Notre existence a t-elle un sens? 13-2) Dur, dur le problème



Notre existence a t-elle un sens? 13-2) Dur, dur le problème (la conscience 2ème partie)

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un « traité de la condition humaine »?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance …

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance…

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang…La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang… la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l’imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

Notre existence a t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l’évolution (urgent) partie 1

Notre existence a-t-elle un sens? 12-2) Recherchons Einstein de l’évolution (urgent) Partie 2

Notre existence a-t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème (la conscience 1ère partie)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

Exergue: « La raison pour laquelle la conscience nous apparaît comme un mystère est que nous n’avons pas une idée claire de la manière dont quoi que ce soit dans le cerveau pourrait les états conscients. » John Searle

a) Rappel: Pour l’évolution, nous avons vu dans les articles précédents qu’il y a une théorie hégémonique prétendant tout expliquer: le darwinisme (Notre existence a t-elle un sens? 12-1 et Notre existence a-t-elle un sens? 12-2)Le tour d’horizon que nous venons de faire dans l’article 13-1) montre que pour les neurosciences ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de théorie hégémonique mais des hypothèses ne reposant sur aucun mécanisme précis et indubitable. Cela n’a pas empêché Searle de répéter que « le cerveau cause la conscience. »  Est-ce, comme le dit Jean Staune, pour s’auto-persuader ou pour montrer qu’il ne verse pas dans le spiritualisme malgré son insistance sur l’irréductibilité de la conscience? Il exprime malgré tout l’opinion que partagent malgré leur différences Dennett, Crick, Edelman et beaucoup d’autres et même Sperry. 

Nous avons conclu l’article 13-1) par: et s’ils se trompaient tous? Nous allons commencer par recourir à une métaphore pour examiner cet aspect de la question. Imaginons des extraterrestres étudiant des objets que nous possédons. En examinant un CD et son lecteur, ils peuvent apprendre rapidement que des sons y sont codés sous forme numérique et que le lecteur effectue un décodage permettant de restituer les sons. L’analyse d’un IPOD les mènera à la même conclusion. Le système de stockage y est technologiquement plus avancé  et permet de stocker une plus grande quantité de sons, mais la technique de stockage et de lecture sont aussi compréhensibles. Par contre, la radio plongera certainement ces extraterrestres dans la perplexité. En effet, d’où arrivent les sons et comment sont-ils lus? Sans doute ils tenteront des actions en modifiant ou supprimant des composants de la radio et ils constateront que le son est modifié ou supprimé par de telles actions. Mais ils resteront certainement persuadés que le principe général de la radio n’est pas différent de celui de l’IPOD ou du lecteur de CD:il émet des sons qui sont stockée en son sein. Et ils en seraient si persuadés que s’ils emportaient ces trois objets dans l’espace, en constatant que la radio ne fonctionne plus alors que l’IPOD et le lecteur de CD fonctionnent encore, ils en déduiraient que cela est dû à la sensibilité de la radio, objet plus évolué donc plus fragile. ou au champ magnétique de leur vaisseau ou à l’apesanteur… Sans doute traiteraient-t-ils de magique, de préscientifique, ou de mystique toute théorie envisageant que les sons les sons ne soient pas stockés dans la radio, mais émis par une source mystérieuse.

Vis à vis du cerveau, ne sommes-nous pas dans la situation de ces extra-terrestres? Les faits que nous constatons à ce jour ne prouvent pas que le cerveau soit l’équivalent d’un IPOD ou d’un CD, et ne lui interdisent pas d’être un poste de radio. La conscience est modifiée lorsque certaines zones du cerveau le sont, mais cela ne prouve pas que le cerveau produise la conscience de même que le fait que la musique se modifie quand on modifie les composants de la radio ne prouve que la radio produise la musique. 

wikipedia.org -Friedrich Beck

b) Peu de neurologues n’hésitent pas à franchir le pas et à considérer le cerveau non comme la cause ultime de la conscience, mais seulement comme une de ses conditions.Parmi eux, le neurologue Sir Jonh Eccles et le philosophe Karl Popper développent dans « The self and its brain » développent un modèle où trois mondes sont en interaction:

     – le monde 1: c’est le monde des objets physiques (le monde matériel);

     – le monde 2: c’est le monde de l’esprit humain (les états de conscience).

