Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème


 

Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème (la conscience 1ère partie)

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.

Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un « traité de la condition humaine »?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance …

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance…

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang…La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang… la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l’imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

Notre existence a t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l’évolution (urgent)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

« La raison pour laquelle la conscience nous apparaît comme un mystère est que nous n’avons pas une idée claire de la manière dont quoi que ce soit dans le cerveau pourrait les états conscients. » John Searle.

agoravox.fr -Neurosciences : quelle conscience après la mort ?

 

1) Le problème de la conscience.

la-philosophie.com -corps-philosophie

Jusqu’à présent dans cette série d’articles, nous n’avons abordé que des questions afférentes au monde et à l’objectivité, depuis l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand. Nous avons évoqué au départ le désenchantement du monde. Nous nous sommes posés la question qu’est-ce que le réel? Puis nous avons examiné l’Univers et son origine (d’où venons-nous où allons nous?). Les derniers articles ont été consacrés à la question « sommes-nous ici par hasard? », avec un regard sur l’évolution et ses explications. Maintenant nous allons aborder la question: « qui sommes-nous? ». De toutes les grandes questions que nous nous posons, c’est peut-être la plus importante car elle nous concerne directement et c’est celle pour laquelle nous avons encore le moins d’éléments de réponse, quoique les progrès sont de plus en plus fulgurants. 

La conscience est peut-être le problème le plus difficile à appréhender. Dès l’enfance nous éprouvons la sensation d’être une entité unique, un « soi » conscient de sa propre existence, avec une mémoire, des pensées, des sentiments. Nous faisons l’expérience de sensations subjectives de douleur, de joie, de contentement, de perceptions. 

Pour l’expliquer, la plupart des civilisations ont fait intervenir deux entités, un esprit, siège unique de notre moi et de nos émotions et un corps contrôlé par cet esprit. Descartes a théorisé cela en séparant la « chose pensante » (« res cogitans« ) du corps (la « res extensa« , ce qui est étendue). IL a même émis l’hypothèse que les deux interagissaient via la glande pinéale ou l’épiphyse (structure unique dans le cerveau alors que les que les autres sont doubles car elles existent dans les deux hémisphères). 

Depuis 250 ans environ, la recherche a pris une autre direction avec l’observation des malades atteints de lésions cérébrales et récemment grâce aux progrès fulgurants de l’imagerie cérébrale. Grâce à l’observation des patients, une carte du cerveau a pu être établie. Il existe une spécialisation des deux hémisphères. Par exemple chez 95% des droitiers (et 70% des gauchers), les aires du langage se trouvent dans l’hémisphère gauche. Par ailleurs, les lésions cérébrales ont des conséquences sur les caractères les plus évolués des êtres humains (le sens moral, la capacité à se projeter dans l’avenir, à se comporter en société…)

outilsrecherche.over-blog.com -aires cérébrales

C’est ce que montre le cas de Phinéas Gage:  » Le 13 septembre 1848, Phineas Gage travaille dans la périphérie de Cavendish dans le Vermont aux États-Unis à la construction d’une ligne de chemin de fer.

Alors qu’il est en train de bourrer la poudre dans la faille d’un rocher, Phineas oublie d’ajouter une couche de sable par dessus la poudre noire. Par malchance, la barre à mine en heurtant le rocher met le feu aux poudres. Suite à cette explosion, cette barre de fer (plus probablement un bourroir) lui perfore le crâne, en le traversant complètement, et provoque des dommages aux lobe frontal gauche de son cerveau. Malgré la gravité apparente de la blessure, la victime survécut.

Phineas Gage était jusque-là considéré comme sérieux, attentionné, sociable, fiable et ayant un bon jugement, mais cette blessure semble avoir eu des effets négatifs sur son comportement émotionnelsocial et personnel, le laissant dans un état instable et asocial, constate le Dr Harlow (1819-1907) qui le soigne pendant de longs mois. S’il perd l’usage de l’œil gauche, son état physique semble ne pas avoir changé. Il ne souffre d’aucune paralysie.

Son humeur changeante, son tempérament devenu grossier et capricieux lui font changer souvent de travail. Il essaye d’élever des chevaux mais sans succès, et devient ensuite conducteur dediligence au Chili entre Santiago et Valparaíso de 1852 à 1859. Il passe même comme attraction au cirque Barnum à New York vers fin 1849. De retour aux États-Unis auprès de sa famille près de San Francisco en 1859, sa santé se dégrade et il change encore sans cesse d’employeur. Il meurt douze ans après son accident, le soir du 21 mai 1860 (et non 1861 comme l’a rapporté Harlow), dans une grande crise d’épilepsie.

