Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique…



Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique…

 

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un « traité de la condition humaine »?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n’est plus valable (la non-localité).

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

Exergue: « Très vite, on se prend à penser que l’espace et le temps n’ont pas de véritable réalité. » Richard BachJonathan Livingston, Le Goéland

1) Introduction: résumé des articles précédents.

Après les réflexions exprimées dans les premiers articles,nous avons commencé par évoquer le cadre conceptuel auquel a abouti l’évolution des connaissances Jusqu’aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en scienceLe déroulement de la science était plutôt serein au point qu’en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: « Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises. » Pourtant, il était préoccupé par deux petits « nuages sombres », deux problèmes encore inexpliqués: l’expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir.

Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l’hypothèse des quantaMais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l’effet pho-électrique.  Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, mais cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L’expérience des fentes d’Young confirmait alors largement cette théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l’élève d’Einstein, dans « Létrange histoire des quantas« . Puis ce fut le tour de la matière d’être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l’atome, encore avec l’aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau. Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière. Mais ça n’était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux « principe d’incertitude » dans lequel h joue un rôle central. Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d’une particule.  La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu’on ne les observe pas.

Nous avons aussi appris dans cet article que l’électron (et la matière en conséquence), interfère avec lui-même.  Tout se passe comme si l’électron était une onde lorsqu’on ne l’observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps dans l’expérience et d’interférer avec lui-même. Mais dès qu’il est observé, ou qu’il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la « réduction du paquet d’ondes« . Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d’entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d’objet est remise en cause, mais c’est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

Par la suite (article précédent), Jonh Bell a mis un terme au questionnement suscité par l’expérience de pensée EPR en énonçant ses fameuses inégalités de BellAlain Aspect, par ses expériences, a lui, mis en évidence la réalité de la non-localité.

Pour conclure cette introduction, rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: « La physique quantique porte en elle les germes d’une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n’a été réalisée qu’à l’intérieur d’un petit cénacle de scientifiques. » Alors, la non-localité est-elle une porte ouverte vers une autre réalité?


2) Et si la science n’avait rien à dire sur la réalité?

La chat de Schrödinger

astrosurf.com -physique-labo

astrosurf.com -physique-labo

a) Rappelons les faits que nous avons relevés (Qu’est-ce que le Réel ?)

• Le Principe d’incertitude de Heisenberg nous enseigne qu’une incertitude fondamentale existe dans l’Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n’est pas universel.

• L’expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels.

• L’existence d’une dimension non-locale ou holistique dans l’Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare.

• Nos concepts traditionnels concernant le temps, l’espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s’appliquent plus au niveau microphysique.

• Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu’il a une objectivité faible.

• La réalité véritable est, par définition, à objectivité forte : elle ne dépend pas de la façon dont nous l’observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons.

• Si l’on veut rester réaliste, il faut donc postuler un réalisme non-physique dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce que l’on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

• A moins d’adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles…) ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme étant immergée dans l’espace-temps. Et qu’il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer.

• Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.

b) Et si la science n’avait rien à dire sur la réalité? 

La majorité des physiciens adoptent l’interprétation la plus classique de la physique quantique dite « interprétation de Copenhague » (à cause de Niels Bohr). Pour Bohr, « La physique quantique porte non pas sur la réalité, mais sur la connaissance que nous en avons« ; donc « la physique quantique permet simplement à des observateurs disposant d’appareils de mesure de représenter correctement les observations. Il est vain et sans signification de chercher à expliquer pourquoi elle marche. Il suffit de constater qu’elle marche et d’appliquer son formalisme. » En d’autres termes, elle prévoit les résultats des expériences, mais il est vain de chercher à se représenter la réalité qui pourrait exister (ou ne pas exister) derrière les phénomènes observés. Mais pour ceux qui voudraient comprendre la nature du monde, l’interprétation de Copenhague est, selon l’expression d’Etienne Klein, une « machine à fabriquer des frustrés ». Certains, tels Pascual Jordan, plongent dans l’idéalisme et vont jusqu’à ôter toute signification à la question de l’existence d’une réalité: « Une méprise commune est celle selon laquelle , du point de vue positiviste, l’existence du monde extérieur sera niée; La négation d’une proposition dénuée de sens est une proposition dénuée de sens;   l’idée de la non-existence d’un monde extérieur réel n’a pas plus des sens que son existence. L’un et l’autre ne sont ni vrais ni faux: ils sont dénués de sens. »

