Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)



Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!)

Cette série d’articles dans la catégorie « notre existence a t-elle un sens »? est  l’expression de  ce que j’ai écrit dans la présentation de mon blog: « Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l’Univers et de l’existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du « faire »et le monde de l’intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l’essentiel, c’est l’amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l’amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique) ».

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu’elle m’a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.

h.wikipedia.org _Jésus-Christ

Exergue: « Tout ce qui existe dans l’Univers                  

est le fruit du hasard et de la nécessité. » Démocrite.


1) Comment naquirent les dieux?

jeunes-cathos.fr -réalité invisible

urantia-gaia.info -Se situer dans la Grande Histoire

Pendant des millénaires, l’homme, face aux phénomènes inexpliqués ne pouvait faire autrement que d’en attribuer la cause à l’action de forces invisibles, qui, bien que ne faisant pas partie du monde, avaient un effet sur le monde. C’est ainsi que naquirent les dieux.

On peut le voir à travers deux conceptsl’existence de sépultures où l’on déposait des offrandes de nourriture auquel s’est très vite rajouté celui de la survie de l’homme après la mort. En effet, puisque le monde est agité par les actes d’esprits invisibles, impliquant l’existence d’un autre niveau de réalité que celui que nous percevons et où nous vivons, pourquoi ne pas penser que tout comme nous sommes apparus un jour dans ce monde (et puisque l’on constate l’arrivée d’êtres qui n’étaient pas là auparavant), lorsque nous le quittons, une forme de survie existe.

Dans toutes les grandes traditions religieuses de l’humanité, on retrouve ces deux concepts. 

Le monde où nous vivons ne peut-être compris à partir de lui-même. Il est nécessaire de faire appel à un autre niveau de réalité dont on ne sait presque rien…sauf qu’il doit nécessairement exister, et dans ce cas, s’il y a une autre façon d’exister que que celle que nous éprouvons tous les jours, on peut penser que nous rejoignons ce niveau de réalité après notre mort. L’existence d’un autre niveau de réalité et d’un lien particulier entre l’homme et cet autre niveau de réalité apparaissent comme des intuitions majeures de l’humanité, présentes en tout temps et en tout lieu. 

liens: wikipedia.org -Religions de la Préhistoire

anthropomada.com -La religion des primitifs par Edward Evan Evans-Pritchard

systerofnight.net -religion/html/préhistoire

journaldumauss.net -La Naissance des Religions par Yves Lambert

sergecar.perso.neuf.fr -L’idée de Dieu

atheisme.free.fr -Tableau chronologique des principales religions de -2000 à nos jours

asmp.fr -Niveaux de Réalité par Basarab Nicolescu

hologique.blogspot.fr -Comprendre la réalité invisible

blog.jeunes-cathos.fr -L’Ascension, l’art de voir l’invisible    urantia-gaia- se situer dans la grande histoire

penseurs: Mircea -Eliade     André Leroi-Gourhan     Yves_Lambert   Edward Evan Evans Pritchard

2) Le développement de la pensée rationnelle à partir des penseurs grecs.

C’est il y a environ 2500 ans que les premiers philosophes matérialistes ce sont attaqués à ces deux intuitions. Bernard Pullman a bien analysé leur but (qui était noble sans aucun doute): « La crainte devant les mystères du cosmos et les manifestations impressionnantes de la nature et la peur, plus obsédante, de la mort sont les compagnes inséparables des humains, et aucun bonheur véritable n’est possible aussi longtemps que leurs ombres se projettent sur notre existence. Il faut donc se délivrer de ces craintes. Or, quel meilleur moyen d’y parvenir que de montrer que ces mystères et ces manifestations sont explicables en termes d’une physique résolument et strictement mécaniste, dépourvue de toute finalité, ne mettant en jeu que des principes matériels et leurs interactions? Une telle élucidation des causes des phénomènes naturels, dont la mort n’est qu’un échantillon, doit servir de fondement à la construction d’une morale conduisant à la sagesse et au bien-être.« 

notre-planete.info Grand appollon sur oeillet de dieux

C’est donc pour délivrer leurs contemporains de la peur qui découlait de la croyance selon laquelle leur destin dépendait du bon vouloir des dieux que Démocrite, LeucippeEpicure défendent leur théorie, la première « théorie atomique« , qui explique la genèse du monde dans lequel nous vivons, par l’interaction aléatoire de composants élémentaires: les atomes. Pour ces penseurs, il n’y a pas lieu de craindre les dieux, parce que le monde suffit pour expliquer le monde. Les dieux existent peut-être, mais ils n’interagissent nullement avec le monde, contrairement à ce que stipulent les conceptions écrites dans les légendes comme l’Iliade et l’Odyssée ou toutes celles qui existaient depuis des millénaires.