En 1867, le docteur Harlow fait exhumer le crâne de Gage au nom de la science pour pouvoir l’étudier, mais il ne peut à l’époque en tirer d’informations concluantes. »

130 ans après, Hanna Damasio, à partir du crâne de Cage et de la barre de fer (l’histoire est décrite par Antonio Damasio le mari d’Hanna, dans « l’erreur de Descartes« ), a pu reconstituer les dommages subis par le cerveau de Cage qui se trouvent dans la région ventro-médiane des lobes frontaux. Les patients ayant des lésions dans cette zone présentent les mêmes déficits pour décider, pour contrôler leurs émotions, et se comporter en société. On peut maintenant montrer que des modifications du cerveau entraînent des comportements anormaux contre la volonté d’une personne. Ainsi un père de famille attentionné se mit à collectionner des images pédophiles puis à commettre des actes pédophiles. Il déclara ne pas comprendre ce qui se passait, il se sentait « obligé » de se comporter ainsi. alors qu’il n’avait jamais eu de pulsions de cette sorte. Un scanner du cerveau révéla l’existence d’une tumeur qui comprimait certaines zones. Une fois opéré, il put reprendre une vie normale.

Une autre source d’information provient maintenant, non plus des malades, mais d’images de sujets sains obtenues grâce aux nouvelles techniques de résonance magnétique nucléaire. L’appareil IRM est devenu un outil de prédilection pour la recherche biomédicale, et notamment en neurosciences cognitives. À partir des années 1990, la technique d’IRM fonctionnelle, qui permet de mesurer l’activité des différentes zones du cerveau, a en effet permis des progrès importants dans l’étude des fondements neurobiologiques de la pensée. Ainsi, tous ces progrès ont généré un paradigme dans lequel il est indiscutable que la conscience soit, d’une façon ou d’une autre, produite par le cerveau.

Mais il reste au moins deux gros problèmes: en premier lieu, pour qui le monde existe-t-il? Quand nous voyons quelqu’un habillé en rouge courir, où cette unité de vision se réalise-t-elle alors que nous savons que des groupes différents de neurones traitent les couleursles formes le mouvement? Et, en second lieu, comment les phénomènes faisant partie de notre expérience subjective (être un « moi » unique, éprouver la beauté, être heureux…) peuvent-t-ils être produits à partir de l’activité physique des neurones de notre cerveau? D’où provient la conscience, c’est à dire le fait d’éprouver quelque chose? C’est ce que le philosophe David Chalmer a appelé le « hard problem » (le dur problème).

A l’heure actuelle, quasiment tous les spécialistes s’accordent pour dire que dans le cerveau il n’y a aucun « lieu de la conscience », endroit unique où seraient projetées les sensations et où un « soi » en prendrait conscience (Il existe deux grandes catégories de chercheurs ou philosophes qui travaillent sur la conscience: les « identitaires » et les « émergentistes »).


liens: wikipedia.org -Conscience

psydoc-fr -Comment la conscience contrôle le cerveau John C. Eccles

sergecar.perso.neuf.fr -conscience et connaissance de soi

trans4mind.fr -Conscience de soi           vedanta.asso.fr -Le soi

sos.philosophie.free.fr -Suis-je ce que j’ai conscience d’être ?

philolog.fr -La conscience de soi est-elle une connaissance de soi?

hyperconscience.wordpress.com -Portail sur les expériences avancées de conscience

wikipedia.org -Discours de la méthode

wikipedia.org -Méditations métaphysiques

implications-philosophiques.org -L’approche cartésienne du corps et de l’esprit

wikipedia.org -Problème corps-esprit

ac-grenoble.fr -Cours sur le corps    la-philosophie.com -Le corps en philosophie

wikipedia.org -Cogito_ergo_sum (Descartes)

absolultime.xooit.fr -La spiritualité, c’est comprendre le jeu de la conscience.

wikipedia.org -Problème corps-esprit

wikipedia.org -Imagerie cérébrale   mon.univ-montp2.fr -Imagerie cérébrale

futura-sciences.com -L’imagerie cérébrale permettra-t-elle de lire dans les pensées ?