     – le monde 3: c’est le monde des produits de l’esprit humain (notamment les théories scientifiques et l’art mais aussi les idéologies politiques). 

Mais cette conception dualiste est confrontée à la question: comment l’esprit s’il existe peut-il influencer le cerveau sans violer les lois physiques et en particulier celle de la conservation de l’énergie. Eccles a trouvé le solution grâce à Frédérick Beck, physicien quantique et directeur du département de physique théorique de l’université de Darmstadt. Eccles a reçu le prix Nobel pour l’élucidation du fonctionnement de la synapse (que nous avons rencontrée dans l’article 13-1 paragraphe 4), cet élément essentiel pour le transfert de l’influx nerveux d’un neurone à l’autre. Ce transfert dépend de l’exocytose, mécanisme par lequel la cellule libère de larges biomolécules à travers sa membrane. Elle a lieu quand des vésicules de transport ou de sécrétion fusionnent avec la membrane plasmique et que leur contenu (5 à 10 000 molécules) sort dans le milieu extracellulaire (exemple : expulsion des neuromédiateurs des vésicules synaptiques vers le milieu extracellulaire). L’exocytose permettant la transmission du « message » au neurone suivant n’a en général qu’entre 25 et 30 % de chances de se produire. 

Beck a montré, en réalisant un traitement quantique de l’exocytose, que la probabilité que celle-ci se produise pouvait être augmentée ou diminuée sans que cela constitue une violation des lois de conservation de l’énergie, car les masses mises en jeu sont suffisamment petites pour rentrer dans les incertitudes existant sur le plan quantique. Le travail de Beck et Eccles a été publié par l’Académie américaine des sciences en 1992: « quantum aspects of brain activity and the role of consciousness« . Il ne prouve pas que l’esprit agisse sur le cerveau mais il montre que c’est théoriquement possible. Ainsi, depuis 1992, le dualisme (corps-esprit) est redevenu, sur le plan scientifique, une possibilité. Pour Eccles, «l’esprit serait comme un scanner  qui lit l’état d’activation des neurones et qui influence cette activation d’une façon analogue à un champ de probabilité quantique (champ qui n’a ni masse ni énergie, mais qui exerce pourtant une influence causale en modifiant la probabilité que certaines événements se produisent).» Ainsi selon Eccles, «le cerveau est une machine qu’un fantôme peut faire marcher.» En physique quantique, l’existence d’un tel champ déterminant les états de la matière mais ne s’y réduisant pas est reconnue alors pourquoi ne pas l’admettre en neuroscience demande Eccles? Il a proposé que « intention et l’attention constituent des événements ou phénomènes conscients non matériels, et qu’ils exercent une influence activatrice sur le cerveau. Par exemple, lorsqu’’on demande à un sujet humain de fixer son attention sur son doigt, on observe une augmentation du débit sanguin cérébral dans l’aire corticale tactile correspondant à ce doigt, indiquant une intensification de l’activité neuronale dans cette zone. De même, l’intention mentale de produire un mouvement d’un doigt intensifie l’activité neuronale dans l’aire motrice supplémentaire (aire prémotrice), zone qui est également activée lorsque le sujet produit effectivement ce mouvement (mais dans ce dernier cas, d’autres aires, motrices, sont également activées). Libet a montré en 1990 que l’intention efficace d’accomplir le mouvement survient environ 200 millisecondes avant le début du mouvement. L’événement mental d’intention peut donc être considéré comme précédant les événements neuraux qui produisent en particulier dans l’aire motrice supplémentaire.
Dans « comment la conscience contrôle le cerveau » Eccles écrit: « Il a été amplement démontré par la science que la conscience, l’idéation pure, active effectivement certaines régions déterminées du cortex cérébral. La maîtrise mentale de l’activité cérébrale est si vaste que l’on peut présumer une totale domination du cerveau par la conscience. Et voilà que pour la première fois se trouve formulée une hypothèse sur la manière dont le mental influence l’activité cérébrale sans enfreindre les lois de conservation de l’énergie. La critique matérialiste du dualisme par DennettchangeuxEdelman perd tout son fondement scientifique […]. Puisque les solutions matérialistes ne parviennent pas à expliquer l’unité dont nous avons conscience, j’en suis réduit à conclure que l’unicité de la conscience ou de l’âme provient d’un autre niveau de réalité […] rendue nécessaire par la certitude de l’existence d’un noyau de cette individualité. J’avance qu’aucune autre position n’est défendable.. »