Le rejet de la deuxième intuition des traditions religieuses, (la survie après la mort), en découle logiquement: pour Epicure, « les châtiments de l’enfer ne sont pas à craindre parce que les âmes périssent après la mort et que l’enfer n’existe pas du tout« . Quant à Lucrèce, il affirme: « Quand nous ne serons plus, quand sera consommée la séparation du corps et de l’âme dont l’union constitue notre être, il est clair que rien absolument ne pourra nous atteindre, nous qui ne serons plus« . Ainsi, débarrassé de la peur des dieux et de la mort, l’homme peut mener une vie sage et responsable. 

A cette époque, le matérialisme atomiste n’était qu’un hypothèse. Il fut considéré comme une spéculation plus ou moins extravagante au cours des siècles, en particulier au moment où le christianisme s’est développé et a distingué avec force le Créateur de la créature. En suivant la réflexion de ces penseurs grecs, on est amené à dire: « non, le tonnerre n’est pas une colère de Zeus; « non une bonne récolte n’est pas le fruit d’une récompense divine…non, les grandes épidémies ne sont pas dés punitions, mais sont liées à la propagation de microbes ou de virus; non, l’homme n’est pas physiologiquement différent d’un animal... ».

DIEU EXISTE : je l’ai rencontré sur le web !

Il est extraordinaire de constater comment les siècles qui précèdent le notre ont brillamment confirmé cette intuition, depuis les grandes découvertes effectuées depuis la Renaissance et jusqu’à l’aube du XXè siècle: les évènements se produisant dans le monde physique peuvent être expliqués à partir de causes provenant elles aussi du monde physique. Selon cette intuition, Dieu n’intervient pas dans le monde et dès le XVIIè siècle, redécouvrant Démocrite et le dépassant grâce à l’avalanche des découvertes scientifiques, des philosophes ont pu affirmer que Dieu est une hypothèse inutile. 

Il est intéressant de s’arrêter à la façon dont Jean Fourastier décrit la la vision du monde en fut peu à peu affectée: « La science du XIXè siècle et du début du XXè siècle reste ainsi dominée non seulement par l’espoir mais par la certitude d’expliquer par le réel tout le réel […] Le mouvement de discrédit des surréels (populaires et savants)né des premières découvertes de la science expérimentale s’étendit en effet à la grande majorité de la population. Des académies des sciences, l’esprit nouveau passa dans les académies littéraires, dans les cerveaux des poètes, des artistes, des publicistes, des romanciers, des journalistes; et de là, successivement dans ceux du grand public […]Tout ce mouvement, ces causes et ces effets peuvent être rattachées directement ou indirectement au progrès des sciences expérimentales; directement par l’exclusion affirmée de Dieu, hypothèse inutile, et du « surnaturel, inobservé, jugé inobservable, attribué donc à l’illusion, à la naïveté primitive de l’âge préscientifique, à la superstition; indirectement par le spectacle permanent de l’efficacité scientifique opposée à celle de la foi, qui, malgré la formule célèbre, n’a jamais (?) transporté les montagnes« . 

liens: wikipedia.org -Raison

contrepoints.org -La science moderne serait née dans une culture où dominait l’idée d’une alliance entre un homme doué de raison et un Dieu unique législateur et intelligible, architecte souverain.