L’interprétation de Copenhague ne permet pas de parler de l’existence de l’électron ni de ses propriétés lorsqu’il n’est as observé. Cela est très proche de l’idéalisme. Il y a une ambiguïté dans la position de bien des physiciens, comme le dit Bernard d’Espagnat: « [;..] les physiciens font usage de la mécanique quantique plus qu’ils ne cherchent à en étudier les fondements. Même les physiciens qui se disent réalistes adoptent volontiers une telle attitude. Savent-ils tous à quel point ils s’écartent de tout réalisme – ou matérialisme! […] Heisenberg -à une variante près – se range sous la bannière de Kant. De sorte que le réalisme de tous les physiciens […] ( qui ) font confiance à leurs aînés, ce réalisme c’est c’est celui […] de la philosophie connue sous le nom d’idéalisme kantien…Cette position (« Tais-toi et calcule! » a été illustrée par le prix Nobel de physique Richard Feynmann dans son allégorie portant sur les mayas: ils savaient prévoir les éclipses, mais n’avaient pas la moindre idée de la nature réelle de la Terre et du soleil. Supposons qu’un étudiant maya dise à son directeur de thèse que la Terre, la Lune et le Soleil puissent être envisagées comme trois boules flottant dans l’espace, ce qui expliquerait les éclipses. « pourriez-vous prévoir autre chose que nous prévoyons déjà? lui demande le directeur?  

-Non.

-Alors votre théorie ne sert à rien car seule compte l’expérience, soccuper de la nature des choses est une attitude pré-scientifique, c’est une question qui relève de la métaphysique.


liens: fr.wikipedia.org -L’école de Copenhague ou interprétation de Copenhague 
futura-sciences.com -Interprétation de Copenhague 
webastro.net/forum -l’interprétation de Copenhague

denis-collin.viabloga.com -le positivisme logique et l’interprétation de Copenhague 

persee.fr -Complémentarité et langage dans l’interprétation de Copenhague

hilliontchernobyl.com -photos de Niels Bohr et l’interprétation de Copenhague

phys.ens.fr -comprenons-nous vraiment la mécanique quantique?

iap.fr/ -COMPRENONS-NOUS VRAIMENT LA MECANIQUE QUANTIQUE?

scribd.com -INTERPRETATION-DE-COPENHAGUE 
sceptiques.qc.ca -Mécanique quantique Animations et interprétations philosophiques par Daniel Fortier 
wikipedia.org -Dualité onde-corpuscule  

astrosurf.com -L’interprétation de la physique quantique

la-trilectique.blogspot.fr -Les modèles physiques semblent avoir définitivement atteint leurs limites historiques

persee.fr -Franco Selleri, Le grand débat de la théorie quantique


3) Le réalisme non physique.

La question du réalisme en science physique, c’est-à-dire celle qui postule l’existence d’une réalité indépendante des observateurs a été remise en cause par l’interprétation de Copenhague.  Alors, que reste-t-il pour ceux qui veulent aller au-delà de l’idéalisme?

Il existe une position de type réaliste, mais elle est aux aux antipodes de la pensée réaliste classique (souvent associée au matérialisme), c’est un « réalisme non physique » étudié de façon  approfondie par Bernard d’Espagnat dans « à la recherche du réel. »

Pour l’introduire, Jean Staune prend l’exemple d’un arc en ciel. Quelqu’un qui le voit pour la première fois pourrait croire qu’il s’agit d’un objet solide dont les deux extrémités reposent sur le sol. Puis il constate que lorsqu’il bouge, l’arc en ciel bouge avec lui. Est-ce à dire que l’arc en ciel est une illusion, une création de notre esprit?  Non, son existence dépend de la présence de gouttes d’eau dans l’atmosphère et de la réfraction des rayons lumineux. Mais certaines de ses caractéristiques, telles sa position et la vitesse, dépendent de nous et de notre déplacement. Dans le réalisme non physique, la situation est identique pour les particules élémentaires ou les atomes. Ce ne sont pas des créations de notre esprit, mais certaines de leurs caractéristiques essentielles dépendent de la façon dont nous allons les observer. 