psychotheque.ch -Antonio Damasio analyse du cas de phinéas gage

osp.revues.org -L’erreur de Descartes (1995)

wikipedia.org -Imagerie par résonance magnétique

facmed.univ-rennes1.fr -Introduction aux Neuro-Sciences Cognitives

svt.leverrier.free.fr -Le traitement des messages visuels dans le cortex cérébral. Notion de perception

timotheecour.com -RECONNAISSANCE DE FORMES PAR RESEAU DE NEURONES

wikipedia.org -Philosophie de l’esprit

uip.edu -Enquête neurologique sur la conscience en général

asmp.fr -Cerveau et conscience : bilan et perspectives

reflecritiques.com -Le problème de la relation du corps et de l’esprit


2) Les identitaires: « rien d’autre que les neurones« .

Pour eux, le mental est identique au cérébral. Douglas Hofstadter et Daniel Dennett peuvent dire, dans « vues de l’esprit » que « l’esprit humain est un objet physique ». Les identitaires pensent que seules les connections neuronales sont responsables des états mentaux produit par la perception des sens ou de la pensée. La théorie identitaire se base uniquement sur les phénomènes physiques, ce qui élimine en grande partie le problème de l’origine de la conscience. Pour eux, le « problème difficile » de David Chalmer est un faux problème, il n’y a rien à expliquer, juste des processus physiques.

Parmi les identitaires, il y a les « forts » et les « faibles, comme il y a les darwiniens « forts » et « faibles. » Les identitaires forts, sont appelés parfois « éliminationnistes » car ils éliminent totalement le problème de la conscience. Pour les identitaires faibles parfois appelés « fonctionnalistes », les rapports entre les états neuronaux et les états mentaux peuvent être moins stricts.  

 

liens: uip.edu -Esprit es-tu là? la conscience n’est rien d’autre qu’une activité neuronale?

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme

uip.edu -Enquête neurologique sur la conscience en général

ted.com -A propos de notre conscience » par Dan Dennett

automatesintelligents.com -A propos de Daniel Dennett

cvm.qc.ca -l’identité de l’esprit et du cerveau

max.kistler.free.fr -Matérialisme et réduction de l’esprit

edouard-lopez.com -Le fonctionnalisme dans les sciences cognitives

labyrinthe.revues.org -Introduction cognitivisme et sciences cognitives

rancoisloth.wordpress.com -Une solution ontologique: le fonctionnalisme d’Armstrong et de Lewis

suite101.fr -D’où provient la conscience? les identitaires et les émergentistes.

 

3) Les émergentistes: le tout est plus que la somme des parties. 

Pour les émergentistes, « les sensations conscientes subjectives ne peuvent pas être réduites à des états physiques, même si elles sont produites par eux. Ils proposent alors la théorie de l’émergence, qui se résume par : le tout est plus que la somme des parties.

Par exemple, l’eau a de nombreuses propriétés que l’on ne peut deviner si l’on ne connaît que les atomes d’oxygène et les molécules d’hydrogène. L’eau n’est rien d’autre que H2O mais c’est un tout. La molécule d’eau est bien plus qu’une simple association d’atomes puisqu’elle manifeste des propriétés qui ont «émergé» et qui n’existaient pas dans ses seuls composants.

Les émergentistes pensent qu’il en est de même pour la conscience et des sensations subjectives qui l’accompagnent : les neurones seuls ne sont que peu de choses, mais associés, ils auraient la faculté de produire la conscience. »

Comme pour le identitaires faibles, il y a les émergentistes faibles qui pensent qu’il en est ainsi de la conscience et de toutes nos sensations subjectives. Pour les émergentistes « forts », l’émergence peut produire des niveaux ontologiquement distincts des niveaux de départ. Ils contiendront des forces ou des entités capables d’exercer une influence causale sur les niveaux inférieurs qui les ont créés (causalité descendante), ce que nient les émergentistes faibles.

liens: deaneuro.free.fr -L’approche neurobiologique des faits de conscience: vers une science de l’esprit -La conception d’un « monisme émergentiste

hal.archives-ouvertes.fr -Modélisation des processus émotionnels dans la prise de décision (une approche émergentiste)

laviedesidees.fr -La boîte à idées L’esprit humain est-il soluble dans la science ?

automatesintelligents.com -De l’évolution de l’émergence


4) Les neurones.