c) La solution de Dominique Laplane,

(la conscience est-elle une composante de l’Univers?)

Dominique Laplane est neurologue, professeur à la Pitié-Salpétrière. Sa solution: la transformation (à voir dans 2.4.2. L’hypothèse de transformation). Selon Laplane, il aurait dans l’Univers, de la matière et de l’énergie d’un côté, et de  l’autre, de la pensée et de la conscience. Le couple matière-énergie peut se transformer en pensée et réciproquement, de la même manière que la matière se transforme en énergie (équivalence E=mc2). Mais, de même que la matière-énergie est quantifiable, la pensée doit être quantifiable. Et si la pensée peut créer de l’énergie, cela ne viole-t-il pas la principe de conservation de l’énergie? Laplane décrit ces questions et y répond dans « La mouche dans le bocal, essai sur la liberté de l’homme neuronal. » Selon lui, sa position n’est pas plus étrange, quand à l’état de nos connaissances, que celle de certains contemporains de Newton qui ont refusé la notion d’attraction universelle parce qu’elle violait les lois relatives à l’interaction des corps admises à l’époque, ou que le refus d’Einstein d’accepter l’idée de non-séparabilité tant celle-ci lui semblait incompatible avec la relativité. 

Laplane pense que son hypothèse doit être prise en compte à cause de son caractère explicatif  et des solutions qu’elle apporte à un grand nombre de problèmes qui peuvent ainsi être surmontés, même si elle n’est pas scientifiquement testable pour l’instant. Elle permet par ailleurs de concilier matérialisme et spiritualisme et d’effacer la barrière que le dualisme a introduit entre eux: « Du matérialisme, nous retenons sans réticence l’idée que notre pensée provient effectivement de la matière et nous laissons le champ totalement libre à la connaissance objective qui peut se développer intégralement dans le cadre de l’axiomatique scientifique. Le dualisme est entièrement respecté: il y a bien, comme le constate le sens commun, d’une part la pensée, d’autre part la matière énergie. La grande différence est que l’articulation entre ces deux ensembles est désormais compréhensible. »

Comme Eccles, Laplane pense qu’il n’est pas scientifique d’affirmer que notre conscience soit un mécanisme créé par les lois physiques que nous connaissons, alors que l’unité de perception pourrait être obtenue par par des mécanismes de type « physicaliste« . Pour lui, il existe une conscience universelle que le cerveau utilise pour pour bâtir une conscience individuelle, un peu comme des artisans distincts utilisent une plaque de métal pour produire des objets différents. Laplane, en affirmant l’existence de consciences individuelles peut ainsi rejeter le panpsychisme, qui considère que tout ce qui existe, toute réalité matérielle, et non pas seulement l’esprit, possède une nature psychique. Ce n’est pas une simple spéculation, il s’appuie sur des observations fascinantes qui montrent l’existence d’une conscience pure (voir « penser c’est-à-dire? enquête neurophilosophique » et la vidéo suivante: uip.edu -La conscience pure et la méditation (Dominique Laplane et le syndrome de l’auto-activation)