C’est une différence radicale avec le but habituel de la science tel qu’on le trouve chez Albert Messiah: « Au départ de toute entreprise scientifique, on pose comme postulat fondamental que la nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d’investigation; l’objet de la théorie physique est de faire un compte-rendu intelligible de cette réalité objective. » Dans la science classique, j’ai appris que « la gravitation ne dépend que des masses et du carré de la distance. »  Il s’agit d’un « énoncé à objectivité forte« , car les masses et les positions des objets macroscopiques ne varient pas quand on les mesure. Mais les énoncés de la théorie quantique font référence à nos perceptions  ou à nos instruments. Ils sont objectifs seulement parce qu’ils sont vrais pour n’importe quel observateur. Donc on ne peut pas dire qu’ils sont vrais dans l’absolu puisque leur vérité nécessite une référence à la communauté des observateurs humains. Ce sont des énoncés à objectivité faible.

La physique quantique ne peut donc décrire le réel en termes d’objectivité forte. Le réalisme physique (réalisme classique), même s’il abandonne la prétention matérialiste à décrire le fondement de ce qui est constitué d’objets, ne peut donc être compatible avec la physique quantique. Cette nouvelle forme de réalisme se caractérise par son caractère « conceptuellement lointain » où nos concepts familiers, ceux qui sont proches de nos sens, ne s’appliquent plus. On pourrait parler d’un « réalisme étrange » comme on peut le voir dans le paradoxe de de Broglie: On met un seul électron dans une boite contenant un vide absolu (à l’intérieur d’un champ magnétique) sans qu’il interagisse avec d’autres corps; on coupe alors la boite en deux, une partie est transportée à Paris, l’autre à Tokyo. On ouvre celle de Paris et on y trouve l’électron. L’attitude de la majorité des physiciens selon Franco Selleri (l’un des rares physiciens qui n’accepte pas la synthèse de la mécanique quantique actuelle), sera de dire que « …l’électron y était déjà avant l’ouverture » et que donc la demi-boite de Tokyo était vide depuis le départ. Mais (voir Steven Ortoli et Jean pierre Pharabod qui utilisent l’image du poisson soluble. Un poisson nage dans une mer boueuse: le pêcheur ne le voit pas. Pour la physique quantique, le poisson n’est pas en un point précis, il est « dissous » dans la mare, c’est un poisson soluble. C’est uniquement quand on le pêche qu’on le trouve.De même si on le rejette à l’eau, se re-dissout-il!) , on ne peut représenter l’électron que comme étendu dans toute la boite et lorsque celle-ci est coupée en deux, nous devons considérer l’électron comme étendu dans les deux demi-boites. Lorsque l’électron est observé à Paris, il y a réduction du paquet d’ondes, et la probabilité d’observer l’électron à Tokyo ne s’annule qu’à ce moment-là.

Le réalisme tel que celui décrit par Messiah postule l’existence d’une réalité indépendante de nos perceptions et de nos moyens d’observation. S’il existe une telle réalité, il ne s’agit donc pas de la réalité physique que nous pouvons voir, toucher, mesurer!  Car justement, cette réalité-là (comme l’arc en ciel), n’est pas indépendante de nos moyens d’observation. Mais les expériences que nous avons évoquées  montrent dans les phénomènes, qui ont trait au monde qui nous entoure, quelque chose, dont la physique montre l »existence (sans pouvoir le décrire), échappe au temps, à l’espace et même à la matière et à l’énergie. Est-ce cette réalité indépendante évoquée par Messiah? C’est un bon candidat, cependant, elle doit être non physique, lointaine. Elle ne peut être décrite par la science, mais elle peut, au mieux, être approchée par une science à objectivité faible (non descriptive d’objets) et non à objectivité forte. 