memoireetvie.com -neurone

Un neurone, ou cellule nerveuse, est une cellule excitable constituant l’unité fonctionnelle de base du système nerveux spécialisée dans la communication et le traitement d’informations. Le neurone est composé d’un corps appelé péricaryon ou corps cellulaire ou encore soma, et de deux types de prolongements : l’axone, unique, qui conduit le potentiel d’action de manière centrifuge, et les dendrites, qui sont en moyennes 7 000 par neurone.Les signaux vont soit le pousser à se déclencher, soit inhiber son déclenchement. S’il se déclenche, il envoie une impulsion électrique qui se propage dans l’axone. En général, les neurones produisent toujours le même type d’effets sur leurs voisins. Certains neurones contribuent à exciter d’autres neurones alors que d’autres ont toujours une action inhibitrice. 
L’axone se termine par un bouton terminal qui permet au signal de passer d’un neurone à l’autre (ou d’un neurone à une cellule musculaire si ce dernier contrôle un muscle). Une 
synapseespace très fin de l’ordre de 2 à 300 angströms, sépare le bouton terminal de la surface d’une dendrite. L’influx nerveux, en arrivant dans le bouton, va exciter des vésicules qui vont s’ouvrir relâchant des molécules appelées « neurotransmetteurs » qui vont influencer la dendrite située de l’autre côté de la synapse en y créant un courant électrique. Ainsi, l’espace séparant les deux neurones est franchi par ce médiateur chimique qui sert de relais pour des impulsions électriques. . 

memoireetvie.com -LES NEURONES ET LES SYNAPSES

De nombreuses autres choses se produisent dans les neurones, mais l’essentiel de ce que nous sommes se réduit à l’activité de l’immense réseau que forment les 86 à 100 milliards (10^{11}) de neurones de notre cerveau, chacun étant connecté en moyenne à 10 000 autres neurones. 


liens: 
neur-one.fr -neurosciences comportements: le neurone
braincampaign.org -neurones et potentiel d’action

cours-pharmacie.com -Le système nerveux


5) Les positions de quelques personnalités.

a) Francis Crick, prix Nobel de médecine pour la découverte de la structure hélicoïdale de l’ADN appelle ceci « l’hypothèse stupéfiante (voir 2)« : « nous ne sommes rien d’autre que qu’un paquet de neurones. ». Crick se concentre sur la vision et dit seulement chercher des « corrélats » de la conscience visuelle (mais une corrélation n’est pas une cause). Il suppose qu’une « agrégation » des informations éparses obtenues à propos d’un objet doit être faite, mais que le processus est inconnu. Il est possible que cette unité soit obtenue avec le concours du mécanisme rapide de l’attention, dont la nature reste méconnue. Crick suppose que que c’est grâce à une fréquence commune qui pourrait être de 40 Hz que s’établit une unité entre les différents neurones. Puis le thalamus joue un rôle central ainsi que les cellules pyramidales de la couche 5. Ce qu’un de ces neurones devrait envoyer aux autres parties du cerveau, ce sont les résultats des traitements de l’information par ces neurones. Selon Crick, il serait possible que la conscience corresponde à un sous-ensemble de ces résultats. 

Ainsi, la conscience serait un sous-ensemble accessoire de l’activité neuronale (position « locationniste ») qui est testable, puisqu’une anesthésie de ces seuls neurones devrait priver une personne de conscience. mais Crick n’a pas l’air de vraiment y croire car il écrit: « si qui que ce soit me soumettait cette théorie, je la condamnerais à l’instant et la traiterais de château de cartes. Touchez-la, elle s’écroule. » Il représente la tendance « éliminationniste » dont le réductionnisme est plutôt extrême. Il considère comme « mystique » une définition de la conscience correspondant non seulement à l’émergence forte, mais déjà à l’émergence faible: « le comportement émergent  ne peut absolument pas être compris comme une combinaison du fonctionnement de ses différentes parties. » Et encore: « Si le tout peut ne pas être que la simple somme de ses parties, son fonctionnement peut, en principe, être compris à partir de la nature et au comportement de ses parties et de leur interaction.« , ce que peu d’émergentistes même faibles accepteront. 

b) Gérald Edelman, prix Nobel de médecine, eut l’idée de la « théorie de la sélection des groupes neuronaux. » La structure du cerveau n’est pas totalement déterminée à la naissance . Des groupes de neurones sont en compétition pour accomplir les mêmes tâches (ceux qui arrivent mieux que d’autres se trouvent renforcés alors que les autres dépérissent). cela ressemble à un processus de sélection naturelle qu’Edelman appelle le « darwinisme neuronal ». C’est possible pour le développement pour l’organe qu’est le cerveau, mais comment passer de ce phénomène à la conscience?

