Notre existence a t-elle un sens? 12-1) « Recherchons Einstein de l’évolution (urgent).


Notre existence a t-elle un sens? 12-1) « Recherchons  Einstein de l’évolution (urgent). partie 1

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un « traité de la condition humaine »?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique…deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance …

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance…

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang…La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang… la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l’imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

1) Prologue.

Les 11 premiers articles de cette série ont été consacrés à « ma lecture » des trois premiers chapitres de l’ouvrage de Jean Staune Notre existence a -t-elle un sens? Nous avons traité des questions fondamentales du chapitre 1 du livre (article 1 à 4): le désenchantement du monde (et de l’homme!), comment ébaucher un « traité de la condition humaine« , allons-nous vers de nouvelles lumières? Puis nous avons longuement examiné le chapitre II: « qu’est-ce que le réel? » (articles 5 à 7) et le chapitre III: « d’où venons-nous? où allons nous? » (articles 8 à 11).  

Je n’ai pas écrit d’article au sujet du chapitre IV : « d’où venons-nous? où allons nous? » consacré aux théories de l’évolution. Mais je vais consacrer un article pour donner « ma lecture » du dernier paragraphe de ce chapitre: « recherchons Einstein de l’évolution (urgent!). »

2) NewtonDarwin > Ptolémée.

avevolution.blogspot.fr -Kallima inachus & Jean Staune

wikipedia.org -carte du monde: Ptolémée


Dans le chapitre 11 de son livre (Notre existence a -t-elle un sens?): « des histoires comme ça », Jean Staune analysé un certain nombres de faits qui montrent que le darwinisme (et aujourd’hui le néo-darwinisme) est devenu hégémonique. Tant de choses pouvaient soudain être expliquées grâce au couple mutation-sélection, qu’il fallait absolument que cela puisse tout expliquer. Il ne doit pas exister « d’espace » pour d’autres mécanismes agissant dans la nature selon des principes totalement différents.  

Pourtant, depuis 250 ans qu’il existe, le darwinisme est maintenant confronté à un certain nombre de difficultés. Si la sélection naturelle peut faire énormément de choses, elle ne peut toutefois pas faire apparaître la forme exacte d’une espèce de champignon sur les ailes du papillon Kallima (voir photo en entête du chap. 2), ni mettre au point un système de régénération du cristallin du triton ni faire ce que que est décrit dans d’autres exemples du chapitre 11 du livre de Jean Staune. Etant donné que les darwiniens ne veulent pas s’ouvrir à d’autres explications susceptibles de transformer notre vision du monde, ils racontent ainsi de jolies histoires qui n’ont rien à envier à celles de Kipling. Tous ces faits sont comme autant de trous dans la « chambre à air » du néodarwinisme et pour l’empêcher de se dégonfler, il faut en permanence coller des rustines (« les Histoires comme ça« ), tout comme la théorie de Ptolémée a dû multiplier les « épicycles » afin de sauver la cohérence du système. 

La question qui se pose est: la théorie de Darwin est-elle du même niveau que celle de Ptolémée? Elle est d’importance, car la théorie de Ptolémée fait partie de la catégorie des théories fondamentalement fausses et elle a disparu, tandis que la théorie de Newton, a été appelée à être intégrée dans une synthèse plus vaste, la théorie de la relativité générale, passant ainsi d’un statut de « théorie absolue » à celui de « théorie expliquant des cas particuliers. »

Darwin connaîtra-t-il le sort de Ptolémée ou celui de Newton. Je ne sais pas si Jean Staune a raison en pronostiquant que le théorie de Darwin se situe entre les deux et ne disparaîtra pas comme celle de Ptolémée parce qu’elle explique et continuera à expliquer de très nombreux faits et restera un outil très important pour comprendre le monde du vivant, mais elle sera remise en cause plus profondément que celle de Newton qui permet d’expliquer de façon relativement correcte le mouvement des corps célestes, car les faits qui ont été cités montrent que la théorie néodarwinienne est loin, dans son domaine de donner une explication aussi globale des mécanismes de l’évolution. Mais je sens, comme Jean Staune, qu’une nouvelle théorie de l’évolution est nécessaire, théorie qu’il nomme NTENouvelle Théorie de l’Evolution. C’est un Einstein qu’il faudrait trouver et non un Newton, car les éléments qu’on possède déjà montrent que la NTE sera aussi étrange et éloignée de nos concepts familiers que le sont la relativité générale et la physique quantique.