wikipedia.org -les « atomistes »      mendeleiev.cyberscol.qc.ca -Temps de l’atome (Démocrite et Aristote)

lesturgeons.blogs.nouvelobs.com -Démocrite et la genèse du monde

fr.wikipedia.org -Sciences grecques

lutecium.org -Le miracle grec: pouvoirs de la pensée anti-symétrique

lelabyrinthe.over-blog.net- de -600à -470: quelques dates

agora.qc.ca -le miracle grec…(ne pas oublier)il a été préparé par les civilisations pré-hélléniques

forums.futura-sciences.com -à noter le commentaire: Sans l’Egypte, sans la Mésopotamie, sans ce terreau méditerranéen…il n’aurait jamais eu lieu

media4.obspm.fr -Histoire de l’Astronomie

remacle.org -Homère ILIADE   ulysse31.saitis.net -L’Odyssée d’Homère: la légende d’origine d’Ulysse 31

lepoint.fr -Le philosophe André Comte-Sponville plaide pour une spiritualité sans Dieu

philosophie-et-litterature.oboulo.com -Dieu, hypothèse inutile au savant?

eultreia1.unblog.fr -le rasoir d’ockham ou de l’existence de dieu

zitouna.kazeo.com -le coin de la science l’essentiel c’est dieu

penseurs et scientifiques: wikipedia.org -Les « atomistes »

fr.wikipedia.org -penseurs grecs présocratiques

wikipedia.org -Bernard Pullman

goodreads.com/book -L’Atom Dans L’Histoire de la pensée humaine (histoire qui commence dans la Grèce antique)


3) Une « fin de l’histoire? ».

contrepoints.org -la vision de newton

Les années 1900 marquent l’aboutissement de cette progression de la connaissance depuis les penseurs grecs atomiste: c‘est l’époque des certitudes. On grava même « repas à 2 F » sur les vitrines des restaurants,tellement on était sûr que les prix n’augmenteraient pas. Les certitudes intellectuelles firent dire à Lord Kelvin, l’un des plus grands physiciens du XIXè siècle: « La physique a fourni une explication cohérente et à priori complète de l’Univers. » ou encore « There is nothing new to be discovered in physics now, All that remains is more and more precise measurement. » 

« Ces certitudes étaient fondées sur une vision du monde où dans un espace euclidien à 3 dimensions, stable et éternel – ce qui rend donc sans signification la question de son origine -, se meut la Terre qui contient des êtres vivants issus d’une  évolution au hasard et à la sélection naturelle, où la conscience de l’homme est secrétée par le cerveau comme la bile par le foie et où tout cela est composé de matière, c’est à dire de petits corpuscules tournant autour de noyaux comme la Terre autour du Soleil. »

Dans le prolongement de la pensée grecque, on affirmait que tout ce qui existe est issu des interactions entre ces corpuscules qui, au cours des milliards d’années, se sont lentement agrégés les uns autres sous l’influence des lois physico-chimiques connues (ou qu’on découvrira bientôt). Ce qui reste à découvrir est immense, mais l’essentiel est acquis. La cause de tout ce qui existe dans notre Univers provient de notre Univers lui-même et comment pourrait-il en être autrement, d’où pourrait-elle provenir? Pour la « science classique« , il n’y a rien d’autre que cet Univers et ce niveau de réalité dans lequel nous vivons, immergés dans le temps, l’espace et la matière.

Ne sommes-nous pas alors arrivés à la fin de cette grande quête  de la compréhension que l’homme poursuit depuis les grottes du Pleistocène jusqu’à nos laboratoires, en passant par les penseurs grecs? Cela est simple et sans mystère. Dans cette conception, l’homme peut concevoir le monde dans sa totalité et il n’y a plus la moindre place pour l’existence d’une dimension transcendante, d’un autre niveau de réalité

Comme le dit trinh xuan thuan : « le « fantôme de Copernic » n’a pas cessé de nous hanter. » La « décentration » qui interdit à l’homme d’être au centre de l’univers se poursuit dans d’autres domaines. Charles Darwin nous montre que l’homme n’est qu’un animal parmi d’autres et qu’il ne peut pas plus revendiquer une place centrale dans le monde de la biologie que dans celui de l’astronomie. Puis, la psychanalyse et la notion d’inconscient conduisent à affirmer que l’homme n’étant pas au centre du monde, n’est pas non plus au centre de lui-même, puisqu’une grande partie de ses actes sont dictés par quelque chose dont il n’est pas conscient.