Cette conception d’un réalisme non physique, qui souligne le caractère non ontologique du monde dans lequel nous vivons, est bien exprimé dans un passage de Bernard d’Espagnat: « Un des enseignements des sciences modernes dites « de la matière » est celui-ci: la « chose », s’il en est une, qui se conserve n’est pas le concret mais l’abstrait, non pas ce qui est proche des sens mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique telle que nous la révèle la physique théorique. En  d’autre termes, par rapport à nos sens et à nos concepts familiers, le réel, le réel, indéniablement, est lointain. Et cette découverte, une des manières les plus pertinentes de l’évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d’Être. »

Cette position et ces vues ont été soutenues par de nombreux physiciens: Raymond ChiaoOlivier Costa de BeauregardPaul DaviesAmit GoswamiAndreï GribBasarab NicolescuLothar SchäferHenry Stapp… »Quel saut conceptuel de voir que ce ce qui peut être considéré comme réel est abstrait et non concret, plus proche de le formule mathématique que du grain de sable. »

liens: wikipedia.org -Ontologie_(philosophie)

staune.fr réalisme non physique par jean staune et bernard d’espagnat

uip.edu -Science et réalité, la physique quantique ou la fin de la vision mécaniste de l’univers

asmp.fr -5- Mécanique quantique et connaissance du réel Hervé Zwirn

automatesintelligents.com -la question du réalisme en science physique (Expériences EPR, interaction d’échange et non-localité)

staune.fr -Commentaires sur le livre de B. d’Espagnat : « A la recherche du Réel »

ungraindesable.blogspot.fr -la physique quantique ou l’échec du réalisme scientifique

pauljorion.com -physique quantique et réalisme scientifique par Quentin Ruyant

pacherie.free.fr -Perception, cognition (réalisme, phénoménisme, idéalisme)

hal.archives-ouvertes.fr -A propos de « à la recherche du réel (réalisme non physique)

lemediateur.net -Qu’est-ce que le Réel ?

persee.fr -Le réalisme scientifique face à la microphysique

asmp.fr -Physique quantique et réalité la réalité c’est quoi ?

automatesintelligent.blog.lemonde.fr -A la recherche d’un éventuel Réel quantique

doublecause.net -étrange physique: la double causalité

automatesintelligents.com -Bouddhisme et quantique: étrange parallélisme entre 2 concepts de la réalité

wikipedia.org- Paradoxe de de Broglie 
teilhard.org -« Importance de la physique quantique pour la pensée de Teilhard de Chardin et pour une nouvelle vue de l’évolution biologique par Lothar SCHÄFER

4) Notre conscience individuelle est-elle la cause de l’apparence de notre monde?

wikipedia.org -Chat de Schrödinger

 

Une autre interprétation de la physique quantique est que la vérité ultime serait…notre conscience. La réduction du paquet d’onde est un concept de la mécanique quantique selon lequel, après une mesure, un système physique voit son état entièrement réduit à celui qui a été mesuré. Mais qu’est-ce qui la provoque? C’est un des grands problèmes de la physique quantique. Pour le formaliser, Erwin Schrödinger construisit une expérience de pensée en 1935: L’expérience du chat de Schrödinger« un chat est enfermé dans une boîte fermée avec un dispositif qui tue l’animal dès qu’il détecte la désintégration d’un atome d’un corps radioactif ; par exemple : un détecteur de radioactivité type Geiger, relié à un interrupteur provoquant la chute d’un marteau cassant une fiole de poison. Si les probabilités indiquent qu’une désintégration a une chance sur deux d’avoir eu lieu au bout d’une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l’observation n’est pas faite, l’atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré). Or le mécanisme imaginé par Erwin Schrödinger lie l’état du chat (mort ou vivant) à l’état des particules radioactives, de sorte que le chat serait simultanément dans deux états (l’état mort et l’état vivant), jusqu’à ce que l’ouverture de la boîte (l’observation) déclenche le choix entre les deux états. Du coup, on ne peut absolument pas dire si le chat est mort ou non au bout d’une minute. »

Or, le marteau, la fiole et le chat sont constitués de particules quantiques. Pourtant, ils ne sont jamais dans des états superposés, mais dans des états normaux du type « chat mort » ou « chat vivant ». La superposition des états a disparu. Aucune frontière nette n’a jamais pu être définie entre le monde quantique et notre monde ordinaire tel que nous le voyons malgré les apports de la notion de décohérence. Alors, pourquoi notre monde a-t-il cette apparence de matérialité? 