Si on suit alors Jean Staune sur les traces d’une telle théorie, il commence par un conte métaphorique qui permet de comprendre la situation actuelle.

Cela se passe sur la planète Pluton couverte à 100% de nuages, comme c’est le cas de Vénus. La vie existe et a conduit, par un remarquable phénomène de convergence, semblable aux idées émises par Simon Conway-Morris, à des êtres proches de nous mais adaptés (de façon darwinienne) aux grands froids qui règnent las-bas. Les changements climatiques ont donc une grande importance et toutes les religions tournent autour du climat: on prie les dieux depuis des milliers d’années pour que le climat se réchauffe. Mais un jour , un jeune scientifique, Dharles Carwin (le Charles Darwin de là-bas) fait le tour de Pluton et découvre, en mesurant la pression atmosphérique, l’existence de fronts froids et de fronts chauds. Il élabore une théorie révolutionnaire: l’alternance des périodes froides et chaudes est un phénomène chaotique lié aux affrontements entre des masses d’air froid et chaud et donc le froid n’a rien à voir avec une punition divine, ni le chaud avec une récompense. Une nouvelle science est alors fondée, la météorologie. Un siècle plus tard, les météorologues carwinistes sont capables de prédire le temps et surtout la température 3 à 4 jours à l’avance. La météorologie est enseignée dans toutes les écoles et parallèlement on assiste à l’effondrement des systèmes de croyance traditionnels.  

Reste que les météorologues se trompent assez souvent. Le fondamentalistes, adeptes d’une interprétation littérale de le religion selon laquelle ce sont les dieux qui régissent le climat, en profitent pour créer une école de pensée anti-météorologique. Ainsi, pour eux, chaque fois que les prévisions météorologiques sont erronées, c’est qu’une intervention de dieux a modifié le climat. Le débat fait rage sur Pluton. Mais un jour, un météorologue un peu excentrique, Dichael Manton (le michael Denton de Pluton), remarque que le climat sut Pluton était en moyenne plus froid il y a 200 ans (une durée équivalente à 200 années sur Terre) qu’à présent. Il affirme que des forces inconnues coordonnent le climat dans le long terme et que les météorologues carwiniens ne peuvent l’expliquer puisqu’ils font appel à des processus dus au déplacement aléatoire des masses d’air. Les carwiniens peuvent expliquer l’évolution du temps dans le court terme et non dans le long terme. Aussitôt il est dénoncé comme hérétique par les carwinistes. Postuler des forces inconnues! C’est une position digne de l’âge pré-scientifique! Et en plus, cela renforce les anti-météorologues dans leurs positions. Mais les idées de Menton font leur chemin et obtiennent l’adhésion d’un certain nombre d’anti-météorologistes et d’une minorité de météorologistes non carwinienne et ils créent ensemble un nouveau mouvement « l’intelligent climate » (« IC »). 

« L’intelligent climate » a peu de soutiens scientifiques, mais a un poids médiatique et prend la place de occupée auparavant par les antimétéorologistes purs et durs, qui tentent alors de remettre en cause quelques uns des acquis des carwiniens non seulement sur l’évolution à long terme du climat, mais sur son évolution à court terme, ce qui contribue à décrédibiliser le mouvement et à renforcer la carwinisme. 

Menton, lui, s’éloigne maintenant des supporters de l’IC. Il pense qu’ils vont trop vite en besogne en affirmant qu’un agent intelligent contrôle le climat dans le long terme. Il pense plutôt à une loi naturelle, une « horloge interne » à Pluton par exemple, avec un cycle de 250 ans qui agirait sur le champ magnétique qui, à son tour, agirait sur le climat. Comme il n’existe des relevés météorologiques que depuis l’équivalent de 250 années terrestre (puisque auparavant les variations du climat relevaient de la volonté divine), il faudra attendre longtemps (près de 500 années terrestres), pour que la notion de « cycles mentoniens » soit prise au sérieux. Il existe pourtant, sur Pluton, des périodes plus chaudes au terme d’une période équivalent à 250 années terrestres. 