Pour comprendre la possibilité des capacités cognitives du cerveau, il faut 

comprendre le phénomène de catégorisation, et le concept sous-jacent de “valeur 

interne” proposé par Edelman. Il expose ainsi le “problème fondamental” (de la 

catégorisation): Le phénomène essentiel est celui de la réentrance ou de la rétroaction, avec des interactions des groupes de neurones. La vision globale d’un objet émerge ainsi au niveau du cerveau sans être localisée nulle part. Les catégories ainsi obtenues sont ensuite mémorisées. 

Puis, dans un premier temps, Edelman distingue la conscience primaire, et la conscience d’ordre supérieur. La conscience primaire est l’état qui permet de se rendre compte de la présence des choses dans le monde, d’avoir des images mentales dans le présent. Mais elle ne s’accompagne pas d’un sens de la personne, avec son passé, et son présent. Les quatre bases de la conscience primaire sont la catégorisation perceptive (l’aptitude à découper le monde en catégories utiles (comme reconnaître ses proies), un processus fondamental du système nerveux des vertébrés, avec le contrôle du mouvement), le développement des concepts (capacité à combiner différentes catégories perceptives), la mémoire (capacité à répéter ou supprimer un acte mental ou physique), et le réglage des contraintes de valeur. La conscience supérieure, la nôtre, va naître à partir de la conscience primaire grâce l’ajout du langage, qui sera à l’origine de nouvelles boucles dans le circuit allant de la mémoire aux perceptions.
Mais, comme le souligne Jonh Searle, Edelman ne dit pas comment tous ces mécanismes de réentrées causent les états conscients. On peut imaginer un cerveau (un ordinateur?) ayant les mêmes mécanismes sans avoir de conscience. On pourrait résumer son raisonnement par: 1) nous savons que la conscience existe; 2) Il faut qu’elle émerge des processus cérébraux; 3) De nombreux processus complexes interagissent eux; 4) La conscience doit donc émerger de ces interactions

L’approche d’Edelman est un exemple d’émergence faible. Il s’oppose au réductionnisme au fonctionnalisme, aux « identitaires » et à tous ceux qui assimilent l’esprit à un programme d’ordinateur, même s’il pense qu’une machine possédant une conscience supérieure puisse un jour être construite. Il attache une grande importance au corps et à la structure du cerveau pour l’apparition de la conscience. Il croit en l’existence d’une certaine forme de libre-arbitre et rejette le déterminisme psychologique de Freud. Il pense aussi que sa théorie implique une certaine incomplétude de la connaissance.

c) Roger Sperry, prix Nobel de médecine, représente l’émergence forte. Il se dit mentaliste tout en rejetant le dualisme: « Quand je me prétends mentaliste, je soutiens que les phénomènes mentaux subjectifs, tels qu’on en fait l’expérience subjective, représentent une réalité primordiale exerçant un effet causal et qu’ils sont distincts de leurs éléments physico-chimiques, auxquels ils ne peuvent être ramenés« . Il affirme (ce que Crick qualifierait certainement de super-mystique) qu’il y a une réalité non physico-chimique qui précède et détermine nos pensées et nos actions, quand bien même celles-ci laissent des traces détectables par divers moyens dans notre cerveau. Ainsi, Exit l’homme neuronal et le paquet de neurones de Jean-Pierre CHANGEUX,  fini le hasard et la nécessité de Jacques MONOD.

Cet « esprit conscient« , qui n’est pas physico-chimique est replacé « dans une position de commandement suprême. » Il impose son mouvement global aux molécules sans directement interagir avec elles, comme la roue impose une direction de déplacement à toutes les molécules qui la composent sans interagir directement avec elles. 