Pour certains physiciens comme Eugene Wigner, la réponse est que la disparition de la superposition est dûe à l’action de notre conscience qui altère le fonction d’onde. C’est aussi l’avis de Edmond BauerFritz London, Jonh Von NeumanOlivier Costa de Beauregard et Andreï Grib qui ont soutenu cette interprétation. Wigner écrit: « puisque les lois de la physique n’expliquent pas la réduction du paquet d’ondes, il faut faire intervenir une entité qui n’obéit pas aux lois de la physique: notre conscience individuelle. C’est elle qui est responsable des caractéristiques du monde qui nous entoure […] le contenu de la conscience est la réalité ultime. » Cependant, cette interprétation ne semble plus vraiment en vogue.

liens: wikipedia.org -Décohérence_quantique

5) Une particule qui remonte le temps?

les diagrammes de Feynman

Le monde de la mécanique quantique diffère du nôtre par ce point: les équations sont temporellement réversibles et la flèche du temps n’y existe pas. Ainsi, selon  Olivier Costa de Beauregard le temps est réversible « de fait » et non « de droit ». Par ailleurs, des outils de la mécanique quantique, les diagrammes de Feynman montrent que des observations peuvent être interprétées comme des antiparticules allant dans le sens normal du temps, mais aussi comme des particules remontant le temps.
Cela pourrait permettre de donner une explication à a non-localité et à l’expérience EPR. C’est ce qu’affirme 
 Olivier Costa de Beauregard en disant qu’une hypothèse de ce type est la meilleure explication possible. 

 

6) Le potentiel quantique.

blog-chaman-esoterisme.com -le chamanisme expliqué par la physique quantique

a) la théorie de De Broglie-Bohm. Il s’agit d’une autre hypothèse qui ne repose pas, contrairement à celles que nous avons examinées précédemment, sur la physique quantique orthodoxe. Elle repose sur un formalisme différent qui permet de restaurer l’objectivité forte et devrait a priori combler d’aise les matérialistes. On y parle des choses en soi, telles qu’elles sont et non telles qu’on les perçoit; le particules y ont une trajectoire déterminée et dans l’expérience  des fentes de Young, elles passent par une seule et unique fente.

Cela part d’une idée de De Broglie en 1926 développée par Bohm en 1951 selon laquelle il existerait un « potentiel quantique. » C’est une espèce de champ indétectable, qui ne transporte pas d’énergie et qui est non local: un impact à un endroit du champ peut produire un effet en en lieu très éloigné. Dans la théorie de Bohm, les particules sont accompagnées d’une onde qui guide leur chemin, d’où le terme d’onde pilote. Mathématiquement, l’onde pilote est définie de la même façon que la fonction d’onde de la mécanique quantique. L’influence de l’onde pilote se caractérise sous la forme du potentiel quantique, dérivé de la fonction d’onde, agissant sur la particule de la même façon qu’un champ électrique. Par conséquent, l’onde pilote gouverne le mouvement de la particule en suivant l’équation de SchrödingerCette théorie stipule que l’évolution du comportement des particules s’effectue de façon régulière au cours du temps, il n’y a donc pas d’écroulement de la fonction d’onde. Elle s’accorde avec la critique d’Albert Einstein à l’effet que la mécanique quantique telle qu’interprétée par l’école de Copenhague n’est pas complète.