Ainsi Laplane établit une distinction fondamentale entre le conscience et les contenus de la conscience avec l’existence d’une « conscience pure » ou d’un état de « conscience vide » pendant lequel le sujet reste conscient bien que rien ne se passe dans son esprit. C’est sans doute un important progrès dans nos connaissances (des spécialistes comme Dennett, Damasio ou Crick ne peuvent même pas imaginer que de tels états existent). Cela se rapproche des témoignages de méditants orientaux et des écrits bouddhistes sur les états de « non-pensée ». De même que l’énergie peut exister sans matière et pas l’inverse, la conscience peut exister sans pensée, mais pas l’inverse. Et ces deux constituants fondamentaux de l’Univers peuvent se transformer l’un dans l’autre. 

Laplane a aussi développé un autre concept révolutionnaire en soignant de nombreux aphasiques, malades qui ne peuvent plus utiliser ni comprendre le langage, voire les écrits. Il démontre qu’ils continuent à pouvoir penser normalement même s’ils n’ont plus les mots pour le faire. Laplane cite le cas, non d’un de ses patients mais celui du Pr Lordat, professeur de médecine à Montpellier au 19è siècle, spécialiste de l’aphasie et qui devint lui-même aphasique puis guérit 15 ans plus tard. Son témoignage montre qu’on peut penser à des choses complexes de façon normale, sans avoir aucun mot à mettre à l’intérieur de soi pour les exprimer. C’est une pensée sans langage, mais une pensée consciente qui ne peut être formulée (sergecar.perso.neuf.fr -intelligence et pensée non verbale et neuropsychiatrie.fr -Dominique Laplane : La pensée d’outre-mots. La pensée sans langage)

d) Jean-François Lambert est psychophysiologiste, enseignant à Paris VIII. Pour lui, le cerveau est la condition de l’existence de la conscience et non pas sa cause. Il utilise des métaphores telles que:  « Si […] vous découvrez que votre frigidaire est en panne et que les fusibles ont sauté, vous n’allez pas dire, après les avoir changés,  « les fusibles sont la cause du froid. ». » De la même façon, le cerveau n’est pas la cause de la conscience même si elle ne peut exister sans lui, tout comme le froid n’existe pas dans les frigidaires si les fusibles ne sont pas en bon état. Cette position n’est pas dualiste car Lambert ne conçoit pas que la conscience puisse exister sans le cerveau. Et si d’autre part cette conception implique l’existence d’une dimension autre que celle physico-chimique de l’activité neuronale qui serait la cause de la conscience (ce qui conduit au dualisme), cette dimension est nécessaire et ineffable sur le plan empirique. En fait Lambert reproche à Eccles de vouloir objectiver ce qui n’est pas objectivable et aux matérialistes leur certitude de pouvoir de pouvoir clore le monde physico-chimique sur lui-même pour ce qui concerne la conscience., ce qui pour lui est impossible. 

Ceci amène Lambert à proposer une autre alternative à la logique qui préside aux rapports cerveau-pensée, celle de l’absence comme témoin d’une présence, l’incomplétude, un nouveau paradigme. La pensée, l’esprit et le sujet ne peuvent être circonscrits et leur présence n’est pas à rechercher dans, ou à côté des processus, mais dans l’impossibilité pour les processus de s’auto-justifier. Loin de constituer un échec de la raison, l’incomplétude du sujet empirique, évoquée aussi par Erwin Schrödinger dans l’esprit et la matière (l’élision du sujet), désigne ici un espace offert, au coeur de la rationalité, à la révélation d’un sens. Cette démarche est équivalente à celle de Ludwig Wittgenstein montrant l’incomplétude du langage ou celle de Kurt Gödel montrant celle de la logique. Lambert veut ainsi montrer que l’homme ne se contient pas, mais, dit-il, « cette incomplétude, cette radicale impossibilité impossibilité d’exhiber la totalité que je suis, ne permet pas de conclure objectivement ni à la présence certaine, ni à l’absence certaine, d’un opérateur métaphysique. Les données objectives ne sauraient permettre sans contradiction évidente d’attester de manière irréfutable l’existence de ce qui, par nature, leur échappe. » 