Pendant ce temps, les écoles carwinniennes se développent, un énorme arsenal de simulations sur ordinateur (elles ont de gros moyens de recherches) qui donnent des résultats partiels que les carwiniens présentent comme suffisants pour prouver que le climat de Pluton peut être expliqué uniquement par par des mécanismes carwiniens.  

La clé de l’énigme, c’est, bien sûr, que Pluton met 248 ans pour tourner autour du soleil. En fait, ce que les plutoniens essayent de découvrir c’est le concept de saison. Mais ils n’ont pas la moindre idée que tout un univers existe à l’extérieur de leur planète, ils n’ont jamais vu le soleil ou la moindre étoile, et les différences de température moyennes entre été et hiver sont faibles et séparées par une durée largement supérieure à la vie humaine. Il faudra attendre que les plutoniens découvrent l’espace. 

cnrs.fr -big bang

En traversant les nuages, ils auront un choc identique à celui de l’humanité terrienne lorsqu’elle est passée d’un monde de petite taille à un Univers gigantesque composé de milliards de galaxies. Les scientifiques découvriront la théorie du big Bang et le principe anthropique et ils se reposeront à nouveau la question de l’existence de Dieu et de son action dans le monde, mais de façon infiniment plus subtile que que les « non-météorologistes ». 
Cependant, les météorologistes carwiniens, eux qui voulaient lutter contre l’obscurantisme, apparaîtront maintenant comme des obscurantistes en évitant à leur société de revenir à des conceptions pré-carwiniennes. Ils ont en effet retardé de plusieurs siècles certains progrès dans les connaissances scientifiques. Quel paradoxe pour ceux qui, avec l’invention de la météorologie, avaient été à l’origine d’un progrès essentiel dans la vie des plutoniens.  
Pour faire un parallèle avec la Terre, on peut résumer ce conte:

-Les carwinistes correspondent aux darwiniens qui affirment que les mutations dues au hasard et à la sélection naturelle sont les principales forces qui dirigent l’évolution.

-Les météorologues non carwiniens correspondent aux biologistes évolutionnistes non darwiniens. Parmi eux, les « mentoniens » correspondent à ceux, qui comme Michael Denton (voir liens 1) sur-la-toile.com)Rémi ChauvinPierre-Paul GrasséChristian de DuveSimon Conway MorrisAnne Dambricourt  ou Jean Chaline, pensent que l’évolution est orientée ou est prévisible quand on la regarde sur une échelle de temps suffisamment grande. 

-Le mouvement IC correspond à l’Intelligent Design (ID) dont les tenants déduisent que, du fait que l’évolution est canalisée, voire orientée, elle est dirigée par un agent intelligent. Michael Behe postule qu’un concepteur intelligent a permis l’apparition des structures complexes sur Terre. La canalisation et l’orientation de l’évolution s’expliquera sans doute par  la découverte d’un niveau insoupçonné du réel et par son interaction avec le monde des être vivants. Ces découvertes ne fourniront certes aucune preuve de l’existence de Dieu, mais elles fourniront une vision du monde qui rendra les conceptions non matérialistes plus crédibles qu’elles ne l’étaient auparavant. 


Le premier point pour élaborer une nouvelle théorie de l’évolution (NTE) semble être: qu’est-ce qui constitue sur Terre et en biologie l’équivalent de la mystérieuse coordination du climat en météorologie sur Pluton? Ce sont les trois types de phénomènes décrits dans le chapitre 11 du livre de Jean Staune (des « histoires comme ça »):

-Ceux qui montrent que l’évolution est canalisée ou régulée par quelque chose (l’horloge moléculaire qui suit le temps astronomique, le passage des reptiles aux mammifères)

-Ceux qui montrent que des formes, voire des organes peuvent s’incarner ou se développer sans que la sélection naturelle y soit pour quoi que ce soit (le cristallin du triton, les papillons comestibles qui imitent les papillons comestibles, la présence d’une imitation d’uns espèce particulière de champignon sur les ailes du Kallima).