Les particules auraient le pouvoir d’interagir avec le potentiel quantique et s’en serviraient pour recevoir de l’information. Le potentiel quantique permettrait à l’action à distance du paradoxe EPR de se produire et c’est lui qui, lorsque la particule passe par une seule et unique fente, l’informe que l’autre fente est ouverte ou non dans l’expérience des fentes de Young, ce qui permet à la particule « d’adapter » son comportement en conséquence. Malgré son côté quelque peu magique, un certain nombre de physiciens matérialistes soutiennent ce modèle dit « à variables cachées non locales » (ici, la variable cachée est le potentiel quantique)  parmi lesquels on peut citer, Jean BricmontFranco SelleriJean-Pierre VigierLe prix à payer pour restaurer cette vision réaliste du monde qui ne soit pas celle du réalisme non physique que nos avons décrit au chapitre 3 est la non-localité.

ahmedhulusi.org -mécanisme du cerveau,potentiel quantique

b) Problèmes posés par la théorie et évolution.
La théorie de 
De Broglie-Bohm pose de nombreux problèmes.

     -Lorsque des particules s’approchent de la vitesse de la lumière, des résultats opposés devraient être observés pour le même évènement dans des repères différents, car la théorie n’est pas compatible avec la relativité restreinte, elle nécessite l’existence d’un référentiel absolu.

     -Elle implique que dans certains cas les détecteurs soient « trompés » et détectent des particules alors qu’il n’y en a pas. 

     -Certaines particules, dont les photons sont des abstractions au lieu d’être réelles. 

Conscient de l’insuffisance de son modèle, Bohm en développa un second, dans lequel les particules ne sont plus ponctuelles et réelles au sens commun, mais elles sont la manifestation d’un ordre fondamental: « l’ordre impliqué« . En se déployant, cet ordre fait émerger le monde dans lequel nous vivons. Cet ordre n’est pas dans notre espace-temps: « ce que nous savons désormais, c’est que les particules élémentaires n’obéissent que partiellement aux lois de notre espace-temps. Toute une partie de leur comportement semble régie par des lois d’un autre ordre. Un ordre sous-jacent au nôtre, dont nous ne savons que fort peu de choses. Un ordre mouvant dont l’Univers tel que nous le connaissons serait seulement l’une des expressions, ou des explications, un ordre que, pour cette raison, je me suis permis de baptiser « ordre impliqué » […] Nous ne pourrions apparemment le reconnaître que par le fait qu’il s’exprime. On pourrait alors dire qu’il s’ouvre comme une fleur ». 

Cette théorie rejette la fragmentation de la physique Newtonnienne et se fonde sur le holisme également présent dans la théorie de la relativité et la physique quantique. Trois analogies sont utilisées par Bohm pour illustrer l’ordre implicite : l’hologramme, la goutte insoluble d’encre diluée dans la glycérine, le poisson d’aquarium filmé par deux objectifs sous deux angles différents et projetés sur deux écrans. Nous avons ainsi un cadre conceptuel pour comprendre les influences à distance si intrigantes. Pour le spectateur qui ne voit que les écrans, tout ce qui arrive à l’image du premier écran semble avoir une répercussion immédiate sur sur celle du second écran. Il se fourvoiera sans doute dans ses hypothèses en imaginant toutes sortes de communications entre les deux images du poisson, jusqu’au jour où il  comprendra que c’est derrière l’écran qu’il fallait chercher.

La théorie rejette aussi le dualisme, la séparation entre la conscience et la matière : l’ordre implicite expliquerait la relation entre matière et conscience. Dans ce modèle, l’esprit et la matière sont perçus comme des projections dans notre ordre explicite de la réalité sous-jacente, l’ordre implicite.

En fait, si je lis bien Jean Staune, David Bohm, en voulant combler les failles de son modèle, arriva, bien des années après, à retrouver, purement et simplement… le réalisme non physique de notre chapitre 3: l’idée que ce qui est n’est pas dans l’espace et dans le temps et n’est pas constitué d’énergie et de matière! Il en arrive à penser que, loin d’être issue de la matière (l’horreur suprême pour un matérialiste), la conscience provient de ce réel primaire qui est voilé pour nous (comme celui de Bernard d’Espagnat): « L’ordre impliqué de l’Univers est sans doute ce qui touche notre conscience en premier, car elle-même semble fondamentalement appartenir à cet ordre. Pourtant, notre intelligence sensorielle s’interpose aussitôt entre le réel primaire et nous pour nous le rendre différencié, mais aussi, du même coup, étranger. Terrible illusion du « bon sens » commun. »
Nous revenons ainsi au point de départ, mais il reste une branche à explorer: la théorie des univers parallèles.