Freud en arrive à parler de triple « humiliation » infligée à l’homme par Copernic, Darwin et… Freud! 

Un tel Univers ne peut avoir de sens! Ernest Renan annonce « l’ére positive », celle où une humanité lucide, débarassée de des superstitions ancestrales telles que les religions, se retrouvera seule face à son destin. Dieu, ou les dieux ou les esprits (que Jacques Monod regroupe sous le terme « d’anismisme) semblent expulsés de l’histoire puisqu’il n’y a aucune raison objective de croire en l’existence d’un autre niveau de réalité. Il y a des scientifiques croyants, mais ceux-ci sont obligés de séparer leur science de leur foi (ils sont appelés des séparationnistes » . 

penseurs et scientifiquesHegel     Lord Kelvin    Euclide   Charles Darwin      Freud   Auguste Comte   Jacques Monod 

liens: wikipedia.org -Scientisme

philosciences.com -Les limites de la science classique

contrepoints.org -La science moderne née dans une culture où dominait l’idée d’une alliance entre un homme doué de raison et un Dieu unique législateur et intelligible, architecte souverain.

accueil-culture.org -l’astronomie exemple des relations entre sciences et société

wikipedia.org -Espace euclidien                  phi2080.uqam.ca -Le monde selon Isaac Newton

techno-science.net -La mélodie secrète          uip.edu -La Défaite du fantôme de Copernic

quaeredoceri.stools.net -La transcendance, l’hypothèse d’un philosophe (luc ferry)

barbier-rd.nom.fr -Heisenberg et les niveaux de réalité    asmp.fr -niveaux de réalité

4) Le désenchantement.

jus-tunsi.e-monsite.com -désenchantement» du monde

Cette vision du monde issue de l’évolution des sciences n’aboutit pas exactement au résultat qu’auraient pu espérer le philosophes grecs.  Elle a eu, au XIXè siècle, un énorme retentissement artistique, intellectuel, philosophique (on a pu assister au développement des philosophies de l’absurde). Ces domaines ont connu une progression du « non-sens » qui eut une influence en matière d’éthique, comme nous allons le voir. 

Les objectifs du projet d’explication du réel par le réel tels qu’ils étaient énoncé par certains philosophes grecs étaient de libérer l’homme de la peur, des dieux et de l’au-delà pour lui permettre de mener une vie sage et responsable. On peut juger du résultat de cette démarche tel qu’il est énoncé 2 500 ans plus tard par l’un des scientifiques matérialistes les plus influents, le « pape de la sociobiologie« , Edward Wilson, professeur à Harvard, à la fin de son ouvrage, la sociobiologie: « Quand nous aurons suffisamment progressé pour nous expliquer en ces termes mécanistes, et que les sciences sociales seront totalement épanouies, le résultat auquel nous nous trouverons confrontés risque de ne pas être aisé à accepter. Il semble approprié d’achever ce livre ainsi qu’il a commencé, avec ce sombre pressentiment d’Albert Camus« Un monde qui peut être expliqué, fut-ce par de mauvaises raisons, est un monde familier. Mais, en revanche, dans un univers privé d’illusions et de lumière, l’homme se sent un étranger. Son exil est sans remède étant donné qu’il est privé du souvenir d’un foyer perdu ou de l’espoir d’une terre promise ». C’est malheureusement exact. Mais nous disposons encore d’une centaine d’années. »

bibliolettres.com l-e salon de Marie-Thérèse Geoffrin

Il faut dire que notre enseignement et tout notre environnement culturel stipulent que nous sommes héritiers des Lumières qui ont dissipé les « ténèbres de l’obscurantisme. » Comment alors percevoir le potentiel « d’antihumanisme » que révèlent les progrès qu’ont acclamé tant d’humanistes. Jacques Monod, lui qui a décrit le « désenchantement du monde » en ces termes: « L’ancienne alliance est rompue, l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard« , militait encore, à la fin de sa vie, dans Le hasard et la nécessité, pour un « humaniste socialiste réellement scientifique », qui avait encore moins de liens avec la vision du monde qu’il avait développée au cours de son ouvrage, qu’il n’en n’existe entre la foi des séparationnistes chrétiens et leur appréhension scientifique du monde. Aller jusqu’au bout de cette démarche ne risque-t-il pas de déboucher sur la fin de toute forme d’humanisme, qu’il s’agisse de l’humanisme chrétien de la Renaissance, ou de l’humanisme matérialiste issu des Lumières?                                               