Mais SPERRY va encore plus loin : « Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l’esprit humain, conception issue semble-t-il de l’attitude objective et analytique aujourd’hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement […]. Je soupçonne que nous avons été dupés, qu’à la société et à elle-même la science n’a fourgué que de la camelote. » 

 d) le philosophe Philip Clayton a développé des conceptions à l’image de celles de Sperry, et qui aboutissent à une théorie de l’émergence forte. L’être humain est constitué de toute une série de niveaux et chaque niveau doit être expliqué par une science adaptée à ce niveau. Il écrit: »Je parie qu’aucune explication faisant l’économie d’un niveau psychologique irréductible ne pourra rendre compte de la personne humaine. Comme je l’ai dit, cela implique que la dimension consciente ou mentale de la personne humaine existe réellement et puisse exercer des effets causaux. »
e) Pour Antonio Damasio, les émotions sont essentielles. Dans « l’erreur de Descartes« , il écrit que « la passion fonde la raison ». Il se fonde pour cela sur le cas de patients ayant subi des lésions dans la même zone que celle de Phinéas Cage. L’émotion donnerait du poids aux différentes solutions d’avenir en termes de survie et d’intérêt propre, ceci en s’appuyant sur le marquage émotionnel factuel acquis par la personne et sur le marquage émotionnel inné de son espèce. 
Dans son deuxième livre, intitulé «le sentiment même de soi», Damasio « se propose de comprendre comment les individus s’avancent dans la pleine lumière de la conscience, en examinant les circonstances biologiques et émotionnelles qui permettent la transition cruciale de l’état d’insu à l’état de connaissance, et ceci en prenant pour toile de fond le sentiment même de soi, partie indispensable de l’esprit conscient« . Il semble être ici « localiste » et ce qu’il appelle le moi et qui génère la subjectivité nécessaire à la conscience est pour lui localisé dans les aires somato-sensorielles de l’hémisphère droit. Les patients ayant des lésions à cet endroit perdent la mobilité de la partie gauche de leur corps.et ne sont pas capables de s’en apercevoir! Damasio en déduit que « les lésions dont ils sont atteints détruisent partiellement la base neurale de leur moi…« . Il semble pourtant que les patients souffrant de ce mal n’aient aucun trouble d’identité et continuent parfaitement de savoir qui ils sont. Dans son troisième ouvrage intitulé «Spinoza avait raison», Damasio reprend sa théorie évolutionniste et homéostatique de l’émotion pour affiner la compréhension des sentiments et leur signification universelle.et il établit un lien original avec la philosophie de Spinoza.

f) Jean-Pierre Changeux représente le courant « identitaire fort »: « l’identité entre les états mentaux et les états physico-chimiques du cerveau s’impose en toute légitimité« . Comme Crick il est réductionniste sans être « localiste » et, comme Edelman, utilise l’idée de « réentrée« . « les opérations sur les objets mentaux et surtout sur leurs résultats  seront « perçus » par un système de surveillance , composé de neurones très divergents et de leurs réentrées. les enchaînements et emboîtements, ces « toiles d’araignée », ce système de régulation fonctionnera comme un tout. Doit-on dire que la conscience « émerge » de tout cela? Oui si l’on prend le mot émerger au pied de la lettre comme l’on dit que l’iceberg émerge de l’eau. Mais il suffit de dire que la conscience est ce système de régulation en fonctionnement. L’homme n’a dès lors plus rien à faire de « l’esprit », il lui suffit d’être un homme neuronal. » Ce type de position qui repose sur l’équivalence neuronal-mental a pu faire dire à Changeux: « Je ne sais pas ce que vous êtes en train de penser, mais lorsque nous connaîtrons toutes les interactions neuronales ayant lieu dans votre cerveau, je saurai non seulement ce que vous pensez, mais aussi ce que vous allez penser dans deux minutes et que vous ne savez pas encore. » Ce déterminisme est fondé une vision du monde proche de celle de LaplaceComment évoluera t-il?

Dans Matière à pensée (Odile Jacob), écrit avec le mathématicien Alain Connes, J. Pierre Changeux s’interroge sur les mathématiques comme reflet de la structure cérébrale. 

g) Voyons maintenant la position de quelques philosophes?

     g1) Danniel Dennett. Dans son oeuvre majeure, la conscience expliquée, on constate qu’il élimine tout simplement la conscience plutôt que de l’expliquer comme le montre son dernier sous-titre « la conscience expliquée ou éliminée? ». « Lorsque la physique vous dit que la seule différence qui existe entre l’or et l’argent est le nombre de protons et d’électrons de leurs atomes, les notions « d’argenté ».ou de « doré » sont éliminées ». C’est pareil pour la conscience qui doit être totalement réductible: « seule une théorie qui expliquerait les événements conscients en termes d’événements inconscients pourrait expliquer la conscience. Si notre modèle de la façon dont la douleur est un produit de l’activité cérébrale contient toujours une boite appelée « douleur », vous n’avez pas encore commencé à expliquer ce qu’est la douleur. ».  La subjectivité de l’expérience (les « qualias« ) doit donc être éliminée pour « l’identifier avec la somme totale de toutes les dispositions relatives idiosyncrasiques inhérentes à mon système nerveux qui résultent  de ma confrontation avec un certain schéma de simulation. » Remarques: pour Dennett une terrible rage de dents n’est-elle que la « somme de toutes… » (et comment y réagit-il)? Notre conscience est peut-être assimilable à un programme d’ordinateur et nos sentiments réductibles à de tels programmes, mais ça n’est pas résoudre le problème de la conscience que de nier son existence.