-Ceux qui plaident en faveur du néolamarckisme (les mutations adaptatives des bactéries, les callosités sur les genoux du phacochère…).

Il semble donc que trois sortes de théories seront nécessaires pour expliquer l’évolution: 

-Le néodarwinisme, théorie de référence pour expliquer la plupart des micro-évolutions et des adaptations. 

-Le néolamarckisme qui expliquera la raison pour laquelle, dans une situation donnée, des animaux survivent grâce à de nouvelles adaptations à un rythme beaucoup plus rapide que celui des schémas darwiniens. Mais néodarwinisme comme néolamarckisme seront incapables d’expliquer les grandes transitions ou les grandes tendances évolutives. 

-La NTE, elle, devra expliquer « la macro-évolution, qu’elle soit non graduelle, comme la naissance de monstres prometteurs (voir le chapitre 11) ou qu’elle soit graduelle mais canalisée, comme le passage des reptiles aux mammifères ou qu’elle regroupe ces deux types de processus, comme le passage des prosimiens à l’homme. »

atoi2voir.com -Ancienne et nouvelle théories de l’évolution

teddygoldsmith.org -Vers une nouvelle théorie de l’évolution

passeurdesciences.blog.lemonde.fr -La théorie de l’évolution doit faire sa révolution
pst.chez-alice.fr -Une (nouvelle) théorie de l’évolution
books.fr/sciences -simon-conway-morris: La science de l’évolution reste inachevée
staune.fr -L’évolution a-t-elle un sens ? – Michael Denton
pseudo-sciences.org -L’Université Interdisciplinaire de Paris
persee.fr -évolution: une théorie en crise
cnrs.fr -big bang

futura-sciences.com -Principe anthropique et minitrous noirs selon Jean-Pierre Luminet

asmp.fr -Le principe anthropique – Débat
1) sur-la-toile.com -Questions sur M. Denton et 2 objections au darwinisme
sciences/simon-conway-morris -La science de l’évolution reste inachevée 
psychologram.com -psychoévolution

3) De quels concepts disposons-nous déjà pouvant servir à ébaucher la NTE?

Fig 3 staune.fr -Introduction à la Biologie Non-Darwinienne

a) L’évolution de la vie serait « canalisée » vers des formes de plus en plus complexes amenant à l’existence d’être conscients. On doit ces conceptions à Christian de Duve et Simon Conway Morris. Elles partent du fait que le nombre de formes possibles dans la nature est bien plus réduit que ne le pensent les darwiniens. Le processus est un simple processus « d’exploration des possibles » par des voies darwinniennes. Mais, comme le nombre de possibles est assez limité, on est sûr de tomber dessus par hasard. L’évolution aurait certes pu être comme cela, due au seul hasard, mais l’existence de tendances qui se prolongent sur des millions d’années comme celles des  reptiles thériodontes (voir reptiles thériodontes), montre qu’il y a quelque chose de plus. Conway-Morris parle de « navigation de l’évolution d’une solution fonctionnelle à une autre ». Pour lui, ce ne sont pas les possibilités dues au hasard qui sont limitées, c’est le « paysage évolutif » qui préexiste sous forme virtuelle et qui canalise les trajectoires évolutives vers des formes cohérentes et viables (des « noeuds stables de fonctionnalité »). Ce n’est donc plus un processus aveugle de d’exploration d’un nombre limité de possibles. On peut visualiser ceci en imaginant la structure d’un paysage constitué d’une montagne aux flancs couverts de ravins au sommet duquel on lance des billes. En fonction de la structure de ce paysage, on connait à l’avance l’ensemble des routes que peuvent parcourir des billes et les zones où elles n’iront jamais (dans les années 1950, Waddington a appliqué ce concept à la biologie sous le nom de « chréodes« ). Conway Morris évoque aussi l’existence de très nombreuses convergences survenues au cours de l’évolution.

