titanesque. Merci pour toutes ces explications, les résumés clairs et cette recherche qui prouve que : « Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd’hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine. » Nous ne pouvons que nous réjouir de cet avancement.
    Comme d’habitude, je reviendrai car il est impossible de tout assimiler en une seule fois, tellement vous donnez de pistes à explorer. Merci encore…

      • Oui, l’enjeu qui me tient autant à cœur qu’à vous…
        Ne vous inquiétez surtout pas pour le retard, je suis touchée que vous lisiez les articles bien à fond et donniez votre avis éclairé. Merci aussi pour tous les partages.
        Je reviens souvent chez vous pour lire par parties, explorer les liens et voir les vidéos. Tout est passionnant

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