e) Mario de Beauregard .est un spécialiste canadien en neurobiologie né en 1962 

drmariobeauregardfr.com/

Chercheur en neuroscience, agrégé du département de psychologie à l’Université de Montréal et titulaire d’un doctorat en neurobiologie de l’Université du Texas, il a reçu en octobre 2008 une couverture médiatique internationale pour son affirmation que le cerveau ne produit pas l’esprit mais que l’esprit influence le cerveau
En 2006, il participe au documentaire de l’ONF Le cerveau mystique


Les recherches de Mario de Beauregard montrent à quel point les facteurs psychologiques peuvent avoir un impact sur le plan physique. Ils indiquent que la volonté, les croyances, les attentes (variables mentalistes) et leur contenu intentionnel ne sont ni identiques, ni réductibles aux processus cérébraux (propagation d’un influx nerveux, libération de neurotransmetteurs par les vésicules). Mais les processus et événements mentaux exercent une influence causale sur les niveaux de fonctionnement du cerveau (niveaux moléculaire, cellulaire, systémique), et la valeur prédictive et explicative des variables mentalistes soutient la vision dualiste selon laquelle les contenus de l’expérience subjective consciente peuvent influencer causalement les processus électriques et chimiques du cerveau. 

C’est pourquoi, pour interpréter ces résultats, Mario de Beauregard  a proposé l’hypothèse de la traduction « psychoneurale » (HTP). Selon l’HTP, le monde psychologique (la perspective à la première personne, le « je »), et le cerveau (la perspective à la troisième personne qui elle, fait partie du monde) représentent deux domaines distincts sur les plans ontologique et épistémologique. Ces deux domaines peuvent interagir parce qu’ils constituent des aspects complémentaires d’une même réalité sous-jacente; L’activité mentale, qui inclue la conscience, représente un aspect irréductible et fondamental de l’Univers. L’HTP postule aussi que les processus et événements conscients et inconscients sont traduits de manière sélective, par le biais d’un code spécifique, en processus et événements neuronaux dans les divers niveaux d’organisation du cerveau (biophysique, moléculaire, cellulaire, circuits). 

Mario de Beauregard et aussi, avec le neuropsychiatre Jeffrey Schwartz et le physicien Henri Stapp, le coauteur d’un article sur les liens existant entre la physique quantique et les neurosciences qui affirme que l’espoir des matérialistes d’expliquer par l’une des différentes hypothèses que nous avons mentionnées dans l’article 13-1), la connexion entre nos sentiments et nos émotions et l’activité cérébrale est condamné d’avance par la physique quantique: « La conception classique suppose que les choix faits par les être humains à propos du comment ils vont agir soient déterminés par des variables microscopiques qui, d’après la théorie quantique sont, par principe, indéterminées. La supposition réductionniste que le cours de l’expérience humaine est déterminé par des processus mécaniques locaux est la chose qui est la plus fortement réfutée par la structure des phénomènes naturels telle que la dévoile la physique contemporaine. Espérer que les connexions entre l’esprit et le cerveau seront comprises dans un cadre conceptuel si contraire aux principes de la physique n’est ni raisonnable ni crédible au plan scientifique. »


f) conclusion

Dans ce article et le précédent; Notre existence a-t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème (la conscience 1ère partie, nous avons vu les positions de scientifiques et de philosophes sur le problème de la conscience. Pour certains, le cerveau produit la conscience alors que d’autres pensent que ce n’est pas le cas. Nous sommes passés de positions les plus réductionnistes et matérialistes à des positions plus nuancées où le cerveau est bien plus qu’un « paquet de neurones ». Quelles sont les positions les plus crédibles? C’est ce que nous examinerons dans le prochain article « l’homme non neuronal » par des analyses qui portent non sur la vision, l’audition ou des maladies, mais sur la nature de la conscience et des questions telles que le libre arbitre ou la création de sens. 