b) Selon les conceptions de Michael Denton et de D’Arcy Thompson, il existe des formes  platoniciennes ou des archétypes dans la nature et des lois mathématiques qui influent sur les formes des êtres vivants. Ici, les noeuds stables sont contenus dans les lois de la nature (les cristaux de neige ont 6 branches quelles que soient le complexité et la diversité de leurs formes). D’après Denton, ce serait le cas pour les protéines et peut-être pour les microtubules, voire les cellules. D’Arcy Thompson démontre que toute une série de structures dans la nature obéit à des lois mathématiques: les pommes de pin, les feuilles de tournesol, les coquilles de certains mollusques suivent une suite de Fibonnacci et les coquilles d’escargot ou les cornes de bélier un spirale logarithmique. Ces structures possèdent donc une logique sous-jacente. 

c) Les conceptions de Richard GoldschmidtStephen Jay Gould et Denis Duboule portent sur la nécessité de sauts dans l’évolution pour effectuer certains passages d’un type à l’autre. Si pour Conway Morris et Christian de Duve, il n’existe pas de différence entre micro et macroévolution, cela semble incompatible avec les constatations: la structure des fossiles déjà trouvés s’écarte fortement du gradualisme. Par ailleurs, plus génome est complexe, plus plus ses gènes interagissent en grand nombre et moins une transformation graduelle est possible selon Denis Duboule. et selon D’Arcy Thompson, le nombre de choses relatives aux êtres vivants est basée sur des formules mathématiques.  Or, on ne passe pas graduellement d’une structure mathématique à l’autre..

d) Le modèle de Vincent Fleury concernant l’origine des formes des être vivants est un autre concept à notre disposition.  Fleury a étudié les mécanismes physiques de la croissance des cristaux et les bases physiques du développement embryonnaire […] Il a ainsi mis en évidence un mécanisme simple de formation des vertébrés  tétrapodes qui a de nombreuses implications scientifiques et philosophiques.

e) Les constatations des mathématiciens ou modélisateurs comme Marcel-Paul Schützenberger ou Pierre Perrier montrent que dans sa croissance vers plus de complexité, l’évolution suit un algorithme de contrôle optimal (algorithme allant vers un but intégré au processus et qui « connaît » le paysage dans lequel il évolue). »


liens: oumma.com -Mentir au nom de Dieu Par Jean Staune

oumma.com -Mentir au nom de Dieu (2/2) Les mésaventures des créationnistes avec les ancêtres de l’homme Par Jean Staune 

oumma.com -La remarquable découverte paléontologique d’Abderrazak El Albani

staune.fr -La question du Sens dans l’Évolution : La Biologie Non-Darwinienne et ses Implications Philosophiques

france-catholique.fr -DES-THERIODONTES-ET-DES-HOMMES

esc.cam.ac.uk -Simon Conway Morris Recherche: Early Evolution Métazoaires
uip.edu -Le non-darwinisme visionnaire de James Cameron
bien.vieillir.perso.neuf.fr -L’évolution de la vie : fruit du seul hasard ? Simon Conway-Morris,
scienceblogs.com -Simon Conway Morris’s :Life’s Solution:

genev.unige.ch -duboule et le développement génomique

www.asmp.fr -Modélisation et complexité


4) Quelques pistes pour une NTE?

google.fr -UIP

Ces éléments peuvent permettre de décrire quelques aspects d’une autre vision de l’évolution. Dans le paysage évolutif de la fig 3 ci-dessus, on peut remplacer les embranchements par des escaliers que les billes larguées au sommet de la montagne vont dévaler. Si elles roulent sur une marche, cela représente l’évolution darwinienne, puis, si elles tombent sur la marche suivante, cela représente une macromutation. Mais, comme la montagne est loin d’être aménagée, A certains endroits, il n’y a plus d’escaliers, mais un chemin en pente reliant deux escaliers (correspondant à des évolutions canalisées mais graduelles comme celles allant des reptiles aux mammifères). Il existe aussi des bifurcations où les billes peuvent choisir plusieurs chemins possibles et des murs qui correspondent à des animaux panchroniques qui n’ont plus de capacités à évoluer. 