Pour Michel Foucault, « l’homme n’a pu se constituer en objet de la science qu’en se référent qu’à sa propre destruction« . Ici, le désenchantement du monde débouche sur celui de l’homme. Steven Weinberg, prix nobel, l’a exprimé dans une phrase célèbre: « plus nous comprenons le Monde, plus il nous semble dépourvu de signification« . Il cite un autre physicien, Jim Peebles, de Princetown: « Je suis porté à croire que nous ne sommes que des débris de bois flottant à la surface de la mer« . Doit-on rajouter que si l’Univers n’a pas de sens, l’homme peut-il s’en inventer un lui-même?

Que penser alors de Marvin Minsky, l’un des pionniers de l’intelligence artificielle, quand il nous dit que « les ordinateurs de la prochaine génération seront tellement intelligents que nous aurons de la chance s’ils nous acceptent auprès d’eux comme animaux de compagnie. » Dans le même état d’esprit, Hans Moravec, l’un des principaux spécialistes de la robotique spécule sur la façon dont on remplacera les organes du corps (y compris le cerveau!) par des robots. Le biologiste Richard Dawkins nous annonce, après l’ère des êtres vivants, êtres fondés sur les gènes, l’ère des machines, fondée sur les « mêmes » (quantité d’information). Ruiz de Gopegui, élève de Minski, va jusqu’à affirmer: « La liberté est une illusion, on est pas intelligent ou sot, mais on est bien ou mal programmé. Avec les libertés individuelles disparaîtront les libertés civiles et politiques. »

Les aventures d’Alice au pays des merveilles

Pour Francis Crick, prix Nobel de médecine, « l’hypothèse stupéfiante, c’est que « vous », vos joies et vos peines, vos souvenirs et vos ambitions, le sens que vous avez de votre identité et de votre libre arbitre, ne sont rien de plus que le comportement d’un vaste assemblage de cellules nerveuses qui y sont associées. Comme l’Alice de Lewis Caroll aurait pu le formuler: « Tu n’es rien d’autre qu’un paquet de neurones.« . » Et Jean-Pierre Changeux de continuer: « L’homme n’a plus rien à faire de l’esprit, il lui suffit d’être un homme neuronal. » 

Tous ces propos sont-ils seulement des propos excessifs de quelques scientifiques égarés? L’idée que l’on peut façonner l’homme à sa guise n’est-elle pas le résultat de cette déconstruction de l’homme? Au nom de quoi respecterait-on un paquet de neurones? Les massacres qui ont eu lieu dans l’histoire pour des raisons religieuses, comme le renouveau des fondamentalismes nous montrent qu’une vision non matérialiste de l’homme ne préserve pas contre de tels agissements. Mais attention! Avec la vision réductionniste (« nous ne sommes rien d’autre que… »), un garde-fou essentiel vient de disparaître. Rappelons-nous l’eugénisme nazi et la volonté des staliniens de créer un homme nouveau