liens: esswe.org -Les sciences cognitives à l’épreuve de la théologie

neur-one.fr -NEUROBIOLOGIE DE LA CONSCIENCE

doublecause.net -Esprit et conscience

syti.net -exploration du cerveau humain

v.i.v.free.fr -Le cerveau est-il un ipod ou une radio ?

leplus.nouvelobs.com -iphone et cerveau

philosophiascientiae.revues.org -Popper et le problème du corps et de l’âme

claudegagnon.net -Karl Popper sur le problème du corps et de l’esprit (body-mind problem)

hal.archives-ouvertes.fr -la théorie de la connaissance de Popper et ses implications (les 3 mondes)

philosophie.philisto.fr -Le mystère de la conscience

outre-vie.com -la conscience hors du cerveau

jeanluc.fr -les champs quantiques     sciences.ch -PHYSIQUE QUANTIQUE DES CHAMPS

hal.archives-.lasserre.pagesperso-orange.fr -APPROCHE BIOCHIMIQUE ET QUANTIQUE

jeanzinouvertes.fr -Relations psychisme-cerveau, dualisme interactionniste et gradient de matérialité

jung-neuroscience.com -Benjamin Libet

staune.fr -Comment la conscience contrôle le cerveau – John C. Eccles

ulaval.ca -Une critique du dualisme cartésien

uip.edu -(dominique laplane) Enquête neurologique sur la conscience en général

www.asmp.fr -Cerveau et conscience: bilan et perspectives (voir chap 2-4-2 laplane et l’hypothèse de transformation)

persee.fr -Dominique Laplane La mouche dans le bocal essai sur la liberté de l’homme neuronal

amazon.fr -Penser, c’est-à-dire? Enquête neurophilosophique

plasticites-sciences-arts.org -Penserc’est-à-dire? La vérité ne se trouve pas par simple réflexion (D. Laplane)

sergecar.perso.neuf.fr -intelligence et pensée non verbale

asmp.fr/travaux -J F Lambert: Cerveau et conscience : bilan et perspectives

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme

chapitre.com -E. Schrödinger, L’esprit et la matière, précédé de L’élision par M. Bitbol

onf-nfb.gc.ca -le cerveau mystique

drmariobeauregardfr.com -Les pouvoirs de la conscience Comment nos pensées influencent la réalitéPlusieurs scientifiques prônent toujours que matérialisme scientifique est synonyme de science. Selon l’idéologie matérialiste scientifique, tout est composé de particules matérielles et tout ce que nous expérimentons—incluant nos pensées, nos émotions, nos croyances, nos intentions, notre sens de soi et nos épiphanies spirituelles—résulte de l’activité des neurones dans nos cerveaux.

Ces scientifiques semblent ignorer le fait que le matérialisme scientifique ne repose que sur des croyances sans preuve. Comme les fondamentalistes, les plus zélés d’entre eux essaient de convertir leurs collègues et les individus sans formation scientifique, propageant leur idéologie dans tous les secteurs de la société. S’accrochant à la croyance que le monde physique est la seule réalité, ces matérialistes rejettent a priori les évidences remettant en question leur doctrine. Dans LES POUVOIRS DE LA CONSCIENCE, le neuroscientifique Mario Beauregard examine méticuleusement ces évidences. Il présente des études montrant que nos pensées, croyances et émotions influencent ce qui se passe dans nos cerveaux et nos corps et jouent un rôle clé dans notre santé et notre bien-être. Le Dr Beauregard présente aussi des études démontrant que nos esprits peuvent parfois affecter des événements à l’extérieur des limites de nos corps et recevoir des informations sans l’usage des sens ordinaires, au-delà de l’espace et du temps. De plus, il examine d’autres études suggérant que nous pouvons avoir des perceptions véridiques durant des expériences hors du corps déclenchées par un arrêt cardiaque et que nous pouvons aussi avoir accès consciemment à d’autres niveaux de réalité, même lorsque le cerveau ne semble plus fonctionner.