     g2) C’est David Chalmers qui a posé le problème de la conscience sous forme de « dur problème« . Ce problème s’oppose aux « problèmes faciles » relatifs aux explications de la capacité de discerner, d’assimiler des informations, de rendre compte d’états mentaux, de l’attention, etc. Ces problèmes sont faciles, non parce qu’ils auraient reçu des solutions définitives et simples, mais parce que leurs solutions requièrent seulement de spécifier des mécanismes qui peuvent réaliser les différentes fonctions de la conscience. Les problèmes difficiles s’en distinguent du fait qu’ils «persistent même quand toutes les fonctions en question sont expliquées», c’est-à-dire que personne, selon le constat de Ned Block, n’est parvenu à en fournir la moindre explication.

La position de Chalmer est un mélange de fonctionnalisme (en fait une position identitaire) et de dualisme. Si on prend l’exemple de la douleur, il y a deux significations: une signification physique telle celle de Dennett et une signification qui dépend de la conscience. Il y aurait un accord ou un parallélisme entre l’organisation fonctionnelle du cerveau et la conscience. La conscience existe, elle accompagne le fonctionnement de notre corps mais ne sert à rien pour expliquer notre comportement. Pour Chalmers, elle serait présente partout dans l’Univers où de l’information est présente. Cela l’amène à se demander: « Quel effet cela fait-il d’être un thermostat? ». On peut dire que c’est une vision panspshychique du monde.

     g3) Jonh Searle: La thèse de Chalmers est « le symptôme » d’un certain désespoir qui se manifeste aujourd’hui dans les sciences cognitives. » Searle est un « émergentiste faible ». En philosophie de l’esprit, Searle se distingue par son naturalisme biologique. Qualifier ainsi le naturalisme de « biologique », c’est mettre l’accent sur le fait que le niveau propre de compréhension du phénomène de la conscience est le niveau biologique. Searle défend ainsi une position «émergentiste». L’émergentisme développe l’idée qu’il y a continuité et non dualité entre le corps et l’esprit. L’esprit naîtrait d’une complexification croissante du corps et plus particulièrement du système neuronal. Searle s’oppose ainsi aussi bien aux conceptions dualistes et à l’héritage cartésien qu’aux conceptions réductionnistes des relations entre l’esprit et le corps. Pour lui, les états mentaux qui caractérisent notre vie subjective sont aussi réels que les autres phénomènes biologiques, aussi réels que des phénomènes comme la photosynthèse ou la digestion. Mais ils ne sont pas réductibles aux processus neurobiologiques tels que les neurosciences les conçoivent. Il écrit: « toutes ces tentatives réductionnistes pour éliminer la conscience sont aussi désespérées que le dualisme qu’elles étaient censées supplanter. En un sens, elles sont pires, parce qu’elles nient l’existence réelle des états conscients qu’elles étaient supposées supplanter. » Searle rejette aussi le matérialisme au sens classique du terme: « Les matérialistes veulent aussi, en règle générale, nier que la conscience soit une partie réelle et irréductible du monde réel. Ils veulent soutenir que ce n’est « rien que… », puis ils choisissent leur candidat favori pour remplir le blanc: le comportement, les états neuro-chimiques du cerveau, les programmes d’ordinateur, etc. Pour ma part, je nie le matérialisme ainsi entendu. » Le deni de l’existence de la conscience par Dennett est pour Searle « non pas une découverte sérieuse […], mais plutôt une forme de pathologie intellectuelle.« 