Antoine de Saint Exupéry était un ceux qui avaient le mieux perçu ce problème, il y a plus d’un demi-siècle. Il répond par avance à ces scientifiques: « L’homme de ma civilisation ne se définit pas à partir des hommes. Ce sont les hommes qui se définissent par lui. Il est en lui, comme en tout être, quelque chose que n’expliquent pas les matériaux qui le composent. Une cathédrale est bien autre chose qu’une somme de pierres. Elle est géométrie et architecture. Ce ne sont pas les pierres qui la définissent, c’est elle qui enrichit les pierres de sa propre signification. »  Puis il perçoit le « drame de l’humanisme athée« : l’impossibilité de un fondement solide à l’humanisme dans un monde où l’homme ne serait « rien d’autre que… », ce que des philosophes matérialistes contemporains lucides comme André Comte-Sponville ont admis. Saint Exupéry poursuit: « On ne dit rien d’essentiel sur la cathédrale si on na parle que des pierres. On ne dit rien d’essentiel sur l’homme si l’on cherche à le définir par ses qualités d’homme. L’Humanisme a ainsi travaillé dans une direction barrée d’avance […] Nous avons glissé, faute d’une méthode efficace, de l’Humanité qui reposait sur l’Homme, vers cette termitière qui repose sur la somme des individus. Qu’avions-nous à opposer aux religions de l’Etat ou de la masse?  Qu’était devenue notre grande image de l’Homme né de Dieu? […] Si notre société pouvait encore paraître souhaitable, si l’homme y conservait encore quelque prestige, c’est dans la mesure où la civilisation véritable, que nous trahissons par notre ignorance, prolongeait encore sur nous son rayonnement condamné, et nous sauvait malgré nous-mêmes. »

Scientifiques et penseurs: Edward Wilson     Albert Camus      Michel Foucault     Steven Weinberg    Jim Peebles        Hans Moravec       Richard Dawkins      Ruiz de Gopegui      Francis Crick   Lewis Caroll    Jean-Pierre Changeux     Antoine de Saint Exupéry     Henri de Lubac   André Comte-Sponville

liens: wikipedia.org -Sociobiologie

jus-tunsi.e-monsite.com -«désenchantement» du monde (Entzauberung) : de Christoph Martin Wieland à Marcel Gauchet en Passant par Max Weber ..

lechatsurmonepaule.com -henri de lubac: le drame de l’humanisme athée

persee.fr -Henri, Cardinal de Lubac, Le drame de l’humanisme athée


5) Conclusion. 

Ce que dit Saint Exupéry est terrible. Ainsi que le dit Jean Staune, ces propos écrits en 1940, au coeur d’une lutte contre la nazisme qui semblait sans espoir, constituent un avertissement essentiel. Le nazisme et le communisme ont été vaincus, mais il semble qu’aujourd’hui nous soyons dans la situation de ces personnages de dessins animés qui courent sur une falaise, puis courent un certain temps au-dessus du vide, s’aperçoivent qu’il n’y a rien et tombent à la verticale. Nous n’avons plus de fondements pour notre humanisme, mais nous ne nous sommes pas encore aperçus. Le « rayonnement condamné » fait penser à celui d’une étoile qui réchauffe encore mais qui est déjà morte, car elle a explosé. Nous sommes condamnés à l’obscurité sauf si nous pouvions trouver une autre source de lumière. 

Quelle menace, plus insidieuse, mais aussi aussi redoutable que les totalitarismes, risquent d’engendrer les progrès techniques? La génétique va certainement nous amener des surprises. Michael Rose, qui prolonge de dix fois la durée de vie normale des mouches, s’écrie: « En quoi le génome humain est-il sacré? Nous savons qu’il est le résultat d’assemblages réalisés par hasard au cous des siècles. Il est ce qu’il est aujourd’hui, mais il aurait parfaitement pu être différent. Au nom de quoi nous interdirait-on de le modifier? » 

On peut entrevoir, comme le suggère presque Joël de Rosnay, l’hybridation homme-machine et l’émergence d’un nouvel être, avec un saut dans l’évolution, contrairement à ce qu’affirment la plupart des Darwinistes. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley est à nos portes et face à lui, nous sommes désarmés, car nos « garde-fous éthiques » ont disparu. 

Scientifiques et penseurs: Aldous Huxley      Joël de Rosnay     Saint Exupéry 


Dans le prochain article « comment ébaucher « un traité de la condition humaine »?,  je poursuivrai ma quête du sens et du réanchantement du monde avec Jean Staune.

Euphorique, narcotique, agréablement hallucinant Si c’est ça le meilleur des mondes, c’est moche!

extrait-livre.skyrock.com -le meilleur des mondes: Euphorique, narcotique, agréablement hallucinant

Alors, réenchantons le monde!

http://objectifterre.over-blog -Objectif Terre des Hommes Placer l’épanouissement humain au centre de la réflexion économique et environnementale.

Une réflexion au sujet de « Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l’homme!) »

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