liens: lpm.u-nancy.fr -Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard 
feynman.phy.ulaval.ca -Les diagrammes de Feynman

wikipedia.org -Théorie de De Broglie-Bohm     wikipedia.org -Potentiel quantique

asmp.fr -3- La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

astrosurf.com -L’ordre implicite de David Bohm

chaouqi.net -David Bohm, ordre implié et holomouvement

sergecar.perso.neuf.fr -Rupert Sheldrake l’ordre implié selon David Bohm

 

7) La Théorie des univers parallèles

Comment des univers parallèles pourraient-ils exister ?

Ici, nous revenons dans le formalisme de la physique quantique orthodoxe. Hugh Everett a proposé en 1957 une interprétation de la fonction d’onde en mécanique quantique : pour lui, cette fonction décrit la réalité, et toute la réalité. Simplement, chaque fois qu’un choix doit être fait, l’Univers… se duplique pour permettre à tous les états possibles d’exister simultanément. 

(Il convient de noter que cette interprétation ne se prononce pas sur la question de savoir s’il y a duplication de la réalité (many-worlds) ou duplication au contraire des observateurs de cette même réalité (many-minds), puisqu’elles ne présentent pas de différence fonctionnelle). Fini le problème de la mesure, ou celui de savoir par quelle fente passe l’électron, mais la non-localité est toujours présente dans chacun des Univers. 

Cela paraît incroyable, mais certains physiciens (de plus en plus?) croient croient vraiment à cette théorie (besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques). Il s’agit bien de la duplication de tout l’Univers et de ses galaxies et non d’une petite portion. Est-ce un besoin irrépressible de se débarrasser des problèmes philosophiques posés par la mécanique quantique?  

Liens: wikipedia.org -Univers parallèle     astronomes.com -Les univers parallèles

fbon.free.fr -les univers parallèles et les voyages temporels 
science-et-magie.com -Les Univers parallèles multiples, divergents ou supérieurs

ovnisant.com -la théorie des univers parallèles ou multiples et leurs différents niveaux

pearltrees.com -univers parallèles      spirituellotus.xooit.com -Les mondes multiples divergents

besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques

 

8) Faisons le point sur cet article.

Nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l’évolution des connaissances Jusqu’aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et… si la science n’avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l’interprétation orthodoxe pour expliquer l’apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu’à la théorie des mondes parallèles. 

Mais puisqu’il y a plusieurs façons d’interpréter la physique quantique, chacune se divisant en plusieurs sous-interprétations, toutes reposant sur le même formalisme, pourquoi en choisir une plutôt qu’une autre? Nous examinerons cet aspect de la question dans la deuxième partie de l’article qui traitera de cette nouvelle physique et ses rapports avec l’apparence du monde qui nous entoure et nous nous demanderons aussi pourquoi faut-il la faire connaître pour faire reculer l’obscurantisme?

5 réflexions au sujet de « Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique… »

  1. Comme à votre habitude, l’article si riche et très bien documenté. Je suis fascinée par la physique quantique, bien que je n’en possède que des bases. Le fameux chat de Schrödinger continue à m’interpeller : mort ou vivant ?

    • Je crois qu’on est loin de comprendre la physique quantique. Je me réfère souvent à l’évangile: « Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Le monde ce serait César la particule ou le chat visible dans le monde (soit vivant, soit mort). Dieu ce serait l’aspect ondulatoire (esprit) où le chat est à la fois vivant et mort.

  2. Je crois qu’on est loin de comprendre la physique quantique. Je me réfère souvent à l’évangile: « Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Le monde ce serait César la particule ou le chat visible dans le monde (soit vivant, soit mort). Dieu ce serait l’aspect ondulatoire (esprit) où le chat est à la fois vivant et mort.

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