Mais, comment passe-t-on d’un être A à un être B? Il existe deux grande catégories d’hypothèses (on aura peut-être besoin des deux à la fois). -Pour la première il s’agit d’un mécanisme très simple comme celui postulé par Vincent Fleury et qui échappe en partie à la génétique (voir le chapitre 11 du livre de Jean Staune pages 305-309). Les organismes seraient des entités holistiques globales et non pas des ensembles d’organes qui s’ajouteraient les uns aux autres par des inductions successives. L’ADN fournirait les « briques de bas » pour construire l’organisme, mais pour l’essentiel, le plan d’ensemble se constituerait tout seul grâce des écoulements, des pliages, des collisions, des poussées de tissus qui constituent l’embryon. Fleury parle « d’hypogénétique », de facteurs bien plus fondamentaux que la génétique et non plus « d’épigénitique« , notion selon laquelle certaines caractéristiques des être vivants pourraient échapper à la dictature des gènes.  

-La seconde, un mécanisme très complexe, (comme pour les plutoniens avec les saisons) fait découvrir une dimension radicalement nouvelle du vivant. Si, contrairement à l’hypothèse de de Fleury, les formes se trouvent bien codées dans le génome, et si A et B sont deux formes préexistantes de la nature, il y a un lien entre ces formes archétypales et leurs génomes pour que, lorsque le génome de A connait une macromutation, celle-ci soit canalisée pour aboutir au génome de B. Lothar Shäfer suppose un mécanisme permettent de faire passer une molécule d’ADN de son état actuel à un nouvel état qui préexistait sous une forme virtuelle et correspond à un nouveau genre ou à une nouvelle famille. Pour lui, la « sélection naturelle » n’est pas la seule à diriger l’évolution, elle est contrôlée par la « sélection quantique« . C’est ici une spéculation qu’on peut comparer à celle des « météorologues non carwiniens » de notre récit en ce qui concerne la cause des saisons. 

Nous sommes un peu dans la même situation que Darwin qui ne savait rien des lois de l’hérédité ni de la génétique. Mais cela ne l’a pas arrêté car il avait assemblé suffisamment de « pièces du  puzzle » pour voir qu’il y avait une cohérence entre toutes les autres pièces et que même s’il manquait une pièce essentielle, il en savait assez pour en déduire que les choses devaient se passer ainsi. Nous aussi avons de nombreuses pièces qui reposent sur des faits ou sur des théories. L’image d’ensemble montre qu’un mécanisme fondamental reste à trouver pour expliquer l’origine des êtres vivants. On peut être sûr qu’un tel mécanisme doit exister, même si on ne sait pas exactement à quoi il peut ressembler.  

Alors, dans le cadre d’une conception non darwinienne de l’évolution, l’apparition de nouveaux plans d’organisation est-elle aléatoire ou en partie réglée par un mécanisme? Nous avons vu que certaines mutations du génome sont sous l’influence d’une l’horloge réglée sur le temps cosmologique et donc externe au temps propre de l’organisme et que certaines évolutions sont tellement structurées qu’il est possible de montrer qu’elle obéissent à des lois mathématiques. Jean Chaline et Laurent Nottale  calculé sur le base des travaux de Anne Dambricourt que l’arrivée de l’homo-futurus, prochaine mutation de la branche humaine pourrait se produire dans 800 000 ans (pour ma part, je pense bien avant, au rythme où évoluent les nano-technologies et l’intégration homme-machine). 

Des phénomènes pouvant servir à mesurer le temps dans la nature (comme par exemple la vibration des atomes) pourraient être impliqués dans ce processus. Même si la date d’apparition de nouvelles espèces n’est pas programmée depuis le big bang, l’apparition de certaines d’entre elles semble obéir à des lois sous-jacentes. Parmi la multiplicité de ses mécanismes, on peut postuler qu’il y a une cohabitation de « causes »: 

     -Le pur hasard et les apparitions sont totalement imprédictibles, à l’image de la désintégration d’un atome.

     -Des déclencheurs provenant de l’environnement.

     -Un compteur interne qui se déclenche après un certain nombre de générations. 

     -Un compteur externe réglé sur le temps astronomique.