En se basant sur l’ensemble des évidences présentées dans LES POUVOIRS DE LA CONSCIENCE, le Dr Mario Beauregard démontre de façon convaincante que le matérialisme scientifique est erroné et que l’esprit et la conscience ne sont pas simplement le produit de processus électrochimiques prenant place dans le cerveau. Le Dr Beauregard annonce aussi un changement majeur de paradigme en science.

Éloges pour LES POUVOIRS DE LA CONSCIENCE

« Le dogme actuel postulant que le cerveau fabrique la conscience comme le foie sécrète la bile et que la conscience humaine est confinée au cerveau et au corps ne peut être qualifié que de neuromythologie. Le futur montrera que cette croyance était l’un des concepts les plus malencontreux dans l’histoire de l’humanité, comme celui de la terre plate. Cette croyance ne pourra pas durer car elle n’est pas scientifique et elle ne peut expliquer comment la conscience se manifeste dans le monde. Dans ce livre important, le Dr Mario Beauregard nous montre pourquoi. »

enaud-bray.com -Du cerveau à DieuPour tenter de répondre à cette épineuse question, le neuroscientifique Mario Beauregard a demandé à quinze Sours carmélite de prêter leur concours à une expérience scientifique.

En examinant l’activité cérébrale de ces religieuses au cours de leur expérience mystique, il a découvert que les pratiques spirituelles ne sont pas reliées à une zone spécifique du cerveau, mais à plusieurs « régions et systèmes cérébraux  » habituellement destinés à des fonctions telles que la perception, les émotions ou la conscience de soi. Il n’existe donc pas un unique « point de Dieu  » dans notre cerveau, pas plus qu’il n’existe un « gène de Dieu  » dans nos cellules.
Par ailleurs, l’étroite corrélation des activités spirituelles et neurologiques ne signifie pas qu’il faille réduire l’expérience spirituelle à un simple phénomène cérébral ou à une illusion, voire une hallucination, dont l’unique socle serait de nature neuronale. Loin s’en faut : les expériences mystiques révèlent la capacité des individus à entrer en contact avec une force objectivement réelle, transcendantale, un au-delà d’eux-mêmes, du temps et de l’espace.
D’où les nombreux phénomènes psychiques qui demeurent inexpliqués par la science, tels que les guérisons « miraculeuses « , l’effet placebo, les prémonitions, les expériences de mort imminente (EMI ou NDE), le sentiment d’union lors de la prière ou la méditation . Salutaire, édifiant, ce livre s’écarte de la tendance générale des travaux de neurosciences en remettant en question l’idéologie matérialiste dominante.
Il nous montre que si la science est incapable de prouver ou d’infirmer l’existence de l’âme, elle ne saurait pour autant persister à la nier.

3 réflexions au sujet de « Notre existence a t-elle un sens? 13-2) Dur, dur le problème »

  1. C’est absolument fascinant, je reviendrai relire car vos articles sont si riches mais j’adore les vidéos et le passage : « les expériences mystiques révèlent la capacité des individus à entrer en contact avec une force objectivement réelle, transcendantale, un au-delà d’eux-mêmes, du temps et de l’espace ».
    Merci pour tout ce magnifique travail

    • En fait, je ne connais pas tout ceci, mais je traduis ma lecture du livre de Jean Staune « notre existence a-t-il un sens? » en faisant les recherches sur internet qui permettent d’enrichir mes connaissances et de les partager.

      • Pas moyen de tout connaître, l’essentiel est de savoir trouver ce que l’on désire et donner des pistes.
        Et les vôtres sont si nombreuses et l’intérêt si grand

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