Mais comment expliquer l’émergence de la conscience? Searle écrit: « Il nous faut franchement avouer notre ignorance. Ni moi, ni qui que ce soit d’autre ne sait à ce jour à quoi ressemblerait une telle théorie. [ …]. Nous ne disposons pas jusqu’ici de principe théorique unificateur des neurosciences […] nous n’avons pas une théorie du fonctionnement du cerveau. « 


liens: lexpress.fr -l’homme neuronal
perso.limsi.fr -SCIENCES COGNITIVES ET CONSCIENCE Gérard Sabah Groupe Langage et Cognition LIMSI — CNRS
asmp.fr -Cerveau et conscience : bilan et perspectives

v.i.v.free.fr -Le cerveau est-il un ipod ou une radio ?

planetesante.ch -Science et conscience: l’étude de la conscience est la clé de nombreux dilemmes éthiques

larecherche.fr -Crick, Deux biologistes et un physicien en quête de l’âme

automatesintelligents.com -Gerald Edelman, Giulio Tononi (la sélection des groupes neuronaux)

data0.eklablog.com -A p e r ç u d e l a t h é o r i e s é l e c t i o n n i s t e d e G e r a l d E d e l m a n

revue3emillenaire.com -Roger Sperry: L’hémisphère gauche parle, l’hémisphère droit pense

informationphilosopher.com -Roger Sperry

atlantico.fr -Philip Clayton: la question de la liberté (quand les neurosciences invalident les justifications traditionnelles)

httpdecitre.fr -Les origines de la liberté – L’émergence de l’esprit dans le monde naturel Philip Clayton

larsdisputandi.org -Mind & Emergence: From Quantum to Consciousness By Philip Clayton

automatesintelligents.com -Antonio Damasio: Spinoza avait raison

osp.revues.org -A. Damasio. L’erreur de Descartes

lexpress.fr -l’homme neuronal

cnam.fr -Jean-Pierre Changeux, Paul Ricoeur « Ce qui nous fait penser. La nature et la règle »

matierevolution.fr -Qu’est-ce que le déterminisme pour la science actuelle ?

automatesintelligents.com -Daniel C Dennett et « la conscience expliquée »

ted.com -A propos de notre conscience » par Dan Dennett

persee.fr -La conscience imaginée. Sur l’éliminativisme de Daniel Dennett

philopsis.fr -Le fonctionnalisme selon Daniel Dennett ou: Dennett a-t-il perdu l’esprit?

francoisloth.wordpress.com -L’esprit conscient ou la fausseté du matérialisme selon David Chalmers

blog.ithaque-editions.com -vidéo: David Chalmers, à propos de la conscience

yanko.lib.ru -livre de David J. Chalmers the Conscious Mind in search of a fundalental theory

 

6) En guise de conclusion.

Pour l’évolution, nous avons vu dans les articles précédents qu’il y a une théorie hégémonique prétendant tout expliquer: le darwinisme (Notre existence a t-elle un sens? 12-1 et Notre existence a-t-elle un sens? 12-2)

Ce tour d’horizon que nous venons de faire montre que pour les neurosciences ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de théorie hégémonique mais des hypothèses ne reposant sur aucun mécanisme précis et indubitable. Cela n’empêche Searle de répéter que « le cerveau cause la conscience. »  Est-ce, comme le dit Jean Staune, pour s’autopersuader ou pour montrer qu’il ne verse pas dans le spiritualisme malgré son insistance sur l’irréductibilité de la conscience? Il exprime malgré tout l’opinion que partagent malgré leur différences Dennett, Crick, Edelman et beaucoup d’autres, même Sperry. 


Et s’ils se trompaient tous? C’est que nous allons voir dans le prochain article…


liens: uip.edu -La biologie non Darwinienne : essai de typologie et analyse des implications philosophiques

perso.limsi.fr -SCIENCES COGNITIVES ET CONSCIENCE -Quelques points de vue synthétiques sur la conscience

automatesintelligents.com -La conscience vue par les neurosciences

 

croissanceetconscience.blogspot.fr -LE PROCHAIN NIVEAU DE CONSCIENCE SPIRITUELLE

 

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème »

  1. Vous êtes un véritable passionné et chacun de vos articles est si complet et si bien documenté.
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt, pas tout compris😀 mais je reste très intriguée par la question : « Et s’ils se trompaient tous? » et surtout par les réponses que vous allez apporter.

    • En fait ils prennent la conscience pour un mécanisme uniquement neurologique même ceux qui nient le « nous ne sommes qu’un paquet de neurones ». La conscience est plus que ça. J’essayerai d’aller plus loin dans le prochain article. Merci de vos commentaires.

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