Mais, même si l’apparition d’espèces est programmé, beaucoup de facteurs peuvent interférer. Il est possible que même si les calculs de Chaline sont exacts, l’homo futurus ne voit jamais le jour,(l’humanité peut s’exterminer dans une guerre thermonucléaire dans 1 000 ans, nous pouvons être détruits par un astéroïde dans 10 000 ans…). Il y a certainement des déterminations dans l’évolution, mais l’évolution n’est pas un phénomène dans lequel tout est déterminé. 

La future NTE sera sans doute très différente de ce qu’on peut esquisser aujourd’hui, car elle intégrera des phénomènes aussi impensables que ceux qui étaient inconnus de Darwin et sont  familiers maintenant. Mais elle devra intégrer la plupart des faits que « nous » avons analysés et que le darwinisme n’explique pas ou dont il ne tient pas compte, en leur donnant sans doute un éclairage différent. La plupart de ces faits plaidant en faveur d’une évolution canalisée, voire en partie prédictible, dans laquelle le hasard joue un rôle moins important que dans le darwinisme, Ce sera sans doute aussi le cas de la NTE. Mais ne tout état de cause, cette NTE devra être une théorie strictement scientifique et ne reposer sur aucun miracle.


Pistes de réflexion et nouvelles directions de recherche.

-Une tâche fondamentale sera d’établir où se situent les plans d’organisation ou archétypes. Sont-ils au niveau des des embranchements (Dans ce cas, aucun plan nouveau n’est apparu depuis le cambrien il y a 540 millions d’années) ou sont-ils situés à un niveau moins global?

     -Autre domaine essentiel: l’étude des causes de mutation. Y a-t-il des mutations coordonnées par quelque chose comme l’horloge moléculaire ou des mutations adaptatives en réponse directe aux modifications de l’environnement?

     -Une voie de recherche sur l’origine des formes et des régénérations d’organes peut permettre de voir si des théories comme celles de Vincent Fleury sont exactes.

     -Il faudra élaborer une méthode capable de distinguer les situations (évolution due au hasard, évolution graduellement dirigée comme c’est le cas pour le passage des reptile aux mammifères, évolution non graduelle).

     -Il faut concevoir des outils capables de déterminer si si l’imitation d’un organisme par un autre est issue d’un processus darwinien (cas du Lampsilis) ou s’il y a réalisation d’une forme par des voies qui n’ont rien à voir avec la sélection. Une modélisation des processus darwiniens devrait pouvoir démontrer leurs limites et en quoi des algorithmes susceptibles d’expliquer l’évolution doivent intégrer un « non-hasard » contrairement aux algorithmes postulés par Daniel Dennett et Richard Dawkins

     -Un autre sujet d’étude sera le lien entre la biologie et la physique quantique.

     -Mais le plus grand défi qui attend la NTE sera sans doute de: 1) Déterminer les espèces ayant une capacité à évoluer et celles qui l’ont perdue. 2) Déterminer quel pourrait en être le stade futur pour celles qui l’ont perdue. 3) Trouver le moyen, s’il existe, de déclencher le mécanisme permettant l’évolution de l’espèce vers l’état prédit. Un excellent candidat pour cette démarche pourrait être le « gobie marcheur« , un poisson periophtalme qui possède une sorte de poumon rudimentaire. Il semble qu’il ait conservé la potentialité à évoluer de ses lointains cousins. Rémy Chauvin réclame depuis des années la réalisation d’expériences pour voir s’il est possible qu’un gobie engendre un jour quelque chose qui sorte de l’eau, mais aucune n’a encore été faite, alors des milliers de chercheurs travaillent sur les mutations des mouches drosophiles ou des bactéries, dont on sait qu’elles n’ont connu aucune évolution depuis des dizaines de millions d’années (cela rappelle l’histoire de la personne qui cherche ses clés la nuit sous un lampadaire, non parce qu’elle les a perdues à cet endroit, mais parce que c’est le seul endroit où il y ait de la lumière).


A suivre…Prochain article: Notre existence a t-elle un sens? 12-2) « Recherchons  Einstein de l’évolution (urgent). Partie 2

 

actu-science.nouvelobs.com -évolution, des reptiles aux mammifères

 

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